Roman Dragonlance (fanfiction)
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eres
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
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Chapitre 7 : Retrouvailles.A l'intérieur de l'auberge, toutes les tables sem-blaient occupées, à en croire les rires qui fusaient, l'en-droit était animée. Les compagnons avancèrent dans l'indifférence générale car toute la clientèle avaient les yeux rivés su bar où le patron narrait un semblait-t-il, extraordinaire récit. Charismatique, le colosse aux che-veux gris captait l'attention par son ventre arrondis, ses bras énormes et son rire communicatif. Toute l'au-berge riait aux larmes car l'homme pleurait de rire en racontant son récit...
Il racontait les combats, les femmes, et tout un tas d’histoires dont il était le héros.
- Et là je vois mon archimage qui dit : Je ne connais pas ce sort, là... Je ne sais pas quoi faire...
Et moi qui le regarde et qui lui dit: bah « détection de la magie » non ? Hilare, le colosse revivait manifestement la scène ...
Les habitués connaissaient l'histoire mais riaient de bon cœur à chaque fois qu’ils l’entendaient.
- Gaylor t'es vraiment le meilleur résuma un habi-tué... Aller raconte-nous encore comment tu as tué Takhisis !
- D'accord, mais je voudrais pas donner l'impression de me mettre en avant, plaisanta l'aubergiste !
Sous les rires gras de l'assemblée, Thorin, Darion, Linwood et Gilthas s'assossèrent contre un mur et stu-péfaits, profitèrent du spectacle...
- Et là, je lui plonge mon épée dans le coeur mima Gaylor...
- Bravo, bravo, bravo ! Trop fort Gaylor, t'es une lé-gende...
- Oui, ajouta une voix que Gaylor reconnu immédia-tement, et en plus tu as fais ça tout seul. Enfin tout seul si on ne compte pas Gorlaug, mon père, Garlick, Croak, Darion, Profion, Silvanoshei du Silvanesti, le Roi Gilthas ici présent et moi ...
- Mes amis ! s'exlama Gaylor fou de joie, par la barbe de Paladine, que faîtes-vous là ? Tournée générale ! déclara l'aubregiste, sollennel comme s'il annonçait la signature d'un traité de paix.
Angus pénétra dans l’auberge à cet instant.
***
Les compagnons apprécièrent la soirée passée en-semble dans la chaleur de l’auberge. Et si les rires et chansons raisonnèrent tard dans la nuit, on évoqua également les graves évènements qui présidaient à leurs retrouvailles.
Vous ne doutez de rien les enfants, lâcha Gaylor en se frottant le menton d'une main calleuse. Il se servit un énième verre de vin avant de poursuivre : Les Nains de Thoradin ne vous aideront pas comme ça. Pour moi c'est peine perdue.
- Et pourquoi donc demanda posément Gilthas ?
- Mes hommes m'ont dit avoir surpris un convoi nain en direction de Néraka. Ils transportaient de l'acier.
- Une alliance ?
- J'ai pas dis ça, mais à minima des accords de com-merce.
- Sûr, dit Darion. Encore une difficulté.
Linwood changea de sujet :
- La reine Alhana précise avoir été attaquée ici voici quelques jours mon ami, commença Linwood en regarda Gaylor.
Visiblement éméché, ce dernier fronça les sourcils. Sans lever les yeux de son verre vide qu’il contemplait avec fascination, le grand guerrier laissa un lourd si-lence s’installer avant de prendre la parole d’une voix étonnamment profonde.
- Quatre de mes hommes ont été défigurés par les flammes, six ne retrouveront pas leur foyer… C’est l’œuvre d’un lanceur de sort. Il savait ce qu’il faisait, il venait pour la Reine. Un assassin payé par les mino-taures j’imagine.
- Parle-nous d’eux, demanda Gilthas.
- Oui, nous ne savons rien d’eux pour ainsi dire renchérit le sage Angus.
- Gaylor plongea ses yeux dans ceux de Gilthas. Le Silvanesti a été rebaptisé Empire d’Ambéon. Il est dirigé par l’empereur Hotak de Droka et son épouse la très influente Néphera. On dit d’elle qu’elle est une prê-tresse de Sargas.
- Sargas ? demanda Thorin.
- Sargas est le nom que les minotaures donnent à Sargonnas, compéta Darion. Il est le dieu de la ven-geance et des minotaures. Il fut également le compa-gnon de la ténébreuse majesté Takhisis.
Même morte, un Paladin comme Darion n’évoquait son nom qu’avec un respect mêlé de crainte.
Sans quitter Gilthas du regard, il conti-nua lentement :
- Silvanost a été prise ainsi que la tour des étoiles. Les légendaires jardins royaux d’Astarin ont été dé-truits... Voici deux mois, La Reine est venue chez moi en me demandant une faveur. Elle souhaitait récupérer un objet familial caché dans les appartements royaux. Elle a tenu à ce que nous voyagions légers et seulement accompagnés de l’un de ses Quirath.
- Quirath ? demanda Linwood.
- Les Quirath sont les membres de l’ancienne garde royale, aujourd’hui des résistants et des éclai-reurs, précisa Gilthas. Captivé par le récit, il ne remar-qua pas que tous s’interrogeaient sur la manière étrange dont Gaylor le fixait.
- La Reine voulait cet objet à tout prix, et vous me connaissez, je ne sais pas dire à une femme sourit le guerrier rattrapé par l’alcool.
- Vous avez traversé les lignes ennemies à trois ? Ma tante aurait pu mourir ! s’emporta le Roi Gilthas.
- Du calme, on était plus, coupa Gaylor en sou-riant.
- Qui ? demanda le souverain.
- La Reine, le Quirath, moi… puis, posant lente-ment son épée sur la table, « Force et Honneur » mon épée magique. L’épée s’enflamma à la grande satisfac-tion de Gaylor qui arborait un sourire large comme la baie de Branchala.
Tous s’éloignèrent de la table avec sursaut. Ils regar-dèrent le guerrier, qui tout heureux de son effet, reprit la parole.
- Je disais donc qu’on est parti retrouver la relique et qu’on revenu avec en gros.
- Et c’est tout demanda la Roi ?
- Ba oui mon gamin…C’est tout.
- Ne m’appelez pas mon gamin, aubergiste !
- Y a deux trois trucs qu’il faudra qu’on te raconte sur moi, piou-piou.
Régissant à la provocation Gilthas se leva et brandit son épée en direction de Gaylor qui ne cilla pas.
Comprenant soudain l’attitude du guerrier, Angus voulu intervenir mais Gaylor le devança et déclara.
- La dernière fois que l’Etoile Perdue fut brandit de la sorte, c’était contre Bérylinthranox. Je pleure chaque soir la perte de l’immense souveraine qui la portait et je prie Mishakal pour les milliers d’elfes mort dans la Nalis Aren que nous n’avons pu sauver ce jour là …
Tous restèrent muet.
- Les dernières pensées de ta mère étaient pour toi, Gilthas. « Mon fils doit devenir le Pathfinder, jurez-moi de l’aider Gaylor. Il est un grand Roi, aidez-le a uni-fier les trois couronnes. »
Devant ces révélations, Gilthas resta interdit. Angus posa la main sur son épaule.
Le regard rougit par l’émotion, Gaylors se leva :
- J’ai trop bu, je vais me coucher. Bonne nuit à tous.
Angus murmura alors.
- Votre mère m’avait fait mention d’un humain sans peur devenu son confident. Il la protégea le temps de l’occupation Nérakienne. J’avais toujours cru qu’il s’agissait du Maréchal Médant. Je me suis trompé.
***
Quand au matin, Gilthas descendit les escaliers vers la salle commune, Gaylor était déjà derrière son bar depuis une heure, il échangea un regard entendu avec Linwood, Darion et Angus occupés à déjeuner. Les ré-vélations de la veille étaient dans toutes les têtes et le colosse savait qu’il avait une fois encore été maladroit.
Il s’apprêtait à présenter ses excuses quand Gilthas sourit et lui dit :
- Vous avez protégé ma mère, combattu à ses cô-tés et permis l’exode de mon peuple. Les survivants du Qualinesti vous doivent beaucoup. Merci à vous.
- Altesse, j’ai, je ne savais pas comment vous le dire. Enfin je veux dire j’ai bien connu votre mère et je lui ai promis de vous aider à unifier les trois nations. Je ne sais pas comment faire mais…
- Gaylor mon ami, mon épouse Kérianseray est princesse des Elfes sauvages du Kagonesti. Ma tante Alhana a récemment abdiqué le trône de Silvanost en ma faveur. Je suis le Pathfinder, déclara Gilthas en in-sistant sur le je. Je suis déjà le souverain des nations elfiques unifiées lâcha-t-il comme accablé par le poids de cette charge. En permettant l’éxode des Qualinesti, vous m’avez aidé.
- Sire, je…
- Nous n’avons plus de terre. Pour reprendre Sil-vanost nous devons gagner des alliés. Les nains de Tho-radin nous aiderons peut être. Il nous faut leur appui. Nous aiderez-vous dans cette quête ?
- Je serai honoré de me joindre…
Le guerrier n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase car la porte de son auberge vola en éclat, pulvé-risée par la force brute d’un coup de pied d’une vio-lence inouïe.
- Ca faisait longtemps, ironisa le vieux guerrier en dégainant sa lame.
Quatre minotaures en armes firent leur entrée ce-pendant que Thorin descendait l’escalier. En fin stra-tège, il savait que cacher sa présence pourrait se mon-trer décisif pour le groupe, aussi, il resta caché un mo-ment.
Les minotaures portaient sur leurs plastrons bleutés, la marque d’Ambéon, l’empire Minotaure.
- Rendez-vous ! Au nom de l’empereur déclara ce-lui qui était leur chef.
- Foutez-le camp, au nom du mien dit l’aubergiste ! en toisant celui qui avait parlé avec un sourire en coin.
Darion, qui n’avait pas quitté les soldats du regard depuis leur arrivée, sentit immédiatement les inten-tions malsaines de ces derniers. Il se leva lentement et dégaina Douleur, son épée sainte. Les mains jointes sur la garde finement ouvragée, il pointa son arme vers le sol.
- Je n’irai pas par quatre chemins. En cas de com-bat, vous serez tous tués. Je m’y engage, menaça le paladin d’une voix calme. Kiri-Jolith m’en sois le té-moin. Sur ces mots, sa lame s’auréola d’un halo blanc intense. Instantanément, les compagnons sentirent leurs poils se hérisser et leur cœur se remplir d’un cou-rage nouveau.
Linwood, Gilthas, Angus et Gaylor se mirent en posi-tion de combat.
- Posez vos clabbardes, leur dit Linwood en dia-lecte Mithasien.
Le chef des minotaures jeta un regard rapide à ces hommes, puis sûr de lui, leur ordonna :
- Rejoignez les autres. Je me charge de corriger ces êtres inférieurs comme il se doit. Sargas est avec moi, il guidera mon bras.
- Vous êtes certain ? chuchota un des soldats.
- Exécution !
- A vos ordres commandant, dirent-ils en quittant l’auberge à regret.
Le commandant minotaure avait un réel charisme et il était visible que ses hommes le craignaient. Grand pour ceux de sa race, il avait en outre le même regard gris clair que son illustre père, le légendaire Gorlaug Mithril Slavios, plus connu sous le nom de Gorlaug le minotaure.
- Mais qu’est-ce que vous faites-là ! rugit le mino-taure en se jetant à bras ouverts dans ceux de ses amis.
- Je suis chez moi ici gamin…dit Gaylor en riant.
- Korrigan ! sourit Darion.
- Heureux de te revoir, ajouta Linwood.
- Pas le temps pour les retrouvailles, ils vont reve-nir très vite, dit Angus.
Thorin descendit alors :
- Bon vous m’expliquez ?
- C’est très simple conclut la voix calme d’Angus : L’armée d’Ambéon vient bruler ce village. N’est-ce pas Korrigan ?
- Korrigan ? interrogea Linwood. Tu es avec ou contre nous ?
- Je sers l’empire car notre peuple mérite mieux que le caillou volcanique qu’est Mithas mais je ne cau-tionne pas les massacres. Le gros des troupes est au temple.
- Donc ? demanda Darion.
- Je suis avec vous ce sur coup mais le prêtre de Sargas est pour moi, grogna le minotaure en fronçant vers la sortie.
Les autres lui emboitèrent le pas.
- Mais c’est qui ? Vous m’expliquez ? hurla Thorin.
Chapitre 8
Si tu veux vivre vieux, frappe le premier.
Les minotaures étaient en surnombre et prenaient l’ascendant sur les elfes, brulant chaque maison. Ces derniers pris au dépourvu dans une aube sanglante perdaient chaque combat et en furent rapidement ré-duits à se rendre comme l’ordonnait un prêtre de Sar-gas. La moitié des villageois fut menée jusqu’au temple de Mishakal, l’autre vers le centre du village où des soldats de l’empire leurs passaient des liens. Méticu-leux et cruels les prétoriens d’Ambéon avaient ensuite improvisé une potence dans les débris de l’échoppe d’un tanneur. Les cordelettes et les lanières de cuir d’ordinaire utilisées par l’artisan avaient déjà serré une vingtaines de gorges et ôté autant de vie. Terrorisés des elfes ligotés fixaient les tabourets finement ouvragés, volés ici et là, que les bourreaux dressaient en vue de la prochaine exécution sous une énorme poutre dé-tournée de son usage premier.
- A qui le tour ? lança amusé un des minotaures présents sous le regard froid de ses comparses. Celle-là me semble bien ! ajouta-t-il en désignant une jeune mère de famille. Souhaite-tu mourir après tes enfants ou avant ? demanda-t-il très sérieusement.
- Vous vous comportez comme des gobelins, cra-cha, la jeune femme dans un fort accent. Vous n’avez pas une once d’honneur ! les défia-t-elle.
- Tu as raison femelle, dit le bourreau, tu es dé-sarmée, ce n’est pas glorieux. Détachez-la et donner lui une épée !
Sous les regards horrifiés de ses enfants et des autres prisonniers, la pauvre elfe se saisit maladroitement de l’épée proposée. Son adversaire, plus grand de trois têtes, la toisait avec mépris.
- Tu voulais de l’honneur ? Maintenant, défends ta vie siffla le minotaure, en lui tranchant la gorge d’un geste précis. Il avança ensuite vers les jeunes elfes en état de choc. A votre tour mes mignons.
A cet instant une corde claqua, une flèche siffla et la le crâne du minotaure fut percé de part en part par un tir d’une puissance inouïe. Le corps du monstre exécuté gît au sol dans une épaisse marre ocre. Les minotaures surpris prirent la fuite en direction de la place du village. Là, ils tombèrent sur Thorin, hache en main, Angus et Gilthas qui bandait à nouveau son arc.
- Joli tir majesté, commenta Angus dans un clin d’œil complice.
- A vous maintenant ! dit Gilthas.
Le regard mauvais, le nain n’attendit pas que son premier adversaire soit à portée d’attaquer. Il projeta violemment son arme sur lui.
- Alors « longues jambes » ! Reconnais que c’est plus dur avec une hache entre les cornes lança-t-il a sa victime cependant qu’il reprenait son arme.
- Vous êtes un sage maître Nain, dit Angus en po-sition de défense. Laissez-moi les suivants que j’exerce mon art.
- Sûr ? Vous n’êtes pas armé ?
- Si. Je le suis. J’ai même plus d’armes que vous n’en possédez dit-il en désignant de ses paumes : son front, ses coudes, et ses genoux avant d’exécuter un kata impressionnant de vitesse, de précision et d’intensité.
Un premier minotaure chargea le moine. D’un simple pas de côté, Angus esquiva l’attaque, puis de son coude, il fracassa la colonne vertébrale de son ad-versaire qui hurla tant de douleur que de surprise. Le soldat souffrait le martyr, le moine attendait son pro-chain adversaire. Ce dernier était fou de rage, il en-chaîna les frappes d’estoc et effectua moulinets sur moulinets. Angus esquiva toutes les tentatives avec une vélocité surnaturelle. Le minotaure était essoufflé. C’est alors que le disciple de la Manthe poussa son KI ; le cri vibrant paralysa le soldat. Angus le regarda dans les yeux et y vit de la peur. Le minotaure ne pouvait plus bouger, Angus prit sa respiration, et, dans un cri stri-dent enfonça sa paume dans la cage thoracique de son adversaire. Le sternum brisé, il périt sur coup.
- En route messieurs.
- Par Réorx, c’est désormais moi qui vais vous ap-peler Maître !
Gilthas savait de longue date de quoi était capable son ami Angus, il sourit.
***
Les mains liées Darion, Linwood, et Gaylor appro-chaient du temple pour être livrés par Korrigan. De nombreux elfes étaient déjà massés là.
- Celui qui porte la toge rouge est le prêtre, mur-mura Korrigan, il est pour moi.
Les compagnons se laissèrent menés jusqu’au temple. L’édifice était récent mais bâtit dans le marbre avec le respect des traditions elfiques. Les elfes du Sil-vanesti vouaient à la Déèsse de la Guérison, une dévo-tion sans pareille sur Krynn et n’avaient laissé aucun détail au hasard : le bâtiment était simplement magni-fique. Haut de dix mètres, sa somptueuse entrée était constituée d’une énorme double porte de chêne frap-pée du symbole « infini ». Le 8 inversé en platine, symbole de la déèsse Mishakal renvoyait la douce lueur du soleil levant.
- Je livre ceux là, déclara Korrigan.
- Bien. Faites-les entrer Commandant.
- J’avais dis pas de massacre Haut-Clerc.
- Sargas veut des combats et des morts.
- Ah ? fit Korrigan. En voilà un de plus, dit-il en tranchant la tête de son interlocuteur d’un coup vio-lent.
- Là petit … tu me fais plaisir, dit Gaylor. C’est fourbe mais efficace.
- Tu sais ce que dis mon père ?
- Si tu veux vivre vieux, commença Gaylor.
- Frappe le premier ! conclurent en cœur Linwood et Darion.
Tous se libérèrent et entamèrent un ultime combat contre les nombreux soldats présents. Enchainant les feintes de corps et les frappes brutales, tous les trois se battaient dans le pur style de leur maître d’arme com-mun. Ils tuaient vite, et prenaient peu de coups. Il res-tait encore une vingtaine de minotaures à combattre lorsque Gilthas, Angus et Thorin rejoignirent les autres.
Tous tuèrent de nombreux ennemis et tous furent blessés. Il y eu le sang et les cris, la peur et le courage. Les risques pris et les vies sauvées. Des paroles vides et des regards qui en disent long. Le combat terminé, un nouveau groupe était né. Au dernier prétorien fut vain-cu, c’est Gilthas qui poussa l’énorme double porte du temple. Dans un grincement celles-ci laissèrent filtrer les rayons du soleil ainsi qu’un vent frais.
A l’intérieur, la centaine de prisonniers présente et terrorisée et n’espérait plus une issue favorable. Tous envisageaient leur mort imminente. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous furent éblouis à l’ouverture des portes. La fine silhouette qui se détacha, les empli d’espoir. L’homme qui entrait suivi de quelques ombres était un elfe au charisme immense. Le regard ambre, la chevelure dorée, il portait un énorme mé-daillon que tous reconnurent comme le soleil de Kith Kanan . Dans le silence, tous s’agenouillèrent alors de-vant celui qu’ils identifièrent comme le souverain des nations elfiques unifiées : le Pathfinder.
- Relevez-vous mes frères, vous êtes libres, déclara le descendant de Kith Kanan.
A cet instant Gilthas ressembla énormément à Lau-rana, feu la reine de Qualinost et général doré de l’armée Solamnique durant la guerre de la lance. Gay-lor ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Secrètement il avait aimé la souveraine sans qu’elle le sâche et avec combattu à ses côtés jusqu’au dernier moment.
En voyant Korrigan, la foule fut gagnée par la colère et poussa des cris de vengeance :
- A mort ! A mort !
Gilthas leva alors l’étoile perdue pour demander le silence. Quand il l’obtint, il déclara d’une voix puis-sante.
Je vous présente vos sauveurs ! Retenez leurs noms pendant mille ans et acclamez-les dès maintenant !
Gilthas déclama alors un à un les noms et prénoms de chacun de ses compagnons.
- Gaylor Forgefeu ! Linwood Esalis ! Darion de Dou-leur ! Thorin Rougemarteau ! Angus de la Manthe ! Quant au minotaure… Gilthas marqua une pause et se rendit compte qu’il ne connaissait pas son nom et pire que même son prénom lui échappait. Il fallait faire vite. Ko quelques choses mais quoi ? Le jeune souverain se souvint alors des conseils de son père. Tanis lui avait dit un jour : Quoi que tu dises en public, dis le avec con-viction, ce qui compte c’est l’émotion. La foule restait en suspens attendait la suite. Gilthas improvisa, dans un large sourire il dit :
- Quant au minotaure, c’est le fils de Gorlaug ! Je vous demande d’acclamer : Koko le minotaure !
A l’annonce de la filiation prestigieuse, la foule ac-clama comme elle acclama ses autres libérateurs. Du-rant de longues minutes, les viva des villageois gonflè-rent les cœurs des compagnons. Tous étaient émus.
- Mais je m’appelle pas Koko grogna Korrigan !
- Tais toi et savoure, fiston, lui dit Gaylor, tu viens d’entrer dans leur légende. Tu es désormais connu : Koko le minotaure ! annonça le colosse.
Korrigan fut parcouru par un frisson. Pour la pre-mière fois il ressenti le sentiment de fierté de ceux qui réalisent un acte juste.
Koko le minotaure ! sourit-il. Il pensa alors à son père et regretta les paroles acerbes prononcées le jour de son départ. Que j’en suis loin de ta légende, songea-t-il alors.
***
Les nuages avaient échoués dans leur tentatives d’étouffer Lunitari. Dans la froide forêt du Silvanesti, une colonie de deux cents elfes de tous âges marchait à rythme une effréné. Seul un petit groupe composé d’un elfe, de quatre humains, d’un minotaure et d’un nain s’était arrêté dans une clairière afin de tenir con-seil. Seul le hululement des oiseaux nocturnes et le bruissement des feuilles dans les branches accompa-gnaient leur voix.
Assis sur une énorme branche de chêne morte, Tho-rin prit la parole le premier.
- Des heures qu’on marche dans cette satanée fo-rêt, les anciens et les enfants ne tiendront pas à cette allure.
- La force d’une chaîne est celle de son maillon le plus faible, déclara froidement Angus. Nous mourrons tous si on ralentit.
- J’entends ce que vous dites, moine, mais on n’abandonnera personne, dit Darion en fixant Angus dans les yeux. Hors de question.
- Pas le choix mon ami, dit Korrigan. Quand l’Ambéon s’apercevra de ce qu’il s’est passé, ils nous traqueront immédiatement et sans relâche. Il n’y aura ni fatigue, ni pitié de leur côté. Je connais mon peuple.
Angus hocha la tête en signe d’approbation.
- Aucune chance de laisser une piste vierge, cons-tata-t-il Linwood à regret. Ils nous retrouverons à coup sur. Il faut avancer.
- On pourrait poser des pièges, proposa Gaylor.
- Trop long, dit Korrigan, de plus ils ont des éclai-reurs qui les désamorceraient avant l’arrivée des troupes.
- Quelqu’un sait faire ça de toute façon ? deman-da Thorin.
Personne ne répondit.
- Problème réglé, coupa le nain. Autres idées ?
- On quitte la forêt… Direction les montagnes de Thoradin, trancha Gilthas à la stupéfaction de tous. Le Silvanesti est perdu pour nous, autant avancer, nous trouverons l’aide des nains, puis marquant une pause, ou autres choses ...
- Amis des causes perdues, les causes perdues nous appellent ! lança Gaylor, heureux comme un ga-min en partance pour sa première aventure.
***
Quand les aventuriers eurent quittés la clairière, une chouette effraie vint se poser sur la branche où se trouvait Thorin un instant plus tôt. Elle resta là à con-templer l’obscurité cependant que groupe s’éloignait puis elle prit son envol à travers les branchages, elle repéra une souris, qu’elle attrapa entre ses serres puis-santes avant de retrouver son nid en haut d’un sapin plusieurs fois centenaire. Sitôt posé, le rapace entendit le bruit des pattes épaisses d’un loup s’approcher. Ce dernier se frotta la fourrure contre l’arbre et gratta les épines qui jonchaient le sol afin de coucher conforta-blement. L’oiseau hulula longuement. Le loup s’endormit.
Au levé du jour, la chouette s’endormit tandis qu’un homme se réveillait, ce dernier chassa les épines qui lui griffaient les côtes et se mit en route direction Thora-din. Après quelques pas, l’homme se changea en ours. Un groupe de bipède qui marche au côté d’un cor-nu avait dit la chouette ? Serait-ce mon père et son ami Gorlaug ?
Orion en aurait le cœur net.
(fin du livre 2)
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
LIVRE 3
ESPOIR MOURRANT
Chapitre 1
Chevalier de la mort
Le chevalier de la mort faisait face aux compagnons tandis que, derrière lui, les treize nérakiens morts se relevaient animés par la puissante magie nécroman-tique du chevalier du Lys. Renwood encerclé par ses amis tenait son pendentif à bout de bras, il implora Pa-ladine :
- Draco Paladin, accepte de détruire ces non-morts et renvoie leurs âmes tourmentées auprès de Chemosh !
Les treize zombis explosèrent.
Après qu’il ait constaté les dégâts, le chevalier de la mort pointa Garlick de son index et usa d’un mot de pouvoir :
- Etourdissement.
Aussitôt le mage s’effondra comme invertébré.
Le Solamnique maudit disparut alors dans l’ombre d’un pin avant de reparaître derrière Renwood. Le prêtre n’eut pas le de temps d’éviter le puissant coup qu’il prit dans le dos. Terrassé par la douleur, le prêtre s’effondra.
- Dos à dos ! cria Croak.
- Protégez Renwood hurla Gorlaug, sans clerc on est mort !
Un flèche siffla et vint se figer dans le cœur du che-valier du Lys, qui terrassé par le violent poison, s’effondra.
Le chevalier mort vivant s’apprêtait à achever Ren-wood quand une autre flèche vint perforer son heaume.
- A vous maintenant hurla Rhys !
Profiel brandit vivement son bâtonnet en criant pulvre. Les tentacules noirs attaquèrent le chevalier de la mort, emprisonnant ainsi son bras.
Il n’en fallut pas d’avantage pour que Gorlaug et Croak se ruent au combat et ne frappent leur adver-saire avec la férocité de fauves meurtris.
Pris entre les violents assauts des deux combattants, le chevalier comprit qu’il ne trouverait de salut que dans la fuite. A contre cœur, il disparut dans les ombres.
***
A quelques kilomètres de là, construite à flanc de montagne, se tenait la forteresse Nérakienne de Darkhaven. Bâtie sur ordre de l’empereur Ariakan pen-dant la guerre de la liche, c’est que là, que les premiers prêtres du bien furent enfermés avant d’être offert en sacrifice aux cinq plus grands vers d’Ansalonie. Durant cette guerre indigne, l’ancien seigneur des Dragons Lu-cien Néconilis de l’aile Noire, devenu liche, avait dérobé les anneaux de Mishakal, puis massacré de nombreux serviteurs de la lumière en vue d’obtenir le pardon de Takhisis. Bloqué dans ses plans, puis vaincus par les compagnons, la liche et ses sbires perdirent nombres de bastion mais Darkhaven faisait exception. Son maître était l’ancien chevalier de la Rose Manfred Gardecourrone. Corrompu et traite aux valeurs de la Mesure, le fils du tristement célèbre Derek Gardecou-ronne, avait assassiné de nombreux rivaux et de « mauvais »témoins en vue de s’élever dans l’Ordre Solamnique. Attirée par tant de vilainie, Takhisis se mit à lui parler en songe. Elle rongea son âme nuit après nuit jusqu’à conduire le chevalier félon jusqu’à sa trahi-son ultime : Assassiner la Révérée sœur de Paladine Crisania. En donnant la mort à celle qui succéda au très sage Elistan, Manfred Gardecouronne commis l’irréparable. Commença alors sa descente aux enfers. Manfred l’ignorait, mais son dernier crime acheva de consumer le peu d’humanité qui subsistait en lui. Les heures qui suivirent son forfait, son teint devint terne tandis que sa force décuplait. Sans faim, ni soif, Man-fred perdit dans le même temps toute patience. Les semaines qui suivirent, il devint si irascible que tous, jusqu’au fidèle major d’homme qui servait sa famille depuis trente ans, quittèrent le service de sa maison. Une nuit d’absence, son épouse emporta ses enfants pour fuir un homme qu’elle ne reconnaissait plus. En découvrant son départ, Manfred entra dans une rage folle. Furieux de s’être laisser abuser par Takhisis, il voulu détruire ce qu’il était devenu. Il entra dans la chapelle familiale et s’aspergea d’huile sainte avant de se saisir d’un cierge et de s’immoler en maudissant la reine des ténèbres. A son horrible surprise il ne sentit pas la douleur. Au contraire, il assista lucide au spec-tacle des flammes dévorants ses chairs noircies. Il vit ses muscles brûler avant de disparaître. Manfred hurla à la mort, tant l’odeur de son corps calciné le rendit fou de rage. Alors même qu’il fut privé de narine, l’écœurement était total. Quand il eut fini de se con-sumer, il maudit encore la reine des ténèbres et se rendit en courant dans ses appartements. Là, pour la dernière fois, il observa son reflet dans un miroir. Il y vit un grotesque pantin d’os articulé pourvu d’étranges flammes orangées qui dansaient dans ses orbites ocu-laires. Par tous les Dieux il se maudit d’avoir donné la mort à la seule personne qui aurait pu le sauver. Crisa-nia, la mortelle la plus proche de Paladine, avait péri de sa main ! Devant un destin si absurde, Manfred admit que la seule chose à sauver était le nom de sa famille, personne ne devait le voir ainsi. Il s’enroula d’un drap et enfila son armure avant de quitter définitivement Palanthas pour se terrer dans les montagnes.
Des années passèrent avant que Takhisis ne revien-nent vers lui et ce n’est qu’à la mort du Lord Soth qu’elle accorda des pouvoirs au Chevalier Gardecou-ronne. La Reine Noire avait besoin d’un serviteur indes-tructible, un chevalier de la Mort serait une arme par-faite. Reconnaissant après tant d’années d’oubli, Gar-decouronne jura allégeance à la reine des ténèbres. Serment de courte durée car Takhisis fut vaincue l’heure qui suivit.
Gardecouronne mit à profit les années qui suivirent pour réaliser son ambition de toujours : devenir le chef suprême d’une armée à sa solde. C’est là qu’il prit pos-session de la forteresse de Darkhaven et de son com-mandement. Désormais respecté et craint, le chevalier de la mort pensait avoir accomplit son destin lorsqu’il reçut quelques mois plus tôt la visite d’un émissaire de Gellidus le grand blanc. Ce dernier, un elfe de haut rang, était venu le trouver sans aucune nervosité. Au contraire c’est plein d’assurance qu’il était pénétré dans Darkhaven pour remettre son message.
Dans ce dernier, le dragon primordial demandait al-légeance au seigneur Gardecourone en échange d’un accès libre à la Vallée de Brume de Sancrist et au tom-beau de Huma. Trop heureux de trouver si fort suze-rain, et de pouvoir profaner le célèbre tombeau du plus grand chevalier Solmanique, Gardecouronne avait accepté immédiatement. Comme première mission, l’elfe lui confia la garde d’une sainte relique du bien en vue de la pervertir ensuite par sa sombre magie. Aucun Haut Sorcier de Wayreth n’aurait accepté de participé à un tel sacrilège et seul un chevalier de la mort et ses chevaliers du Lys aurait pu le faire. L’elfe avait égale-ment précisé qu’une seconde gemme nommée « Larme de Mishakal » existait et qu’elle était déténue par un peuple d’elfes ailés vivants eux aussi dans la dé-solation de Malystryrx. C’est cherchant ces derniers que le Chevalier rencontra le groupe qu’il l’avait mit en déroute.
Le chevalier avait mal vécu ce combat. Au-delà de la défaite, le minotaure avait nommé le clerc Renwood. A sa connaissance Renwood était celui qui avait remplacé Crisania dans ses fonctions de grand Clerc et...
(à suivre)
ESPOIR MOURRANT
Chapitre 1
Chevalier de la mort
Le chevalier de la mort faisait face aux compagnons tandis que, derrière lui, les treize nérakiens morts se relevaient animés par la puissante magie nécroman-tique du chevalier du Lys. Renwood encerclé par ses amis tenait son pendentif à bout de bras, il implora Pa-ladine :
- Draco Paladin, accepte de détruire ces non-morts et renvoie leurs âmes tourmentées auprès de Chemosh !
Les treize zombis explosèrent.
Après qu’il ait constaté les dégâts, le chevalier de la mort pointa Garlick de son index et usa d’un mot de pouvoir :
- Etourdissement.
Aussitôt le mage s’effondra comme invertébré.
Le Solamnique maudit disparut alors dans l’ombre d’un pin avant de reparaître derrière Renwood. Le prêtre n’eut pas le de temps d’éviter le puissant coup qu’il prit dans le dos. Terrassé par la douleur, le prêtre s’effondra.
- Dos à dos ! cria Croak.
- Protégez Renwood hurla Gorlaug, sans clerc on est mort !
Un flèche siffla et vint se figer dans le cœur du che-valier du Lys, qui terrassé par le violent poison, s’effondra.
Le chevalier mort vivant s’apprêtait à achever Ren-wood quand une autre flèche vint perforer son heaume.
- A vous maintenant hurla Rhys !
Profiel brandit vivement son bâtonnet en criant pulvre. Les tentacules noirs attaquèrent le chevalier de la mort, emprisonnant ainsi son bras.
Il n’en fallut pas d’avantage pour que Gorlaug et Croak se ruent au combat et ne frappent leur adver-saire avec la férocité de fauves meurtris.
Pris entre les violents assauts des deux combattants, le chevalier comprit qu’il ne trouverait de salut que dans la fuite. A contre cœur, il disparut dans les ombres.
***
A quelques kilomètres de là, construite à flanc de montagne, se tenait la forteresse Nérakienne de Darkhaven. Bâtie sur ordre de l’empereur Ariakan pen-dant la guerre de la liche, c’est que là, que les premiers prêtres du bien furent enfermés avant d’être offert en sacrifice aux cinq plus grands vers d’Ansalonie. Durant cette guerre indigne, l’ancien seigneur des Dragons Lu-cien Néconilis de l’aile Noire, devenu liche, avait dérobé les anneaux de Mishakal, puis massacré de nombreux serviteurs de la lumière en vue d’obtenir le pardon de Takhisis. Bloqué dans ses plans, puis vaincus par les compagnons, la liche et ses sbires perdirent nombres de bastion mais Darkhaven faisait exception. Son maître était l’ancien chevalier de la Rose Manfred Gardecourrone. Corrompu et traite aux valeurs de la Mesure, le fils du tristement célèbre Derek Gardecou-ronne, avait assassiné de nombreux rivaux et de « mauvais »témoins en vue de s’élever dans l’Ordre Solamnique. Attirée par tant de vilainie, Takhisis se mit à lui parler en songe. Elle rongea son âme nuit après nuit jusqu’à conduire le chevalier félon jusqu’à sa trahi-son ultime : Assassiner la Révérée sœur de Paladine Crisania. En donnant la mort à celle qui succéda au très sage Elistan, Manfred Gardecouronne commis l’irréparable. Commença alors sa descente aux enfers. Manfred l’ignorait, mais son dernier crime acheva de consumer le peu d’humanité qui subsistait en lui. Les heures qui suivirent son forfait, son teint devint terne tandis que sa force décuplait. Sans faim, ni soif, Man-fred perdit dans le même temps toute patience. Les semaines qui suivirent, il devint si irascible que tous, jusqu’au fidèle major d’homme qui servait sa famille depuis trente ans, quittèrent le service de sa maison. Une nuit d’absence, son épouse emporta ses enfants pour fuir un homme qu’elle ne reconnaissait plus. En découvrant son départ, Manfred entra dans une rage folle. Furieux de s’être laisser abuser par Takhisis, il voulu détruire ce qu’il était devenu. Il entra dans la chapelle familiale et s’aspergea d’huile sainte avant de se saisir d’un cierge et de s’immoler en maudissant la reine des ténèbres. A son horrible surprise il ne sentit pas la douleur. Au contraire, il assista lucide au spec-tacle des flammes dévorants ses chairs noircies. Il vit ses muscles brûler avant de disparaître. Manfred hurla à la mort, tant l’odeur de son corps calciné le rendit fou de rage. Alors même qu’il fut privé de narine, l’écœurement était total. Quand il eut fini de se con-sumer, il maudit encore la reine des ténèbres et se rendit en courant dans ses appartements. Là, pour la dernière fois, il observa son reflet dans un miroir. Il y vit un grotesque pantin d’os articulé pourvu d’étranges flammes orangées qui dansaient dans ses orbites ocu-laires. Par tous les Dieux il se maudit d’avoir donné la mort à la seule personne qui aurait pu le sauver. Crisa-nia, la mortelle la plus proche de Paladine, avait péri de sa main ! Devant un destin si absurde, Manfred admit que la seule chose à sauver était le nom de sa famille, personne ne devait le voir ainsi. Il s’enroula d’un drap et enfila son armure avant de quitter définitivement Palanthas pour se terrer dans les montagnes.
Des années passèrent avant que Takhisis ne revien-nent vers lui et ce n’est qu’à la mort du Lord Soth qu’elle accorda des pouvoirs au Chevalier Gardecou-ronne. La Reine Noire avait besoin d’un serviteur indes-tructible, un chevalier de la Mort serait une arme par-faite. Reconnaissant après tant d’années d’oubli, Gar-decouronne jura allégeance à la reine des ténèbres. Serment de courte durée car Takhisis fut vaincue l’heure qui suivit.
Gardecouronne mit à profit les années qui suivirent pour réaliser son ambition de toujours : devenir le chef suprême d’une armée à sa solde. C’est là qu’il prit pos-session de la forteresse de Darkhaven et de son com-mandement. Désormais respecté et craint, le chevalier de la mort pensait avoir accomplit son destin lorsqu’il reçut quelques mois plus tôt la visite d’un émissaire de Gellidus le grand blanc. Ce dernier, un elfe de haut rang, était venu le trouver sans aucune nervosité. Au contraire c’est plein d’assurance qu’il était pénétré dans Darkhaven pour remettre son message.
Dans ce dernier, le dragon primordial demandait al-légeance au seigneur Gardecourone en échange d’un accès libre à la Vallée de Brume de Sancrist et au tom-beau de Huma. Trop heureux de trouver si fort suze-rain, et de pouvoir profaner le célèbre tombeau du plus grand chevalier Solmanique, Gardecouronne avait accepté immédiatement. Comme première mission, l’elfe lui confia la garde d’une sainte relique du bien en vue de la pervertir ensuite par sa sombre magie. Aucun Haut Sorcier de Wayreth n’aurait accepté de participé à un tel sacrilège et seul un chevalier de la mort et ses chevaliers du Lys aurait pu le faire. L’elfe avait égale-ment précisé qu’une seconde gemme nommée « Larme de Mishakal » existait et qu’elle était déténue par un peuple d’elfes ailés vivants eux aussi dans la dé-solation de Malystryrx. C’est cherchant ces derniers que le Chevalier rencontra le groupe qu’il l’avait mit en déroute.
Le chevalier avait mal vécu ce combat. Au-delà de la défaite, le minotaure avait nommé le clerc Renwood. A sa connaissance Renwood était celui qui avait remplacé Crisania dans ses fonctions de grand Clerc et...
(à suivre)
Dernière édition par eres le Mar 1 Nov 2022 00:18, édité 4 fois.
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
A quelques kilomètres de là, construite à flanc de montagne, se tenait la forteresse Nérakienne de Darkhaven. Bâtie sur ordre de l’empereur Ariakan pen-dant la guerre de la liche, c’est que là, que les premiers prêtres du bien furent enfermés avant d’être offert en sacrifice aux cinq plus grands vers d’Ansalonie. Durant cette guerre indigne, l’ancien seigneur des Dragons Lu-cien Néconilis de l’aile Noire, devenu liche, avait dérobé les anneaux de Mishakal, puis massacré de nombreux serviteurs de la lumière en vue d’obtenir le pardon de Takhisis. Bloqué dans ses plans, puis vaincus par les compagnons, la liche et ses sbires perdirent nombres de bastion mais Darkhaven faisait exception. Son maître était l’ancien chevalier de la Rose Manfred Gardecourrone. Corrompu et traite aux valeurs de la Mesure, le fils du tristement célèbre Derek Gardecou-ronne, avait assassiné de nombreux rivaux et de « mauvais »témoins en vue de s’élever dans l’Ordre Solamnique. Attirée par tant de vilainie, Takhisis se mit à lui parler en songe. Elle rongea son âme nuit après nuit jusqu’à conduire le chevalier félon jusqu’à sa trahi-son ultime : Assassiner la Révérée sœur de Paladine Crisania. En donnant la mort à celle qui succéda au très sage Elistan, Manfred Gardecouronne commis l’irréparable. Commença alors sa descente aux enfers. Manfred l’ignorait, mais son dernier crime acheva de consumer le peu d’humanité qui subsistait en lui. Les heures qui suivirent son forfait, son teint devint terne tandis que sa force décuplait. Sans faim, ni soif, Man-fred perdit dans le même temps toute patience. Les semaines qui suivirent, il devint si irascible que tous, jusqu’au fidèle major d’homme qui servait sa famille depuis trente ans, quittèrent le service de sa maison. Une nuit d’absence, son épouse emporta ses enfants pour fuir son mari qu’elle ne reconnaissait plus. En dé-couvrant son départ, Manfred entra dans une colère noire. Furieux de s’être laisser abuser par Takhisis, il voulu détruire ce qu’il était devenu. Il entra dans la chapelle familiale et s’aspergea d’huile sainte avant de se saisir d’un cierge et de s’immoler en maudissant la reine des ténèbres. A son horrible surprise il ne sentit pas la douleur. Au contraire, il assista lucide au spec-tacle des flammes dévorants ses chairs noircies. Il vit ses muscles brûler avant de disparaître. Manfred hurla à la mort, tant l’odeur de son corps calciné le rendit fou de rage. Alors même qu’il fut privé de narines, l’écœurement était total. Quand il eut fini de se con-sumer, il maudit encore la reine des ténèbres et se rendit en courant dans ses appartements. Là, pour la dernière fois, il observa son reflet dans un miroir. Il y vit un grotesque pantin d’os articulé pourvu d’étranges flammes orangées qui dansaient dans ses orbites. Par tous les Dieux il se maudit d’avoir donné la mort à la seule personne qui aurait pu le sauver. Crisania, la mortelle la plus proche de Paladine, avait péri de sa main ! Devant un destin si absurde, Manfred admit que la seule chose à sauver était le nom de sa famille : per-sonne ne devait le voir ainsi. Il s’enroula d’un drap et enfila son armure avant de quitter définitivement Pa-lanthas pour se terrer dans les montagnes Khalist.
Cinquante deux années passèrent avant que Takhisis ne reviennent vers lui et car ce n’est qu’à la mort du Lord Soth qu’elle n’accorda des pouvoirs au Chevalier Gardecouronne. La Reine Noire avait besoin d’un servi-teur indestructible, un chevalier de la Mort serait une arme parfaite. Reconnaissant après tant d’années d’oubli, Gardecouronne jura allégeance à la reine des ténèbres. Serment de courte durée car Takhisis fut vaincue l’heure qui suivit.
Gardecouronne mit à profit les années qui suivirent pour réaliser son ambition de toujours : devenir le chef suprême d’une armée à sa solde. C’est là qu’il prit pos-session de la forteresse de Darkhaven et de son com-mandement. Désormais respecté et craint, le chevalier de la mort pensait avoir accomplit son destin lorsqu’il reçut quelques mois plus tôt la visite d’un émissaire de Gellidus le grand blanc. Ce dernier, un elfe de haut rang, était venu le trouver sans aucune nervosité. Au contraire c’est plein d’assurance qu’il était pénétré dans Darkhaven pour remettre son message.
Dans ce dernier, le dragon primordial demandait al-légeance au seigneur de Darkhaven en échange d’un accès libre à la Vallée de Brume de Sancrist et au tom-beau de Huma. Trop heureux de trouver si fort suze-rain, et de pouvoir profaner le célèbre tombeau du plus grand chevalier Solmanique, Gardecouronne avait accepté immédiatement. Comme première mission, l’elfe lui confia la charge de pervertir sainte relique du bien nommée « larme de Mishakal ». Aucun Haut Sorcier de Wayreth n’aurait accepté de participé à un tel sacrilège, un chevalier de la mort si. L’elfe avait également précisé qu’une seconde « Larme de Mishakal » existait et qu’elle était détenue par un peuple d’elfes ailés vivants eux aussi dans la désolation de Malystryrx. C’est en cherchant ces derniers que le Chevalier rencontra le groupe qui l’avait mis en dé-route.
Le chevalier avait mal vécu ce combat. Au-delà de l’humiliante défaite, le minotaure avait appelé un de ces compagnons Renwood. A sa connaissance Ren-wood était celui qui avait remplacé Crisania dans ses fonctions de grand Clerc. L’idée de tuer pour la se-conde fois le plus important membre du clergé lui rap-pela que sans son crime odieux, il n’aurait pas connu son pareil destin. Pour la première fois depuis la mort de Takhisis, il songea à nouveau à sa vie d’avant. Il avait tout perdu, sa lignée, son honneur… Manfred Gardecouronne avait même perdu son nom, car il refu-sait de salir d’avantage ce dernier. Il prit le nom de Chevalier Manfred de Darkhaven. Certes il se laissait bercer par les illusions du pouvoir mais il savait au fond de lui qu’aucun de ses hommes ne le respectaient. Le mort vivant était craint, il était puissant mais il souf-frait.
Selon lui les aventuriers venaient pour la « larme de Mishakal ». Tôt ou tard, ils arriveraient jusqu’à lui. Le chevalier fit alléger la garde et se rendit dans la salle où la relique pervertie était gardée. Il se posta dans la lueur verte de la gemme, immobile il attendit comme on attend la mort. Serein, sa décision était prise. Déci-der à racheter son âme, il combattrait sans magie et mourait de la main de Renwood.
***
Garlick se réveilla avec un profond mal de crâne. Ins-tinctivement il fouilla sa mémoire à la recherche d’un sort. Peine perdue, il avait tout oublié. Inquiet, il laissa ses yeux s’habituer à l’obscurité. Il était toujours au même endroit, ses compagnons dormaient à l’exception de Rhys qui montait la garde.
- La fièvre est tombée maître, constata l’archer dans un franc sourire.
Garlick fit mine de se relever mais renonça.
- Ne bougez-pas encore, il faut vous reposer.
- Que s’est-t-il passé ? demanda l’elfe.
- Votre tête à heurté la roche lorsque vous vous êtes effondré. Renwood vous a soigné.
- Le chevalier de la mort ?
- Il a fuit mais on a bien failli périr cette fois-ci.
- Autres choses ? demanda Garlick.
- Oui, la magie fonctionne à nouveau, sourit Rhys en lançant un sort de réparation sur la corde élimée de son arc.
Le visage de Garlick s’éclaira à cette nouvelle. Re-connaissant, il leva un regard vers Lunitari et Solinari en moyenne sanction ce soir là.
- Il manque Renwood remarqua Garlick.
- Il interroge les augures.
Gorlaug se leva brusquement. Vous m’avez réveillé avec vos palabres. Moi aussi je vais interroger les au-gures, sourit-il stupidement. Visiblement très content de sa métaphore, le guerrier ne pu retenir son rire en s’éloignant. En même temps, ajouta-t-il :
- On n’a jamais le temps d’interroger les augures tranquillement quand on part en mission !
Incrédule, Rhys regarda un moment dans la direction où le minotaure avait disparu. Quand il se tourna à nouveau vers Garlick, il remarqua que ce dernier plissait les yeux anormalement et retenait sa respiration.
- Mais vous êtes irrécupérables ! se lamenta Rhys. Comment des gens comme vous ont-ils pu devenir lé-gendaires ?
Les rires gras de Renwood et Gorlaug, quand le clerc tomba sur le minotaure furent sa seule réponse.
Cinquante deux années passèrent avant que Takhisis ne reviennent vers lui et car ce n’est qu’à la mort du Lord Soth qu’elle n’accorda des pouvoirs au Chevalier Gardecouronne. La Reine Noire avait besoin d’un servi-teur indestructible, un chevalier de la Mort serait une arme parfaite. Reconnaissant après tant d’années d’oubli, Gardecouronne jura allégeance à la reine des ténèbres. Serment de courte durée car Takhisis fut vaincue l’heure qui suivit.
Gardecouronne mit à profit les années qui suivirent pour réaliser son ambition de toujours : devenir le chef suprême d’une armée à sa solde. C’est là qu’il prit pos-session de la forteresse de Darkhaven et de son com-mandement. Désormais respecté et craint, le chevalier de la mort pensait avoir accomplit son destin lorsqu’il reçut quelques mois plus tôt la visite d’un émissaire de Gellidus le grand blanc. Ce dernier, un elfe de haut rang, était venu le trouver sans aucune nervosité. Au contraire c’est plein d’assurance qu’il était pénétré dans Darkhaven pour remettre son message.
Dans ce dernier, le dragon primordial demandait al-légeance au seigneur de Darkhaven en échange d’un accès libre à la Vallée de Brume de Sancrist et au tom-beau de Huma. Trop heureux de trouver si fort suze-rain, et de pouvoir profaner le célèbre tombeau du plus grand chevalier Solmanique, Gardecouronne avait accepté immédiatement. Comme première mission, l’elfe lui confia la charge de pervertir sainte relique du bien nommée « larme de Mishakal ». Aucun Haut Sorcier de Wayreth n’aurait accepté de participé à un tel sacrilège, un chevalier de la mort si. L’elfe avait également précisé qu’une seconde « Larme de Mishakal » existait et qu’elle était détenue par un peuple d’elfes ailés vivants eux aussi dans la désolation de Malystryrx. C’est en cherchant ces derniers que le Chevalier rencontra le groupe qui l’avait mis en dé-route.
Le chevalier avait mal vécu ce combat. Au-delà de l’humiliante défaite, le minotaure avait appelé un de ces compagnons Renwood. A sa connaissance Ren-wood était celui qui avait remplacé Crisania dans ses fonctions de grand Clerc. L’idée de tuer pour la se-conde fois le plus important membre du clergé lui rap-pela que sans son crime odieux, il n’aurait pas connu son pareil destin. Pour la première fois depuis la mort de Takhisis, il songea à nouveau à sa vie d’avant. Il avait tout perdu, sa lignée, son honneur… Manfred Gardecouronne avait même perdu son nom, car il refu-sait de salir d’avantage ce dernier. Il prit le nom de Chevalier Manfred de Darkhaven. Certes il se laissait bercer par les illusions du pouvoir mais il savait au fond de lui qu’aucun de ses hommes ne le respectaient. Le mort vivant était craint, il était puissant mais il souf-frait.
Selon lui les aventuriers venaient pour la « larme de Mishakal ». Tôt ou tard, ils arriveraient jusqu’à lui. Le chevalier fit alléger la garde et se rendit dans la salle où la relique pervertie était gardée. Il se posta dans la lueur verte de la gemme, immobile il attendit comme on attend la mort. Serein, sa décision était prise. Déci-der à racheter son âme, il combattrait sans magie et mourait de la main de Renwood.
***
Garlick se réveilla avec un profond mal de crâne. Ins-tinctivement il fouilla sa mémoire à la recherche d’un sort. Peine perdue, il avait tout oublié. Inquiet, il laissa ses yeux s’habituer à l’obscurité. Il était toujours au même endroit, ses compagnons dormaient à l’exception de Rhys qui montait la garde.
- La fièvre est tombée maître, constata l’archer dans un franc sourire.
Garlick fit mine de se relever mais renonça.
- Ne bougez-pas encore, il faut vous reposer.
- Que s’est-t-il passé ? demanda l’elfe.
- Votre tête à heurté la roche lorsque vous vous êtes effondré. Renwood vous a soigné.
- Le chevalier de la mort ?
- Il a fuit mais on a bien failli périr cette fois-ci.
- Autres choses ? demanda Garlick.
- Oui, la magie fonctionne à nouveau, sourit Rhys en lançant un sort de réparation sur la corde élimée de son arc.
Le visage de Garlick s’éclaira à cette nouvelle. Re-connaissant, il leva un regard vers Lunitari et Solinari en moyenne sanction ce soir là.
- Il manque Renwood remarqua Garlick.
- Il interroge les augures.
Gorlaug se leva brusquement. Vous m’avez réveillé avec vos palabres. Moi aussi je vais interroger les au-gures, sourit-il stupidement. Visiblement très content de sa métaphore, le guerrier ne pu retenir son rire en s’éloignant. En même temps, ajouta-t-il :
- On n’a jamais le temps d’interroger les augures tranquillement quand on part en mission !
Incrédule, Rhys regarda un moment dans la direction où le minotaure avait disparu. Quand il se tourna à nouveau vers Garlick, il remarqua que ce dernier plissait les yeux anormalement et retenait sa respiration.
- Mais vous êtes irrécupérables ! se lamenta Rhys. Comment des gens comme vous ont-ils pu devenir lé-gendaires ?
Les rires gras de Renwood et Gorlaug, quand le clerc tomba sur le minotaure furent sa seule réponse.
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
Chapitre 2
Fuite et poursuite.
-
Par tous les dieux, commandant ! Deux cents elfes ça laissent des traces non ? Comment pouvez-vous affirmer que la piste est vierge. Deux cents vous entendez ! Pas deux ou douze ! Deux cents ! Vous ima-ginez que l’empereur va comprendre ça ? Une division de cinquante soldats réduite à néant et aucune trace des elfes ? La population d’un village entier qui part en forêt ça laisse des traces ! hurla le général minotaure.
Son subordonné, les épaules basses ne pouvait que laisser passer l’orage. Avant même de pénétrer dans la tente de commandement, il avait compris qu’il lui fau-drait expliquer l’inexplicable. De là à ce que le général excuse l’inexcusable, il y a avait un gouffre. Les nou-velles étaient pires que ce qu’il allait livrer. Parfois il vaut mieux mentir, songea-t-il.
- Général, je vous assure qu’il n’y a pas une branche de brisée, pas une herbe de piétinée, c’est comme si personne n’avait jamais foulé cette terre. Ils ont pu prendre n’importe qu’elle direction.
- Et les éclaireurs ?
- Ils n’avancent pas. La végétation est si dense qu’ils perdent un temps inouï à élaguer.
- Vous vous moquez de moi ?
A cet instant les deux officiers furent interrompus par des cris venus de l’extérieur. En sortant ils décou-vrirent un véritable champ de bataille.
- Des frelons ! Des milliers de frelons ! C’est une invasion ! gémit le général.
***
Debout dans les hautes branches d’un feuillu cente-naire, Orion observait le spectacle plutôt satisfait.
- Maintenant, dit-il pour lui-même, direction les montagnes de Thoradin.
***
Valthonis avait mené les esclaves d’Ogrebond jus-qu’aux plaines des barbares de Khuri Kan. Aux pieds des monts Thoradin, ces peuplades nomades étaient dirigées par un roi suffisamment sage pour maintenir la paix entre les tribus rivales. Ils commerçaient avec les nains de la capitale Thorin ainsi qu’avec le Néraka et disposait d’une cavalerie à même de tenir les ogres en respect.
Pragmatique le souverain avait accepté la proposi-tion de Valthonis : Un droit d’occupation et d’exploitation des terres barbares contre vingt pour cent de la production agricole produite.
L’ancien Dieu était occupé à la réalisation d’une carte une carte lorsqu’ il aperçut en contre bas de la vallée, la poussière déplacée par le mouvement d’une colonie d’elfe menée par un groupe hétéroclite.
- Valthonis, savez-vous qui sont ces gens ? de-manda un des serviteurs de l’elfe.
- Oui. De vieux amis assurément. Cette carte est pour eux, dit-il énigmatique en roulant le parchemin. Veiller à bien accueillir la population, ils ont beaucoup marché.
***
- Servez-vous, prenez des forces mes amis, déclara Valthonis en ouvrant la paume de sa main. Vous êtes ici chez vous. Ceux qui m’ont bien servi jadis seront toujours les bienvenus à ma table.
Tous étaient impressionnés de partager le repas de leur ancien dieu. Les compagnons racontèrent leur pé-riple et Valthonis le sien. Ils parlèrent ensemble de la clé de Quinari, des larmes de Mishakal, du cimetière des dragons, du voyage chez les nains et de la guerre au Silvanesti.
- Pour reprendre Silvanost, nous aurons besoins des nains acquiesça Valthonis. Votre idée est bonne mais les chances de convaincre Severus Brisepierre sont ténues.
- La lumière est toujours venue de l’alliance entre les races, dit Angus. Nous réussiront.
- Les elfes du village resteront ici sous ma protec-tion, précisa Valthonis. Nous attendrons la réponse de Thorin.
- Bah Thorin, c’est pas le nain ? demanda naïve-ment Korrigan qui n’avait pas tout suivi.
Darion et Linwood échangèrent des regards dépités tandis Gaylor regardait ses pieds un sourire aux lèvres.
- Thorin, c’est mon prénom mais c’est aussi le nom de la capitale du royaume de Thoradin expliqua le nain, consterné.
- Ah… Je me disais aussi ! admit le Minotaure. En gros maintenant on va voir les nains pour leur deman-der de combattre contre mon peuple …
Après les sourires, la froide réalité vint brutalement prendre une place à table et figer les visages dans un épais silence. Korrigan était intelligent et sous son ap-parente étourderie, il posait le problème tel qu’il était.
- Oui, répondit sobrement Linwood.
- Les minotaures méritent mieux que Mithas, ré-torqua Korrigan. L’air y est chargée de souffre. Les miens vivent dans la suie.
Gaylor se leva de son tabouret et approcha du mino-taure à pas lent. Quand il fut assez près, il posa une main sur l’épaule du minotaure qui tourna la tête vers le guerrier debout dans son dos.
- Je comprends ce que tu ressens mon ami, com-mença le colosse. J’ai beaucoup échangé avec ton père ... Il sait pourquoi tu as rejoins l’empire. Tu voulais sau-ver ta sœur et personne ne peut t’en blâmer. Mais Gor-laug dit que l’Ambéon n’agit pas dans l’intérêt du peuple et que Hotak a pris le pouvoir dans une nuit de sang et qu’il n’est pas légitime à régner. Il n’est pas quelqu’un de morale. Après le Silvanesti, tu sais comme moi qu’une autre terre sera ravagée.
- Tu peux œuvrer pour la paix mon ami, dit posé-ment Darion. Une voix diplomatique peut être trouvée, mais pour négocier il nous faut du poids.
- Ne manque pas ce rendez-vous avec toi même, dit Linwood. Tu peux être l’artisan d’une négociation avec Hotak, mais avant cela, nous aurons besoin des nains.
- Si nous y parvenons, nous trouverons une solu-tion pour votre peuple, ajouta Gilthas.
D’un hochement de tête, Valthonis, acquiesca.
Les mots résonnaient dans le cœur de Korrigan. Il marqua une pause avant de déclarer simplement :
- Je marche avec vous.
A ces mots Gaylor lui saisit fermement la mâchoire et l’embrassa fougueusement sur le museau.
- Beurk ! J’étais sûr qu’il allait faire ça !
Autant émus qu’hilares, les compagnons levèrent leur verre à leur propre santé.
Valthonis se dit qu’il avait de la chance de partager un repas avec cette équipe. Il comprit également comment ils avaient réussis tant d’exploits.
***
En surplomb de la vallée, couché sur une roche tiède, un loup avait observé la scène à la faveur du so-leil couchant.
Fuite et poursuite.
-
Par tous les dieux, commandant ! Deux cents elfes ça laissent des traces non ? Comment pouvez-vous affirmer que la piste est vierge. Deux cents vous entendez ! Pas deux ou douze ! Deux cents ! Vous ima-ginez que l’empereur va comprendre ça ? Une division de cinquante soldats réduite à néant et aucune trace des elfes ? La population d’un village entier qui part en forêt ça laisse des traces ! hurla le général minotaure.
Son subordonné, les épaules basses ne pouvait que laisser passer l’orage. Avant même de pénétrer dans la tente de commandement, il avait compris qu’il lui fau-drait expliquer l’inexplicable. De là à ce que le général excuse l’inexcusable, il y a avait un gouffre. Les nou-velles étaient pires que ce qu’il allait livrer. Parfois il vaut mieux mentir, songea-t-il.
- Général, je vous assure qu’il n’y a pas une branche de brisée, pas une herbe de piétinée, c’est comme si personne n’avait jamais foulé cette terre. Ils ont pu prendre n’importe qu’elle direction.
- Et les éclaireurs ?
- Ils n’avancent pas. La végétation est si dense qu’ils perdent un temps inouï à élaguer.
- Vous vous moquez de moi ?
A cet instant les deux officiers furent interrompus par des cris venus de l’extérieur. En sortant ils décou-vrirent un véritable champ de bataille.
- Des frelons ! Des milliers de frelons ! C’est une invasion ! gémit le général.
***
Debout dans les hautes branches d’un feuillu cente-naire, Orion observait le spectacle plutôt satisfait.
- Maintenant, dit-il pour lui-même, direction les montagnes de Thoradin.
***
Valthonis avait mené les esclaves d’Ogrebond jus-qu’aux plaines des barbares de Khuri Kan. Aux pieds des monts Thoradin, ces peuplades nomades étaient dirigées par un roi suffisamment sage pour maintenir la paix entre les tribus rivales. Ils commerçaient avec les nains de la capitale Thorin ainsi qu’avec le Néraka et disposait d’une cavalerie à même de tenir les ogres en respect.
Pragmatique le souverain avait accepté la proposi-tion de Valthonis : Un droit d’occupation et d’exploitation des terres barbares contre vingt pour cent de la production agricole produite.
L’ancien Dieu était occupé à la réalisation d’une carte une carte lorsqu’ il aperçut en contre bas de la vallée, la poussière déplacée par le mouvement d’une colonie d’elfe menée par un groupe hétéroclite.
- Valthonis, savez-vous qui sont ces gens ? de-manda un des serviteurs de l’elfe.
- Oui. De vieux amis assurément. Cette carte est pour eux, dit-il énigmatique en roulant le parchemin. Veiller à bien accueillir la population, ils ont beaucoup marché.
***
- Servez-vous, prenez des forces mes amis, déclara Valthonis en ouvrant la paume de sa main. Vous êtes ici chez vous. Ceux qui m’ont bien servi jadis seront toujours les bienvenus à ma table.
Tous étaient impressionnés de partager le repas de leur ancien dieu. Les compagnons racontèrent leur pé-riple et Valthonis le sien. Ils parlèrent ensemble de la clé de Quinari, des larmes de Mishakal, du cimetière des dragons, du voyage chez les nains et de la guerre au Silvanesti.
- Pour reprendre Silvanost, nous aurons besoins des nains acquiesça Valthonis. Votre idée est bonne mais les chances de convaincre Severus Brisepierre sont ténues.
- La lumière est toujours venue de l’alliance entre les races, dit Angus. Nous réussiront.
- Les elfes du village resteront ici sous ma protec-tion, précisa Valthonis. Nous attendrons la réponse de Thorin.
- Bah Thorin, c’est pas le nain ? demanda naïve-ment Korrigan qui n’avait pas tout suivi.
Darion et Linwood échangèrent des regards dépités tandis Gaylor regardait ses pieds un sourire aux lèvres.
- Thorin, c’est mon prénom mais c’est aussi le nom de la capitale du royaume de Thoradin expliqua le nain, consterné.
- Ah… Je me disais aussi ! admit le Minotaure. En gros maintenant on va voir les nains pour leur deman-der de combattre contre mon peuple …
Après les sourires, la froide réalité vint brutalement prendre une place à table et figer les visages dans un épais silence. Korrigan était intelligent et sous son ap-parente étourderie, il posait le problème tel qu’il était.
- Oui, répondit sobrement Linwood.
- Les minotaures méritent mieux que Mithas, ré-torqua Korrigan. L’air y est chargée de souffre. Les miens vivent dans la suie.
Gaylor se leva de son tabouret et approcha du mino-taure à pas lent. Quand il fut assez près, il posa une main sur l’épaule du minotaure qui tourna la tête vers le guerrier debout dans son dos.
- Je comprends ce que tu ressens mon ami, com-mença le colosse. J’ai beaucoup échangé avec ton père ... Il sait pourquoi tu as rejoins l’empire. Tu voulais sau-ver ta sœur et personne ne peut t’en blâmer. Mais Gor-laug dit que l’Ambéon n’agit pas dans l’intérêt du peuple et que Hotak a pris le pouvoir dans une nuit de sang et qu’il n’est pas légitime à régner. Il n’est pas quelqu’un de morale. Après le Silvanesti, tu sais comme moi qu’une autre terre sera ravagée.
- Tu peux œuvrer pour la paix mon ami, dit posé-ment Darion. Une voix diplomatique peut être trouvée, mais pour négocier il nous faut du poids.
- Ne manque pas ce rendez-vous avec toi même, dit Linwood. Tu peux être l’artisan d’une négociation avec Hotak, mais avant cela, nous aurons besoin des nains.
- Si nous y parvenons, nous trouverons une solu-tion pour votre peuple, ajouta Gilthas.
D’un hochement de tête, Valthonis, acquiesca.
Les mots résonnaient dans le cœur de Korrigan. Il marqua une pause avant de déclarer simplement :
- Je marche avec vous.
A ces mots Gaylor lui saisit fermement la mâchoire et l’embrassa fougueusement sur le museau.
- Beurk ! J’étais sûr qu’il allait faire ça !
Autant émus qu’hilares, les compagnons levèrent leur verre à leur propre santé.
Valthonis se dit qu’il avait de la chance de partager un repas avec cette équipe. Il comprit également comment ils avaient réussis tant d’exploits.
***
En surplomb de la vallée, couché sur une roche tiède, un loup avait observé la scène à la faveur du so-leil couchant.
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
Chapitre 3
Darkhaven
Les ombres immenses des compagnons n’en finis-saient plus de mourir sur la roche rouge des parois de la désolation. Après une nouvelle journée de marche sous une chaleur accablante, la poussière et la sueur coulaient aux visages et brulaient les yeux de tous. Au détour d’un énième amas de lave séchée, ils touchaient enfin au but : le monastère leur apparut. Délabré mais identifié par la puissante magie du clerc, le bâtiment abritait une des larmes de Mishakal et son gardien. Quant à la seconde larme, la magie divinatoire avait précisé qu’elle se trouvait dans une forteresse nommée Darkhaven. Plus proche de la première, le groupe avait suivi les directives de son leader sans discuter.
- C’est ici, dit Renwood. Les augures mentionnent que l’une des larmes est derrière ces murs.
- Que sais-tu du gardien ? demanda Garlick.
- Rien.
- Faut-il que j’y aille en éclaireur ? demanda Croak.
- Mais non, rétorqua Gorlaug, on va y a aller à l’ancienne mode.
Tous attendaient l’arbitrage de Renwood. Le demi-elfe trancha en faveur du minotaure :
- Nous ne nous séparerons pas, nous avancerons dans l’ordre de marche habituel :
Croak et Gorlaug ouvrent la marchent, je les suis, Garlick à mes côtés, Profiel et Rhys couvrent nos ar-rières. Il marqua une pause avant d’ajouter, je lancerai une détection des pièges, donc surtout, ne progressez pas trop vite.
- Je me charge d’éclairer le chemin, précisa Gar-lick. Sharak. A l’énoncé du mot de commande, un halo blanc auréola le tranchant de son épée longue.
- Ast tularuk obsid yak, incanta Profiel en puisant de la poussière de rubis d’une des nombreuses poches de sa robe de velours noire. Gagné par l’extase de la magie, Profiel eut la chaire de poule avant de se sentir comme vidé de toute sa force. Il s’appuya sur son bâ-ton de marche, visiblement marqué.
- Quel est ce sortilège, demanda Rhys.
- Une protection contre les coups, répondit le mage d’une voix souffreteuse.
- Les peaux de pierre sont un puissant enchante-ment, compléta Garlick. Comme toute magie elle éprouve l’organisme de celui qu’elle parcoure. Seul les plus forts accèdent à ces sortilèges, car seuls les plus forts survivraient à leur usage. Il faut concentration et volonté pour résister aux forces profanes. L’Epreuve permet une sélection naturelle.
Rhys opina du chef.
Adossé à la montagne, le monastère était com-posé d’une large tour ainsi que d’une cour cerclée par un épais mur d’enceinte en pierres de taille. L’accès au monastère se faisait par une épaisse porte de bois. Autre fois robuste, elle ne fermait plus et grinçait mol-lement comme bercée par le vent tiède de cette fin de journée. Les compagnons traversèrent la pièce princi-pale avec vigilance avant de pénétrer la cour venteuse.
- Il n’y a rien du tout ici, dit Gorlaug.
Renwood désigna une faille dans la roche de la mon-tagne.
- Il y a une grotte. La larme est là-bas, je perçois sa magie, dit calmement le prêtre.
- En route dis Croak.
Darkhaven
Les ombres immenses des compagnons n’en finis-saient plus de mourir sur la roche rouge des parois de la désolation. Après une nouvelle journée de marche sous une chaleur accablante, la poussière et la sueur coulaient aux visages et brulaient les yeux de tous. Au détour d’un énième amas de lave séchée, ils touchaient enfin au but : le monastère leur apparut. Délabré mais identifié par la puissante magie du clerc, le bâtiment abritait une des larmes de Mishakal et son gardien. Quant à la seconde larme, la magie divinatoire avait précisé qu’elle se trouvait dans une forteresse nommée Darkhaven. Plus proche de la première, le groupe avait suivi les directives de son leader sans discuter.
- C’est ici, dit Renwood. Les augures mentionnent que l’une des larmes est derrière ces murs.
- Que sais-tu du gardien ? demanda Garlick.
- Rien.
- Faut-il que j’y aille en éclaireur ? demanda Croak.
- Mais non, rétorqua Gorlaug, on va y a aller à l’ancienne mode.
Tous attendaient l’arbitrage de Renwood. Le demi-elfe trancha en faveur du minotaure :
- Nous ne nous séparerons pas, nous avancerons dans l’ordre de marche habituel :
Croak et Gorlaug ouvrent la marchent, je les suis, Garlick à mes côtés, Profiel et Rhys couvrent nos ar-rières. Il marqua une pause avant d’ajouter, je lancerai une détection des pièges, donc surtout, ne progressez pas trop vite.
- Je me charge d’éclairer le chemin, précisa Gar-lick. Sharak. A l’énoncé du mot de commande, un halo blanc auréola le tranchant de son épée longue.
- Ast tularuk obsid yak, incanta Profiel en puisant de la poussière de rubis d’une des nombreuses poches de sa robe de velours noire. Gagné par l’extase de la magie, Profiel eut la chaire de poule avant de se sentir comme vidé de toute sa force. Il s’appuya sur son bâ-ton de marche, visiblement marqué.
- Quel est ce sortilège, demanda Rhys.
- Une protection contre les coups, répondit le mage d’une voix souffreteuse.
- Les peaux de pierre sont un puissant enchante-ment, compléta Garlick. Comme toute magie elle éprouve l’organisme de celui qu’elle parcoure. Seul les plus forts accèdent à ces sortilèges, car seuls les plus forts survivraient à leur usage. Il faut concentration et volonté pour résister aux forces profanes. L’Epreuve permet une sélection naturelle.
Rhys opina du chef.
Adossé à la montagne, le monastère était com-posé d’une large tour ainsi que d’une cour cerclée par un épais mur d’enceinte en pierres de taille. L’accès au monastère se faisait par une épaisse porte de bois. Autre fois robuste, elle ne fermait plus et grinçait mol-lement comme bercée par le vent tiède de cette fin de journée. Les compagnons traversèrent la pièce princi-pale avec vigilance avant de pénétrer la cour venteuse.
- Il n’y a rien du tout ici, dit Gorlaug.
Renwood désigna une faille dans la roche de la mon-tagne.
- Il y a une grotte. La larme est là-bas, je perçois sa magie, dit calmement le prêtre.
- En route dis Croak.
Dernière édition par eres le Mar 1 Nov 2022 00:03, édité 1 fois.
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
Le barbare fit quelques pas, suivi de près par Gor-laug et le reste du groupe. L’air était frais mais vicié. Après une demi-heure de marche le long d’un étroit défilé rocheux, la faille révéla finalement une cavité énorme au fond de laquelle était dressé un autel con-sacré à la déesse Mishakal. Brillant d’une intense lueur azur, posée au creux des mains d’une somptueuse sta-tue de femme, la gemme convoitée irradiait la grotte de sa magie.
- C’est trop facile, dit Profiel attiré par la relique.
Le mage s’avança vers l’autel avant que Renwood ne pu le retenir. A cet instant, un fantômatique guer-rier solmanique se matérialisa devant la statue. Epée en main, il se mit en position défensive avant de déclarer d’une voix caverneuse.
- Mithas est Mishakal Teareis defenderis.
- Il dit quoi ? demanda Croak qui reconnu la langue solamnique sans la comprendre.
- Sur ma vie, je défendrais la larme de Mishakal traduit Profiel.
- Ust gonarem yet stolas, nous ne venons pas la voler dit le mage au robe noire.
- Un elfe est venu et par la ruse m’a dérobé la première larme, poursuivit le chevalier fantôme dans un commun saccadé. Vous ne me volerez pas la se-conde, dit-il avant de frapper le sol du talon.
Dans un bruit de tonnerre le chevalier se transforma instantanément en un splendide dragon. Majestueux le ver semblait avoir été sculpté dans de l’argent massif. Il fixait le groupe l’air menaçant. Instantanément l’effroi prit les compagnons aux entrailles et leur noua le ventre.
Renwood exhiba alors son pendentif et à la surprise de tous commença à s’exprimer en draconique.
- Salutations majestueux ver argenté. Je me nomme Renwood et je suis le premier serviteur du créateur. Il m’envoie pour te révéler que le dôme de la création est coupé du cimetière des dragons.
- Qu’est-ce qu’il me prouve que tu dis vrai sang mêlé ?
Plongeant les mains dans sa besace, Renwood sortit alors la boîte à musique. Précautionneusement, il l’ouvrit, libérant ainsi l’ancestrale mélodie.
Emu aux larmes, le dragon fantôme lâcha dans un souffle :
- C’est la chanson de ma bien aimée Quinari.
D’un mot de pouvoir, il reprit forme humaine et ôta son casque révélant ainsi son beau visage encadré par longue chevelure argentée.
- Les humains me nomment Mirroir, commença—t-il, et je vous remettrai la larme. J’attends depuis plu-sieurs siècles la fin de ma garde.
- Tu as bien servi Paladine, nous réparerons le pont vers le dôme, tu pourras désormais rejoindre les justes.
Le chevalier disparu alors. Renwood se saisit de la gemme.
- Direction la forteresse de Darkhaven, sourit Garlick.
Gorlaug grimaça.
***
Forts de leur succès, les compagnons se mirent im-médiatement en route vers la citadelle défendue par le chevalier de la mort. Rendus invisibles par la magie des des sorciers du groupe, les compagnons franchirent les lignes ennemies à la faveur de l’aube sans aucune diffi-culté. Ils longèrent les remparts de l’imposante forte-resse aussi discrets que des ombres puis traversèrent magiquement les murailles qui les séparaient de l’objectif. Renwood savaient où aller, aussi ils ne perdi-rent pas de temps, les longs couloirs étaient quasiment déserts.
- C’est trop simple murmura Profiel.
- Un peu de réussite ne fait de mal, répondit Rhys.
- Parlez-pas trop vite, coupa Croak sentant son échine se dressé. Nous approchons : il est là, derrière cette porte au fond du couloir.
Nerveux, Gorlaug serra son arme un peu plus fort encore.
Renwood rompit le lourd silence qui venait de s’installer.
- Inutile de rester invisibles, désormais c’est nous que nous handicapons.
Profiel et Garlick dissipèrent leurs sorts.
- J’entre le premier aux côtés de Croak, Gorlaug, poursuivi le prêtre. Ils vont au contact, je me porte cô-té gauche. Rhys et Profiel vous foncerez sur flanc droit. Garlick fermera la marche et me rejoindra. A mon si-gnal, protégez vos yeux. Garlick et moi inonderont la pièce d’une lumière destructrice. Compris ?
Tous hochèrent la tête et échangèrent des regards d’encouragement, le groupe était tendu mais concen-tré.
- C’est parti ! rugit Gorlaug en enfonçant la porte d’un violent coup de pied.
***
Déposée sur le sombre autel qui lui était consacré, la gemme maudite irradiait une froide lueur verdâtre qui baignait dans l’immense salle. Pas une fenêtre, pas une issue, Manfred Gardecouronne ne para les attaques des guerriers du groupe que pour avoir l’occasion de mourir de la main de Renwood. De son vivant, le che-valier était passé de la lumière à l’ombre. Transpercé par le rayon de soleil, dans la non-mort, il fit l’inverse.
Profiel avança lentement vers la seconde larme de Mishakal et s’en saisi.
- C’est trop facile, dit Profiel attiré par la relique.
Le mage s’avança vers l’autel avant que Renwood ne pu le retenir. A cet instant, un fantômatique guer-rier solmanique se matérialisa devant la statue. Epée en main, il se mit en position défensive avant de déclarer d’une voix caverneuse.
- Mithas est Mishakal Teareis defenderis.
- Il dit quoi ? demanda Croak qui reconnu la langue solamnique sans la comprendre.
- Sur ma vie, je défendrais la larme de Mishakal traduit Profiel.
- Ust gonarem yet stolas, nous ne venons pas la voler dit le mage au robe noire.
- Un elfe est venu et par la ruse m’a dérobé la première larme, poursuivit le chevalier fantôme dans un commun saccadé. Vous ne me volerez pas la se-conde, dit-il avant de frapper le sol du talon.
Dans un bruit de tonnerre le chevalier se transforma instantanément en un splendide dragon. Majestueux le ver semblait avoir été sculpté dans de l’argent massif. Il fixait le groupe l’air menaçant. Instantanément l’effroi prit les compagnons aux entrailles et leur noua le ventre.
Renwood exhiba alors son pendentif et à la surprise de tous commença à s’exprimer en draconique.
- Salutations majestueux ver argenté. Je me nomme Renwood et je suis le premier serviteur du créateur. Il m’envoie pour te révéler que le dôme de la création est coupé du cimetière des dragons.
- Qu’est-ce qu’il me prouve que tu dis vrai sang mêlé ?
Plongeant les mains dans sa besace, Renwood sortit alors la boîte à musique. Précautionneusement, il l’ouvrit, libérant ainsi l’ancestrale mélodie.
Emu aux larmes, le dragon fantôme lâcha dans un souffle :
- C’est la chanson de ma bien aimée Quinari.
D’un mot de pouvoir, il reprit forme humaine et ôta son casque révélant ainsi son beau visage encadré par longue chevelure argentée.
- Les humains me nomment Mirroir, commença—t-il, et je vous remettrai la larme. J’attends depuis plu-sieurs siècles la fin de ma garde.
- Tu as bien servi Paladine, nous réparerons le pont vers le dôme, tu pourras désormais rejoindre les justes.
Le chevalier disparu alors. Renwood se saisit de la gemme.
- Direction la forteresse de Darkhaven, sourit Garlick.
Gorlaug grimaça.
***
Forts de leur succès, les compagnons se mirent im-médiatement en route vers la citadelle défendue par le chevalier de la mort. Rendus invisibles par la magie des des sorciers du groupe, les compagnons franchirent les lignes ennemies à la faveur de l’aube sans aucune diffi-culté. Ils longèrent les remparts de l’imposante forte-resse aussi discrets que des ombres puis traversèrent magiquement les murailles qui les séparaient de l’objectif. Renwood savaient où aller, aussi ils ne perdi-rent pas de temps, les longs couloirs étaient quasiment déserts.
- C’est trop simple murmura Profiel.
- Un peu de réussite ne fait de mal, répondit Rhys.
- Parlez-pas trop vite, coupa Croak sentant son échine se dressé. Nous approchons : il est là, derrière cette porte au fond du couloir.
Nerveux, Gorlaug serra son arme un peu plus fort encore.
Renwood rompit le lourd silence qui venait de s’installer.
- Inutile de rester invisibles, désormais c’est nous que nous handicapons.
Profiel et Garlick dissipèrent leurs sorts.
- J’entre le premier aux côtés de Croak, Gorlaug, poursuivi le prêtre. Ils vont au contact, je me porte cô-té gauche. Rhys et Profiel vous foncerez sur flanc droit. Garlick fermera la marche et me rejoindra. A mon si-gnal, protégez vos yeux. Garlick et moi inonderont la pièce d’une lumière destructrice. Compris ?
Tous hochèrent la tête et échangèrent des regards d’encouragement, le groupe était tendu mais concen-tré.
- C’est parti ! rugit Gorlaug en enfonçant la porte d’un violent coup de pied.
***
Déposée sur le sombre autel qui lui était consacré, la gemme maudite irradiait une froide lueur verdâtre qui baignait dans l’immense salle. Pas une fenêtre, pas une issue, Manfred Gardecouronne ne para les attaques des guerriers du groupe que pour avoir l’occasion de mourir de la main de Renwood. De son vivant, le che-valier était passé de la lumière à l’ombre. Transpercé par le rayon de soleil, dans la non-mort, il fit l’inverse.
Profiel avança lentement vers la seconde larme de Mishakal et s’en saisi.
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
4
A Thoradin.
Attablé avec ses amis, Thorin n’en finissait plus de pester. Voici dix jours que sa compagnie avait rejoint Thoradin. Là, ils avaient trouvé un royaume aux abois. A peine avaient-ils passés les immenses portes de l’antique cité des Thanes, que le Roi Sévérus, porteur du Marteau Sacré avait ordonné à ses gardes de les mettre aux arrêts. A cet instant le marteau de pouvoir, doté de volonté propre, avait quitté les mains du roi pour voler dans celles de Thorin. Aussitôt se sentant comme « habité » il clamait :
- Mes frères ! Je vous demande votre écoute, ensemble libérons notre royaume des usurpateurs, ce nain n’est pas Sévérus, ce n’est pas votre roi, c’est un sivak et celui qui se tient à ses côtés n’est pas son conseillé, c’est un dragon noir ! »
- Thorin fut le premier surpris par ce qu’il venait de se passer. Puis il s’entendit ajouter : « Je suis Kharas, battez-vous avec moi ! »
- Ces entrefaits jetèrent le trouble parmi les gardes. Comme fascinés par Thorin, ils se lancèrent contre le faux Sévérus et le mirent rapidement en déroute. Le dragon noir prit aussitôt sa forme originelle. Un épique affrontement s’en suivit, le dragon fut d’abord subjugué par la magie de l’Etoile perdue de Gilthas, puis vinrent les frappes violentes de Korrigan, Angus et Gaylor. Darion employa son épée sainte à déchiqueter les épaisses écailles du ver. Enfin, point d’orgue du combat, Linwood enfonça sa dragonlance dans le cœur du dragon au terme d’une attaque en vol, rendue possible par la magie de son épée. Durant les derniers mois le Thane Sévérus avait été écarté et « remplacé » par le draconien. Au terme d’un périple ayant mis les compagnons au supplice d’un peuple sous-terrain aux pouvoirs mentaux redoutables, ces derniers avaient libéré le Thane et le Royaume. Tout aurait été plus simple si le marteau de pouvoir, le fameux marteau de Kharas n’avait pas choisit Thorin comme nouveau porteur. Fort de son autorité nouvelle ce dernier se trouvait contraint de prendre des décisions et de participer au conseil des Thanes qui débutait immédiatement.
- Tu devrais être heureux, dit Darion, c’est une chance inespérée.
- Oui, c’est une chance inouïe pour mon peuple ajouta Gilthas, tu as l’occasion de faire fléchir les clans et de venir en aide aux elfes du Silvanesti. Avec l’appui des nains, les minotaures reculerons.
- Arrêtez, je refuse que tout repose sur moi, je ne suis pas roi, je ne saurais pas quoi dire.
- Fais comme l’autre fois dit Linwood, tu as bien parlé durant le combat…
- Pour la dixième fois, je vous répète que ce n’est pas moi qui ai choisi les mots ! C’est le marteau.
- Laisse-toi guider par ton intuition, proposa Angus. Ta bienveillance et ton charisme feront le reste. Tu es le porteur du marteau, tu as l’autorité morale pour unifier les clans et faire cesser l’alliance entre le Thoradin et le Néraka. Dans un second temps, tu pourras lever l’armée.
- Réorx puisse t’entendre.
***
Après quatre heures d’une longue attente dans une des salles commune réservée aux invités du royaume, les compagnons tuaient le temps. Gaylor et Korrigan jouaient au Kas tandis que Linwood et Darion faisaient les cents pas. Angus tentait de méditer sans succès. Paradoxalement Gilthas semblait serein, il étudiait une carte remise en toute discrétion par Valthonis avant leur départ. C’est alors que Thorin revint escorté par deux gardes.
Tous étaient suspendus à ses lèvres. D’un geste il renvoya son escorte et campa sur ses jambes.
Sans regarder ses amis, il déclara de sa voix rocailleuse :
- Fin de l’alliance avec le Néraka. Pour le Silvanesti, ils ont dit non. Je garde le marteau, Sévérus reprend le trône.
- Ba comme ça c’est clair, pesta Gaylor. Foutu nain, pas capable de voir plus loin que les poils de leur barbe.
Abattus par le refus des nains, les compagnons avaient du mal à voir le verre à moitié plein. Les nains cessaient d’équiper le Néraka en armes mais ils ne combattraient pas l’empire d’Ambéon.
- Reste à prévenir Valthonis, dit Gilthas en roulant la mystérieuse carte dans son étui.
- Faites comme bon vous semble, dit Gaylor, je vais rejoindre Gorlaug et les autres au Nord, ils passeront obligatoirement à Flotsam. Bonne chance les amis.
5
La donne change.
Le soleil était couché depuis quelques heures dans l’aride plaine de Khur et la lumière rouge de Solinari donnait aux tipis elfiques l’allure d’autant de feux de camps. Plus tôt dans la soirée, les éclaireurs avaient signalé l’arrivée d’un groupe en provenance de Thoradin.
- Donc nains ne se battront pas au Silvanesti, reprit Valthonis.
- Non, ils ont refusé, confirma Thorin tandis que les autres membres du groupe se contentaient d’écouter.
- Nous avons échoué, reconnu Linwood. Je n’ai pas honoré ma promesse à la souveraine. Je suis responsable de notre échec. Le Silvanesti est perdu, c’est sans espoir.
- Pas certain, coupa Gilthas, en brandissant sa carte. Il s’approcha de la table et d’un revers de la manche écarta les plans qui s’y trouvaient. Voici la carte d’Inath Watenki : la Vallée du Silence. Elle se trouve à deux cents kilomètres au Nord d’ici. Si nous la trouvons nous pourront bâtir un royaume sur les ruines de cette ancestrale cité elfique. Elle ne figure sur nulle autre carte. Elle fut fondée par le père de Silvanos. Remercions Valthonis pour ce cadeau.
- Le souvenir de cet endroit m’est venu en songe, dit l’ancien dieu. Cette vallée existe, j’en suis sûr.
Aucun des compagnons n’avaient entendu parler d’un tel endroit.
- Qui pour m’aider à trouver cette terre demanda Gilthas ?
Angus se leva le premier. Darion allait prendre la parole lorsque la porte de la tente s’entrouvrit soudainement.
- Valthonis ! dit le garde. Désolé de déranger cette réunion mais un druide de la vallée de Shalost souhaite être reçu. Il est accompagné d’un elfe qui exige impérieusement que je vous dérange.
Surpris, Valthonis fronça les sourcils, puis s’adressant au garde :
- Faites-les entrer.
En voyant Orion, Korrigan manqua de s’étouffer.
- Je te croyais … commença le minotaure.
- Mort ? demanda le druide cependant qu’il fit son entrée accompagné d’un elfe au le visage masqué. Je te pardonne mon assassinat, sourit-il sans ciller. Et salutations à tous, dit-t-il. Merci de nous recevoir.
- Salutations druide. Pour quelles raisons prétendez-vous nous déranger ? interrogea Valthonis.
L’elfe qui accompagnait Orion retira son masque d’ivoire et révéla un visage balafré que tous reconnurent néanmoins : Portios Kanan de Qualinost, le souverain banni par Béryl le vert.
- Tous s’inclinèrent devant le premier fils de Solostoran.
- Oncle Portios ? On vous disait mort, dit Gilthas.
- « On » devait y trouver son intérêt, sourit-il tristement. Nous voici tous les deux rois d’un peuple sans patrie.
- Pour le moment, poursuivit Valthonis en désignant la carte de la « vallée du silence ».
***
Linwood quitta la tente de Valthonis le premier. La présence de Portios changeait la donne et amenait un peu d’espoir. Le roi avait comme objectif la reconquête du Qualinesti et Linwood ne pouvait que saluer cela. En revanche, le chevalier était secrètement épris de la reine, pour la première fois de sombres pensées le gagnèrent. Son échec à rallier les nains l’accablait. Perdre la reine en plus lui semblait insupportable. Portios aurait du rester mort.
- Tu n’as pas le droit de penser cela chevalier, lui dit son épée. Tu t’écartes de la Mesure. Tu ne dois pas convoiter la femme d’un souverain auquel l’Ordre que tu sers à promis protection. Portios est le véritable roi Qualinost, et Alhana est sa reine.
- Linwood ne répondit rien, mais il songea qu’une veuve n’est la reine de personne.
- Tu n’as pas le droit Linwood. Tu es chevalier de la Rose. Ton serment dit : Est Sularus oth Mithas. Ton honneur guide ta vie, Linwood !
- Est Alhana oth Mithas, songea Linwood. Alhana est ma vie.
- L’épée ne répondit rien.
***
Depuis des mois Portios menait des opérations de guérillas au Qualinesti. Plusieurs villages avaient déjà été repris aux gobelins mais le roi avait besoin de soldats. Ayant eut vent de l’exode des elfes vers Sanction, il prit la route vers l’ouest afin de mobiliser des troupes et retrouver Alhana. Cette dernière devant se rendre au campement de Valthonis dans les prochains jours, le souverain espérait la retrouver avant de partir à la tête d’une armée.
Gilthas était aujourd’hui le roi des nations elfes unifiées, il avait guidé le peuple et l’avait sauvé du naufrage que fut la destruction de Qualinesti.
Las des guerres auxquelles il ne croyait pas, il privilégiait le projet de fonder un nouveau royaume. Les elfes étaient divisés sur le sujet et même Kérianserai, l’épouse de Gilthas ne partageait pas le point de vue de son mari.
Les deux souverains partageaient leur vues au cours d’une réunion à laquelle les compagnons étaient conviés lorsque qu’un griffon se posa à l’entrée du campement. Aussitôt informés tous sortirent pour identifier celui qui venait d’arriver.
6
Une sombre nouvelle. Epilogue.
A la surprise de tous, il s’agissait de Garlick. Ses robes blanches étaient souillées de sang et de terre, son visage était sombre et ses traits tirés. Le mage descendit de son griffon qu’il renvoya d’une tape sur l’aile. Tandis que l’oiseau prenait son envol, il se dirigea vers le groupe sortit l’accueillir. Il salua l’assemblée d’une inflexion de la tête et attendit d’être invité à l’intérieur.
- Soyez le bienvenu, Archimage, prenez place. Vous portez un air grave que je ne vous connais pas. Quelle terrible nouvelle a-t-elle commandé votre venue ? demanda Valthonis inquiet.
Garlick se mordit la lèvre inférieure, prit une profonde inspiration puis commença son récit.
- Je vais tenter d’être clair. Nous avons retrouvé les larmes de Mishakal. L’une d’entre elles étant pervertie, nous avons cherché un moyen de la purifié. Après des recherches dans la grande bibliothèque de Flotsam nous avons identifié une possibilité. Trouver la légendaire fontaine du renouveau au Nordmaard. Tout était simple jusqu’à l’attaque d’un groupe d’assassin et de leur dragon qui nous a contraint à quitté Flotsam plus vite que prévu.
- Gaylor est parti pour vous retrouver à Flotsam justement. L’avez-vous vu ? demanda Darion.
- Non, mais nous l’avons su et Croak est parti à sa rencontre, ils devaient nous retrouver à Wulfgar. Quelqu’un cherche à nous voler les larmes, nous en sommes sûrs. Pour faire court, nous avons pactisé avec le gardien de la fontaine, un dragon noir nommé Morlhex. En échange d’un service rendu, il a réparé la larme pervertie. Nous sommes ensuite au rendu au cercle de chevalerie de Wulfgar afin d’y faire escale. Le but était d’y étudier la seconde larme au calme et d’ainsi localiser l’entrée du cimetière magique. Nous avions alors la clé de Quinari et les deux larmes de Mishakal. Tout nous souriait, jusqu’à cette funeste nuit.
Suspendus aux paroles du mage. Personne ne pipait mot. Tous redoutaient la fin de son récit. Garlick prit une gorgée dans un verre resté sur la table et poursuivit :
- Arrivés à Wulfgar, nous avons été accueillis avec égards. Le seigneur de la Rose Earling nous a réunis pour un conseil de chevalerie exceptionnel car le Prince elfe Gilthanas Kanan arrivait le soir même, depuis Sancrist et portait de décisives informations. Gilthanas nous a appris que la flotte de chevaliers massée en Ergoth du Sud veut reprendre Palanthas.
Darion et Linwood échangèrent un commentaire.
- Comme chacun sait le prince Gilthanas a pour compagne la dragonne Dargent, aussi quand nous avons évoqué de notre recherche du cimetière draconique, il s’est proposé de nous guider. Persuadés d’être près du but, nous avons fait banquet.
Garlick marqua une pause.
- Je n’étais pas encore endormi quand j’entendis les premiers cris dans la chambre de Gorlaug. Cette nuit, nous avons été attaqués par une armée de morts vivants, poursuivi le mage. La gorge serrée et le regard bas, nous avons combattus tant que nous avons pu. Profiel, Rhys, Gorlaug, Renwood, moi. Nous avons tout fait pour repousser les vagues de nécrophages. Mais cette nuit là, ils étaient guidés par plus fort que nous. C’est le cœur brisé qu’il me faut vous dire que c’est cherchant à me protéger que mon ami, le grand prêtre Renwood Esalis a été tué.
La stupeur frappa l’assemblée. Durant un bref instant personne ne prit parole.
Plein de souffrance, Linwood rompit le silence d’une voix blanche.
- Qui menait les morts vivants ? demanda-t-il. Qui a tué mon père ?
- Mina, répondit Garlick. C’est elle qui dirigeait l’armée de Takhisis lors de la guerre des âmes. Elle a créé une race de monstres invincibles pour venger sa déesse.
Le visage de Valthonis se crispa :
- Mina ne venge pas sa déesse. Elle venge sa mère.
***
Dans son antre glacé, au cœur de la mer d’Ergoth, Gellidus rugit de plaisir. Son espion, le Prince elfe Gilthanas l’informait à l’instant de merveilleuses nouvelles.
A Thoradin.
Attablé avec ses amis, Thorin n’en finissait plus de pester. Voici dix jours que sa compagnie avait rejoint Thoradin. Là, ils avaient trouvé un royaume aux abois. A peine avaient-ils passés les immenses portes de l’antique cité des Thanes, que le Roi Sévérus, porteur du Marteau Sacré avait ordonné à ses gardes de les mettre aux arrêts. A cet instant le marteau de pouvoir, doté de volonté propre, avait quitté les mains du roi pour voler dans celles de Thorin. Aussitôt se sentant comme « habité » il clamait :
- Mes frères ! Je vous demande votre écoute, ensemble libérons notre royaume des usurpateurs, ce nain n’est pas Sévérus, ce n’est pas votre roi, c’est un sivak et celui qui se tient à ses côtés n’est pas son conseillé, c’est un dragon noir ! »
- Thorin fut le premier surpris par ce qu’il venait de se passer. Puis il s’entendit ajouter : « Je suis Kharas, battez-vous avec moi ! »
- Ces entrefaits jetèrent le trouble parmi les gardes. Comme fascinés par Thorin, ils se lancèrent contre le faux Sévérus et le mirent rapidement en déroute. Le dragon noir prit aussitôt sa forme originelle. Un épique affrontement s’en suivit, le dragon fut d’abord subjugué par la magie de l’Etoile perdue de Gilthas, puis vinrent les frappes violentes de Korrigan, Angus et Gaylor. Darion employa son épée sainte à déchiqueter les épaisses écailles du ver. Enfin, point d’orgue du combat, Linwood enfonça sa dragonlance dans le cœur du dragon au terme d’une attaque en vol, rendue possible par la magie de son épée. Durant les derniers mois le Thane Sévérus avait été écarté et « remplacé » par le draconien. Au terme d’un périple ayant mis les compagnons au supplice d’un peuple sous-terrain aux pouvoirs mentaux redoutables, ces derniers avaient libéré le Thane et le Royaume. Tout aurait été plus simple si le marteau de pouvoir, le fameux marteau de Kharas n’avait pas choisit Thorin comme nouveau porteur. Fort de son autorité nouvelle ce dernier se trouvait contraint de prendre des décisions et de participer au conseil des Thanes qui débutait immédiatement.
- Tu devrais être heureux, dit Darion, c’est une chance inespérée.
- Oui, c’est une chance inouïe pour mon peuple ajouta Gilthas, tu as l’occasion de faire fléchir les clans et de venir en aide aux elfes du Silvanesti. Avec l’appui des nains, les minotaures reculerons.
- Arrêtez, je refuse que tout repose sur moi, je ne suis pas roi, je ne saurais pas quoi dire.
- Fais comme l’autre fois dit Linwood, tu as bien parlé durant le combat…
- Pour la dixième fois, je vous répète que ce n’est pas moi qui ai choisi les mots ! C’est le marteau.
- Laisse-toi guider par ton intuition, proposa Angus. Ta bienveillance et ton charisme feront le reste. Tu es le porteur du marteau, tu as l’autorité morale pour unifier les clans et faire cesser l’alliance entre le Thoradin et le Néraka. Dans un second temps, tu pourras lever l’armée.
- Réorx puisse t’entendre.
***
Après quatre heures d’une longue attente dans une des salles commune réservée aux invités du royaume, les compagnons tuaient le temps. Gaylor et Korrigan jouaient au Kas tandis que Linwood et Darion faisaient les cents pas. Angus tentait de méditer sans succès. Paradoxalement Gilthas semblait serein, il étudiait une carte remise en toute discrétion par Valthonis avant leur départ. C’est alors que Thorin revint escorté par deux gardes.
Tous étaient suspendus à ses lèvres. D’un geste il renvoya son escorte et campa sur ses jambes.
Sans regarder ses amis, il déclara de sa voix rocailleuse :
- Fin de l’alliance avec le Néraka. Pour le Silvanesti, ils ont dit non. Je garde le marteau, Sévérus reprend le trône.
- Ba comme ça c’est clair, pesta Gaylor. Foutu nain, pas capable de voir plus loin que les poils de leur barbe.
Abattus par le refus des nains, les compagnons avaient du mal à voir le verre à moitié plein. Les nains cessaient d’équiper le Néraka en armes mais ils ne combattraient pas l’empire d’Ambéon.
- Reste à prévenir Valthonis, dit Gilthas en roulant la mystérieuse carte dans son étui.
- Faites comme bon vous semble, dit Gaylor, je vais rejoindre Gorlaug et les autres au Nord, ils passeront obligatoirement à Flotsam. Bonne chance les amis.
5
La donne change.
Le soleil était couché depuis quelques heures dans l’aride plaine de Khur et la lumière rouge de Solinari donnait aux tipis elfiques l’allure d’autant de feux de camps. Plus tôt dans la soirée, les éclaireurs avaient signalé l’arrivée d’un groupe en provenance de Thoradin.
- Donc nains ne se battront pas au Silvanesti, reprit Valthonis.
- Non, ils ont refusé, confirma Thorin tandis que les autres membres du groupe se contentaient d’écouter.
- Nous avons échoué, reconnu Linwood. Je n’ai pas honoré ma promesse à la souveraine. Je suis responsable de notre échec. Le Silvanesti est perdu, c’est sans espoir.
- Pas certain, coupa Gilthas, en brandissant sa carte. Il s’approcha de la table et d’un revers de la manche écarta les plans qui s’y trouvaient. Voici la carte d’Inath Watenki : la Vallée du Silence. Elle se trouve à deux cents kilomètres au Nord d’ici. Si nous la trouvons nous pourront bâtir un royaume sur les ruines de cette ancestrale cité elfique. Elle ne figure sur nulle autre carte. Elle fut fondée par le père de Silvanos. Remercions Valthonis pour ce cadeau.
- Le souvenir de cet endroit m’est venu en songe, dit l’ancien dieu. Cette vallée existe, j’en suis sûr.
Aucun des compagnons n’avaient entendu parler d’un tel endroit.
- Qui pour m’aider à trouver cette terre demanda Gilthas ?
Angus se leva le premier. Darion allait prendre la parole lorsque la porte de la tente s’entrouvrit soudainement.
- Valthonis ! dit le garde. Désolé de déranger cette réunion mais un druide de la vallée de Shalost souhaite être reçu. Il est accompagné d’un elfe qui exige impérieusement que je vous dérange.
Surpris, Valthonis fronça les sourcils, puis s’adressant au garde :
- Faites-les entrer.
En voyant Orion, Korrigan manqua de s’étouffer.
- Je te croyais … commença le minotaure.
- Mort ? demanda le druide cependant qu’il fit son entrée accompagné d’un elfe au le visage masqué. Je te pardonne mon assassinat, sourit-il sans ciller. Et salutations à tous, dit-t-il. Merci de nous recevoir.
- Salutations druide. Pour quelles raisons prétendez-vous nous déranger ? interrogea Valthonis.
L’elfe qui accompagnait Orion retira son masque d’ivoire et révéla un visage balafré que tous reconnurent néanmoins : Portios Kanan de Qualinost, le souverain banni par Béryl le vert.
- Tous s’inclinèrent devant le premier fils de Solostoran.
- Oncle Portios ? On vous disait mort, dit Gilthas.
- « On » devait y trouver son intérêt, sourit-il tristement. Nous voici tous les deux rois d’un peuple sans patrie.
- Pour le moment, poursuivit Valthonis en désignant la carte de la « vallée du silence ».
***
Linwood quitta la tente de Valthonis le premier. La présence de Portios changeait la donne et amenait un peu d’espoir. Le roi avait comme objectif la reconquête du Qualinesti et Linwood ne pouvait que saluer cela. En revanche, le chevalier était secrètement épris de la reine, pour la première fois de sombres pensées le gagnèrent. Son échec à rallier les nains l’accablait. Perdre la reine en plus lui semblait insupportable. Portios aurait du rester mort.
- Tu n’as pas le droit de penser cela chevalier, lui dit son épée. Tu t’écartes de la Mesure. Tu ne dois pas convoiter la femme d’un souverain auquel l’Ordre que tu sers à promis protection. Portios est le véritable roi Qualinost, et Alhana est sa reine.
- Linwood ne répondit rien, mais il songea qu’une veuve n’est la reine de personne.
- Tu n’as pas le droit Linwood. Tu es chevalier de la Rose. Ton serment dit : Est Sularus oth Mithas. Ton honneur guide ta vie, Linwood !
- Est Alhana oth Mithas, songea Linwood. Alhana est ma vie.
- L’épée ne répondit rien.
***
Depuis des mois Portios menait des opérations de guérillas au Qualinesti. Plusieurs villages avaient déjà été repris aux gobelins mais le roi avait besoin de soldats. Ayant eut vent de l’exode des elfes vers Sanction, il prit la route vers l’ouest afin de mobiliser des troupes et retrouver Alhana. Cette dernière devant se rendre au campement de Valthonis dans les prochains jours, le souverain espérait la retrouver avant de partir à la tête d’une armée.
Gilthas était aujourd’hui le roi des nations elfes unifiées, il avait guidé le peuple et l’avait sauvé du naufrage que fut la destruction de Qualinesti.
Las des guerres auxquelles il ne croyait pas, il privilégiait le projet de fonder un nouveau royaume. Les elfes étaient divisés sur le sujet et même Kérianserai, l’épouse de Gilthas ne partageait pas le point de vue de son mari.
Les deux souverains partageaient leur vues au cours d’une réunion à laquelle les compagnons étaient conviés lorsque qu’un griffon se posa à l’entrée du campement. Aussitôt informés tous sortirent pour identifier celui qui venait d’arriver.
6
Une sombre nouvelle. Epilogue.
A la surprise de tous, il s’agissait de Garlick. Ses robes blanches étaient souillées de sang et de terre, son visage était sombre et ses traits tirés. Le mage descendit de son griffon qu’il renvoya d’une tape sur l’aile. Tandis que l’oiseau prenait son envol, il se dirigea vers le groupe sortit l’accueillir. Il salua l’assemblée d’une inflexion de la tête et attendit d’être invité à l’intérieur.
- Soyez le bienvenu, Archimage, prenez place. Vous portez un air grave que je ne vous connais pas. Quelle terrible nouvelle a-t-elle commandé votre venue ? demanda Valthonis inquiet.
Garlick se mordit la lèvre inférieure, prit une profonde inspiration puis commença son récit.
- Je vais tenter d’être clair. Nous avons retrouvé les larmes de Mishakal. L’une d’entre elles étant pervertie, nous avons cherché un moyen de la purifié. Après des recherches dans la grande bibliothèque de Flotsam nous avons identifié une possibilité. Trouver la légendaire fontaine du renouveau au Nordmaard. Tout était simple jusqu’à l’attaque d’un groupe d’assassin et de leur dragon qui nous a contraint à quitté Flotsam plus vite que prévu.
- Gaylor est parti pour vous retrouver à Flotsam justement. L’avez-vous vu ? demanda Darion.
- Non, mais nous l’avons su et Croak est parti à sa rencontre, ils devaient nous retrouver à Wulfgar. Quelqu’un cherche à nous voler les larmes, nous en sommes sûrs. Pour faire court, nous avons pactisé avec le gardien de la fontaine, un dragon noir nommé Morlhex. En échange d’un service rendu, il a réparé la larme pervertie. Nous sommes ensuite au rendu au cercle de chevalerie de Wulfgar afin d’y faire escale. Le but était d’y étudier la seconde larme au calme et d’ainsi localiser l’entrée du cimetière magique. Nous avions alors la clé de Quinari et les deux larmes de Mishakal. Tout nous souriait, jusqu’à cette funeste nuit.
Suspendus aux paroles du mage. Personne ne pipait mot. Tous redoutaient la fin de son récit. Garlick prit une gorgée dans un verre resté sur la table et poursuivit :
- Arrivés à Wulfgar, nous avons été accueillis avec égards. Le seigneur de la Rose Earling nous a réunis pour un conseil de chevalerie exceptionnel car le Prince elfe Gilthanas Kanan arrivait le soir même, depuis Sancrist et portait de décisives informations. Gilthanas nous a appris que la flotte de chevaliers massée en Ergoth du Sud veut reprendre Palanthas.
Darion et Linwood échangèrent un commentaire.
- Comme chacun sait le prince Gilthanas a pour compagne la dragonne Dargent, aussi quand nous avons évoqué de notre recherche du cimetière draconique, il s’est proposé de nous guider. Persuadés d’être près du but, nous avons fait banquet.
Garlick marqua une pause.
- Je n’étais pas encore endormi quand j’entendis les premiers cris dans la chambre de Gorlaug. Cette nuit, nous avons été attaqués par une armée de morts vivants, poursuivi le mage. La gorge serrée et le regard bas, nous avons combattus tant que nous avons pu. Profiel, Rhys, Gorlaug, Renwood, moi. Nous avons tout fait pour repousser les vagues de nécrophages. Mais cette nuit là, ils étaient guidés par plus fort que nous. C’est le cœur brisé qu’il me faut vous dire que c’est cherchant à me protéger que mon ami, le grand prêtre Renwood Esalis a été tué.
La stupeur frappa l’assemblée. Durant un bref instant personne ne prit parole.
Plein de souffrance, Linwood rompit le silence d’une voix blanche.
- Qui menait les morts vivants ? demanda-t-il. Qui a tué mon père ?
- Mina, répondit Garlick. C’est elle qui dirigeait l’armée de Takhisis lors de la guerre des âmes. Elle a créé une race de monstres invincibles pour venger sa déesse.
Le visage de Valthonis se crispa :
- Mina ne venge pas sa déesse. Elle venge sa mère.
***
Dans son antre glacé, au cœur de la mer d’Ergoth, Gellidus rugit de plaisir. Son espion, le Prince elfe Gilthanas l’informait à l’instant de merveilleuses nouvelles.
-
eres
- Dragon d'argent
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
LIVRE 4 : GAYRINE (ou bien chapitre 7 à voir)
Prologue
Palanthas, Printemps 435.
Ruines de la bibliothèque.
Malgré le printemps, Palanthas était couverte de givre. Celle que l’on surnommait jadis le joyau de Solamnie était aujourd’hui une cité occupée et en ruine. Depuis l’attaque de Gellidus et de son armée de Draconiens, la ville était méconnaissable. Les trois quart de la population avaient été massacrés ou envoyés en esclavage dans les mines du mont Kharolis. Seuls les humains étaient tolérés à conditions d’avoir juré allégeance à Gel et toute forme de magie était interdite.
C’est dans ce climat de terreur que Runiviel arpentait les travées de la bibliothèque en ruine. Le jeune bibliothécaire venait d’être ordonné Esthète de Giléan et transmettait son savoir à tous les survivants qui venaient à lui. Il allait sur le champ à leur rencontre et tenait entre des mains un précieux livre d’étude sur la couverture duquel on pouvait lire « Chronique de la guilde : 421-433 AC ». Durant ses des recherches, il avait identifié ce pan de l’histoire contemporaine comme étant un tournant de l’Histoire de Krynn car il était marqué par l’échec de la guilde du minotaure. Le groupe de héros avait échoué dans sa quête et n’avait pas réussi à réparer le dôme de la création. Pire, ceci avait permis à Gellidus de connaitre une gloire inégalée. Aidé par le Prince Gilthanas de Qualinost, le dragon s’était emparé de la clé de Quinari, des larmes de Mishakal et avait ainsi pu pénétrer dans le cimetière draconique. Là, il avait pu voler des centaines de crânes de dragons. Fort de ce trésor inestimable, il avait fait grossir son totem au delà de tout autre. Désormais, le grand blanc était de loin la plus puissante créature ayant foulé le sol de Krynn et la récente débâcle des flottes de Sancrist, entièrement coulée par le Dragon, sonnait le glas de l’Ansalonie toute entière.
Runiviel arriva devant les quelques survivants qui comme lui cherchaient à comprendre comment le monde en était arrivé là. Le flot des murmures se dissipa pour laisser place à un lourd silence. Le clerc s’éclaircit la voix puis commença.
1
422 AC : Les obsèques de Renwood. Le tavernier de Calaman.
La pluie oblique tombait sans discontinuer sur les ruines de l’avant poste Solamnique de Wulfgar. Elle charriait la boue et le sang en même temps que les espoirs des compagnons. Voici quatre jours que Mina avait lancé sa meurtrière offensive sur la ville. Au terme d’un épique combat contre son armée de bienaimés , les héros avaient été défaits, et contraint de fuir. Durant le tragique assaut nocturne le groupe avait perdu un de ses membres : le très sage et écouté Renwood. La fatigue et la peine étaient immenses chez les compagnons, l’abattement avait gagné tous les cœurs. Les heures qui suivirent le désastre, tout avait été tenté pour arracher leur ami à son funeste présent. Garlick usa de l’enchantement le plus convoité des Hauts Sorciers ; mais même puissant le Souhait, ne suffit pas à ramener l’âme du prêtre dans son corps sans vie. L’espoir enfui, il fallu se résigner à porter la nouvelle aux enfants de Renwood : Linwood et Renda d’abord, puis à ses amis et enfin, aux sages de Krynn en. Au soir du cinquième jour et ce durant une semaine des griffons et leurs cavaliers arrivèrent de toute l’Ansalonie : Linwood, Darion, Angus, Thorin, Orion, Korrigan et Gilthas d’abord ; et avec eux le couple royal Portios et Alhana. Plus tard arrivèrent Séverus Maindepierre pour le Royaume de Thoradin et les mages du conclave : Dalamar le sombre et Jenna des Robes Rouges. Tous furent accueillis par le par le Haut Chevalier Liam Earling, régent de la ville de Wulfgar et furent logés dans la seule annexe du château encore en état. La messe d’enterrement se tiendrait dans la chapelle vouée à Kiri Jolith et serait dite par Valthonis en personne. Des années durant Renwood avaient été le premier serviteur du dieu Paladine, le mortel qu’était devenu ce dernier se sentait coupable et redevable à l’heure d’enterrer le demi-elfe. Plus qu’une vie, Renwood Esalis avait eut un destin ; sa légende lui survivrait.
Le corps reposait dans un linceul de rose blanche et par la magie de Garlick ne semblait pas se dégrader. Trônant au bout de l’allée centrale, devant l’hôtel, le cercueil était offert à la vue de tous et chacun avait pu venir se recueillir.
Au jour de la cérémonie, la chapelle était bondée. Valthonis avait revêtu une toge blanche, il se tenait debout derrière le cercueil en contemplant l’assemblée, le moment venu, il se racla la gorge et commença d’une voix chargée d’émotion :
- Mes chers amis, nous sommes ici pour honorer la mémoire de notre ami Renwood. Mari aimant et le père de trois enfants, il fut avec Elistan, et Lunedor un des plus éminents serviteurs des dieux de la lumière. Il a vécu en juste et est mort en …
A cet instant les portes de la chapelle s’ouvrirent bruyamment. Les flammes des candélabres vacillèrent tandis que l’air chargé d’encens tournoyait. Tous les regards se tournèrent alors sur la silhouette d’un homme épuisé accompagné d‘une fillette âgée de deux ou trois ans. Le visage rongé par une barbe grise et les yeux rougis, le colosse aux cheveux hirsutes avait délaissé son éternel sourire pour une mine infiniment triste et serrait ostensiblement les mâchoires.
C’est Gaylor Forgefeu, entendit-on dans les travées.
Ce dernier guida la fillette vers les bancs et l’aida à s’assoir avant de prendre place à son côté. Son regard balaya l’assemblée avant de se poser sur Valthonis qui reprit alors.
- Renwood a vécu en juste, et est mort en protégeant ses amis. Avant de recommander son âme à Mishakal et aux Dieux de la lumière, je sais que certains d’en vous souhaitent dire quelques mots.
Avant que tout autre n’ait prit la parole, Gorlaug se leva, et le port droit, quitta son banc. Le pas lourd mais décidé, il avança en direction du cercueil. D’un geste élégant, il dégaina sa légendaire épée d’acuité et la déposa sur le flanc de son ami défunt. Emu comme rarement, le vieux minotaure posa respectueusement un genou au sol. Après un instant de recueillement, il se releva puis fit demi-tour. Sans un regard pour personne quitta la chapelle.
Le cœur serré, ses compagnons comprirent alors que Gorlaug le minotaure prenait sa retraite et qu’il ne les aiderait pas à terminer la quête.
Garlick se leva à son tour et se plaça aux cotés de Valthonis, les yeux clos il prit la parole.
- J’ai rencontré Renwood aux abords de Solace, en 348, en soixante sept ans nous en avons appris à nous connaître. Moi l’elfe du Qualinesti, lui le sang mêlé … Courageux et franc, sa noblesse Renwood la tirait de son courage, et de son dévouement envers les siens. S’il a souvent douté de lui, il est une chose certaine, c’est qu’il n’a jamais douté de Paladine. Sa foi est restée intacte toute sa vie même après votre arrivée Valthonis. Il a vécu selon vos vœux et il est mort en me protégeant. Son sacrifice laissera un vide dans ma vie que rien ne comblera.
La voix brisée, le mage marqua une pause.
Gaylor se leva alors et d’une voix tranchante comme une lame il livra ce qu’il avait sur le coeur.
- Il n’est pas mort pour te sauver mon ami …
Si seulement c’était ça. Il marqua une pause, les yeux pleins de larmes il poursuivit, Renwood est mort en servant les Dieux. Les dieux… Sur la demande des Dieux j’ai parcouru la longue route depuis Flotsam. Je devais rejoindre mes amis pour les aider dans leur quête. En chemin j’ai traversé des dizaines de villages mis à sac par l’armée de Mina. Dans chacun d’entre eux, j’ai vu les habitants bruler les morts pour qu’ils ne deviennent pas les vampires de cette prêtresse infernale. Dans le dernier hameau traversé, les bienaimés ont attaqué de nuit et massacré la famille de la petite à côté de moi. Et où étaient les dieux ? Où étaient-ils quand l’armée des morts à détruits Wulfgar ? Où étaient les dieux quand leur plus fidèle serviteur à donné sa vie ? Paladine a dit, Mishakal à dit : combattez pour nous, gagnez les batailles, sacrifiez vos amis, où étaient les dieux quand j’ai du combattre le corps sans vie de mon ami Croak ? Hein ? Où étiez vous foutus Dieu ! Des enfants gâtés qui jouent avec nos vies, voilà ce que sont les dieux. Combien de temps cela va-t-il durer ?
Je te le dis grand Paladine, ou Valthonis c’est comme tu veux, nous vivons « l’âge des mortels » et j’ai fini d’être ta marionnette. Que Renwood et Croak reposent en paix et que les dieux nous oublient …
***
- … que les dieux nous oublient !
- Père ! Père !
- Que les dieux nous …
- Papa, réveille-toi ! Tu fais encore ce cauchemar.
En sueur, le vieux guerrier était hagard.
- Tu ne crois pas que tu pourrais essayer de te réconcilier désormais ?
- Avec qui ? Les dieux ?
- Non, avec toi-même.
Voir sa petite viser si juste lui tordait les entrailles. Plein, d’amour pour cette enfant, il sourit péniblement et se redressa pour la rassurer :
- Je suis en paix, ne t’inquiète pas. Gaylor plongea ses yeux dans ceux de l’adolescente aux boucles rousses.
- Retourne te coucher.
Alors, Gayrinne quitta la pièce.
D’une main tremblante, il se saisit de la bouteille de vin posée dans sa table de nuit, l’homme prit une longue rasade avant de s’essuyer la bouche d’un revers de manche. Pour lui-même il murmura : Je suis Ron Caledan, tavernier à Calaman, tu es ma fille Gayrinne et le reste n’est que poussière.
- Je vais bien, retourne te coucher.
Tard dans la nuit Gayrinne entendit son père sangloter, encore.
2
Gayrinne et Caledan.
Port Calaman 433 AC.
Calaman était une ville cosmopolite. Théâtre de nombreux affrontements au cours des dernières décennies, les guerres de la lance, du chaos et âmes avaient laissé des traces dans les esprits et c’est naturellement qu’un mouvement comme la légion d’acier y avait rencontrée le succès. Le dernier né des ordres de chevalerie faisait fit du bien et du mal, seul le bien être des populations comptaient, aussi y trouvait-on solamniques et nérakiens déçus autant que des gens du cru.
Gayrinne et son père vivaient au dessus la taverne « Chez Caledan » située dans le quartier populaire. C’était un établissement simple où l’on pouvait manger et boire pour un bon prix. Son père, Calédan, avait ouvert voilà une douzaine d’année et faisait son maximum pour l’affaire tourne correctement.
Malgré sa nuit agitée, la jeune fille au regard clair se réveilla en forme. Après un rapide brin de toilette, elle ouvrit la fenêtre de sa chambre, profita un moment de la vue sur le port et huma l’air marin.
- C’est le grand jour ! songea-t-elle, en tapant son oreiller par la fenêtre. Elle vérifia que son paquetage et la piteuse épée qu’elle avait secrètement achetée la veille n’avaient pas quittés le dessous de son lit. Puis, pressée de déjeuner, elle descendit les escaliers quatre à quatre. Arrivée dans la salle commune de la taverne, elle fut accueillie par un traditionnel, bonjour ma belle et une bise sur le front.
- Bien dormi ?
- Il se moque de moi ? songea-t-elle. Oui bien et toi ?
- Un peu lait chaud et du miel ?
- Oui père. Je le jure sur les dieux, je ne vivrai pas ta vie de villageois. Ce soir je pars à l’aventure afin d’être admise à la légion d’acier !
Mais déjà les premiers clients entraient, la journée serait longue.
***
Comme Gayrinne l’avait craint la journée avait été interminable et le service pénible. Son père était apprécié de tous car il avait toujours une anecdote à raconter. S’il était un cuisinier moyen, elle lui reconnaissait au moins un talent de conteur hors paire et une imagination débordante. La facilité avec laquelle
Ron Calédan décrivait des combats épiques auxquels il n’avait pas participé était tout bonnement exquise et contribuait pour beaucoup à la réputation conviviale de l’endroit.
Et Gorlaug le minotaure a fait-ci et Gaylor Forgefeu a fait ça … Mais où va-t-il chercher tous ça ? Il n’a jamais tenu une épée !
- Gayrinne, tu nettoies les tables, on ferme, cria Gaylor depuis les cuisines !
- Oui père.
A cet instant pourtant la porte s’ouvrit sur un dernier client. L’homme aux yeux verts, avait de longs cheveux châtains coiffés à la mode elfique et une barbe de quelques jours. Il portait une cape à capuchon, une épée battait son flanc et un loup gris l’accompagnait.
- Ca ! Ca, c’est un aventurier, songea Gayrinne aussitôt sous le charme.
- Gayrinne, dis lui qu’on ferme, cria Gaylor.
- Désolée, vous avez entendu le patron, s’excusa la jeune fille.
L’étranger regarda la jeune femme intrigué, Gayrinne ? songea-t-il.
- Je suis Orion Antillost, cria-t-il a son tour.
Gaylor sortit alors de ses cuisines, le tablier encore sur les hanches. Il toisa son visiteur l’air inquiet.
- Gayrinne tu vas te coucher.
- Mais père !
- J’ai dit Pich-guète.
- Pich quoi ?
- C’est du minotaure et ça veut dire que tu vas te coucher maintenant, commanda Gaylor d’un ton que sa fille ne lui connaissait pas. Je dois parler à notre visiteur.
Gayrinne se demandait bien pourquoi son père réagissait de la sorte. Si je fais le mur ce soir, j’ai pas intérêt à me faire prendre, songea l’adolescente.
***
Alors seigneur Forgefeu, tu te fais appeler Caledan à ce que je comprends.
- Oui, c’est mieux pour elle et pour moi. A la mort de Renwood, j’ai pris la décision de prendre ma retraite de tout ça. Je veux qu’on me laisse être tranquille ici avec ma gosse, elle est ma priorité. Avec où sans nous Krynn continuera de tourner. Pourquoi es-tu là ?
- Je cherchais une taverne.
- Et ma hâche, c’est un cure dent ?
- Je viens de Palanthas, les Solamniques devaient la reprendre aux mains de Nérakiens, mais leur flotte a été coulée à Sancrist, je suis chargé de rencontré les hommes de la légion d’acier pour obtenir leur soutien. Ensuite je gagnerai le cercle solamnique le plus proche.
- Une flotte entière coulée ?
- Gellidus le blanc. Je pense que Linwood et Darion y étaient.
Gaylor leva un sourcil mais continua a regarder dans le fond de son verre.
- Ils seront tombés comme des braves.
- C’est tout ce que cela te fait ?
- Tu veux que je te dise quoi ? Que je vais prendre mon épée et ma hache, que je vais trouver Gorlaug et qu’avec Garlick on va aller tuer le dragon pour les venger ?
- Je pensais que …
- Tu pensais que quoi ? Tu pensais que ça allait les faire revenir ? Que ça changerait le monde ? Gel ou Malystrirx ou Béryl, quelle différence ? On a tué Malys et ça a changé quoi ? J’ai tué Béryl, on a perdu Laurana et Qualinost. On a même tué la grande Takhisis et puis ? Ca a donné quoi ? Renwood a été tué par Mina. Stop. Je dis stop comme j’ai dit stop il ya douze ans. On ne sert à rien, tout ce qu’on fait c’est couvrir nos mains de sang. Toutes les nuits, le visage de ceux que j’ai tué viennent me hanter. J’ai cru que tout ça avait un sens, mais quel est le sens ? L’honneur, la gloire ? Où est la gloire hein, regarde moi quand je te parle ! Où est la gloire dans cette foutue taverne !
- Gaylor, je …
- Je me tiens éloigné des problèmes et ça me va comme ça. Pour la légion d’acier, je te dirai demain où les trouver.
- Très bien, merci.
- Pardonne-moi d’être si froid, c’est juste que ça fait mal de repenser à tout ça. Gayrinne est la seule raison de vivre qu’il me reste. Elle est bonne comme le pain cette gosse et je veux juste la rendre heureuse, elle ne rêve que d’une chose c’est de devenir aventurière, un comble non ?
- Elle quitte justement sa chambre par la fenêtre au moment où on se parle.
- Hein ? Comment tu sais ça ?
- Oublierais-tu que je suis druide ? Mon furet est resté dehors, il vient de me le dire.
- Par ma hache, je vais la tuer !
- Laisse Gaylor. Je vais la suivre et veiller sur elle. Cela pourra lui donner une leçon. Après tout, tu n’es pas curieux de savoir où elle va et avec qui ?
- D’accord, mais si elle revient avec ne serait-ce qu’un bleu, je te tue, sourit le colosse.
3
Le départ. (433 AC)
Au nord de l’ancien Silvanesti se tenait la ville commerçante de Pashin. Dirigée par d’anciens membres de l’armée Nérakienne, elle avait connu un fort essor depuis l’arrivée des minotaures en 421 AC. Son marché était réputé et les meilleurs artisans de la région s’y retrouvaient chaque mois pour écouler leur production. Gorlaug, excellent forgeron, était l’un d’entre eux. Il chargeait un dernier lot d’épées clabbardes dans son chariot lorsqu’il fut interpellé par une vieille connaissance vêtue de robes blanches.
- C’est donc là que se terre la dernière légende d’Ansalonie ? lança Garlick à son vieux complice.
- Mon ami ! s’exclama Gorlaug en lui ouvrant les bras.
Garlick lui sourit lors d’une sincère accolade.
- C’est toi la dernière légende d’Ansalonie reprit le minotaure. Moi je suis la dernière légende de Krynn, sourit-il les yeux plissés et toutes gencives dehors.
Garlick éclata de rire. Si son ami avait manifestement vieillit, il n’avait pas changé.
- Ca en fait du temps …
- C’est bizarre que ce soit un elfe qui dise ça. T’as pas pris une ride ! Y a juste ta coiffure que je trouve passée de mode, tu ne veux pas que je m’en charge ? Je te fais gratis et ça façon Gorlaug. Je promets de faire attention à tes jolies petites oreilles pointues, sourit-il visiblement très content de lui.
***
- Qu’est ce que tu fais là ? interrogea Gorlaug tendit qu’il resservait son ami en fayot.
- Le conclave estime que Gellidus est devenu une vraie menace. Voici deux mois il a coulé la flotte Solamnique censée conquérir Palanthas. Un plan qui a avait prit un an.
- Et ?
- Linwood et Darion ont participé à l’assaut.
Gorlaug lâcha sa cuillère en bois :
- Me dis pas que les petits sont tombés, s’inquiéta le minotaure.
- Je ne parviens pas à les détecter par magie.
- Renwood, Croak, maintenant les deux gosses, il ne restera bientôt plus toi à ce rythme… t’aurais pas pu me dire que c’était Profion et Profiel ? Eux ils vont bien je parie.
- L’ordre des robes blanches pense que le dragon ne va pas s’arrêter là et qu’il va bientôt prendre pieds sur le continent. On murmure qu’il aurait créée redoutables armées de draconiens blancs.
- Je n’irais nulle part, prévient le minotaure.
Garlick sourit.
L’heure qui suivit deux griffons étaient scellés.
***
3
Le 9ème jour de Mishamont, An 435 AC.
Palanthas(435 AC)
Runiviel avait terminé la lecture de son chapitre. Comme toujours il proposa de répondre aux questions de son maigre auditoire qui quittait déjà les lieux. Un jeune homme se présenta devant sa chaire pour des précisions, il avait prit des notes et portait une besace en bandoulière.
- Bonjour à vous Esthète de Giléan.
- Bonjour à vous. Je vous écoute.
- Je ne pourrais malheureusement pas assister à vos prochains enseignements. Accepteriez-vous de m’en dire plus sur la suite des évènements ? sourit-il.
- Oui bien sûr. Que vous voulez-vous savoir ?
Savez-vous de façon certaine ce qui est arrivé aux chevaliers Linwood et Darion ?
- Il semble, comme le dit le récit, qu’ils soient tous les deux morts au large de Sancrist dans l’attaque du dragon.
Le jeune homme fit la moue.
- Qu’est-il arrivé au mage et au minotaure ?
- Ils se sont posés à Solace. La ville était déjà prise par les rejetons de Gelllidus.
- Ses draconiens ?
- Oui.
- Et ensuite ?
- Si l’on croise les divers témoignages de personnes qu’ils auraient croisé, ils ont voyagé jusqu’à la vallée de brume près du tombeau de Huma. Là, ils se sont emparés d’une énorme quantité de métal dragon et depuis une base solamnique, ils ont commencé à fabriquer des Dragonlances.
- Vraiment ? demanda le jeune homme un rictus au lèvre. Dans son sac quelque chose s’agita. Voyant que Runiviel s’en était aperçu, il précisa :
- Ce n’est que mon furet. Que s’est-il passé après cela ?
- Le dragon a détruit la moitié de Palanthas. Puis, ce fut toute la côte Nord, le Nuitlong, le Nordmard, puis le Kern.
- Où sont Garlick et Gorlaug ? demanda-t-il comme s’il les connaissait personnellement.
- Ils ont attaqué le dragon à Calaman et, ils y sont morts.
Le visage de l’étudiant s’assombrit.
- Garlick et Gorlaug sont morts, répéta-t-il incrédule.
- Il ne reste plus aucun des membres de la guilde du minotaure pour nous sauver. Le dragon a gagné. Les nains se terrent dans les montagnes. Les elfes ont été exterminés. Quant aux mages de Wayreth, à force ne penser qu’à eux, quand viendra leur tour de mourir, plus personne ne sera en vie pour les défendre.
Dans le sac, le furet s’agita. Le jeune homme fixa le prêtre intensément.
- Ajoutez à votre livre que Gaylor Forgefeu est mort avec bravoure en sauvant sa fille d’une mort certaine. Ajoutez aussi qu’elle et Orion Antillost ont survécu à l’assaut de Calaman, qu’ils ont traversé toute l’Ansalonie pour me rejoindre. Ajoutez encore qu’il reste un membre de la guilde encore en vie et que Krynn n’est pas finie.
- Ah oui ? Qui êtes-vous pour prétendre cela ?
Levant l’illusion qui camouflait son visage, le jeune homme révéla son visage.
- Vous ! fit Runiviel terrifié, vous êtes …
- Profion Décimus, le Maître du passé et du présent.
A cet instant, devant l’esthète médusé, le furet bondit hors de la besace et, en un éclair, prit la forme d’un diablotin. Runiviel allait réagir quand un une décharge d’énergie négative le terrassa.
- Vous n’ajouterez finalement rien du tout, corrigea le diablotin. Il s’empara du livre d’histoire et le remit servilement à son maître. Sourire en coin, ce dernier parcouru quelques lignes avant de fusiller son diablotin du regard et d’ordonner méchamment :
- Fais disparaître le corps, incapable !
***
Les portes de la tour de Wayreth s’ouvrirent sur Profion et sa monture fantôme. Nuitari serait bientôt en haute sanction et le maître du conclave ne devait pas manquer cette opportunité. Après un voyage rapide à Palanthas, il revenait conscient du rôle déterminant qu’il devait jouer. Quand Gellidus avait prit Sancrist, la Solamnie et le Nordmaar, Profion et les mages avaient laissé faire se disant qu’ils n’étaient pas concernés. Mais depuis le Dragon avait prit l’Abanasinie et la menace se faisait désormais concrète. Voici trois jours qu’Orion Antillost et la jeune Gayrinne Forgefeu était venu chercher la protection des mages et ces derniers avaient confirmé ses craintes : Le colossal Dragon était invulnérable. Gellidus avait conquit toute l’Ansalonie à l’exception de la Tour des mages de Wayreth, et quand il lancerait son offensive, rien ne l’arrêterait.
A peine arrivé dans ses riches appartements, l’archimage s’installa à son bureau d’étude. Il rédigea un parchemin qu’il relut plusieurs fois avant de le ranger dans un solide étui de cuir. Puis, inquiet, il se dirigea vers sa fenêtre et contempla la lune noire en lui adressant une prière. Il prononça un mot de commande et sa bibliothèque s’ouvrit sur une pièce secrète. Au fond du coffre le plus protégé de Krynn, il prit le livre de sort qu’il avait trouvé dans le Abysses.
Plein de doute, mais dans le plus grand secret, il changea l’apparence de son diablotin et l’envoya convoquer la jeune Gayrinne Forgefeu. Ceci fait, il relut une fois de plus le parchemin qu’il avait rédigé.
Prologue
Palanthas, Printemps 435.
Ruines de la bibliothèque.
Malgré le printemps, Palanthas était couverte de givre. Celle que l’on surnommait jadis le joyau de Solamnie était aujourd’hui une cité occupée et en ruine. Depuis l’attaque de Gellidus et de son armée de Draconiens, la ville était méconnaissable. Les trois quart de la population avaient été massacrés ou envoyés en esclavage dans les mines du mont Kharolis. Seuls les humains étaient tolérés à conditions d’avoir juré allégeance à Gel et toute forme de magie était interdite.
C’est dans ce climat de terreur que Runiviel arpentait les travées de la bibliothèque en ruine. Le jeune bibliothécaire venait d’être ordonné Esthète de Giléan et transmettait son savoir à tous les survivants qui venaient à lui. Il allait sur le champ à leur rencontre et tenait entre des mains un précieux livre d’étude sur la couverture duquel on pouvait lire « Chronique de la guilde : 421-433 AC ». Durant ses des recherches, il avait identifié ce pan de l’histoire contemporaine comme étant un tournant de l’Histoire de Krynn car il était marqué par l’échec de la guilde du minotaure. Le groupe de héros avait échoué dans sa quête et n’avait pas réussi à réparer le dôme de la création. Pire, ceci avait permis à Gellidus de connaitre une gloire inégalée. Aidé par le Prince Gilthanas de Qualinost, le dragon s’était emparé de la clé de Quinari, des larmes de Mishakal et avait ainsi pu pénétrer dans le cimetière draconique. Là, il avait pu voler des centaines de crânes de dragons. Fort de ce trésor inestimable, il avait fait grossir son totem au delà de tout autre. Désormais, le grand blanc était de loin la plus puissante créature ayant foulé le sol de Krynn et la récente débâcle des flottes de Sancrist, entièrement coulée par le Dragon, sonnait le glas de l’Ansalonie toute entière.
Runiviel arriva devant les quelques survivants qui comme lui cherchaient à comprendre comment le monde en était arrivé là. Le flot des murmures se dissipa pour laisser place à un lourd silence. Le clerc s’éclaircit la voix puis commença.
1
422 AC : Les obsèques de Renwood. Le tavernier de Calaman.
La pluie oblique tombait sans discontinuer sur les ruines de l’avant poste Solamnique de Wulfgar. Elle charriait la boue et le sang en même temps que les espoirs des compagnons. Voici quatre jours que Mina avait lancé sa meurtrière offensive sur la ville. Au terme d’un épique combat contre son armée de bienaimés , les héros avaient été défaits, et contraint de fuir. Durant le tragique assaut nocturne le groupe avait perdu un de ses membres : le très sage et écouté Renwood. La fatigue et la peine étaient immenses chez les compagnons, l’abattement avait gagné tous les cœurs. Les heures qui suivirent le désastre, tout avait été tenté pour arracher leur ami à son funeste présent. Garlick usa de l’enchantement le plus convoité des Hauts Sorciers ; mais même puissant le Souhait, ne suffit pas à ramener l’âme du prêtre dans son corps sans vie. L’espoir enfui, il fallu se résigner à porter la nouvelle aux enfants de Renwood : Linwood et Renda d’abord, puis à ses amis et enfin, aux sages de Krynn en. Au soir du cinquième jour et ce durant une semaine des griffons et leurs cavaliers arrivèrent de toute l’Ansalonie : Linwood, Darion, Angus, Thorin, Orion, Korrigan et Gilthas d’abord ; et avec eux le couple royal Portios et Alhana. Plus tard arrivèrent Séverus Maindepierre pour le Royaume de Thoradin et les mages du conclave : Dalamar le sombre et Jenna des Robes Rouges. Tous furent accueillis par le par le Haut Chevalier Liam Earling, régent de la ville de Wulfgar et furent logés dans la seule annexe du château encore en état. La messe d’enterrement se tiendrait dans la chapelle vouée à Kiri Jolith et serait dite par Valthonis en personne. Des années durant Renwood avaient été le premier serviteur du dieu Paladine, le mortel qu’était devenu ce dernier se sentait coupable et redevable à l’heure d’enterrer le demi-elfe. Plus qu’une vie, Renwood Esalis avait eut un destin ; sa légende lui survivrait.
Le corps reposait dans un linceul de rose blanche et par la magie de Garlick ne semblait pas se dégrader. Trônant au bout de l’allée centrale, devant l’hôtel, le cercueil était offert à la vue de tous et chacun avait pu venir se recueillir.
Au jour de la cérémonie, la chapelle était bondée. Valthonis avait revêtu une toge blanche, il se tenait debout derrière le cercueil en contemplant l’assemblée, le moment venu, il se racla la gorge et commença d’une voix chargée d’émotion :
- Mes chers amis, nous sommes ici pour honorer la mémoire de notre ami Renwood. Mari aimant et le père de trois enfants, il fut avec Elistan, et Lunedor un des plus éminents serviteurs des dieux de la lumière. Il a vécu en juste et est mort en …
A cet instant les portes de la chapelle s’ouvrirent bruyamment. Les flammes des candélabres vacillèrent tandis que l’air chargé d’encens tournoyait. Tous les regards se tournèrent alors sur la silhouette d’un homme épuisé accompagné d‘une fillette âgée de deux ou trois ans. Le visage rongé par une barbe grise et les yeux rougis, le colosse aux cheveux hirsutes avait délaissé son éternel sourire pour une mine infiniment triste et serrait ostensiblement les mâchoires.
C’est Gaylor Forgefeu, entendit-on dans les travées.
Ce dernier guida la fillette vers les bancs et l’aida à s’assoir avant de prendre place à son côté. Son regard balaya l’assemblée avant de se poser sur Valthonis qui reprit alors.
- Renwood a vécu en juste, et est mort en protégeant ses amis. Avant de recommander son âme à Mishakal et aux Dieux de la lumière, je sais que certains d’en vous souhaitent dire quelques mots.
Avant que tout autre n’ait prit la parole, Gorlaug se leva, et le port droit, quitta son banc. Le pas lourd mais décidé, il avança en direction du cercueil. D’un geste élégant, il dégaina sa légendaire épée d’acuité et la déposa sur le flanc de son ami défunt. Emu comme rarement, le vieux minotaure posa respectueusement un genou au sol. Après un instant de recueillement, il se releva puis fit demi-tour. Sans un regard pour personne quitta la chapelle.
Le cœur serré, ses compagnons comprirent alors que Gorlaug le minotaure prenait sa retraite et qu’il ne les aiderait pas à terminer la quête.
Garlick se leva à son tour et se plaça aux cotés de Valthonis, les yeux clos il prit la parole.
- J’ai rencontré Renwood aux abords de Solace, en 348, en soixante sept ans nous en avons appris à nous connaître. Moi l’elfe du Qualinesti, lui le sang mêlé … Courageux et franc, sa noblesse Renwood la tirait de son courage, et de son dévouement envers les siens. S’il a souvent douté de lui, il est une chose certaine, c’est qu’il n’a jamais douté de Paladine. Sa foi est restée intacte toute sa vie même après votre arrivée Valthonis. Il a vécu selon vos vœux et il est mort en me protégeant. Son sacrifice laissera un vide dans ma vie que rien ne comblera.
La voix brisée, le mage marqua une pause.
Gaylor se leva alors et d’une voix tranchante comme une lame il livra ce qu’il avait sur le coeur.
- Il n’est pas mort pour te sauver mon ami …
Si seulement c’était ça. Il marqua une pause, les yeux pleins de larmes il poursuivit, Renwood est mort en servant les Dieux. Les dieux… Sur la demande des Dieux j’ai parcouru la longue route depuis Flotsam. Je devais rejoindre mes amis pour les aider dans leur quête. En chemin j’ai traversé des dizaines de villages mis à sac par l’armée de Mina. Dans chacun d’entre eux, j’ai vu les habitants bruler les morts pour qu’ils ne deviennent pas les vampires de cette prêtresse infernale. Dans le dernier hameau traversé, les bienaimés ont attaqué de nuit et massacré la famille de la petite à côté de moi. Et où étaient les dieux ? Où étaient-ils quand l’armée des morts à détruits Wulfgar ? Où étaient les dieux quand leur plus fidèle serviteur à donné sa vie ? Paladine a dit, Mishakal à dit : combattez pour nous, gagnez les batailles, sacrifiez vos amis, où étaient les dieux quand j’ai du combattre le corps sans vie de mon ami Croak ? Hein ? Où étiez vous foutus Dieu ! Des enfants gâtés qui jouent avec nos vies, voilà ce que sont les dieux. Combien de temps cela va-t-il durer ?
Je te le dis grand Paladine, ou Valthonis c’est comme tu veux, nous vivons « l’âge des mortels » et j’ai fini d’être ta marionnette. Que Renwood et Croak reposent en paix et que les dieux nous oublient …
***
- … que les dieux nous oublient !
- Père ! Père !
- Que les dieux nous …
- Papa, réveille-toi ! Tu fais encore ce cauchemar.
En sueur, le vieux guerrier était hagard.
- Tu ne crois pas que tu pourrais essayer de te réconcilier désormais ?
- Avec qui ? Les dieux ?
- Non, avec toi-même.
Voir sa petite viser si juste lui tordait les entrailles. Plein, d’amour pour cette enfant, il sourit péniblement et se redressa pour la rassurer :
- Je suis en paix, ne t’inquiète pas. Gaylor plongea ses yeux dans ceux de l’adolescente aux boucles rousses.
- Retourne te coucher.
Alors, Gayrinne quitta la pièce.
D’une main tremblante, il se saisit de la bouteille de vin posée dans sa table de nuit, l’homme prit une longue rasade avant de s’essuyer la bouche d’un revers de manche. Pour lui-même il murmura : Je suis Ron Caledan, tavernier à Calaman, tu es ma fille Gayrinne et le reste n’est que poussière.
- Je vais bien, retourne te coucher.
Tard dans la nuit Gayrinne entendit son père sangloter, encore.
2
Gayrinne et Caledan.
Port Calaman 433 AC.
Calaman était une ville cosmopolite. Théâtre de nombreux affrontements au cours des dernières décennies, les guerres de la lance, du chaos et âmes avaient laissé des traces dans les esprits et c’est naturellement qu’un mouvement comme la légion d’acier y avait rencontrée le succès. Le dernier né des ordres de chevalerie faisait fit du bien et du mal, seul le bien être des populations comptaient, aussi y trouvait-on solamniques et nérakiens déçus autant que des gens du cru.
Gayrinne et son père vivaient au dessus la taverne « Chez Caledan » située dans le quartier populaire. C’était un établissement simple où l’on pouvait manger et boire pour un bon prix. Son père, Calédan, avait ouvert voilà une douzaine d’année et faisait son maximum pour l’affaire tourne correctement.
Malgré sa nuit agitée, la jeune fille au regard clair se réveilla en forme. Après un rapide brin de toilette, elle ouvrit la fenêtre de sa chambre, profita un moment de la vue sur le port et huma l’air marin.
- C’est le grand jour ! songea-t-elle, en tapant son oreiller par la fenêtre. Elle vérifia que son paquetage et la piteuse épée qu’elle avait secrètement achetée la veille n’avaient pas quittés le dessous de son lit. Puis, pressée de déjeuner, elle descendit les escaliers quatre à quatre. Arrivée dans la salle commune de la taverne, elle fut accueillie par un traditionnel, bonjour ma belle et une bise sur le front.
- Bien dormi ?
- Il se moque de moi ? songea-t-elle. Oui bien et toi ?
- Un peu lait chaud et du miel ?
- Oui père. Je le jure sur les dieux, je ne vivrai pas ta vie de villageois. Ce soir je pars à l’aventure afin d’être admise à la légion d’acier !
Mais déjà les premiers clients entraient, la journée serait longue.
***
Comme Gayrinne l’avait craint la journée avait été interminable et le service pénible. Son père était apprécié de tous car il avait toujours une anecdote à raconter. S’il était un cuisinier moyen, elle lui reconnaissait au moins un talent de conteur hors paire et une imagination débordante. La facilité avec laquelle
Ron Calédan décrivait des combats épiques auxquels il n’avait pas participé était tout bonnement exquise et contribuait pour beaucoup à la réputation conviviale de l’endroit.
Et Gorlaug le minotaure a fait-ci et Gaylor Forgefeu a fait ça … Mais où va-t-il chercher tous ça ? Il n’a jamais tenu une épée !
- Gayrinne, tu nettoies les tables, on ferme, cria Gaylor depuis les cuisines !
- Oui père.
A cet instant pourtant la porte s’ouvrit sur un dernier client. L’homme aux yeux verts, avait de longs cheveux châtains coiffés à la mode elfique et une barbe de quelques jours. Il portait une cape à capuchon, une épée battait son flanc et un loup gris l’accompagnait.
- Ca ! Ca, c’est un aventurier, songea Gayrinne aussitôt sous le charme.
- Gayrinne, dis lui qu’on ferme, cria Gaylor.
- Désolée, vous avez entendu le patron, s’excusa la jeune fille.
L’étranger regarda la jeune femme intrigué, Gayrinne ? songea-t-il.
- Je suis Orion Antillost, cria-t-il a son tour.
Gaylor sortit alors de ses cuisines, le tablier encore sur les hanches. Il toisa son visiteur l’air inquiet.
- Gayrinne tu vas te coucher.
- Mais père !
- J’ai dit Pich-guète.
- Pich quoi ?
- C’est du minotaure et ça veut dire que tu vas te coucher maintenant, commanda Gaylor d’un ton que sa fille ne lui connaissait pas. Je dois parler à notre visiteur.
Gayrinne se demandait bien pourquoi son père réagissait de la sorte. Si je fais le mur ce soir, j’ai pas intérêt à me faire prendre, songea l’adolescente.
***
Alors seigneur Forgefeu, tu te fais appeler Caledan à ce que je comprends.
- Oui, c’est mieux pour elle et pour moi. A la mort de Renwood, j’ai pris la décision de prendre ma retraite de tout ça. Je veux qu’on me laisse être tranquille ici avec ma gosse, elle est ma priorité. Avec où sans nous Krynn continuera de tourner. Pourquoi es-tu là ?
- Je cherchais une taverne.
- Et ma hâche, c’est un cure dent ?
- Je viens de Palanthas, les Solamniques devaient la reprendre aux mains de Nérakiens, mais leur flotte a été coulée à Sancrist, je suis chargé de rencontré les hommes de la légion d’acier pour obtenir leur soutien. Ensuite je gagnerai le cercle solamnique le plus proche.
- Une flotte entière coulée ?
- Gellidus le blanc. Je pense que Linwood et Darion y étaient.
Gaylor leva un sourcil mais continua a regarder dans le fond de son verre.
- Ils seront tombés comme des braves.
- C’est tout ce que cela te fait ?
- Tu veux que je te dise quoi ? Que je vais prendre mon épée et ma hache, que je vais trouver Gorlaug et qu’avec Garlick on va aller tuer le dragon pour les venger ?
- Je pensais que …
- Tu pensais que quoi ? Tu pensais que ça allait les faire revenir ? Que ça changerait le monde ? Gel ou Malystrirx ou Béryl, quelle différence ? On a tué Malys et ça a changé quoi ? J’ai tué Béryl, on a perdu Laurana et Qualinost. On a même tué la grande Takhisis et puis ? Ca a donné quoi ? Renwood a été tué par Mina. Stop. Je dis stop comme j’ai dit stop il ya douze ans. On ne sert à rien, tout ce qu’on fait c’est couvrir nos mains de sang. Toutes les nuits, le visage de ceux que j’ai tué viennent me hanter. J’ai cru que tout ça avait un sens, mais quel est le sens ? L’honneur, la gloire ? Où est la gloire hein, regarde moi quand je te parle ! Où est la gloire dans cette foutue taverne !
- Gaylor, je …
- Je me tiens éloigné des problèmes et ça me va comme ça. Pour la légion d’acier, je te dirai demain où les trouver.
- Très bien, merci.
- Pardonne-moi d’être si froid, c’est juste que ça fait mal de repenser à tout ça. Gayrinne est la seule raison de vivre qu’il me reste. Elle est bonne comme le pain cette gosse et je veux juste la rendre heureuse, elle ne rêve que d’une chose c’est de devenir aventurière, un comble non ?
- Elle quitte justement sa chambre par la fenêtre au moment où on se parle.
- Hein ? Comment tu sais ça ?
- Oublierais-tu que je suis druide ? Mon furet est resté dehors, il vient de me le dire.
- Par ma hache, je vais la tuer !
- Laisse Gaylor. Je vais la suivre et veiller sur elle. Cela pourra lui donner une leçon. Après tout, tu n’es pas curieux de savoir où elle va et avec qui ?
- D’accord, mais si elle revient avec ne serait-ce qu’un bleu, je te tue, sourit le colosse.
3
Le départ. (433 AC)
Au nord de l’ancien Silvanesti se tenait la ville commerçante de Pashin. Dirigée par d’anciens membres de l’armée Nérakienne, elle avait connu un fort essor depuis l’arrivée des minotaures en 421 AC. Son marché était réputé et les meilleurs artisans de la région s’y retrouvaient chaque mois pour écouler leur production. Gorlaug, excellent forgeron, était l’un d’entre eux. Il chargeait un dernier lot d’épées clabbardes dans son chariot lorsqu’il fut interpellé par une vieille connaissance vêtue de robes blanches.
- C’est donc là que se terre la dernière légende d’Ansalonie ? lança Garlick à son vieux complice.
- Mon ami ! s’exclama Gorlaug en lui ouvrant les bras.
Garlick lui sourit lors d’une sincère accolade.
- C’est toi la dernière légende d’Ansalonie reprit le minotaure. Moi je suis la dernière légende de Krynn, sourit-il les yeux plissés et toutes gencives dehors.
Garlick éclata de rire. Si son ami avait manifestement vieillit, il n’avait pas changé.
- Ca en fait du temps …
- C’est bizarre que ce soit un elfe qui dise ça. T’as pas pris une ride ! Y a juste ta coiffure que je trouve passée de mode, tu ne veux pas que je m’en charge ? Je te fais gratis et ça façon Gorlaug. Je promets de faire attention à tes jolies petites oreilles pointues, sourit-il visiblement très content de lui.
***
- Qu’est ce que tu fais là ? interrogea Gorlaug tendit qu’il resservait son ami en fayot.
- Le conclave estime que Gellidus est devenu une vraie menace. Voici deux mois il a coulé la flotte Solamnique censée conquérir Palanthas. Un plan qui a avait prit un an.
- Et ?
- Linwood et Darion ont participé à l’assaut.
Gorlaug lâcha sa cuillère en bois :
- Me dis pas que les petits sont tombés, s’inquiéta le minotaure.
- Je ne parviens pas à les détecter par magie.
- Renwood, Croak, maintenant les deux gosses, il ne restera bientôt plus toi à ce rythme… t’aurais pas pu me dire que c’était Profion et Profiel ? Eux ils vont bien je parie.
- L’ordre des robes blanches pense que le dragon ne va pas s’arrêter là et qu’il va bientôt prendre pieds sur le continent. On murmure qu’il aurait créée redoutables armées de draconiens blancs.
- Je n’irais nulle part, prévient le minotaure.
Garlick sourit.
L’heure qui suivit deux griffons étaient scellés.
***
3
Le 9ème jour de Mishamont, An 435 AC.
Palanthas(435 AC)
Runiviel avait terminé la lecture de son chapitre. Comme toujours il proposa de répondre aux questions de son maigre auditoire qui quittait déjà les lieux. Un jeune homme se présenta devant sa chaire pour des précisions, il avait prit des notes et portait une besace en bandoulière.
- Bonjour à vous Esthète de Giléan.
- Bonjour à vous. Je vous écoute.
- Je ne pourrais malheureusement pas assister à vos prochains enseignements. Accepteriez-vous de m’en dire plus sur la suite des évènements ? sourit-il.
- Oui bien sûr. Que vous voulez-vous savoir ?
Savez-vous de façon certaine ce qui est arrivé aux chevaliers Linwood et Darion ?
- Il semble, comme le dit le récit, qu’ils soient tous les deux morts au large de Sancrist dans l’attaque du dragon.
Le jeune homme fit la moue.
- Qu’est-il arrivé au mage et au minotaure ?
- Ils se sont posés à Solace. La ville était déjà prise par les rejetons de Gelllidus.
- Ses draconiens ?
- Oui.
- Et ensuite ?
- Si l’on croise les divers témoignages de personnes qu’ils auraient croisé, ils ont voyagé jusqu’à la vallée de brume près du tombeau de Huma. Là, ils se sont emparés d’une énorme quantité de métal dragon et depuis une base solamnique, ils ont commencé à fabriquer des Dragonlances.
- Vraiment ? demanda le jeune homme un rictus au lèvre. Dans son sac quelque chose s’agita. Voyant que Runiviel s’en était aperçu, il précisa :
- Ce n’est que mon furet. Que s’est-il passé après cela ?
- Le dragon a détruit la moitié de Palanthas. Puis, ce fut toute la côte Nord, le Nuitlong, le Nordmard, puis le Kern.
- Où sont Garlick et Gorlaug ? demanda-t-il comme s’il les connaissait personnellement.
- Ils ont attaqué le dragon à Calaman et, ils y sont morts.
Le visage de l’étudiant s’assombrit.
- Garlick et Gorlaug sont morts, répéta-t-il incrédule.
- Il ne reste plus aucun des membres de la guilde du minotaure pour nous sauver. Le dragon a gagné. Les nains se terrent dans les montagnes. Les elfes ont été exterminés. Quant aux mages de Wayreth, à force ne penser qu’à eux, quand viendra leur tour de mourir, plus personne ne sera en vie pour les défendre.
Dans le sac, le furet s’agita. Le jeune homme fixa le prêtre intensément.
- Ajoutez à votre livre que Gaylor Forgefeu est mort avec bravoure en sauvant sa fille d’une mort certaine. Ajoutez aussi qu’elle et Orion Antillost ont survécu à l’assaut de Calaman, qu’ils ont traversé toute l’Ansalonie pour me rejoindre. Ajoutez encore qu’il reste un membre de la guilde encore en vie et que Krynn n’est pas finie.
- Ah oui ? Qui êtes-vous pour prétendre cela ?
Levant l’illusion qui camouflait son visage, le jeune homme révéla son visage.
- Vous ! fit Runiviel terrifié, vous êtes …
- Profion Décimus, le Maître du passé et du présent.
A cet instant, devant l’esthète médusé, le furet bondit hors de la besace et, en un éclair, prit la forme d’un diablotin. Runiviel allait réagir quand un une décharge d’énergie négative le terrassa.
- Vous n’ajouterez finalement rien du tout, corrigea le diablotin. Il s’empara du livre d’histoire et le remit servilement à son maître. Sourire en coin, ce dernier parcouru quelques lignes avant de fusiller son diablotin du regard et d’ordonner méchamment :
- Fais disparaître le corps, incapable !
***
Les portes de la tour de Wayreth s’ouvrirent sur Profion et sa monture fantôme. Nuitari serait bientôt en haute sanction et le maître du conclave ne devait pas manquer cette opportunité. Après un voyage rapide à Palanthas, il revenait conscient du rôle déterminant qu’il devait jouer. Quand Gellidus avait prit Sancrist, la Solamnie et le Nordmaar, Profion et les mages avaient laissé faire se disant qu’ils n’étaient pas concernés. Mais depuis le Dragon avait prit l’Abanasinie et la menace se faisait désormais concrète. Voici trois jours qu’Orion Antillost et la jeune Gayrinne Forgefeu était venu chercher la protection des mages et ces derniers avaient confirmé ses craintes : Le colossal Dragon était invulnérable. Gellidus avait conquit toute l’Ansalonie à l’exception de la Tour des mages de Wayreth, et quand il lancerait son offensive, rien ne l’arrêterait.
A peine arrivé dans ses riches appartements, l’archimage s’installa à son bureau d’étude. Il rédigea un parchemin qu’il relut plusieurs fois avant de le ranger dans un solide étui de cuir. Puis, inquiet, il se dirigea vers sa fenêtre et contempla la lune noire en lui adressant une prière. Il prononça un mot de commande et sa bibliothèque s’ouvrit sur une pièce secrète. Au fond du coffre le plus protégé de Krynn, il prit le livre de sort qu’il avait trouvé dans le Abysses.
Plein de doute, mais dans le plus grand secret, il changea l’apparence de son diablotin et l’envoya convoquer la jeune Gayrinne Forgefeu. Ceci fait, il relut une fois de plus le parchemin qu’il avait rédigé.
Dernière édition par eres le Mar 1 Nov 2022 00:22, édité 1 fois.
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
Tour de Wayreth, le 9ème jour du mois de Mishamont, An 435 AC.
Mes chers amis,
Il vous apparait désormais limpidement que j’ai bien fait de m’opposer à vous en retrouvant le secret des voyages temporels. Je vous écris depuis le futur en qualité de maître du Conclave de Wayreth. Si je n’ai pas commis d’erreur, vous devez vous trouver devant le palais de Wulfgar. Vous êtes en possession des larmes de Mishakal et de la clé de Quinari. La jeune Gayrinne Forgefeu n’a que deux ans à votre époque et je vous prie de ne pas chercher à la trouver, elle est devant vous et c’est ce qui importe. Le livre dans son cabas a été emprunté aux Esthètes de Giléan, il révèle que Renwood sera tué cette nuit. Mina et son armée vont attaquer le château avec son armée de morts vivants. Mina ne fera pas de prisonnier. Elle est la fille de Paladine et de Takhisis, vous ne la vaincrez pas. Ne prévenez pas les Solamniques, votre dessein est plus important. Comme le précise le livre, la mort de Renwood est une des clés de voute de l’Histoire. Elle marque le début d’une ère de désespoir et l’avènement de Gellidus comme seigneur de Krynn. Vous êtes censés rencontrer, le prince Gilthanas Kanan cette nuit. Il vous volera les reliques car il vous suit depuis des mois pour le compte de son maître le dragon blanc Gellidus. Ce dernier convoite les cranes du cimetière draconique et s’en servira pour développer son totem comme aucun autre avant lui. En 435, le dragon est bien plus puissant que ne le fut Malystrirx. Il a réduit l’Ansalonie en esclavage. Seule la tour des mages résiste mais pour combien de temps ?
Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion.
***
L’ « apprenti » de Profion se tenait sur le pas de la chambre de Gayrinne et patientait. Le parchemin qu’il venait de délivrer à la jolie jeune femme semblait la bouleverser.
Dame Forgefeu,
Si vous souhaitez revoir votre père vie, rendez-vous dans mes appartements dès que possible. N’en parlez à personne et venez seule.
Profion Décimus.
Gayrinne ne mit pas longtemps à se reprendre, s’il existait une chance de revoir son père, aucune hésitation n’était permise. Elle se saisit de son épée et rejoint le messager qui la gratifia d’un regard moqueur. Gayrinne comprit la futilité de prendre son arme mais préféra la garder ; car comme disait son père : si ça peut saigner, ça peut mourir.
- Menez- moi au maître, je vous prie.
- Bien ma dame, il s’inclina simplement. Si vous voulez me suivre.
Le diablotin guida la jeune humaine à travers les couloirs de la tour et après seulement une minute, il s’arrêta.
- Déjà ? interrogea Gayrinne.
- Oui.
- Mais il n’y a rien ici !
- Vous êtes à Wayreth, ne vous fiez pas à vos yeux. Ils vous perdraient.
A ces mots, le guide, prononça un mot de commande et révéla une porte jusque là restée invisible.
- Entrez sans frapper, le maître vous attend. Incrédule Gayrinne, poussa la lourde porte de chêne et ne remarqua la disparition soudaine de son guide.
Le bureau de Profion était vaste et richement décoré. Ses murs étaient couverts de livres à la reliure ancienne et chaque objet semblait avoir une histoire à raconter. Un vitrail laissait passer la lumière de Solinari dont les reflets argentés accentuaient l’étrange atmosphère de l’endroit. Profion se tenait au milieu de la pièce, sourire affable et regard perçant, le mage aux longs cheveux blancs et à la peau diaphane accueillit son hôte les bras ouverts.
- Merci d’être venue belle enfant.
- Vous pouvez-ramener mon père à la vie ? demanda-t-elle.
- Moi ? Non. Mais toi, tu peux l’empêcher de mourir, la tutoya-t-il.
- Je ne comprends pas.
- Assieds, dis l’archimage en prenant place sur son imposant siège de bureau. Je vais t’expliquer. Il se saisit du livre dérobé à Palanthas, attendis que Gayrinnes soit assise et commença à lire.
- 9ème jour du mois de martel, Année 422, Gaylor Forgefeu traverse le village de Gleen au sud du Nordmaar à la recherche de ses amis basé à Wulfgar. Il passe la nuit chez la famille Norkaris. Durant la nuit les bienaimés de Mina attaque le village et tuent tous les habitants à l’exception de la petite Gayrinne Norkaris confiée par son père à Gaylor Forgefeu qui prend la fuite. Gaylor et l’enfant se cachent des jours dans la forêt, puis joignent le bastion de Wulfgar où se déroulent les obsèques de Renwood. Gaylor renie les dieux, abandonne ses amis, prétend se rendre à Palanthas mais s’arrête à Calaman où il prend le nom de Ron Caledan. Il élève la jeune Gayrinne. Il meurt dans sa taverne le 15ème jour du mois de Martel 433 en protégeant celle qui répond désormais au nom de Gayrinne Forgefeu.
- Qu’est-ce que ce livre ?
- Il a été rédigé par les gardiens de l’histoire de Krynn. Rien n’échappe à l’œil de Giléan et des ses Esthètes.
- Où voulez-vous en venir ? dit Gayrinne toute chamboulée.
- Parle-moi de ce qu’il s’est passé ensuite.
- Je suis allée m’enfermer dans ma chambre et j’ai prié. Les draconiens allaient défoncer ma porte quand le plafond de ma chambre craqua sous les coups d’Orion qui vint me sauver. Nous nous sommes enfuis par les toits et nous avons vus la ville brulée par les draconiens dirigés emmenés par le prince Elfe Gilthanas. Le lendemain Gellidus détruisit tout ce qu’il restait de Calaman.
- C’est là que périrent Gorlaug et Garlick. Ils venaient en espérant vous sauver tous les deux.
- Gorlaug et Garlick ? demanda Gayrinne désormais en larme.
- Ils étaient les amis de ton père.
- Je sais Orion m’a tout expliqué. Mais je ne comprends toujours pas comment sauver mon père.
- C’est très simple, tout ceci est arrivé parce que Gellidus a pu créer une armée de draconiens. Il n’a acquit cette puissance que récemment, en 422. Si Gel est devenu si énorme, il le doit grâce aux centaines de crânes de dragons qu’il a volés cette année là. Les amis de ton père ont échoué dans une quête qui devait le mener jusqu’au cimetière draconique au nord ouest du Nordmaar à quelques heures de la ville Solamnique de Wulfgar. Cette nuit la ils perdirent le révéré fils de Paladine Renwood Esalis, sans lui impossible de vaincre Gel. Si Renwood avait survécu ce soir là, la face du monde serait différente.
- Certes, mais si mon père m’a apprit quelques choses, c’est que le passé c’est le passé et qu’il faut vivre avec.
- Ou pas.
- Que voulez-vous dire ?
- Le livre précise la date exacte de la mort de Renwood. Je propose de t’envoyer dans le passé juste avant qu’il ne soit tué par une certaine Mina. Préviens-le. Remets-lui ce parchemin d’explication que j’ai rédigé ainsi que le livre.
- Vous êtes sérieux là ?
- On ne peut plus.
- Pourquoi moi ?
- Parce que je suis certain que tu feras tout pour revoir ton père, sourit le mage.
- Pourquoi ne pas le faire vous-même, maître Profion ?
Il plissa les yeux avant de répondre simplement :
- Je suis le gardien de Wayreth. Je ne dois pas quitter cette époque.
- Pourquoi ne dois-je en parler personne ? demanda Gayrinne prise de doute.
- J’enfreins les règles de la magie en t’envoyant dans la passé avec toutes ces informations. Personne ici ne me laisserait faire. Nuitari est ne sanction haute, il faut agir, que décides-tu ?
Gayrinne plongea son regard gris dans celui du mage.
- Je reverrais mon père ?
- Oui.
- Alors je le ferais. Je vous fais confiance Profion Décimus.
- Je te fais confiance plus encore, dit le mage en lui remettant le livre et le parchemin.
Profion récita la formule et sentit aussitôt l’extase de la magie parcourir son corps et son esprit. Du bout des doigts, il décrit ensuite un cercle de la taille d’une porte. Il répandit de la poudre de diamant sur Gayrinne et frappa le sol de son pied. A cet instant apparu un portail magique. A l’intérieur, Gayrinne aperçut le château de Wulgar.
Consummé par la magie Profion haleta :
- Sauve Renwood et tu reverras ton père, ordonna Profion.
Gayrinne prit sa respiration et traversa le portail.
Sauve nous tous, songea le mage en s’effondrant inconscient.
4
A Wulfgar.
L’humidité dans l’air était telle que les compagnons suaient à grosse gouttes sous leurs équipements. Trois soirs plus tôt, ils avaient pactisé avec un étonnant dragon noir surnommé Poix qui régnait sur une bande de draconiens dans un vaste marais situé à l’ouest de Kern. D’après les informations recueillies par Rhys dans la bibliothèque de Flotsam, la fontaine du renouveau devait s’y trouver et, grâce à elle, ils espéraient restaurer la larme de Mishakal pervertie. Partis en éclaireurs, Croak, Rhys et Profiel avaient découvert que le dragon était le gardien de la fontaine et que les draconiens envisageaient de tuer leur maître. Persuadés que c’était impossible, les trois acolytes persuadèrent le reste du groupe d’infiltrer les lignes ennemies sous l’apparence de draconiens afin de prévenir le dragon. Gorlaug trouva le plan si stupide qu’il décidait rester en retrait « au cas où ». Raillé par Rhys, le minotaure lui répondit que c’est ainsi que l’on restait en vie. Renwood et Garlick validèrent l’idée et ce fut le prêtre qui prévint Poix en langue draconique. Le dragon reconnaissant leur permis d’accéder à la fontaine et leur livra même que le cimetière draconique se trouvait en bord de mer, cinq jours à l’ouest de Wulfgar. Le chemin jusque à la cité Solamnique fut bercé par les rires des compagnons qui ne cessèrent de se de moquer leur ami cornu.
- La nuit tombe, dit Croak.
- Gorlaug, tu ne protèges pas ta tête ? demanda Rhys qui ne le lâchait pas.
- Non, pourquoi ?
- Croak l’a dit, la nuit tombe, fais attention, c’est très très dangereux ça, on sait jamais. Tu devrais avancer sous ton cheval au cas où, se moqua Rhys.
Croak et Renwood étaient hilares.
- Sérieux les gars, vous êtes graves ! répondit le minotaure qui masquait son envie de rire, je n’ai même pas de cheval. Hihihi !
- Tu as vraiment le rire le plus stupide de tous les temps s’esclaffa Garlick. Hihi, reprit-il à l’unisson de Croak qui célébra le tout d’un un vent aussi sonore que malodorant.
- Par les lunes que vous êtes sots, conclut Profiel en s’essuyant le bord des yeux.
- Bon on est proche de Wulfgar encore une petite heure, dit Renwood.
Soudain Rhys banda son arc.
- Cavalier droit devant, dit le demi-elfe.
- Je ne vois, rien dit le minotaure.
- Préparez vos défenses ordonna, l’assassin-mage, sans cesser de viser.
Le cavalier arriva à hauteur du groupe dans un nuage de poussière.
- C’est une gosse lâcha le minotaure en découvrant une toute jeune femme aux boucles rousses.
- Vous cherchez le cimetière des dragons, je suppose ? lâcha-t-elle à la surprise de tous. Je suis Gayrinne Forgefeu, la fille du Gaylor et j’ai un message pour Renwood.
- C’est juste, mais Gaylor n’a pas de fille, se méfia le prêtre.
La jeune femme tira sur son chemisier dévoilant ainsi un marteau de guerre tatoué au dessus de son sein gauche.
- La marque de ma guilde souffla le minotaure.
- En 435 il en avait une. Je viens du futur et j’ai un message pour Renwood. Si vous passez la nuit à Wulfgar, vous serez tué par une dénommée Mina messire ! J’ai une lettre et un livre pour vous.
Profiel et Garlick qui lisaient les pensées de la nouvelle venue depuis le début devinrent blêmes. Ils échangèrent un regard entendu.
- Elle dit vrai, dit Profiel.
- Il ne faut pas rester là, compléta Garlick.
***
Quelques heures à l’est de Wulfgar.
Gayrinne endormie, à l’abri dans la maisonnette créée par Profiel, Croak, Renwood, Rhys échangeait sur la suite des évènements. Le livre et la lettre était au cœur du sujet.
- Ce livre fait partie de l’Iconochronos, dit Renwood. Je reconnais la signature de Bertrem. Astinus de Palanthas disposait d’un objet magique qui lui permettait de rédiger des qui livres détaillent les moments de vie qui ont marqué Krynn. Leur rédaction avait cessé depuis la guerre du Chaos et le départ d’Astinus.
- Serait-ce un faux ? demanda Croak.
- Je parie plutôt sur le fait que quelqu’un, ait offert aux Esthètes de Giléan un objet permettant de reprendre la rédaction de tels ouvrages.
- Avec le sort trouvé dans les abysses, mon père en est désormais capable, acquiesça Profiel.
Renwood prit la lettre et la relu à voix haute :
« … Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion. »
- Il faut bien que je me rende à l’évidence, Profion m’a sauvé la vie. Puis il posa son regard bienveillant sur Gayrinne qui dormait depuis près d’une heure. Tu m’as sauvé la vie jeune Forgefeu.
- Et d’après le bouquin, la mienne aussi, ajouta Croak, sans elle je serais parti à la rencontre de Gaylor et je serais devenu une saloperie de mort vivant.
- Résultat, si nous tuons Gel, c’est toute l’Ansalonie qui lui sera redevable, dit Rhys.
- C’est vrai ça ! Je suis donc une vraie héroïne exagéra-t-elle, en souriant.
Voyant la jeune femme réveillée :
- Tu en ris mais c’est vrai Gayrinne, l’Ansalonie aura bientôt une dette d’honneur envers toi, dit Renwood.
- Si ça peut te rassurer Gayrinne, l’Iconochronos ne parle ni de moi, ni de Profiel, tempéra Rhys très sérieusement.
- Donc nous, on ne te doit rien, rit Profiel, qui provoqua les éclats de rires de tous.
- Vous êtes vraiment des kenders, fit Renwood, consterné.
- Les récits de mon père étaient donc vrai, dit Gayrinne.
- C'est-à-dire ? questionna Renwood.
- Vous êtes vraiment des gens à part, fit-elle en baillant.
- A part ? interrogea Croak.
- Oui et je suis content que vous soyez mes tontons, murmura-t-elle en se rendormant.
Sous le charme, les héros regardèrent la petite Gayrinne avec tendresse.
- Quel courage ! Cette petite est du bois dont on fait les héros. Sa réaction est étonnante, dit Renwood, elle voyage treize ans dans temps, elle abandonne tout et elle s’endort tout tranquillement.
- Tu aimes les réactions étonnantes, questionna Rhys ?
- Ba attends de voir celle de Gaylor quand il va la rencontrer, rit Profiel, imité par Rhys et Croak.
- Vous êtes pire que des kenders, dit le clerc.
Puis pensif, le prêtre leur dit :
- J’espère quand même Gorlaug et Garlick n’ont pas de mal a maîtriser Gilthanas et qu’ils vont apprendre pourquoi il sert le dragon.
- T’inquiète pas pour eux, avec une escorte comme celle là, le prince elfe va sans doute filer doux, conclut le demi ogre. De toute façon on sait ce que l’on a faire. Direction le cimetière draconique. Quand ce sera fait…
- Il conviendra débarrasser le monde Gellidus, dit Profiel. Nous aurons alors besoin de Profion.
***
Le cercle de chevalerie de Wulfgar était en effervescence. Le maître des lieux, Liam Earling recevaient des hautes personnalités. Tôt dans l’après midi, il avait eu la visite surprise du prince qualinesti Gilthanas Kanan tout droit arrivé de Sancrist. Et voici qu’on lui annonçait celle du maître de la robe blanche, Garlick Antillost accompagné de Gorlaug Bras d’argent. Un banquet fut organisé. Durant le repas Gilthanas avait livré une information capitale : les chevaliers Solamniques d’Ergoth envisageaient de reprendre Palanthas par la mer. Le prince était le dernier héro de la lance et jouissait comme sa compagne le dragon Dargent d’une haute popularité dans les rangs des chevaliers.
- Les hommes du Château Uth Wistan auront besoins de vos forces Seigneur Earling. Pourront-t-ils compter sur vous ? demanda Gilthanas.
- Sur le principe ? Dès demain, mais, il faudra en parler avec le seigneur Linwood de Sanction. Nous ne pouvons déstabiliser la région ainsi sans l’informer au préalable.
- Je m’en chargerais, proposa Garlick.
- Vous nous ferez gagner un temps précieux, dit Gilthanas.
- Une belle nouvelle pour le peuple de Solamnie, merci archimage déclara Garlick.
- Nous n’en avons pas encore parlé, mais que faites vous à Wulfgar ? demanda Liam à Garlick et Gorlaug.
- Nous cherchons le cimetière des dragons, lâcha Gorlaug.
- Rien que ça ! dit Liam.
- La mission est extrêmement importante, nous cherchons à réparer le pont des âmes vers le dôme de la création, précisa Garlick.
- Je sais où il se trouve, intervint. Dargent m’y a déjà mené, mais vous n’entrerez pas sans la barde draconique.
- Qui est la barde draconique ? demanda Garlick.
- Traditionnellement, ce rôle est dévolu à une elfe silvanesti de sang royal. Seul son chant pouvait ouvrir la porte dimensionnelle.
- Pouvait ? demanda le minotaure.
- Oui, la dernière a été tuée lors de la guerre du Chaos. Depuis nul ici bas ne peut plus conduire les âmes vers le dôme de la création, fit Gilthanas.
- Nous connaissons la mélodie qui ouvrira les portes, dit Garlick. Nous avons la clé de Quinari.
- Ah oui ? Comment vous l’êtes vous procurée ?
- Elle était portée par la reine Alhana d’Astrevent. Elle nous l’a confiée car elle craignait pour sa vie.
- Dargent serait ravie de se recueillir sur la tombe de sa sœur. Accepteriez-vous que je vous accompagne ? interrogea le prince elfe.
- Bien sur, dit Garlick. Nous partons sur l’heure, car nous devons rejoindre nos alliés un peu plus au nord.
***
Les trois compères quittèrent Wulfgar peu après. Ils n’avaient fait que quelques pas lorsque Gorlaug assomma le prince elfe. Une fouille précise révéla de nombreux objets magiques. Celui qui attira l’attention de Garlick était une écaille de dragon blanc que Gilthanas portait en pendentif sous sa tunique.
- Le dragon le contrôle grâce à ça, dit le mage.
- Il faut la détruire, fit le minotaure.
- Pas le temps, dit Garlick. Je souhaite que cette écaille de dragon blanc soit enfouie sous vingt mètres de terre. Parcouru par la magie, le sorcier trembla quelques instants tandis que le souhait mineur accomplissait son office.
- T’as une belle vie toi hein ? commenta Gorlaug. Je souhaite ! C’est pas guerrier que j’aurai du faire moi.
- Il faut l’attacher, dit Garlick.
- Je souhaite qu’il le soit, répondit le minotaure en gloussant.
***
Au même moment, à trois jours de là, la population de Gleen subissait l’attaque d’une armée de bienaimés. Echappant au massacre, Gaylor Forgefeu prenait la fuite avec une enfant dans ses bras.
Mes chers amis,
Il vous apparait désormais limpidement que j’ai bien fait de m’opposer à vous en retrouvant le secret des voyages temporels. Je vous écris depuis le futur en qualité de maître du Conclave de Wayreth. Si je n’ai pas commis d’erreur, vous devez vous trouver devant le palais de Wulfgar. Vous êtes en possession des larmes de Mishakal et de la clé de Quinari. La jeune Gayrinne Forgefeu n’a que deux ans à votre époque et je vous prie de ne pas chercher à la trouver, elle est devant vous et c’est ce qui importe. Le livre dans son cabas a été emprunté aux Esthètes de Giléan, il révèle que Renwood sera tué cette nuit. Mina et son armée vont attaquer le château avec son armée de morts vivants. Mina ne fera pas de prisonnier. Elle est la fille de Paladine et de Takhisis, vous ne la vaincrez pas. Ne prévenez pas les Solamniques, votre dessein est plus important. Comme le précise le livre, la mort de Renwood est une des clés de voute de l’Histoire. Elle marque le début d’une ère de désespoir et l’avènement de Gellidus comme seigneur de Krynn. Vous êtes censés rencontrer, le prince Gilthanas Kanan cette nuit. Il vous volera les reliques car il vous suit depuis des mois pour le compte de son maître le dragon blanc Gellidus. Ce dernier convoite les cranes du cimetière draconique et s’en servira pour développer son totem comme aucun autre avant lui. En 435, le dragon est bien plus puissant que ne le fut Malystrirx. Il a réduit l’Ansalonie en esclavage. Seule la tour des mages résiste mais pour combien de temps ?
Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion.
***
L’ « apprenti » de Profion se tenait sur le pas de la chambre de Gayrinne et patientait. Le parchemin qu’il venait de délivrer à la jolie jeune femme semblait la bouleverser.
Dame Forgefeu,
Si vous souhaitez revoir votre père vie, rendez-vous dans mes appartements dès que possible. N’en parlez à personne et venez seule.
Profion Décimus.
Gayrinne ne mit pas longtemps à se reprendre, s’il existait une chance de revoir son père, aucune hésitation n’était permise. Elle se saisit de son épée et rejoint le messager qui la gratifia d’un regard moqueur. Gayrinne comprit la futilité de prendre son arme mais préféra la garder ; car comme disait son père : si ça peut saigner, ça peut mourir.
- Menez- moi au maître, je vous prie.
- Bien ma dame, il s’inclina simplement. Si vous voulez me suivre.
Le diablotin guida la jeune humaine à travers les couloirs de la tour et après seulement une minute, il s’arrêta.
- Déjà ? interrogea Gayrinne.
- Oui.
- Mais il n’y a rien ici !
- Vous êtes à Wayreth, ne vous fiez pas à vos yeux. Ils vous perdraient.
A ces mots, le guide, prononça un mot de commande et révéla une porte jusque là restée invisible.
- Entrez sans frapper, le maître vous attend. Incrédule Gayrinne, poussa la lourde porte de chêne et ne remarqua la disparition soudaine de son guide.
Le bureau de Profion était vaste et richement décoré. Ses murs étaient couverts de livres à la reliure ancienne et chaque objet semblait avoir une histoire à raconter. Un vitrail laissait passer la lumière de Solinari dont les reflets argentés accentuaient l’étrange atmosphère de l’endroit. Profion se tenait au milieu de la pièce, sourire affable et regard perçant, le mage aux longs cheveux blancs et à la peau diaphane accueillit son hôte les bras ouverts.
- Merci d’être venue belle enfant.
- Vous pouvez-ramener mon père à la vie ? demanda-t-elle.
- Moi ? Non. Mais toi, tu peux l’empêcher de mourir, la tutoya-t-il.
- Je ne comprends pas.
- Assieds, dis l’archimage en prenant place sur son imposant siège de bureau. Je vais t’expliquer. Il se saisit du livre dérobé à Palanthas, attendis que Gayrinnes soit assise et commença à lire.
- 9ème jour du mois de martel, Année 422, Gaylor Forgefeu traverse le village de Gleen au sud du Nordmaar à la recherche de ses amis basé à Wulfgar. Il passe la nuit chez la famille Norkaris. Durant la nuit les bienaimés de Mina attaque le village et tuent tous les habitants à l’exception de la petite Gayrinne Norkaris confiée par son père à Gaylor Forgefeu qui prend la fuite. Gaylor et l’enfant se cachent des jours dans la forêt, puis joignent le bastion de Wulfgar où se déroulent les obsèques de Renwood. Gaylor renie les dieux, abandonne ses amis, prétend se rendre à Palanthas mais s’arrête à Calaman où il prend le nom de Ron Caledan. Il élève la jeune Gayrinne. Il meurt dans sa taverne le 15ème jour du mois de Martel 433 en protégeant celle qui répond désormais au nom de Gayrinne Forgefeu.
- Qu’est-ce que ce livre ?
- Il a été rédigé par les gardiens de l’histoire de Krynn. Rien n’échappe à l’œil de Giléan et des ses Esthètes.
- Où voulez-vous en venir ? dit Gayrinne toute chamboulée.
- Parle-moi de ce qu’il s’est passé ensuite.
- Je suis allée m’enfermer dans ma chambre et j’ai prié. Les draconiens allaient défoncer ma porte quand le plafond de ma chambre craqua sous les coups d’Orion qui vint me sauver. Nous nous sommes enfuis par les toits et nous avons vus la ville brulée par les draconiens dirigés emmenés par le prince Elfe Gilthanas. Le lendemain Gellidus détruisit tout ce qu’il restait de Calaman.
- C’est là que périrent Gorlaug et Garlick. Ils venaient en espérant vous sauver tous les deux.
- Gorlaug et Garlick ? demanda Gayrinne désormais en larme.
- Ils étaient les amis de ton père.
- Je sais Orion m’a tout expliqué. Mais je ne comprends toujours pas comment sauver mon père.
- C’est très simple, tout ceci est arrivé parce que Gellidus a pu créer une armée de draconiens. Il n’a acquit cette puissance que récemment, en 422. Si Gel est devenu si énorme, il le doit grâce aux centaines de crânes de dragons qu’il a volés cette année là. Les amis de ton père ont échoué dans une quête qui devait le mener jusqu’au cimetière draconique au nord ouest du Nordmaar à quelques heures de la ville Solamnique de Wulfgar. Cette nuit la ils perdirent le révéré fils de Paladine Renwood Esalis, sans lui impossible de vaincre Gel. Si Renwood avait survécu ce soir là, la face du monde serait différente.
- Certes, mais si mon père m’a apprit quelques choses, c’est que le passé c’est le passé et qu’il faut vivre avec.
- Ou pas.
- Que voulez-vous dire ?
- Le livre précise la date exacte de la mort de Renwood. Je propose de t’envoyer dans le passé juste avant qu’il ne soit tué par une certaine Mina. Préviens-le. Remets-lui ce parchemin d’explication que j’ai rédigé ainsi que le livre.
- Vous êtes sérieux là ?
- On ne peut plus.
- Pourquoi moi ?
- Parce que je suis certain que tu feras tout pour revoir ton père, sourit le mage.
- Pourquoi ne pas le faire vous-même, maître Profion ?
Il plissa les yeux avant de répondre simplement :
- Je suis le gardien de Wayreth. Je ne dois pas quitter cette époque.
- Pourquoi ne dois-je en parler personne ? demanda Gayrinne prise de doute.
- J’enfreins les règles de la magie en t’envoyant dans la passé avec toutes ces informations. Personne ici ne me laisserait faire. Nuitari est ne sanction haute, il faut agir, que décides-tu ?
Gayrinne plongea son regard gris dans celui du mage.
- Je reverrais mon père ?
- Oui.
- Alors je le ferais. Je vous fais confiance Profion Décimus.
- Je te fais confiance plus encore, dit le mage en lui remettant le livre et le parchemin.
Profion récita la formule et sentit aussitôt l’extase de la magie parcourir son corps et son esprit. Du bout des doigts, il décrit ensuite un cercle de la taille d’une porte. Il répandit de la poudre de diamant sur Gayrinne et frappa le sol de son pied. A cet instant apparu un portail magique. A l’intérieur, Gayrinne aperçut le château de Wulgar.
Consummé par la magie Profion haleta :
- Sauve Renwood et tu reverras ton père, ordonna Profion.
Gayrinne prit sa respiration et traversa le portail.
Sauve nous tous, songea le mage en s’effondrant inconscient.
4
A Wulfgar.
L’humidité dans l’air était telle que les compagnons suaient à grosse gouttes sous leurs équipements. Trois soirs plus tôt, ils avaient pactisé avec un étonnant dragon noir surnommé Poix qui régnait sur une bande de draconiens dans un vaste marais situé à l’ouest de Kern. D’après les informations recueillies par Rhys dans la bibliothèque de Flotsam, la fontaine du renouveau devait s’y trouver et, grâce à elle, ils espéraient restaurer la larme de Mishakal pervertie. Partis en éclaireurs, Croak, Rhys et Profiel avaient découvert que le dragon était le gardien de la fontaine et que les draconiens envisageaient de tuer leur maître. Persuadés que c’était impossible, les trois acolytes persuadèrent le reste du groupe d’infiltrer les lignes ennemies sous l’apparence de draconiens afin de prévenir le dragon. Gorlaug trouva le plan si stupide qu’il décidait rester en retrait « au cas où ». Raillé par Rhys, le minotaure lui répondit que c’est ainsi que l’on restait en vie. Renwood et Garlick validèrent l’idée et ce fut le prêtre qui prévint Poix en langue draconique. Le dragon reconnaissant leur permis d’accéder à la fontaine et leur livra même que le cimetière draconique se trouvait en bord de mer, cinq jours à l’ouest de Wulfgar. Le chemin jusque à la cité Solamnique fut bercé par les rires des compagnons qui ne cessèrent de se de moquer leur ami cornu.
- La nuit tombe, dit Croak.
- Gorlaug, tu ne protèges pas ta tête ? demanda Rhys qui ne le lâchait pas.
- Non, pourquoi ?
- Croak l’a dit, la nuit tombe, fais attention, c’est très très dangereux ça, on sait jamais. Tu devrais avancer sous ton cheval au cas où, se moqua Rhys.
Croak et Renwood étaient hilares.
- Sérieux les gars, vous êtes graves ! répondit le minotaure qui masquait son envie de rire, je n’ai même pas de cheval. Hihihi !
- Tu as vraiment le rire le plus stupide de tous les temps s’esclaffa Garlick. Hihi, reprit-il à l’unisson de Croak qui célébra le tout d’un un vent aussi sonore que malodorant.
- Par les lunes que vous êtes sots, conclut Profiel en s’essuyant le bord des yeux.
- Bon on est proche de Wulfgar encore une petite heure, dit Renwood.
Soudain Rhys banda son arc.
- Cavalier droit devant, dit le demi-elfe.
- Je ne vois, rien dit le minotaure.
- Préparez vos défenses ordonna, l’assassin-mage, sans cesser de viser.
Le cavalier arriva à hauteur du groupe dans un nuage de poussière.
- C’est une gosse lâcha le minotaure en découvrant une toute jeune femme aux boucles rousses.
- Vous cherchez le cimetière des dragons, je suppose ? lâcha-t-elle à la surprise de tous. Je suis Gayrinne Forgefeu, la fille du Gaylor et j’ai un message pour Renwood.
- C’est juste, mais Gaylor n’a pas de fille, se méfia le prêtre.
La jeune femme tira sur son chemisier dévoilant ainsi un marteau de guerre tatoué au dessus de son sein gauche.
- La marque de ma guilde souffla le minotaure.
- En 435 il en avait une. Je viens du futur et j’ai un message pour Renwood. Si vous passez la nuit à Wulfgar, vous serez tué par une dénommée Mina messire ! J’ai une lettre et un livre pour vous.
Profiel et Garlick qui lisaient les pensées de la nouvelle venue depuis le début devinrent blêmes. Ils échangèrent un regard entendu.
- Elle dit vrai, dit Profiel.
- Il ne faut pas rester là, compléta Garlick.
***
Quelques heures à l’est de Wulfgar.
Gayrinne endormie, à l’abri dans la maisonnette créée par Profiel, Croak, Renwood, Rhys échangeait sur la suite des évènements. Le livre et la lettre était au cœur du sujet.
- Ce livre fait partie de l’Iconochronos, dit Renwood. Je reconnais la signature de Bertrem. Astinus de Palanthas disposait d’un objet magique qui lui permettait de rédiger des qui livres détaillent les moments de vie qui ont marqué Krynn. Leur rédaction avait cessé depuis la guerre du Chaos et le départ d’Astinus.
- Serait-ce un faux ? demanda Croak.
- Je parie plutôt sur le fait que quelqu’un, ait offert aux Esthètes de Giléan un objet permettant de reprendre la rédaction de tels ouvrages.
- Avec le sort trouvé dans les abysses, mon père en est désormais capable, acquiesça Profiel.
Renwood prit la lettre et la relu à voix haute :
« … Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion. »
- Il faut bien que je me rende à l’évidence, Profion m’a sauvé la vie. Puis il posa son regard bienveillant sur Gayrinne qui dormait depuis près d’une heure. Tu m’as sauvé la vie jeune Forgefeu.
- Et d’après le bouquin, la mienne aussi, ajouta Croak, sans elle je serais parti à la rencontre de Gaylor et je serais devenu une saloperie de mort vivant.
- Résultat, si nous tuons Gel, c’est toute l’Ansalonie qui lui sera redevable, dit Rhys.
- C’est vrai ça ! Je suis donc une vraie héroïne exagéra-t-elle, en souriant.
Voyant la jeune femme réveillée :
- Tu en ris mais c’est vrai Gayrinne, l’Ansalonie aura bientôt une dette d’honneur envers toi, dit Renwood.
- Si ça peut te rassurer Gayrinne, l’Iconochronos ne parle ni de moi, ni de Profiel, tempéra Rhys très sérieusement.
- Donc nous, on ne te doit rien, rit Profiel, qui provoqua les éclats de rires de tous.
- Vous êtes vraiment des kenders, fit Renwood, consterné.
- Les récits de mon père étaient donc vrai, dit Gayrinne.
- C'est-à-dire ? questionna Renwood.
- Vous êtes vraiment des gens à part, fit-elle en baillant.
- A part ? interrogea Croak.
- Oui et je suis content que vous soyez mes tontons, murmura-t-elle en se rendormant.
Sous le charme, les héros regardèrent la petite Gayrinne avec tendresse.
- Quel courage ! Cette petite est du bois dont on fait les héros. Sa réaction est étonnante, dit Renwood, elle voyage treize ans dans temps, elle abandonne tout et elle s’endort tout tranquillement.
- Tu aimes les réactions étonnantes, questionna Rhys ?
- Ba attends de voir celle de Gaylor quand il va la rencontrer, rit Profiel, imité par Rhys et Croak.
- Vous êtes pire que des kenders, dit le clerc.
Puis pensif, le prêtre leur dit :
- J’espère quand même Gorlaug et Garlick n’ont pas de mal a maîtriser Gilthanas et qu’ils vont apprendre pourquoi il sert le dragon.
- T’inquiète pas pour eux, avec une escorte comme celle là, le prince elfe va sans doute filer doux, conclut le demi ogre. De toute façon on sait ce que l’on a faire. Direction le cimetière draconique. Quand ce sera fait…
- Il conviendra débarrasser le monde Gellidus, dit Profiel. Nous aurons alors besoin de Profion.
***
Le cercle de chevalerie de Wulfgar était en effervescence. Le maître des lieux, Liam Earling recevaient des hautes personnalités. Tôt dans l’après midi, il avait eu la visite surprise du prince qualinesti Gilthanas Kanan tout droit arrivé de Sancrist. Et voici qu’on lui annonçait celle du maître de la robe blanche, Garlick Antillost accompagné de Gorlaug Bras d’argent. Un banquet fut organisé. Durant le repas Gilthanas avait livré une information capitale : les chevaliers Solamniques d’Ergoth envisageaient de reprendre Palanthas par la mer. Le prince était le dernier héro de la lance et jouissait comme sa compagne le dragon Dargent d’une haute popularité dans les rangs des chevaliers.
- Les hommes du Château Uth Wistan auront besoins de vos forces Seigneur Earling. Pourront-t-ils compter sur vous ? demanda Gilthanas.
- Sur le principe ? Dès demain, mais, il faudra en parler avec le seigneur Linwood de Sanction. Nous ne pouvons déstabiliser la région ainsi sans l’informer au préalable.
- Je m’en chargerais, proposa Garlick.
- Vous nous ferez gagner un temps précieux, dit Gilthanas.
- Une belle nouvelle pour le peuple de Solamnie, merci archimage déclara Garlick.
- Nous n’en avons pas encore parlé, mais que faites vous à Wulfgar ? demanda Liam à Garlick et Gorlaug.
- Nous cherchons le cimetière des dragons, lâcha Gorlaug.
- Rien que ça ! dit Liam.
- La mission est extrêmement importante, nous cherchons à réparer le pont des âmes vers le dôme de la création, précisa Garlick.
- Je sais où il se trouve, intervint. Dargent m’y a déjà mené, mais vous n’entrerez pas sans la barde draconique.
- Qui est la barde draconique ? demanda Garlick.
- Traditionnellement, ce rôle est dévolu à une elfe silvanesti de sang royal. Seul son chant pouvait ouvrir la porte dimensionnelle.
- Pouvait ? demanda le minotaure.
- Oui, la dernière a été tuée lors de la guerre du Chaos. Depuis nul ici bas ne peut plus conduire les âmes vers le dôme de la création, fit Gilthanas.
- Nous connaissons la mélodie qui ouvrira les portes, dit Garlick. Nous avons la clé de Quinari.
- Ah oui ? Comment vous l’êtes vous procurée ?
- Elle était portée par la reine Alhana d’Astrevent. Elle nous l’a confiée car elle craignait pour sa vie.
- Dargent serait ravie de se recueillir sur la tombe de sa sœur. Accepteriez-vous que je vous accompagne ? interrogea le prince elfe.
- Bien sur, dit Garlick. Nous partons sur l’heure, car nous devons rejoindre nos alliés un peu plus au nord.
***
Les trois compères quittèrent Wulfgar peu après. Ils n’avaient fait que quelques pas lorsque Gorlaug assomma le prince elfe. Une fouille précise révéla de nombreux objets magiques. Celui qui attira l’attention de Garlick était une écaille de dragon blanc que Gilthanas portait en pendentif sous sa tunique.
- Le dragon le contrôle grâce à ça, dit le mage.
- Il faut la détruire, fit le minotaure.
- Pas le temps, dit Garlick. Je souhaite que cette écaille de dragon blanc soit enfouie sous vingt mètres de terre. Parcouru par la magie, le sorcier trembla quelques instants tandis que le souhait mineur accomplissait son office.
- T’as une belle vie toi hein ? commenta Gorlaug. Je souhaite ! C’est pas guerrier que j’aurai du faire moi.
- Il faut l’attacher, dit Garlick.
- Je souhaite qu’il le soit, répondit le minotaure en gloussant.
***
Au même moment, à trois jours de là, la population de Gleen subissait l’attaque d’une armée de bienaimés. Echappant au massacre, Gaylor Forgefeu prenait la fuite avec une enfant dans ses bras.
-
eres
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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
Tour de Wayreth, le 9ème jour du mois de Mishamont, An 435 AC.
Mes chers amis,
Il vous apparait désormais limpidement que j’ai bien fait de m’opposer à vous en retrouvant le secret des voyages temporels. Je vous écris depuis le futur en qualité de maître du Conclave de Wayreth. Si je n’ai pas commis d’erreur, vous devez vous trouver devant le palais de Wulfgar. Vous êtes en possession des larmes de Mishakal et de la clé de Quinari. La jeune Gayrinne Forgefeu n’a que deux ans à votre époque et je vous prie de ne pas chercher à la trouver, elle est devant vous et c’est ce qui importe. Le livre dans son cabas a été emprunté aux Esthètes de Giléan, il révèle que Renwood sera tué cette nuit. Mina et son armée vont attaquer le château avec son armée de morts vivants. Mina ne fera pas de prisonnier. Elle est la fille de Paladine et de Takhisis, vous ne la vaincrez pas. Ne prévenez pas les Solamniques, votre dessein est plus important. Comme le précise le livre, la mort de Renwood est une des clés de voute de l’Histoire. Elle marque le début d’une ère de désespoir et l’avènement de Gellidus comme seigneur de Krynn. Vous êtes censés rencontrer, le prince Gilthanas Kanan cette nuit. Il vous volera les reliques car il vous suit depuis des mois pour le compte de son maître le dragon blanc Gellidus. Ce dernier convoite les cranes du cimetière draconique et s’en servira pour développer son totem comme aucun autre avant lui. En 435, le dragon est bien plus puissant que ne le fut Malystrirx. Il a réduit l’Ansalonie en esclavage. Seule la tour des mages résiste mais pour combien de temps ?
Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion.
***
L’ « apprenti » de Profion se tenait sur le pas de la chambre de Gayrinne et patientait. Le parchemin qu’il venait de délivrer à la jolie jeune femme semblait la bouleverser.
Dame Forgefeu,
Si vous souhaitez revoir votre père vie, rendez-vous dans mes appartements dès que possible. N’en parlez à personne et venez seule.
Profion Décimus.
5
La vérité de Gilthanas. Le cimetière draconique.
Libéré de l’emprise du dragon, Gilthanas avait livré les raisons de sa trahison. Le grand ver retenait Dargent en otage et menaçait de la tuer si le prince elfe refusait de le servir. Les intentions de Gellidus étaient claires : voler les cranes dans le cimetière draconique, faire grossir son totem et devenir plus puissant qu’aucune créature de Krynn ne le fut jamais. Gilthanas a avait échoué a voler la clé de Quinari à Alhana et depuis il guettait une occasion de la dérober au groupe mené par Renwood.
- Vous savez-tout, confia Gilthanas, mais désormais Dargent est en grand danger. Gellidus se doute déjà que quelque chose m’est arrivé.
- Nous vous aiderons majesté, promit Garlick sous le regard incrédule de Gorlaug.
- Comment comptes-tu vaincre une bête comme celle là sans dragonlance ? interrogea le minotaure.
- On va en fabriquer, répondit calmement Garlick.
- C'est-à-dire ?
- Gilthanas, toi et moi nous rendons à la vallée de brume de Sancrist, nous creusons un tunnel dans la montagne et nous puisons le métal draconique à la source.
- Je ne pensais pas dire ça, mais ça peut marcher.
- En route compagnons, dit Gilthanas avec enthousiasme.
***
A dos de griffons depuis plusieurs jours, les compères faisaient route vers l’ouest. Aux dernières lueurs du jour, ils aperçurent une immense silhouette draconique sculptée à même la montagne. Gilthanas se rappela les vers du barde elfe Quevalin :
Par delà les mers et les vents,
Au cœur de la pierre, hors du temps,
S’écoule dans les veines de la terre,
Le sang dragon d’argent.
Les compagnons se posèrent dans la montagne. A l’abri des regards des forces Nérakiennes basées aux pieds du dragon de pierre, à renfort puissants sortilèges, ils commencèrent leur besogne.
***
Il faisait nuit noire lorsque Renwood, Croak, Profiel, Garynne et Rhys arrivèrent sur une plage au nord est du Nordmaar. Pour purifier la larme de Mishakhak pervertie par les Nérakiens, les aventuriers avaient dû cherché et trouvé la Fontaine du Renouveau ; la source magique située à l’ouest du Nordmaar était défendue par Morhlex le Noir, connu des humain sous le nom de Poix. En échange de leur aide à déjouer un complot mené par sa propre armée de draconien, le dragon avait été précisemnt révélé au groupe où se trouvait le cimetière draconique. Mieux, il avait dit vrai.
- En théorie, l’entrée est ici, dit Renwood.
Sous le regard de ses compagnons, il posa un genou au sol afin de tirer la boite à musique de son paquetage. Lentement il ouvrit le boîtier, la mélodie magique monta lentement. Lorsque la dernière note retentit, un énorme portail de lumière pure apparut à la surface de l’eau. Haut de dix mètres, ce dernier était couvert de rûnes et donnait à la mer des reflets extraordinaires.
- Incroyable ! Profiel s’approcha afin d’ouvrir la route. De l’eau jusqu’aux cuisses, il posa sa main sur le portail qui crépita. Aïe ! Il est brulant… Il y a fort a parié que seul le porteur des larmes peu passer sans encombre.
- Sois prudents dit Croak en tapant dans le dos de Renwood.
- Notre destin est entre tes mains, compéta Rhys sous le regard approbateur de la jeune Gayrinne.
Après une respiration, le prêtre se saisit des deux gemmes et traversa le portail.
***
A l’intérieur Renwood découvrit à sa grande surprise, un chemin de terre qui lézardait entre les saules. Il avait les pieds secs mais suait à grosse goutte. Comme appelé par une voix spectrale, il avança lentement. Après quelques minutes de marche, le demi-elfe gagna la rive d’un lac argenté. Là il découvrit une barque d’or. Ecoutant la voix qui l’appelait, il monta et s’installa à bord. Aussitôt l’embarcation se mit en mouvement et Renwood et se laissa porter durant de longues heures avant d’arriver sur une petite île. Au sommet de cette dernière, il distingua une chapelle. A demi conscient le prêtre subissait plus qu’il n’agissait. La magie du lieu était forte, il ne pouvait rien faire d’autre que d’écouter la voix. Il abandonna la barque enchantée et se dirigea vers la chapelle. L’endroit était simple mais baigné d’une lueur bleue qui donnait à l’instant une dimension intemporelle. Sur un autel reposait intact le corps inerte de la reine elfe Quinari première barde draconique. D’une beauté rare, elle portait une robe blanche immaculée et tenait entre ses mains un épais volume. Semblant quitter le corps de Quinari un esprit se leva et s’adressa en elfe ancien à Renwood. Interdit ce dernier était spectateur d’une scène qu’il semblait contempler depuis les yeux d’un autre.
- Salutations grand Renwood. Je suis la reine Quinari, comme toi, je sers Eli , le draco-paladin.
- Je vous salue majesté, c’est un honneur pour moi de me tenir devant vous. Je suis porteur des larmes de Mishakal et je viens restaurer le pont des âmes vers le dôme de la création. Comment dois-je m’y prendre ?
- Place simplement les gemmes entre les mains de ma dépouille. Je ferai le reste.
- Bien majesté.
Renwood s’exécuta. Lentement il se saisit de la main droite de Quinari. A sa surprise, elle n’était pas froide. Il y plaça une des gemmes avant de répéter son action avec la main gauche.
- Tes amis et toi venez de sauver le monde, Renwood Esalis. Prends le livre que je tenais et retourne t’en sur Krynn. J’ai écrit moi-même chacune de ses pages, elle recèle des sortilèges majeurs et tout ce que je sais des dragons. Il se nomme le draconomicom et m’a été dicté par Eli.
***
Porteur du précieux ouvrage, Renwood passa le portail. Tout retourné par la rencontre qu’il venait de vivre, il avança vers ses amis d’un pas lent. A son grand soulagement tous l’avaient attendus tout ce temps.
- T’es déjà retour ? questionna Rhys incrédule.
- Rejoignons Valthonis et finissons-en avec Gellidus, répondit Renwood.
- Le temps ne s’écoule pas partout de la même manière, conclut Profiel.
Gayrinne ne mit pas longtemps à se reprendre, s’il existait une chance de revoir son père, aucune hésitation n’était permise. Elle se saisit de son épée et rejoint le messager qui la gratifia d’un regard moqueur. Gayrinne comprit la futilité de prendre son arme mais préféra la garder ; car comme disait son père : si ça peut saigner, ça peut mourir.
- Menez- moi au maître, je vous prie.
- Bien ma dame, il s’inclina simplement. Si vous voulez me suivre.
Le diablotin guida la jeune humaine à travers les couloirs de la tour et après seulement une minute, il s’arrêta.
- Déjà ? interrogea Gayrinne.
- Oui.
- Mais il n’y a rien ici !
- Vous êtes à Wayreth, ne vous fiez pas à vos yeux. Ils vous perdraient.
A ces mots, le guide, prononça un mot de commande et révéla une porte jusque là restée invisible.
- Entrez sans frapper, le maître vous attend. Incrédule Gayrinne, poussa la lourde porte de chêne et ne remarqua la disparition soudaine de son guide.
Le bureau de Profion était vaste et richement décoré. Ses murs étaient couverts de livres à la reliure ancienne et chaque objet semblait avoir une histoire à raconter. Un vitrail laissait passer la lumière de Solinari dont les reflets argentés accentuaient l’étrange atmosphère de l’endroit. Profion se tenait au milieu de la pièce, sourire affable et regard perçant, le mage aux longs cheveux blancs et à la peau diaphane accueillit son hôte les bras ouverts.
- Merci d’être venue belle enfant.
- Vous pouvez-ramener mon père à la vie ? demanda-t-elle.
- Moi ? Non. Mais toi, tu peux l’empêcher de mourir, la tutoya-t-il.
- Je ne comprends pas.
- Assieds, dis l’archimage en prenant place sur son imposant siège de bureau. Je vais t’expliquer. Il se saisit du livre dérobé à Palanthas, attendis que Gayrinnes soit assise et commença à lire.
- 9ème jour du mois de martel, Année 422, Gaylor Forgefeu traverse le village de Gleen au sud du Nordmaar à la recherche de ses amis basé à Wulfgar. Il passe la nuit chez la famille Norkaris. Durant la nuit les bienaimés de Mina attaque le village et tuent tous les habitants à l’exception de la petite Gayrinne Norkaris confiée par son père à Gaylor Forgefeu qui prend la fuite. Gaylor et l’enfant se cachent des jours dans la forêt, puis joignent le bastion de Wulfgar où se déroulent les obsèques de Renwood. Gaylor renie les dieux, abandonne ses amis, prétend se rendre à Palanthas mais s’arrête à Calaman où il prend le nom de Ron Caledan. Il élève la jeune Gayrinne. Il meurt dans sa taverne le 15ème jour du mois de Martel 433 en protégeant celle qui répond désormais au nom de Gayrinne Forgefeu.
- Qu’est-ce que ce livre ?
- Il a été rédigé par les gardiens de l’histoire de Krynn. Rien n’échappe à l’œil de Giléan et des ses Esthètes.
- Où voulez-vous en venir ? dit Gayrinne toute chamboulée.
- Parle-moi de ce qu’il s’est passé ensuite.
- Je suis allée m’enfermer dans ma chambre et j’ai prié. Les draconiens allaient défoncer ma porte quand le plafond de ma chambre craqua sous les coups d’Orion qui vint me sauver. Nous nous sommes enfuis par les toits et nous avons vus la ville brulée par les draconiens dirigés emmenés par le prince Elfe Gilthanas. Le lendemain Gellidus détruisit tout ce qu’il restait de Calaman.
- C’est là que périrent Gorlaug et Garlick. Ils venaient en espérant vous sauver tous les deux.
- Gorlaug et Garlick ? demanda Gayrinne désormais en larme.
- Ils étaient les amis de ton père.
- Je sais Orion m’a tout expliqué. Mais je ne comprends toujours pas comment sauver mon père.
- C’est très simple, tout ceci est arrivé parce que Gellidus a pu créer une armée de draconiens. Il n’a acquit cette puissance que récemment, en 422. Si Gel est devenu si énorme, il le doit grâce aux centaines de crânes de dragons qu’il a volés cette année là. Les amis de ton père ont échoué dans une quête qui devait le mener jusqu’au cimetière draconique au nord ouest du Nordmaar à quelques heures de la ville Solamnique de Wulfgar. Cette nuit la ils perdirent le révéré fils de Paladine Renwood Esalis, sans lui impossible de vaincre Gel. Si Renwood avait survécu ce soir là, la face du monde serait différente.
- Certes, mais si mon père m’a apprit quelques choses, c’est que le passé c’est le passé et qu’il faut vivre avec.
- Ou pas.
- Que voulez-vous dire ?
- Le livre précise la date exacte de la mort de Renwood. Je propose de t’envoyer dans le passé juste avant qu’il ne soit tué par une certaine Mina. Préviens-le. Remets-lui ce parchemin d’explication que j’ai rédigé ainsi que le livre.
- Vous êtes sérieux là ?
- On ne peut plus.
- Pourquoi moi ?
- Parce que je suis certain que tu feras tout pour revoir ton père, sourit le mage.
- Pourquoi ne pas le faire vous-même, maître Profion ?
Il plissa les yeux avant de répondre simplement :
- Je suis le gardien de Wayreth. Je ne dois pas quitter cette époque.
- Pourquoi ne dois-je en parler personne ? demanda Gayrinne prise de doute.
- J’enfreins les règles de la magie en t’envoyant dans la passé avec toutes ces informations. Personne ici ne me laisserait faire. Nuitari est ne sanction haute, il faut agir, que décides-tu ?
Gayrinne plongea son regard gris dans celui du mage.
- Je reverrais mon père ?
- Oui.
- Alors je le ferais. Je vous fais confiance Profion Décimus.
- Je te fais confiance plus encore, dit le mage en lui remettant le livre et le parchemin.
Profion récita la formule et sentit aussitôt l’extase de la magie parcourir son corps et son esprit. Du bout des doigts, il décrit ensuite un cercle de la taille d’une porte. Il répandit de la poudre de diamant sur Gayrinne et frappa le sol de son pied. A cet instant apparu un portail magique. A l’intérieur, Gayrinne aperçut le château de Wulgar.
Consummé par la magie Profion haleta :
- Sauve Renwood et tu reverras ton père, ordonna Profion.
Gayrinne prit sa respiration et traversa le portail.
Sauve nous tous, songea le mage en s’effondrant inconscient.
4
A Wulfgar.
L’humidité dans l’air était telle que les compagnons suaient à grosse gouttes sous leurs équipements. Trois soirs plus tôt, ils avaient pactisé avec un étonnant dragon noir surnommé Poix qui régnait sur une bande de draconiens dans un vaste marais situé à l’ouest de Kern. D’après les informations recueillies par Rhys dans la bibliothèque de Flotsam, la fontaine du renouveau devait s’y trouver et, grâce à elle, ils espéraient restaurer la larme de Mishakal pervertie. Partis en éclaireurs, Croak, Rhys et Profiel avaient découvert que le dragon était le gardien de la fontaine et que les draconiens envisageaient de tuer leur maître. Persuadés que c’était impossible, les trois acolytes persuadèrent le reste du groupe d’infiltrer les lignes ennemies sous l’apparence de draconiens afin de prévenir le dragon. Gorlaug trouva le plan si stupide qu’il décidait rester en retrait « au cas où ». Raillé par Rhys, le minotaure lui répondit que c’est ainsi que l’on restait en vie. Renwood et Garlick validèrent l’idée et ce fut le prêtre qui prévint Poix en langue draconique. Le dragon reconnaissant leur permis d’accéder à la fontaine et leur livra même que le cimetière draconique se trouvait en bord de mer, cinq jours à l’ouest de Wulfgar. Le chemin jusque à la cité Solamnique fut bercé par les rires des compagnons qui ne cessèrent de se de moquer leur ami cornu.
- La nuit tombe, dit Croak.
- Gorlaug, tu ne protèges pas ta tête ? demanda Rhys qui ne le lâchait pas.
- Non, pourquoi ?
- Croak l’a dit, la nuit tombe, fais attention, c’est très très dangereux ça, on sait jamais. Tu devrais avancer sous ton cheval au cas où, se moqua Rhys.
Croak et Renwood étaient hilares.
- Sérieux les gars, vous êtes graves ! répondit le minotaure qui masquait son envie de rire, je n’ai même pas de cheval. Hihihi !
- Tu as vraiment le rire le plus stupide de tous les temps s’esclaffa Garlick. Hihi, reprit-il à l’unisson de Croak qui célébra le tout d’un un vent aussi sonore que malodorant.
- Par les lunes que vous êtes sots, conclut Profiel en s’essuyant le bord des yeux.
- Bon on est proche de Wulfgar encore une petite heure, dit Renwood.
Soudain Rhys banda son arc.
- Cavalier droit devant, dit le demi-elfe.
- Je ne vois, rien dit le minotaure.
- Préparez vos défenses ordonna, l’assassin-mage, sans cesser de viser.
Le cavalier arriva à hauteur du groupe dans un nuage de poussière.
- C’est une gosse lâcha le minotaure en découvrant une toute jeune femme aux boucles rousses.
- Vous cherchez le cimetière des dragons, je suppose ? lâcha-t-elle à la surprise de tous. Je suis Gayrinne Forgefeu, la fille du Gaylor et j’ai un message pour Renwood.
- C’est juste, mais Gaylor n’a pas de fille, se méfia le prêtre.
La jeune femme tira sur son chemisier dévoilant ainsi un marteau de guerre tatoué au dessus de son sein gauche.
- La marque de ma guilde souffla le minotaure.
- En 435 il en avait une. Je viens du futur et j’ai un message pour Renwood. Si vous passez la nuit à Wulfgar, vous serez tué par une dénommée Mina messire ! J’ai une lettre et un livre pour vous.
Profiel et Garlick qui lisaient les pensées de la nouvelle venue depuis le début devinrent blêmes. Ils échangèrent un regard entendu.
- Elle dit vrai, dit Profiel.
- Il ne faut pas rester là, compléta Garlick.
***
Quelques heures à l’est de Wulfgar.
Gayrinne endormie, à l’abri dans la maisonnette créée par Profiel, Croak, Renwood, Rhys échangeait sur la suite des évènements. Le livre et la lettre était au cœur du sujet.
- Ce livre fait partie de l’Iconochronos, dit Renwood. Je reconnais la signature de Bertrem. Astinus de Palanthas disposait d’un objet magique qui lui permettait de rédiger des qui livres détaillent les moments de vie qui ont marqué Krynn. Leur rédaction avait cessé depuis la guerre du Chaos et le départ d’Astinus.
- Serait-ce un faux ? demanda Croak.
- Je parie plutôt sur le fait que quelqu’un, ait offert aux Esthètes de Giléan un objet permettant de reprendre la rédaction de tels ouvrages.
- Avec le sort trouvé dans les abysses, mon père en est désormais capable, acquiesça Profiel.
Renwood prit la lettre et la relu à voix haute :
« … Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion. »
- Il faut bien que je me rende à l’évidence, Profion m’a sauvé la vie. Puis il posa son regard bienveillant sur Gayrinne qui dormait depuis près d’une heure. Tu m’as sauvé la vie jeune Forgefeu.
- Et d’après le bouquin, la mienne aussi, ajouta Croak, sans elle je serais parti à la rencontre de Gaylor et je serais devenu une saloperie de mort vivant.
- Résultat, si nous tuons Gel, c’est toute l’Ansalonie qui lui sera redevable, dit Rhys.
- C’est vrai ça ! Je suis donc une vraie héroïne exagéra-t-elle, en souriant.
Voyant la jeune femme réveillée :
- Tu en ris mais c’est vrai Gayrinne, l’Ansalonie aura bientôt une dette d’honneur envers toi, dit Renwood.
- Si ça peut te rassurer Gayrinne, l’Iconochronos ne parle ni de moi, ni de Profiel, tempéra Rhys très sérieusement.
- Donc nous, on ne te doit rien, rit Profiel, qui provoqua les éclats de rires de tous.
- Vous êtes vraiment des kenders, fit Renwood, consterné.
- Les récits de mon père étaient donc vrai, dit Gayrinne.
- C'est-à-dire ? questionna Renwood.
- Vous êtes vraiment des gens à part, fit-elle en baillant.
- A part ? interrogea Croak.
- Oui et je suis content que vous soyez mes tontons, murmura-t-elle en se rendormant.
Sous le charme, les héros regardèrent la petite Gayrinne avec tendresse.
- Quel courage ! Cette petite est du bois dont on fait les héros. Sa réaction est étonnante, dit Renwood, elle voyage treize ans dans temps, elle abandonne tout et elle s’endort tout tranquillement.
- Tu aimes les réactions étonnantes, questionna Rhys ?
- Ba attends de voir celle de Gaylor quand il va la rencontrer, rit Profiel, imité par Rhys et Croak.
- Vous êtes pire que des kenders, dit le clerc.
Puis pensif, le prêtre leur dit :
- J’espère quand même Gorlaug et Garlick n’ont pas de mal a maîtriser Gilthanas et qu’ils vont apprendre pourquoi il sert le dragon.
- T’inquiète pas pour eux, avec une escorte comme celle là, le prince elfe va sans doute filer doux, conclut le demi ogre. De toute façon on sait ce que l’on a faire. Direction le cimetière draconique. Quand ce sera fait…
- Il conviendra débarrasser le monde Gellidus, dit Profiel. Nous aurons alors besoin de Profion.
***
Le cercle de chevalerie de Wulfgar était en effervescence. Le maître des lieux, Liam Earling recevaient des hautes personnalités. Tôt dans l’après midi, il avait eu la visite surprise du prince qualinesti Gilthanas Kanan tout droit arrivé de Sancrist. Et voici qu’on lui annonçait celle du maître de la robe blanche, Garlick Antillost accompagné de Gorlaug Bras d’argent. Un banquet fut organisé. Durant le repas Gilthanas avait livré une information capitale : les chevaliers Solamniques d’Ergoth envisageaient de reprendre Palanthas par la mer. Le prince était le dernier héro de la lance et jouissait comme sa compagne le dragon Dargent d’une haute popularité dans les rangs des chevaliers.
- Les hommes du Château Uth Wistan auront besoins de vos forces Seigneur Earling. Pourront-t-ils compter sur vous ? demanda Gilthanas.
- Sur le principe ? Dès demain, mais, il faudra en parler avec le seigneur Linwood de Sanction. Nous ne pouvons déstabiliser la région ainsi sans l’informer au préalable.
- Je m’en chargerais, proposa Garlick.
- Vous nous ferez gagner un temps précieux, dit Gilthanas.
- Une belle nouvelle pour le peuple de Solamnie, merci archimage déclara Garlick.
- Nous n’en avons pas encore parlé, mais que faites vous à Wulfgar ? demanda Liam à Garlick et Gorlaug.
- Nous cherchons le cimetière des dragons, lâcha Gorlaug.
- Rien que ça ! dit Liam.
- La mission est extrêmement importante, nous cherchons à réparer le pont des âmes vers le dôme de la création, précisa Garlick.
- Je sais où il se trouve, intervint. Dargent m’y a déjà mené, mais vous n’entrerez pas sans la barde draconique.
- Qui est la barde draconique ? demanda Garlick.
- Traditionnellement, ce rôle est dévolu à une elfe silvanesti de sang royal. Seul son chant pouvait ouvrir la porte dimensionnelle.
- Pouvait ? demanda le minotaure.
- Oui, la dernière a été tuée lors de la guerre du Chaos. Depuis nul ici bas ne peut plus conduire les âmes vers le dôme de la création, fit Gilthanas.
- Nous connaissons la mélodie qui ouvrira les portes, dit Garlick. Nous avons la clé de Quinari.
- Ah oui ? Comment vous l’êtes vous procurée ?
- Elle était portée par la reine Alhana d’Astrevent. Elle nous l’a confiée car elle craignait pour sa vie.
- Dargent serait ravie de se recueillir sur la tombe de sa sœur. Accepteriez-vous que je vous accompagne ? interrogea le prince elfe.
- Bien sur, dit Garlick. Nous partons sur l’heure, car nous devons rejoindre nos alliés un peu plus au nord.
***
Les trois compères quittèrent Wulfgar peu après. Ils n’avaient fait que quelques pas lorsque Gorlaug assomma le prince elfe. Une fouille précise révéla de nombreux objets magiques. Celui qui attira l’attention de Garlick était une écaille de dragon blanc que Gilthanas portait en pendentif sous sa tunique.
- Le dragon le contrôle grâce à ça, dit le mage.
- Il faut la détruire, fit le minotaure.
- Pas le temps, dit Garlick. Je souhaite que cette écaille de dragon blanc soit enfouie sous vingt mètres de terre. Parcouru par la magie, le sorcier trembla quelques instants tandis que le souhait mineur accomplissait son office.
- T’as une belle vie toi hein ? commenta Gorlaug. Je souhaite ! C’est pas guerrier que j’aurai du faire moi.
- Il faut l’attacher, dit Garlick.
- Je souhaite qu’il le soit, répondit le minotaure en gloussant.
***
Au même moment, à trois jours de là, la population de Gleen subissait l’attaque d’une armée de bienaimés. Echappant au massacre, Gaylor Forgefeu prenait la fuite avec une enfant dans ses bras.
Mes chers amis,
Il vous apparait désormais limpidement que j’ai bien fait de m’opposer à vous en retrouvant le secret des voyages temporels. Je vous écris depuis le futur en qualité de maître du Conclave de Wayreth. Si je n’ai pas commis d’erreur, vous devez vous trouver devant le palais de Wulfgar. Vous êtes en possession des larmes de Mishakal et de la clé de Quinari. La jeune Gayrinne Forgefeu n’a que deux ans à votre époque et je vous prie de ne pas chercher à la trouver, elle est devant vous et c’est ce qui importe. Le livre dans son cabas a été emprunté aux Esthètes de Giléan, il révèle que Renwood sera tué cette nuit. Mina et son armée vont attaquer le château avec son armée de morts vivants. Mina ne fera pas de prisonnier. Elle est la fille de Paladine et de Takhisis, vous ne la vaincrez pas. Ne prévenez pas les Solamniques, votre dessein est plus important. Comme le précise le livre, la mort de Renwood est une des clés de voute de l’Histoire. Elle marque le début d’une ère de désespoir et l’avènement de Gellidus comme seigneur de Krynn. Vous êtes censés rencontrer, le prince Gilthanas Kanan cette nuit. Il vous volera les reliques car il vous suit depuis des mois pour le compte de son maître le dragon blanc Gellidus. Ce dernier convoite les cranes du cimetière draconique et s’en servira pour développer son totem comme aucun autre avant lui. En 435, le dragon est bien plus puissant que ne le fut Malystrirx. Il a réduit l’Ansalonie en esclavage. Seule la tour des mages résiste mais pour combien de temps ?
Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion.
***
L’ « apprenti » de Profion se tenait sur le pas de la chambre de Gayrinne et patientait. Le parchemin qu’il venait de délivrer à la jolie jeune femme semblait la bouleverser.
Dame Forgefeu,
Si vous souhaitez revoir votre père vie, rendez-vous dans mes appartements dès que possible. N’en parlez à personne et venez seule.
Profion Décimus.
5
La vérité de Gilthanas. Le cimetière draconique.
Libéré de l’emprise du dragon, Gilthanas avait livré les raisons de sa trahison. Le grand ver retenait Dargent en otage et menaçait de la tuer si le prince elfe refusait de le servir. Les intentions de Gellidus étaient claires : voler les cranes dans le cimetière draconique, faire grossir son totem et devenir plus puissant qu’aucune créature de Krynn ne le fut jamais. Gilthanas a avait échoué a voler la clé de Quinari à Alhana et depuis il guettait une occasion de la dérober au groupe mené par Renwood.
- Vous savez-tout, confia Gilthanas, mais désormais Dargent est en grand danger. Gellidus se doute déjà que quelque chose m’est arrivé.
- Nous vous aiderons majesté, promit Garlick sous le regard incrédule de Gorlaug.
- Comment comptes-tu vaincre une bête comme celle là sans dragonlance ? interrogea le minotaure.
- On va en fabriquer, répondit calmement Garlick.
- C'est-à-dire ?
- Gilthanas, toi et moi nous rendons à la vallée de brume de Sancrist, nous creusons un tunnel dans la montagne et nous puisons le métal draconique à la source.
- Je ne pensais pas dire ça, mais ça peut marcher.
- En route compagnons, dit Gilthanas avec enthousiasme.
***
A dos de griffons depuis plusieurs jours, les compères faisaient route vers l’ouest. Aux dernières lueurs du jour, ils aperçurent une immense silhouette draconique sculptée à même la montagne. Gilthanas se rappela les vers du barde elfe Quevalin :
Par delà les mers et les vents,
Au cœur de la pierre, hors du temps,
S’écoule dans les veines de la terre,
Le sang dragon d’argent.
Les compagnons se posèrent dans la montagne. A l’abri des regards des forces Nérakiennes basées aux pieds du dragon de pierre, à renfort puissants sortilèges, ils commencèrent leur besogne.
***
Il faisait nuit noire lorsque Renwood, Croak, Profiel, Garynne et Rhys arrivèrent sur une plage au nord est du Nordmaar. Pour purifier la larme de Mishakhak pervertie par les Nérakiens, les aventuriers avaient dû cherché et trouvé la Fontaine du Renouveau ; la source magique située à l’ouest du Nordmaar était défendue par Morhlex le Noir, connu des humain sous le nom de Poix. En échange de leur aide à déjouer un complot mené par sa propre armée de draconien, le dragon avait été précisemnt révélé au groupe où se trouvait le cimetière draconique. Mieux, il avait dit vrai.
- En théorie, l’entrée est ici, dit Renwood.
Sous le regard de ses compagnons, il posa un genou au sol afin de tirer la boite à musique de son paquetage. Lentement il ouvrit le boîtier, la mélodie magique monta lentement. Lorsque la dernière note retentit, un énorme portail de lumière pure apparut à la surface de l’eau. Haut de dix mètres, ce dernier était couvert de rûnes et donnait à la mer des reflets extraordinaires.
- Incroyable ! Profiel s’approcha afin d’ouvrir la route. De l’eau jusqu’aux cuisses, il posa sa main sur le portail qui crépita. Aïe ! Il est brulant… Il y a fort a parié que seul le porteur des larmes peu passer sans encombre.
- Sois prudents dit Croak en tapant dans le dos de Renwood.
- Notre destin est entre tes mains, compéta Rhys sous le regard approbateur de la jeune Gayrinne.
Après une respiration, le prêtre se saisit des deux gemmes et traversa le portail.
***
A l’intérieur Renwood découvrit à sa grande surprise, un chemin de terre qui lézardait entre les saules. Il avait les pieds secs mais suait à grosse goutte. Comme appelé par une voix spectrale, il avança lentement. Après quelques minutes de marche, le demi-elfe gagna la rive d’un lac argenté. Là il découvrit une barque d’or. Ecoutant la voix qui l’appelait, il monta et s’installa à bord. Aussitôt l’embarcation se mit en mouvement et Renwood et se laissa porter durant de longues heures avant d’arriver sur une petite île. Au sommet de cette dernière, il distingua une chapelle. A demi conscient le prêtre subissait plus qu’il n’agissait. La magie du lieu était forte, il ne pouvait rien faire d’autre que d’écouter la voix. Il abandonna la barque enchantée et se dirigea vers la chapelle. L’endroit était simple mais baigné d’une lueur bleue qui donnait à l’instant une dimension intemporelle. Sur un autel reposait intact le corps inerte de la reine elfe Quinari première barde draconique. D’une beauté rare, elle portait une robe blanche immaculée et tenait entre ses mains un épais volume. Semblant quitter le corps de Quinari un esprit se leva et s’adressa en elfe ancien à Renwood. Interdit ce dernier était spectateur d’une scène qu’il semblait contempler depuis les yeux d’un autre.
- Salutations grand Renwood. Je suis la reine Quinari, comme toi, je sers Eli , le draco-paladin.
- Je vous salue majesté, c’est un honneur pour moi de me tenir devant vous. Je suis porteur des larmes de Mishakal et je viens restaurer le pont des âmes vers le dôme de la création. Comment dois-je m’y prendre ?
- Place simplement les gemmes entre les mains de ma dépouille. Je ferai le reste.
- Bien majesté.
Renwood s’exécuta. Lentement il se saisit de la main droite de Quinari. A sa surprise, elle n’était pas froide. Il y plaça une des gemmes avant de répéter son action avec la main gauche.
- Tes amis et toi venez de sauver le monde, Renwood Esalis. Prends le livre que je tenais et retourne t’en sur Krynn. J’ai écrit moi-même chacune de ses pages, elle recèle des sortilèges majeurs et tout ce que je sais des dragons. Il se nomme le draconomicom et m’a été dicté par Eli.
***
Porteur du précieux ouvrage, Renwood passa le portail. Tout retourné par la rencontre qu’il venait de vivre, il avança vers ses amis d’un pas lent. A son grand soulagement tous l’avaient attendus tout ce temps.
- T’es déjà retour ? questionna Rhys incrédule.
- Rejoignons Valthonis et finissons-en avec Gellidus, répondit Renwood.
- Le temps ne s’écoule pas partout de la même manière, conclut Profiel.
Gayrinne ne mit pas longtemps à se reprendre, s’il existait une chance de revoir son père, aucune hésitation n’était permise. Elle se saisit de son épée et rejoint le messager qui la gratifia d’un regard moqueur. Gayrinne comprit la futilité de prendre son arme mais préféra la garder ; car comme disait son père : si ça peut saigner, ça peut mourir.
- Menez- moi au maître, je vous prie.
- Bien ma dame, il s’inclina simplement. Si vous voulez me suivre.
Le diablotin guida la jeune humaine à travers les couloirs de la tour et après seulement une minute, il s’arrêta.
- Déjà ? interrogea Gayrinne.
- Oui.
- Mais il n’y a rien ici !
- Vous êtes à Wayreth, ne vous fiez pas à vos yeux. Ils vous perdraient.
A ces mots, le guide, prononça un mot de commande et révéla une porte jusque là restée invisible.
- Entrez sans frapper, le maître vous attend. Incrédule Gayrinne, poussa la lourde porte de chêne et ne remarqua la disparition soudaine de son guide.
Le bureau de Profion était vaste et richement décoré. Ses murs étaient couverts de livres à la reliure ancienne et chaque objet semblait avoir une histoire à raconter. Un vitrail laissait passer la lumière de Solinari dont les reflets argentés accentuaient l’étrange atmosphère de l’endroit. Profion se tenait au milieu de la pièce, sourire affable et regard perçant, le mage aux longs cheveux blancs et à la peau diaphane accueillit son hôte les bras ouverts.
- Merci d’être venue belle enfant.
- Vous pouvez-ramener mon père à la vie ? demanda-t-elle.
- Moi ? Non. Mais toi, tu peux l’empêcher de mourir, la tutoya-t-il.
- Je ne comprends pas.
- Assieds, dis l’archimage en prenant place sur son imposant siège de bureau. Je vais t’expliquer. Il se saisit du livre dérobé à Palanthas, attendis que Gayrinnes soit assise et commença à lire.
- 9ème jour du mois de martel, Année 422, Gaylor Forgefeu traverse le village de Gleen au sud du Nordmaar à la recherche de ses amis basé à Wulfgar. Il passe la nuit chez la famille Norkaris. Durant la nuit les bienaimés de Mina attaque le village et tuent tous les habitants à l’exception de la petite Gayrinne Norkaris confiée par son père à Gaylor Forgefeu qui prend la fuite. Gaylor et l’enfant se cachent des jours dans la forêt, puis joignent le bastion de Wulfgar où se déroulent les obsèques de Renwood. Gaylor renie les dieux, abandonne ses amis, prétend se rendre à Palanthas mais s’arrête à Calaman où il prend le nom de Ron Caledan. Il élève la jeune Gayrinne. Il meurt dans sa taverne le 15ème jour du mois de Martel 433 en protégeant celle qui répond désormais au nom de Gayrinne Forgefeu.
- Qu’est-ce que ce livre ?
- Il a été rédigé par les gardiens de l’histoire de Krynn. Rien n’échappe à l’œil de Giléan et des ses Esthètes.
- Où voulez-vous en venir ? dit Gayrinne toute chamboulée.
- Parle-moi de ce qu’il s’est passé ensuite.
- Je suis allée m’enfermer dans ma chambre et j’ai prié. Les draconiens allaient défoncer ma porte quand le plafond de ma chambre craqua sous les coups d’Orion qui vint me sauver. Nous nous sommes enfuis par les toits et nous avons vus la ville brulée par les draconiens dirigés emmenés par le prince Elfe Gilthanas. Le lendemain Gellidus détruisit tout ce qu’il restait de Calaman.
- C’est là que périrent Gorlaug et Garlick. Ils venaient en espérant vous sauver tous les deux.
- Gorlaug et Garlick ? demanda Gayrinne désormais en larme.
- Ils étaient les amis de ton père.
- Je sais Orion m’a tout expliqué. Mais je ne comprends toujours pas comment sauver mon père.
- C’est très simple, tout ceci est arrivé parce que Gellidus a pu créer une armée de draconiens. Il n’a acquit cette puissance que récemment, en 422. Si Gel est devenu si énorme, il le doit grâce aux centaines de crânes de dragons qu’il a volés cette année là. Les amis de ton père ont échoué dans une quête qui devait le mener jusqu’au cimetière draconique au nord ouest du Nordmaar à quelques heures de la ville Solamnique de Wulfgar. Cette nuit la ils perdirent le révéré fils de Paladine Renwood Esalis, sans lui impossible de vaincre Gel. Si Renwood avait survécu ce soir là, la face du monde serait différente.
- Certes, mais si mon père m’a apprit quelques choses, c’est que le passé c’est le passé et qu’il faut vivre avec.
- Ou pas.
- Que voulez-vous dire ?
- Le livre précise la date exacte de la mort de Renwood. Je propose de t’envoyer dans le passé juste avant qu’il ne soit tué par une certaine Mina. Préviens-le. Remets-lui ce parchemin d’explication que j’ai rédigé ainsi que le livre.
- Vous êtes sérieux là ?
- On ne peut plus.
- Pourquoi moi ?
- Parce que je suis certain que tu feras tout pour revoir ton père, sourit le mage.
- Pourquoi ne pas le faire vous-même, maître Profion ?
Il plissa les yeux avant de répondre simplement :
- Je suis le gardien de Wayreth. Je ne dois pas quitter cette époque.
- Pourquoi ne dois-je en parler personne ? demanda Gayrinne prise de doute.
- J’enfreins les règles de la magie en t’envoyant dans la passé avec toutes ces informations. Personne ici ne me laisserait faire. Nuitari est ne sanction haute, il faut agir, que décides-tu ?
Gayrinne plongea son regard gris dans celui du mage.
- Je reverrais mon père ?
- Oui.
- Alors je le ferais. Je vous fais confiance Profion Décimus.
- Je te fais confiance plus encore, dit le mage en lui remettant le livre et le parchemin.
Profion récita la formule et sentit aussitôt l’extase de la magie parcourir son corps et son esprit. Du bout des doigts, il décrit ensuite un cercle de la taille d’une porte. Il répandit de la poudre de diamant sur Gayrinne et frappa le sol de son pied. A cet instant apparu un portail magique. A l’intérieur, Gayrinne aperçut le château de Wulgar.
Consummé par la magie Profion haleta :
- Sauve Renwood et tu reverras ton père, ordonna Profion.
Gayrinne prit sa respiration et traversa le portail.
Sauve nous tous, songea le mage en s’effondrant inconscient.
4
A Wulfgar.
L’humidité dans l’air était telle que les compagnons suaient à grosse gouttes sous leurs équipements. Trois soirs plus tôt, ils avaient pactisé avec un étonnant dragon noir surnommé Poix qui régnait sur une bande de draconiens dans un vaste marais situé à l’ouest de Kern. D’après les informations recueillies par Rhys dans la bibliothèque de Flotsam, la fontaine du renouveau devait s’y trouver et, grâce à elle, ils espéraient restaurer la larme de Mishakal pervertie. Partis en éclaireurs, Croak, Rhys et Profiel avaient découvert que le dragon était le gardien de la fontaine et que les draconiens envisageaient de tuer leur maître. Persuadés que c’était impossible, les trois acolytes persuadèrent le reste du groupe d’infiltrer les lignes ennemies sous l’apparence de draconiens afin de prévenir le dragon. Gorlaug trouva le plan si stupide qu’il décidait rester en retrait « au cas où ». Raillé par Rhys, le minotaure lui répondit que c’est ainsi que l’on restait en vie. Renwood et Garlick validèrent l’idée et ce fut le prêtre qui prévint Poix en langue draconique. Le dragon reconnaissant leur permis d’accéder à la fontaine et leur livra même que le cimetière draconique se trouvait en bord de mer, cinq jours à l’ouest de Wulfgar. Le chemin jusque à la cité Solamnique fut bercé par les rires des compagnons qui ne cessèrent de se de moquer leur ami cornu.
- La nuit tombe, dit Croak.
- Gorlaug, tu ne protèges pas ta tête ? demanda Rhys qui ne le lâchait pas.
- Non, pourquoi ?
- Croak l’a dit, la nuit tombe, fais attention, c’est très très dangereux ça, on sait jamais. Tu devrais avancer sous ton cheval au cas où, se moqua Rhys.
Croak et Renwood étaient hilares.
- Sérieux les gars, vous êtes graves ! répondit le minotaure qui masquait son envie de rire, je n’ai même pas de cheval. Hihihi !
- Tu as vraiment le rire le plus stupide de tous les temps s’esclaffa Garlick. Hihi, reprit-il à l’unisson de Croak qui célébra le tout d’un un vent aussi sonore que malodorant.
- Par les lunes que vous êtes sots, conclut Profiel en s’essuyant le bord des yeux.
- Bon on est proche de Wulfgar encore une petite heure, dit Renwood.
Soudain Rhys banda son arc.
- Cavalier droit devant, dit le demi-elfe.
- Je ne vois, rien dit le minotaure.
- Préparez vos défenses ordonna, l’assassin-mage, sans cesser de viser.
Le cavalier arriva à hauteur du groupe dans un nuage de poussière.
- C’est une gosse lâcha le minotaure en découvrant une toute jeune femme aux boucles rousses.
- Vous cherchez le cimetière des dragons, je suppose ? lâcha-t-elle à la surprise de tous. Je suis Gayrinne Forgefeu, la fille du Gaylor et j’ai un message pour Renwood.
- C’est juste, mais Gaylor n’a pas de fille, se méfia le prêtre.
La jeune femme tira sur son chemisier dévoilant ainsi un marteau de guerre tatoué au dessus de son sein gauche.
- La marque de ma guilde souffla le minotaure.
- En 435 il en avait une. Je viens du futur et j’ai un message pour Renwood. Si vous passez la nuit à Wulfgar, vous serez tué par une dénommée Mina messire ! J’ai une lettre et un livre pour vous.
Profiel et Garlick qui lisaient les pensées de la nouvelle venue depuis le début devinrent blêmes. Ils échangèrent un regard entendu.
- Elle dit vrai, dit Profiel.
- Il ne faut pas rester là, compléta Garlick.
***
Quelques heures à l’est de Wulfgar.
Gayrinne endormie, à l’abri dans la maisonnette créée par Profiel, Croak, Renwood, Rhys échangeait sur la suite des évènements. Le livre et la lettre était au cœur du sujet.
- Ce livre fait partie de l’Iconochronos, dit Renwood. Je reconnais la signature de Bertrem. Astinus de Palanthas disposait d’un objet magique qui lui permettait de rédiger des qui livres détaillent les moments de vie qui ont marqué Krynn. Leur rédaction avait cessé depuis la guerre du Chaos et le départ d’Astinus.
- Serait-ce un faux ? demanda Croak.
- Je parie plutôt sur le fait que quelqu’un, ait offert aux Esthètes de Giléan un objet permettant de reprendre la rédaction de tels ouvrages.
- Avec le sort trouvé dans les abysses, mon père en est désormais capable, acquiesça Profiel.
Renwood prit la lettre et la relu à voix haute :
« … Restez en vie, n’abandonnez pas. Si vous m’amenez cette lettre à Wayreth, je vous aiderai sans doute à combattre le dragon. S’il n’est pas détruit, nous mourrons tous ; et vous avant moi.
Puissiez-vous me donner raison d’avoir fait voyager cette enfant à travers la rivière du temps.
Bien à vous, votre ami Profion. »
- Il faut bien que je me rende à l’évidence, Profion m’a sauvé la vie. Puis il posa son regard bienveillant sur Gayrinne qui dormait depuis près d’une heure. Tu m’as sauvé la vie jeune Forgefeu.
- Et d’après le bouquin, la mienne aussi, ajouta Croak, sans elle je serais parti à la rencontre de Gaylor et je serais devenu une saloperie de mort vivant.
- Résultat, si nous tuons Gel, c’est toute l’Ansalonie qui lui sera redevable, dit Rhys.
- C’est vrai ça ! Je suis donc une vraie héroïne exagéra-t-elle, en souriant.
Voyant la jeune femme réveillée :
- Tu en ris mais c’est vrai Gayrinne, l’Ansalonie aura bientôt une dette d’honneur envers toi, dit Renwood.
- Si ça peut te rassurer Gayrinne, l’Iconochronos ne parle ni de moi, ni de Profiel, tempéra Rhys très sérieusement.
- Donc nous, on ne te doit rien, rit Profiel, qui provoqua les éclats de rires de tous.
- Vous êtes vraiment des kenders, fit Renwood, consterné.
- Les récits de mon père étaient donc vrai, dit Gayrinne.
- C'est-à-dire ? questionna Renwood.
- Vous êtes vraiment des gens à part, fit-elle en baillant.
- A part ? interrogea Croak.
- Oui et je suis content que vous soyez mes tontons, murmura-t-elle en se rendormant.
Sous le charme, les héros regardèrent la petite Gayrinne avec tendresse.
- Quel courage ! Cette petite est du bois dont on fait les héros. Sa réaction est étonnante, dit Renwood, elle voyage treize ans dans temps, elle abandonne tout et elle s’endort tout tranquillement.
- Tu aimes les réactions étonnantes, questionna Rhys ?
- Ba attends de voir celle de Gaylor quand il va la rencontrer, rit Profiel, imité par Rhys et Croak.
- Vous êtes pire que des kenders, dit le clerc.
Puis pensif, le prêtre leur dit :
- J’espère quand même Gorlaug et Garlick n’ont pas de mal a maîtriser Gilthanas et qu’ils vont apprendre pourquoi il sert le dragon.
- T’inquiète pas pour eux, avec une escorte comme celle là, le prince elfe va sans doute filer doux, conclut le demi ogre. De toute façon on sait ce que l’on a faire. Direction le cimetière draconique. Quand ce sera fait…
- Il conviendra débarrasser le monde Gellidus, dit Profiel. Nous aurons alors besoin de Profion.
***
Le cercle de chevalerie de Wulfgar était en effervescence. Le maître des lieux, Liam Earling recevaient des hautes personnalités. Tôt dans l’après midi, il avait eu la visite surprise du prince qualinesti Gilthanas Kanan tout droit arrivé de Sancrist. Et voici qu’on lui annonçait celle du maître de la robe blanche, Garlick Antillost accompagné de Gorlaug Bras d’argent. Un banquet fut organisé. Durant le repas Gilthanas avait livré une information capitale : les chevaliers Solamniques d’Ergoth envisageaient de reprendre Palanthas par la mer. Le prince était le dernier héro de la lance et jouissait comme sa compagne le dragon Dargent d’une haute popularité dans les rangs des chevaliers.
- Les hommes du Château Uth Wistan auront besoins de vos forces Seigneur Earling. Pourront-t-ils compter sur vous ? demanda Gilthanas.
- Sur le principe ? Dès demain, mais, il faudra en parler avec le seigneur Linwood de Sanction. Nous ne pouvons déstabiliser la région ainsi sans l’informer au préalable.
- Je m’en chargerais, proposa Garlick.
- Vous nous ferez gagner un temps précieux, dit Gilthanas.
- Une belle nouvelle pour le peuple de Solamnie, merci archimage déclara Garlick.
- Nous n’en avons pas encore parlé, mais que faites vous à Wulfgar ? demanda Liam à Garlick et Gorlaug.
- Nous cherchons le cimetière des dragons, lâcha Gorlaug.
- Rien que ça ! dit Liam.
- La mission est extrêmement importante, nous cherchons à réparer le pont des âmes vers le dôme de la création, précisa Garlick.
- Je sais où il se trouve, intervint. Dargent m’y a déjà mené, mais vous n’entrerez pas sans la barde draconique.
- Qui est la barde draconique ? demanda Garlick.
- Traditionnellement, ce rôle est dévolu à une elfe silvanesti de sang royal. Seul son chant pouvait ouvrir la porte dimensionnelle.
- Pouvait ? demanda le minotaure.
- Oui, la dernière a été tuée lors de la guerre du Chaos. Depuis nul ici bas ne peut plus conduire les âmes vers le dôme de la création, fit Gilthanas.
- Nous connaissons la mélodie qui ouvrira les portes, dit Garlick. Nous avons la clé de Quinari.
- Ah oui ? Comment vous l’êtes vous procurée ?
- Elle était portée par la reine Alhana d’Astrevent. Elle nous l’a confiée car elle craignait pour sa vie.
- Dargent serait ravie de se recueillir sur la tombe de sa sœur. Accepteriez-vous que je vous accompagne ? interrogea le prince elfe.
- Bien sur, dit Garlick. Nous partons sur l’heure, car nous devons rejoindre nos alliés un peu plus au nord.
***
Les trois compères quittèrent Wulfgar peu après. Ils n’avaient fait que quelques pas lorsque Gorlaug assomma le prince elfe. Une fouille précise révéla de nombreux objets magiques. Celui qui attira l’attention de Garlick était une écaille de dragon blanc que Gilthanas portait en pendentif sous sa tunique.
- Le dragon le contrôle grâce à ça, dit le mage.
- Il faut la détruire, fit le minotaure.
- Pas le temps, dit Garlick. Je souhaite que cette écaille de dragon blanc soit enfouie sous vingt mètres de terre. Parcouru par la magie, le sorcier trembla quelques instants tandis que le souhait mineur accomplissait son office.
- T’as une belle vie toi hein ? commenta Gorlaug. Je souhaite ! C’est pas guerrier que j’aurai du faire moi.
- Il faut l’attacher, dit Garlick.
- Je souhaite qu’il le soit, répondit le minotaure en gloussant.
***
Au même moment, à trois jours de là, la population de Gleen subissait l’attaque d’une armée de bienaimés. Echappant au massacre, Gaylor Forgefeu prenait la fuite avec une enfant dans ses bras.
-
eres
- Dragon d'argent
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- Classe : ?
- Alignement : ?
- Dieu :
Re: Roman Dragonlance (fanfiction)
***
Haut dans les airs, Darion et le dragon se rendaient coup pour coup quand ce dernier parvint à planter ses griffes dans le flanc droit du griffon. Vicieux le rouge trancha au passage la sangle qui maintenait l’harnachement du cavalier. Darion n’eut pas le temps de se sentir glisser qu’il tombait déjà. Le dragon jubilait, le paladin, en pleine chute se savait condamné.
- Tu ne mourras pas, résonna une voix inconnue dans la tête de Darion.
- Kiri Jolith ?
- Non, ce n’est pas mon nom. C’est bien le « grand bison » qui nous lie l’un à l’autre. Tu ne mourras pas.
Fendant l’air comme un trait de flèche le griffon piqua sur le paladin et l’agrippa dans ses serres avant qu’il ne touche le sol. Il le déposa :
- Remonte et ne tombe plus. Nous avons un dragon à tuer et des amis à défendre.
Reconnaissait envers son dieu et son nouveau partenaire, Darion caressa le bec de l’animal qu’il soigna intégralement d’un simple contact.
- Désormais nous ne faisons qu’un. Pense dans ma tête, lui dit l’animal.
Faisait corps avec le griffon, Darion remonta. Le dragon qui avait suivi la scène incrédule, amorça sa descente et souffla. Brandissant Rédemption les mains jointes, un champ de protection lumineux apparu juste à temps pour dévier le souffle. Le dragon était furieux. A nouveaux au contact, Darion anticipait les offensives de son adversaire et esquivaient avec aisance.
- Passe sous son ventre, je vais l’éventrer ordonna le paladin.
- Tu crois vraiment pouvoir faire ça ?
Tandis que le griffon chargeait le dragon, Darion s’apprêtait à porter la plus violente attaque qu’un paladin puisse asséner : le châtiment du mal.
Le dragon fonçait vers eux gueule en avant décider à arracher la tête du griffon. Au moment de l’impact, le griffon plongea sous la bête, offrant à son cavalier l’occasion de placer son attaque.
- Au nom de ma foi, par Kiri-Jolith, je te châtie. Retourne dans l’ombre Rossom Draconis !
La charge divine libérée le tranchant de l’épée fut si dévastatrice que l’abdomen du dragon se déchira sur toute sa longueur. Vidé de ses entrailles, le rouge s’écrasa dans un bruit sourd.
***
Face à Thorin et son marteau devenu lumineux, le dragon hésitait. Quand il vit son frère s’écraser une centaine de mètre plus loin, fou de douleur, il chargea sans discernement.
- Taurus Harma, dit le marteau dans la tête de Thorin.
- Force du Taureau, répéta Thorin.
Ses bras gonflèrent, décuplant sa force. Entre ses mains le marteau ne pesait plus rien. Thorin était désormais fort comme quatre hommes.
Quand le dragon fut au contact, le guerrier frappa. D’un coup précis, il brisa la mâchoire du rouge, puis il lui enfonça le crâne à deux reprises.
- Je t’avais prévenu, fit le nain. Le marteau de pouvoir s’éteint alors.
5
La vérité de Gilthanas. Le cimetière draconique.
Libéré de l’emprise du dragon, Gilthanas avait livré les raisons de sa trahison. Le grand ver retenait Dargent en otage et menaçait de la tuer si le prince elfe refusait de le servir. Les intentions de Gellidus étaient claires : voler les cranes dans le cimetière draconique, faire grossir son totem et devenir plus puissant qu’aucune créature de Krynn ne le fut jamais. Gilthanas a avait échoué a voler la clé de Quinari à Alhana et depuis il guettait une occasion de la dérober au groupe mené par Renwood.
- Vous savez-tout, confia Gilthanas, mais désormais Dargent est en grand danger. Gellidus se doute déjà que quelque chose m’est arrivé.
- Nous vous aiderons majesté, promit Garlick sous le regard incrédule de Gorlaug.
- Comment comptes-tu vaincre une bête comme celle là sans dragonlance ? interrogea le minotaure.
- On va en fabriquer, répondit calmement Garlick.
- C'est-à-dire ?
- Gilthanas, toi et moi nous rendons à la vallée de brume de Sancrist, nous creusons un tunnel dans la montagne et nous puisons le métal draconique à la source.
- Je ne pensais pas dire ça, mais ça peut marcher.
- En route compagnons, dit Gilthanas avec enthousiasme.
***
A dos de griffons depuis plusieurs jours, les compères faisaient route vers l’ouest. Aux dernières lueurs du jour, ils aperçurent une immense silhouette draconique sculptée à même la montagne. Gilthanas se rappela les vers du barde elfe Quevalin :
Par delà les mers et les vents,
Au cœur de la pierre, hors du temps,
S’écoule dans les veines de la terre,
Le sang dragon d’argent.
Les compagnons se posèrent dans la montagne. A l’abri des regards des forces Nérakiennes basées aux pieds du dragon de pierre, à renfort puissants sortilèges, ils commencèrent leur besogne.
***
Il faisait nuit noire lorsque Renwood, Croak, Profiel, Garynne et Rhys arrivèrent sur une plage au nord est du Nordmaar. Pour purifier la larme de Mishakhak pervertie par les Nérakiens, les aventuriers avaient dû cherché et trouvé la Fontaine du Renouveau ; la source magique située à l’ouest du Nordmaar était défendue par Morhlex le Noir, connu des humain sous le nom de Poix. En échange de leur aide à déjouer un complot mené par sa propre armée de draconien, le dragon avait été précisemnt révélé au groupe où se trouvait le cimetière draconique. Mieux, il avait dit vrai.
- En théorie, l’entrée est ici, dit Renwood.
Sous le regard de ses compagnons, il posa un genou au sol afin de tirer la boite à musique de son paquetage. Lentement il ouvrit le boîtier, la mélodie magique monta lentement. Lorsque la dernière note retentit, un énorme portail de lumière pure apparut à la surface de l’eau. Haut de dix mètres, ce dernier était couvert de rûnes et donnait à la mer des reflets extraordinaires.
- Incroyable ! Profiel s’approcha afin d’ouvrir la route. De l’eau jusqu’aux cuisses, il posa sa main sur le portail qui crépita. Aïe ! Il est brulant… Il y a fort a parié que seul le porteur des larmes peu passer sans encombre.
- Sois prudents dit Croak en tapant dans le dos de Renwood.
- Notre destin est entre tes mains, compéta Rhys sous le regard approbateur de la jeune Gayrinne.
Après une respiration, le prêtre se saisit des deux gemmes et traversa le portail.
***
A l’intérieur Renwood découvrit à sa grande surprise, un chemin de terre qui lézardait entre les saules. Il avait les pieds secs mais suait à grosse goutte. Comme appelé par une voix spectrale, il avança lentement. Après quelques minutes de marche, le demi-elfe gagna la rive d’un lac argenté. Là il découvrit une barque d’or. Ecoutant la voix qui l’appelait, il monta et s’installa à bord. Aussitôt l’embarcation se mit en mouvement et Renwood et se laissa porter durant de longues heures avant d’arriver sur une petite île. Au sommet de cette dernière, il distingua une chapelle. A demi conscient le prêtre subissait plus qu’il n’agissait. La magie du lieu était forte, il ne pouvait rien faire d’autre que d’écouter la voix. Il abandonna la barque enchantée et se dirigea vers la chapelle. L’endroit était simple mais baigné d’une lueur bleue qui donnait à l’instant une dimension intemporelle. Sur un autel reposait intact le corps inerte de la reine elfe Quinari première barde draconique. D’une beauté rare, elle portait une robe blanche immaculée et tenait entre ses mains un épais volume. Semblant quitter le corps de Quinari un esprit se leva et s’adressa en elfe ancien à Renwood. Interdit ce dernier était spectateur d’une scène qu’il semblait contempler depuis les yeux d’un autre.
- Salutations grand Renwood. Je suis la reine Quinari, comme toi, je sers Eli , le draco-paladin.
- Je vous salue majesté, c’est un honneur pour moi de me tenir devant vous. Je suis porteur des larmes de Mishakal et je viens restaurer le pont des âmes vers le dôme de la création. Comment dois-je m’y prendre ?
- Place simplement les gemmes entre les mains de ma dépouille. Je ferai le reste.
- Bien majesté.
Renwood s’exécuta. Lentement il se saisit de la main droite de Quinari. A sa surprise, elle n’était pas froide. Il y plaça une des gemmes avant de répéter son action avec la main gauche.
- Tes amis et toi venez de sauver le monde, Renwood Esalis. Prends le livre que je tenais et retourne t’en sur Krynn. J’ai écrit moi-même chacune de ses pages, elle recèle des sortilèges majeurs et tout ce que je sais des dragons. Il se nomme le draconomicom et m’a été dicté par Eli.
***
Porteur du précieux ouvrage, Renwood passa le portail. Tout retourné par la rencontre qu’il venait de vivre, il avança vers ses amis d’un pas lent. A son grand soulagement tous l’avaient attendus tout ce temps.
- T’es déjà retour ? questionna Rhys incrédule.
- Rejoignons Valthonis et finissons-en avec Gellidus, répondit Renwood.
- Le temps ne s’écoule pas partout de la même manière, conclut Profiel.
Haut dans les airs, Darion et le dragon se rendaient coup pour coup quand ce dernier parvint à planter ses griffes dans le flanc droit du griffon. Vicieux le rouge trancha au passage la sangle qui maintenait l’harnachement du cavalier. Darion n’eut pas le temps de se sentir glisser qu’il tombait déjà. Le dragon jubilait, le paladin, en pleine chute se savait condamné.
- Tu ne mourras pas, résonna une voix inconnue dans la tête de Darion.
- Kiri Jolith ?
- Non, ce n’est pas mon nom. C’est bien le « grand bison » qui nous lie l’un à l’autre. Tu ne mourras pas.
Fendant l’air comme un trait de flèche le griffon piqua sur le paladin et l’agrippa dans ses serres avant qu’il ne touche le sol. Il le déposa :
- Remonte et ne tombe plus. Nous avons un dragon à tuer et des amis à défendre.
Reconnaissait envers son dieu et son nouveau partenaire, Darion caressa le bec de l’animal qu’il soigna intégralement d’un simple contact.
- Désormais nous ne faisons qu’un. Pense dans ma tête, lui dit l’animal.
Faisait corps avec le griffon, Darion remonta. Le dragon qui avait suivi la scène incrédule, amorça sa descente et souffla. Brandissant Rédemption les mains jointes, un champ de protection lumineux apparu juste à temps pour dévier le souffle. Le dragon était furieux. A nouveaux au contact, Darion anticipait les offensives de son adversaire et esquivaient avec aisance.
- Passe sous son ventre, je vais l’éventrer ordonna le paladin.
- Tu crois vraiment pouvoir faire ça ?
Tandis que le griffon chargeait le dragon, Darion s’apprêtait à porter la plus violente attaque qu’un paladin puisse asséner : le châtiment du mal.
Le dragon fonçait vers eux gueule en avant décider à arracher la tête du griffon. Au moment de l’impact, le griffon plongea sous la bête, offrant à son cavalier l’occasion de placer son attaque.
- Au nom de ma foi, par Kiri-Jolith, je te châtie. Retourne dans l’ombre Rossom Draconis !
La charge divine libérée le tranchant de l’épée fut si dévastatrice que l’abdomen du dragon se déchira sur toute sa longueur. Vidé de ses entrailles, le rouge s’écrasa dans un bruit sourd.
***
Face à Thorin et son marteau devenu lumineux, le dragon hésitait. Quand il vit son frère s’écraser une centaine de mètre plus loin, fou de douleur, il chargea sans discernement.
- Taurus Harma, dit le marteau dans la tête de Thorin.
- Force du Taureau, répéta Thorin.
Ses bras gonflèrent, décuplant sa force. Entre ses mains le marteau ne pesait plus rien. Thorin était désormais fort comme quatre hommes.
Quand le dragon fut au contact, le guerrier frappa. D’un coup précis, il brisa la mâchoire du rouge, puis il lui enfonça le crâne à deux reprises.
- Je t’avais prévenu, fit le nain. Le marteau de pouvoir s’éteint alors.
5
La vérité de Gilthanas. Le cimetière draconique.
Libéré de l’emprise du dragon, Gilthanas avait livré les raisons de sa trahison. Le grand ver retenait Dargent en otage et menaçait de la tuer si le prince elfe refusait de le servir. Les intentions de Gellidus étaient claires : voler les cranes dans le cimetière draconique, faire grossir son totem et devenir plus puissant qu’aucune créature de Krynn ne le fut jamais. Gilthanas a avait échoué a voler la clé de Quinari à Alhana et depuis il guettait une occasion de la dérober au groupe mené par Renwood.
- Vous savez-tout, confia Gilthanas, mais désormais Dargent est en grand danger. Gellidus se doute déjà que quelque chose m’est arrivé.
- Nous vous aiderons majesté, promit Garlick sous le regard incrédule de Gorlaug.
- Comment comptes-tu vaincre une bête comme celle là sans dragonlance ? interrogea le minotaure.
- On va en fabriquer, répondit calmement Garlick.
- C'est-à-dire ?
- Gilthanas, toi et moi nous rendons à la vallée de brume de Sancrist, nous creusons un tunnel dans la montagne et nous puisons le métal draconique à la source.
- Je ne pensais pas dire ça, mais ça peut marcher.
- En route compagnons, dit Gilthanas avec enthousiasme.
***
A dos de griffons depuis plusieurs jours, les compères faisaient route vers l’ouest. Aux dernières lueurs du jour, ils aperçurent une immense silhouette draconique sculptée à même la montagne. Gilthanas se rappela les vers du barde elfe Quevalin :
Par delà les mers et les vents,
Au cœur de la pierre, hors du temps,
S’écoule dans les veines de la terre,
Le sang dragon d’argent.
Les compagnons se posèrent dans la montagne. A l’abri des regards des forces Nérakiennes basées aux pieds du dragon de pierre, à renfort puissants sortilèges, ils commencèrent leur besogne.
***
Il faisait nuit noire lorsque Renwood, Croak, Profiel, Garynne et Rhys arrivèrent sur une plage au nord est du Nordmaar. Pour purifier la larme de Mishakhak pervertie par les Nérakiens, les aventuriers avaient dû cherché et trouvé la Fontaine du Renouveau ; la source magique située à l’ouest du Nordmaar était défendue par Morhlex le Noir, connu des humain sous le nom de Poix. En échange de leur aide à déjouer un complot mené par sa propre armée de draconien, le dragon avait été précisemnt révélé au groupe où se trouvait le cimetière draconique. Mieux, il avait dit vrai.
- En théorie, l’entrée est ici, dit Renwood.
Sous le regard de ses compagnons, il posa un genou au sol afin de tirer la boite à musique de son paquetage. Lentement il ouvrit le boîtier, la mélodie magique monta lentement. Lorsque la dernière note retentit, un énorme portail de lumière pure apparut à la surface de l’eau. Haut de dix mètres, ce dernier était couvert de rûnes et donnait à la mer des reflets extraordinaires.
- Incroyable ! Profiel s’approcha afin d’ouvrir la route. De l’eau jusqu’aux cuisses, il posa sa main sur le portail qui crépita. Aïe ! Il est brulant… Il y a fort a parié que seul le porteur des larmes peu passer sans encombre.
- Sois prudents dit Croak en tapant dans le dos de Renwood.
- Notre destin est entre tes mains, compéta Rhys sous le regard approbateur de la jeune Gayrinne.
Après une respiration, le prêtre se saisit des deux gemmes et traversa le portail.
***
A l’intérieur Renwood découvrit à sa grande surprise, un chemin de terre qui lézardait entre les saules. Il avait les pieds secs mais suait à grosse goutte. Comme appelé par une voix spectrale, il avança lentement. Après quelques minutes de marche, le demi-elfe gagna la rive d’un lac argenté. Là il découvrit une barque d’or. Ecoutant la voix qui l’appelait, il monta et s’installa à bord. Aussitôt l’embarcation se mit en mouvement et Renwood et se laissa porter durant de longues heures avant d’arriver sur une petite île. Au sommet de cette dernière, il distingua une chapelle. A demi conscient le prêtre subissait plus qu’il n’agissait. La magie du lieu était forte, il ne pouvait rien faire d’autre que d’écouter la voix. Il abandonna la barque enchantée et se dirigea vers la chapelle. L’endroit était simple mais baigné d’une lueur bleue qui donnait à l’instant une dimension intemporelle. Sur un autel reposait intact le corps inerte de la reine elfe Quinari première barde draconique. D’une beauté rare, elle portait une robe blanche immaculée et tenait entre ses mains un épais volume. Semblant quitter le corps de Quinari un esprit se leva et s’adressa en elfe ancien à Renwood. Interdit ce dernier était spectateur d’une scène qu’il semblait contempler depuis les yeux d’un autre.
- Salutations grand Renwood. Je suis la reine Quinari, comme toi, je sers Eli , le draco-paladin.
- Je vous salue majesté, c’est un honneur pour moi de me tenir devant vous. Je suis porteur des larmes de Mishakal et je viens restaurer le pont des âmes vers le dôme de la création. Comment dois-je m’y prendre ?
- Place simplement les gemmes entre les mains de ma dépouille. Je ferai le reste.
- Bien majesté.
Renwood s’exécuta. Lentement il se saisit de la main droite de Quinari. A sa surprise, elle n’était pas froide. Il y plaça une des gemmes avant de répéter son action avec la main gauche.
- Tes amis et toi venez de sauver le monde, Renwood Esalis. Prends le livre que je tenais et retourne t’en sur Krynn. J’ai écrit moi-même chacune de ses pages, elle recèle des sortilèges majeurs et tout ce que je sais des dragons. Il se nomme le draconomicom et m’a été dicté par Eli.
***
Porteur du précieux ouvrage, Renwood passa le portail. Tout retourné par la rencontre qu’il venait de vivre, il avança vers ses amis d’un pas lent. A son grand soulagement tous l’avaient attendus tout ce temps.
- T’es déjà retour ? questionna Rhys incrédule.
- Rejoignons Valthonis et finissons-en avec Gellidus, répondit Renwood.
- Le temps ne s’écoule pas partout de la même manière, conclut Profiel.


