Re: Les questions les plus inattendues
Publié : Mar 22 Mai 2012 14:17
Dernier message de la page précédente :
Le modèle tolkienien est effectivement le modèle qui s'est progressivement imposé au fil des éditions de TSR; culminant avec la 2e édition et son Complete Elves Handbook, où on nous explique textuellement que les elfes passent un certain temps sur terre avant de "mourir" et se rendre dans une contrée cachée (Arvanaith) atteignable pour les seuls elfes...Bon, a part qu'avec leurs 5 pieds de haut, les elfes D&D font un peu nabots à côté des elfes tolkieniens (Elu Thingol, le "plus grand de tous les enfants d'Illuvatar" devait bien dépasser les 2 mètres, soit dit en passant!).
Toutefois, nul MD n'est obligé de suivre ce modèle, et il n'était pas du tout prévalent aux origines.
Men & magic nous dit juste que
Question "fluff" comme disent les jeunes maintenant, le Suppl 1 nous précise juste queElves: Elves can begin as either Fighting-Men or Magic-Users and freely switch
class whenever they choose, from adventure to adventure, but not during the course of a single game. Thus, they gain the benefits of both classes and may use both weaponry and spells. They may use magic armor and still act as Magic-Users. However, they may not progress beyond 4th level Fighting-Man (Hero) nor 8th level Magic-User (Warlock). Elves are more able to note secret and hidden doors. They also gain the advantages noted in the CHAINMAIL rules when fighting certain fantastic creatures. Finally, Elves are able to speak the languages of Orcs,
Hobgoblins, and Gnolls in addition to their own (Elvish) and the other usual tongues.
. C'est tout.Elves are five or more feet in height, slim of build, weigh about 120 pounds, have tan to fair skin, and are also of various types (wood, high elves, meadow elves) (fairies), wood elves being the darkest.
Le Manuel du Joueur reste aussi assez muet sur les elfes en ce qui concerne leurs croyances, attitude, façon de voir, attitude envers l'humanité. Entre le MDJ d'AD&D et la 2e édition, la vision des elfes d'(A)D&D a été surtout modelée par les modules/romans (notamment Dragonlance) et certains suppléments comme Elves of Alfheim.
En revanche, il existe quelques sources illustrées, ou encore une mini-nouvelle dans la Strategic Review, qui nous présente des elfes plus proches du lutin du Père Noël que des terribles seigneurs-elfes de Tolkien.
Bien sûr, personne ne prend Gygax au sérieux quand il prétend mordicus que non, pas du tout, Tolkien n'a pas été une si grande influence que cela , d'ailleurs tenez! Il y a des minotaures dans AD&D; si c'est pas une preuve ça... On sait que le père Gygax avait une légère propension au révisionnisme (« Arneson? Qui ça? Ah, vous parlez du gars qui m'a dit un jour qu'il a avait fait quelques parties de mon jeu Chainmail en donnant un nom à ses personnages, c'est ça?! ») , toutefois, il existe avant 1974 d'autres sources littéraires qui peuvent servir d'inspiration The Broken Sword, notamment, date de 1954. La Fille du Roi des elfes de 1924.
Sans oublier les multiples récits légendaires ou ballades (Cf Tam Lin) où les elfes sont plus proches du « Fair Folk », on a donc suffisamment de matériau pour imaginer des elfes qui ne suivent pas le modèle usuel , sans que cela relève obligatoirement d’une forme de rejet adolescent de Tolkien comme pour un Moorcok ou un China Miéville, ni forcément pousser le trait au vitriol aussi fort que Terry Pratchett dans Lords & Ladies (on dirait un supplément TSR ce titre…).
Ceci permet aussi, à mon sens, de « des-humaniser » un peu plus les races demi-humaines, pour en faire quelque chose de plus proche de leurs originaux légendaires et d’y ré-inecter un peu de « surnaturel », que bientôt quarante ans de familiarité avec les tropes du JDR fantastique leur a fait parfois perdre un peu.
Pour les demi –elfes, pour moi, dans le modèle sus-cité, ils n’existeraient pas (j’ai mes origines dans le D&D BECMI, n’est-ce pas ?). Sinon, toujours en suivant le modèle de The Broken Sword, j’en ferais des humains enlevés à la naissance par les elfes et élevés par ces derniers : ils gagnent par cette éducation certaines capacités des elfes (le multiclassage, l’emploi de la magie), tout en gardant certaines de leurs potentialités humaines (l’accès aux classes de clerc, par exemple)…