
Maître des morts-vivants
Le maître des morts-vivants est spécialisé dans la création de serviteurs éternels et la convocation d’alliés extraplanaires. Par-dessus tout, ce nécromancien a soif de pouvoir sur les autres, se délectant du frisson que procure le commandement de serviteurs obéissants. Les stupides morts-vivants, comme les automates irréfléchis et fidèles, font des esclaves parfaits et inconditionnels qui endosseront même les fardeaux les plus détestables sans aucune hésitation. Le maître des morts-vivants se réjouit de dominer la faible volonté des vivants, subvertissant la mort et contrôlant les puissances démoniaques.
Les histoires de Clark Ashton Smith fournissent des exemples de ce profil. Le nécromancien Malygris de la Dernière incantation et de la Mort de Malygris, ainsi que Namirrha le Vengeur de L’Idôle noire sont de parfaits modèles. Le MD peut aussi utiliser la Compagnie noire de Glen Cook, qui met en scène un nécromancien connu sous le nom de la Dame sombre ; celle-ci subjugue ses apprentis vivants créant les infâmes dix-qui-furent-asservis.
Prérequis : les membres de ce profil ne peuvent être d’aucun alignement bon.
Sorts préférés : avant tout, ces magiciens sont d’avides praticiens de la nécromancie qui crée, augmente et contrôle les morts-vivants. À des niveaux plus élevés, ces magiciens peuvent éventuellement se tourner vers de puissants sorts de conjuration ou de convocation pour appeler des créatures extraplanaires.
Contrairement à la plupart des nécromanciens, le maître des morts-vivants a accès à l’école d’enchantement/charme, autorisant ce spécialiste à dominer l’esprit des vivants comme s’ils étaient morts.
Rôle : le maître des morts-vivants est une variante du nécromancien archétype et, en tant que tel, constitue un ennemi dangereux dans une campagne. Cependant, contrairement au nécromancien archétype qui a tendance à être une menace solitaire, le maître est toujours entouré d’une horde de serviteurs morts-vivants, de démons invoqués, de génies liés, et de monstres charmés. Ces magiciens ne sont jamais rencontrés sans un entourage conséquent de serviteurs, faisant des membres de ce profil des ennemis particulièrement redoutables en combat.
Le maître des morts-vivants peut être rencontré tant dans les espaces sauvages qu’au milieu des cités. Dans les landes abandonnées, bien des maîtres des morts-vivants établissent de petits domaines d’où ils peuvent régner sur des légions de morts-vivants en toute impunité. Mais au final, les plus puissants maîtres vivent aux alentours des sociétés humaines, où ils tentent d’imposer leur volonté sur les vivants. Parfois, ils établissent magiquement une tour au centre d’une ville, remplie avec ses plus puissants gardiens. La présence d’un maître des morts-vivants dans une cité défie directement l’autorité de l’aristocratie locale, qui cherchera à s’en débarrasser, indépendamment du coût (donnant ainsi une bonne opportunité aux aventuriers). Bien sûr, le maître est toujours bien préparé pour un tel « comité d’accueil ».
Sarzec le Brisé (l’auteur de la lettre au début de ce chapitre) est un exemple de maître des morts-vivants de bas niveau pour une campagne. Accompagné de son associé Pizentios, il illustre comment un groupe de nécromanciens alliés peut s’unir et obtenir des résultats mortels. Ce nécromancien est de nouveau présenté dans les anecdotes qui introduisent les chapitres sept et huit, et sa fiche de personnage détaillée est incluse au chapitre neuf. Malgré son bas niveau, son alliance avec son ancien mentor Pizentios fait de lui un adversaire extrêmement dangereux.
Compétence martiales : le maître ne peut choisir qu’une seule arme standard réservée aux magiciens (à savoir la dague, les fléchettes, le bâton, la fronde ou le couteau). À des niveaux plus élevés, des unités de compétences martiales supplémentaires doivent être investies dans des compétences diverses. Un magicien comme Sarzec n’entre presque jamais dans la mêlée personnellement, car il compte sur ses serviteurs pour le protéger dans une bataille.
Compétences diverses :
- Requises : nécrologie, connaissance de l’au-delà ;
- Recommandées : (général) étiquette, héraldique ; (magicien) histoire ancienne, astrologie, langue (ancienne), lecture/écriture, religion, connaissance des sorts, connaissance des esprits.
- Interdites : toutes compétences de prêtre, roublard et guerrier.
Équipement : bien que le maître des morts-vivants soit habituellement équipé comme n’importe quel magicien, ce type de personnage tend à être vaniteux, ainsi il se procure uniquement des possessions de la plus haute qualité. En effet, les maîtres des morts-vivants puissants se considèrent comme comparable à la royauté (peu importe si leur naissance est modeste). Un magicien de faible niveau comme Sarzec savoure un poste d’autorité comme le commandement d’un vaisseau de morts-vivants en tant que capitaine. Ces attitudes se reflètent clairement dans le choix de leur robe et de leur attirail.
Une fois un niveau suffisamment élevé atteint, le maître des morts-vivants consacre toute son attention à équiper correctement ses nombreux suivants, du plus insignifiant squelette au plus puissant démon. Seul un nécromancien archétype malappris enverrait ses squelettes au combat avec pour seules armes leurs griffes osseuses. Les maîtres ne se soucient pas seulement des capacités de combat (armes) de leurs servants, mais aussi de leur apparence physique. Parfois, l’équipement des serviteurs d’un archimage s’approchera de l’extravagance et de la qualité de celui d’un garde royal.
Bénéfices spéciaux : tout maître est capable de commander des créatures mort-vivantes, exactement comme s’il était un prêtre du même niveau. Cette habileté à commander s’étend aussi aux démons et aux créatures extraplanaires, lesquelles sont considérées comme des morts-vivants du même nombre de dés de vie (sans tenir compte des modificateurs aux dés). Ces bénéfices spéciaux résultent de la parfaite maîtrise par le magicien des rites funestes et des conjurations qui contrôlent ou lient non seulement les morts-vivants inertes, mais également les sinistres habitants d’outre monde. Par exemple, Sarzec, un maître de niveau 6, peut commander les morts-vivants et des créatures extraplanaires jusqu’à 6 DV, comme un prêtre de niveau 6.
Limitations spéciales : en contrepartie de son savoir en nécromancie, conjuration/convocation et enchantement/charme, le maître des morts-vivants néglige les autres écoles de magie. Le maître n’a pas accès aux sorts qui relèvent exclusivement des écoles d’altération, d’illusion, et de divination majeure. Cela réduit grandement son catalogue de sorts si on le compare aux autres nécromanciens (l’acquisition de l’école d’enchantement/charme est plus que compensée par la perte des écoles d’altération et de divination majeure).
Le maître ne peut pas non plus utiliser d’objets magiques spécialisés qui sont exclusivement issus de ces écoles de magie interdites, incluant les parchemins de tous les sorts interdits, baguettes d’illusion ou de métamorphose, robe d’yeux, scintillante ou de répétition (RDM), boules de cristal, amulettes de longue portée, d’influence sur les méta-sorts ou d’extension (RDM), médaillons d’échange de sort (RDM), talisman de mémorisation (RDM), identificateur de Néfradina (RDM), ou valise de frugalité de Tenser (RDM). Cependant, les objets magiques utilisables par toutes les classes (comme la potion de métamorphose) et qui fonctionnent sans connaissances spécialisées dans les écoles interdites, peuvent être utilisés.
Finalement, la plus grande limitation de ce profil de magicien est sa personnalité égocentrique qui frôle souvent la folie. Le maître des morts-vivants tend à être un mégalomane du plus haut degré. Ils se considèrent eux-mêmes, leurs expériences, leurs sentiments et leur quête de pouvoir au-dessus de ceux des autres. Ils demandent à être le centre de l’attention, quitte à renverser impitoyablement (ou même éliminer) ceux qui contestent leur suprématie. L’irrésistible besoin des maîtres des morts-vivants de contrôler pleinement chaque situation et de dominer tout le monde autour d’eux constitue leur faiblesse la plus évidente. Quelqu’un qui peut leur résister brisera leur sangfroid et pourra provoquer une réponse irrationnelle et inadaptée, même si cela va à l’encontre des intérêts à long terme du magicien. Finalement, le MD devra se sentir libre d’imposer quelques-unes des pénalités du chapitre trois, pour affiner le caractère torturé du maître des morts-vivants.

