Prélude
Modérateur : Eol
- Eol
- Dracoliche
- Messages : 2479
- Inscription : Mer 15 Nov 2023 23:04
- Localisation : Paris
- Version de D&D préférée : D&D5
- Univers de D&D préféré : DragonLance
- Race : Elfe
- Classe : Rôdeur
- Alignement : Neutre Bon
- Dieu : ?
Prélude
Prélude
Trois siècles après le Cataclysme, sept aventuriers se sont rencontrés à Solace et avaient l’habitude de passer du temps à l’Auberge du Dernier Refuge. Un nain, un demi-elfe, un kender et quatre humains. Ils se connaissaient bien, partageant secrets, conseils et complicité.
Certains ont grandi ensemble, d’autres se sont liés d’amitiés, mais une chose les animait tous : l’appel de l’Aventure !
Voici leur histoire.
FLINT

Tout commence avec Flint Forgefeu.
Flint est un nain des collines originaire des pentes sauvages de la chaîne des Kharolis. Plusieurs siècles plus tôt, son père s’était battu dans les guerres des Portes de Nains contre les nains des montagnes de Thorbardin. Les deux armées étaient simultanément oblitérées au cours de la dernière bataille et les nains des montagnes condamnaient à jamais les portes de Thorbardin. Les nains des collines, leur royaume anéanti, connaissaient un sort plus terrible encore : ils se retrouvaient fragmentés en clans minuscules.
Flint grandit dans la pauvreté de ces montagnes et y apprend l’art de travailler le métal. Atteignant l’âge adulte, il s’en va de par le monde pour y exercer son métier. Il imagine secrètement qu’il serait un jour à même de revenir, riche et puissant, pour réunifier les siens.
Flint finit par aboutir à Solace et, dans la mesure où cette toute petite bourgade se trouve à proximité des principales routes de commerce (et possède l’une des meilleures auberges du monde connu), y installe son nouveau foyer. Il entreprend de nombreux voyages alentour, car son art et son habileté sont très demandés. Il devient l’un des rares nains à être accepté comme visiteur dans le royaume elfique de Qualinesti.
Flint a toujours été très apprécié des enfants, et les enfants de race elfe ne font pas exception à cette règle. Le nain fabrique des jouets amusants et ingénieux. Un des jeunes garçons qui observe son travail est un demi-elfe du nom de Tanis, pupille de l’Oracle des Astres, qui veille aux destinées de Qualinesti. Flint se prend particulièrement d’amitié pour cet enfant, sentant en lui quelques-unes des qualités qu’il possède lui-même.
TANIS

Tanis a le sentiment de ne pas avoir sa place dans la société des elfes, en grande partie parce qu’il est à demi humain. Il ressent très nettement les différences qui existent entre lui et sa famille elfe, peut-être encore plus nettement que les elfes eux-mêmes. Son tourment intérieur augmente au fur et à mesure qu’il avance en âge. Il ne parvient plus à supporter cette situation quand Laurana, fille de l’Orateur des Astres, tombe amoureuse de lui, son ami d’enfance. Elle lui demande de l’épouser mais Tanis, conscient des ennuis que cela provoquerait, n’est pas sûr de ses propres sentiments envers Laurana. Pour cette raison, il décide de quitter Qualinesti et d’en apprendre plus sur son côté humain.
Il arrive à Solace pour rendre visite à son vieil ami Flint. Âgé de quatre-vingts ans, il n’est encore qu’un jeune individu selon les normes de la race des elfes. Flint l’accueille à bras ouverts car il manque de compagnie. Il emmène dans un de ses déplacements professionnels le jeune demi-elfe qui se montre fort utile pour tenir son livre de comptes, encaisser les créances passées et tenir le nain loin des tavernes. Tanis divertit souvent les riches clients avec des récits et des chansons elfiques. Les affaires reprennent et Flint fait rapidement de Tanis son associé.
Trois siècles après le Cataclysme, sept aventuriers se sont rencontrés à Solace et avaient l’habitude de passer du temps à l’Auberge du Dernier Refuge. Un nain, un demi-elfe, un kender et quatre humains. Ils se connaissaient bien, partageant secrets, conseils et complicité.
Certains ont grandi ensemble, d’autres se sont liés d’amitiés, mais une chose les animait tous : l’appel de l’Aventure !
Voici leur histoire.
FLINT

Tout commence avec Flint Forgefeu.
Flint est un nain des collines originaire des pentes sauvages de la chaîne des Kharolis. Plusieurs siècles plus tôt, son père s’était battu dans les guerres des Portes de Nains contre les nains des montagnes de Thorbardin. Les deux armées étaient simultanément oblitérées au cours de la dernière bataille et les nains des montagnes condamnaient à jamais les portes de Thorbardin. Les nains des collines, leur royaume anéanti, connaissaient un sort plus terrible encore : ils se retrouvaient fragmentés en clans minuscules.
Flint grandit dans la pauvreté de ces montagnes et y apprend l’art de travailler le métal. Atteignant l’âge adulte, il s’en va de par le monde pour y exercer son métier. Il imagine secrètement qu’il serait un jour à même de revenir, riche et puissant, pour réunifier les siens.
Flint finit par aboutir à Solace et, dans la mesure où cette toute petite bourgade se trouve à proximité des principales routes de commerce (et possède l’une des meilleures auberges du monde connu), y installe son nouveau foyer. Il entreprend de nombreux voyages alentour, car son art et son habileté sont très demandés. Il devient l’un des rares nains à être accepté comme visiteur dans le royaume elfique de Qualinesti.
Flint a toujours été très apprécié des enfants, et les enfants de race elfe ne font pas exception à cette règle. Le nain fabrique des jouets amusants et ingénieux. Un des jeunes garçons qui observe son travail est un demi-elfe du nom de Tanis, pupille de l’Oracle des Astres, qui veille aux destinées de Qualinesti. Flint se prend particulièrement d’amitié pour cet enfant, sentant en lui quelques-unes des qualités qu’il possède lui-même.
TANIS

Tanis a le sentiment de ne pas avoir sa place dans la société des elfes, en grande partie parce qu’il est à demi humain. Il ressent très nettement les différences qui existent entre lui et sa famille elfe, peut-être encore plus nettement que les elfes eux-mêmes. Son tourment intérieur augmente au fur et à mesure qu’il avance en âge. Il ne parvient plus à supporter cette situation quand Laurana, fille de l’Orateur des Astres, tombe amoureuse de lui, son ami d’enfance. Elle lui demande de l’épouser mais Tanis, conscient des ennuis que cela provoquerait, n’est pas sûr de ses propres sentiments envers Laurana. Pour cette raison, il décide de quitter Qualinesti et d’en apprendre plus sur son côté humain.
Il arrive à Solace pour rendre visite à son vieil ami Flint. Âgé de quatre-vingts ans, il n’est encore qu’un jeune individu selon les normes de la race des elfes. Flint l’accueille à bras ouverts car il manque de compagnie. Il emmène dans un de ses déplacements professionnels le jeune demi-elfe qui se montre fort utile pour tenir son livre de comptes, encaisser les créances passées et tenir le nain loin des tavernes. Tanis divertit souvent les riches clients avec des récits et des chansons elfiques. Les affaires reprennent et Flint fait rapidement de Tanis son associé.
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Re: Prélude
KITIARA
Coïncidant à peu près avec l’arrivée de Tanis à Solace, une jeune fille de treize ans quitte cette bourgade pour s’en aller chercher l’aventure. Cette brillante adolescente se nomme Kitiara.
Elle a pour père Gregor Uth Matar, un guerrier imposant à la beauté énigmatique, qui descend d’une noble famille du nord. Incapable de trouver la paix de l’âme en vivant dans son foyer, il avait erré loin de sa terre natale, louant son épée à quiconque acceptait d’en payer le prix demandé. Jamais son bonheur n'était plus grand que lorsqu’il combattait pour une cause ou une autre. « L’épée est puissance et l’épée est vérité », disait-il. Sa philosophie était peut-être responsable de sa mésentente avec les siens. Certains affirmaient (mais jamais devant lui) qu’il avait commis quelque terrible action qui avait contraint sa famille à le rejeter. Quelle qu’en ait été la raison, il était de notoriété publique qu’il n’était plus le bienvenu sur ses propres terres bien que, de temps à autre, il recevait de l’argent des siens.
Il jouait avec l’affection des femmes durant ses pérégrinations, jusqu’à ce qu’il ait le malheur de tomber éperdument et passionnément amoureux de Rosamun, une jeune femme, fragile et délicate. Il la persuadait de s’enfuir avec lui. La chose était facile, car elle était rêveuse, visionnaire et romantique. Le beau guerrier représentait tout ce dont elle n’a jamais rêvé. Gregor épousait Rosamun et ils s'installaient à Solace - où personne ne le connaissait - pour y vivre un certain temps sur les richesses qu’il avait amassées. Ils ont eu une fille, Kitiara.
Au fur et à mesure que sa fortune diminuait, le guerrier désertait fréquemment son foyer pour combattre au service de quiconque pouvait le payer. Il revenait de moins en moins souvent chez lui, car il savait que son épouse ne lui donnerait jamais un garçon. Son affection était réservée à sa fille. Gregor lui enseignait la vie d’un soldat - la seule qu’il connaissait - et l’entraînait à exceller dans les disciplines militaires.
À sept ans, Kitiara assiste à sa première bataille. Son père coupe les boucles de sa chevelure noire et la présente comme son fils. L’adresse de Kitiara, même à un âge aussi jeune, lui vaut les louanges des guerriers plus vieux et expérimentés. Elle adore la vie des campements. Le spectacle de la bataille l’exalte. Le père fait comprendre trois choses à son jeune enfant : ne pas faire de quartier au combat, vaincre à tout prix et la puissance est l’unique vérité en ce bas-monde.
Son père décide un beau jour de quitter sa femme et sa famille, car la soif de bataille et d’aventure dans des contrées lointaines coule avec force dans ses veines. Ne ressentant plus rien pour lui depuis longtemps, son épouse accepte de le dégager des obligations de leur mariage. Toutefois, avant son départ, il emmène sa fille à l’écart et, en secret, lui fait la description d’armoiries royales. Il s’agit des armoiries de sa famille, avoue-t-il. Si elle se trouve un jour dans le besoin, il lui serait possible de partir vers le nord et de rechercher ceux qui lui sont apparentés. Il avertit l’adolescente qu’ils ne feraient peut-être pas preuve de gentillesse à son égard, mais les liens familiaux sont solides et ils ne la repousseraient pas. Kitiara se fait le serment qu’elle rechercherait sa famille à la seule condition qu’elle puisse leur montrer qu’elle n’avait rien à leur envier. Calmement, sans pleurer, elle dit au revoir à son père.
À compter de cette date, elle garde les cheveux courts en préparation du jour où elle deviendra un guerrier à son tour. Le père de Kitiara l'avait recommandée à un excellent escrimeur de Solace. La jeune fille continue de s’entraîner.
La mère de Kitiara ne tarde pas à se remarier. Rosamun fait un choix sage cette fois : Gilon Majere. C’est un forestier aimable et travailleur, un homme simple avec le don de sonder les cœurs et les âmes. Il aime, chérit et comprend sa femme. Rosamun commence à avoir un comportement étrange, avec des transes, mais Gilon prend soin d’elle et lui rend l’existence aussi aisée que possible. Leur manque d’argent est pour lui une source continuelle de souci. Il s’entend mal avec sa belle-fille, mais il avait prévu cette situation depuis le premier jour. Il fait preuve de suffisamment d’intelligence pour savoir que la meilleure attitude à avoir avec Kitiara consiste à la laisser tranquille.
CARAMON ET RAISTLIN
Quand Kitiara atteint l’âge de huit ans, sa mère donne le jour à des jumeaux. L’un est un bébé sain et vigoureux, mais l’autre manque de mourir à la naissance. Après l’accouchement, Rosamun tombe gravement malade. Gilon est contraint de travailler nuit et jour pour nourrir sa famille. Le voisinage les avait toujours évités et les jumeaux demandent de l’attention. C’est à Kitiara qu’échoit le devoir de s’occuper des nourrissons - notamment le plus faible. La jeune fille accepte ce défi.
La première bataille que Kitiara a réellement à livrer est contre la mort. Le jumeau chétif s’affaiblit de jour en jour. Il n’y a point de clercs avec des talents de guérison dans ce monde. Mais Kitiara est déterminée à remporter cette lutte et, alors que les autres ont abandonné tout espoir, elle veille sur le bébé, l’obligeant à vivre par la seule force de sa volonté. Elle est victorieuse : l’enfant survit.
Les jumeaux sont baptisés Caramon et Raistlin.
Rosamun se rétablit mais, après cette épreuve, demeure faible et fragile tant d’esprit que de corps. Elle est heureuse de laisser sa fille élever les garçons. Kitiara trouve plaisir à son rôle de mère suppléante pour ses frères. Elle espère disposer de deux guerriers qui feraient de parfaits lieutenants pour ses fonctions de commandement - mais elle découvre que seul l’un des deux est assez vaillant pour subir l’entraînement d’un combattant. Il s’agissait de Caramon, le premier né des jumeaux. Raistlin, celui qui avait failli mourir, continue à être chétif et souffreteux. Quelques passes avec son frère et les vieilles épées en bois de Kitiara suffisent à l’épuiser, le faisant littéralement suffoquer. La demi-sœur de douze ans réfléchit longuement et durement quant à ce qu’elle pourrait faire pour offrir à son petit frère un talent à même de compenser sa faiblesse. Mais c’est son beau-père qui découvre la clef qui ouvrira l’avenir de Raistlin.
Un jour, alors que les jumeaux ont presque cinq ans, il les emmène à une fête de village. Ils y voient un illusionniste local, nommé Galant. Malgré son manque de maîtrise, il peut se produire avec succès dans les agglomérations de petite taille. Il accomplit des tours de passe-passe et quelques sorts magiques véritables. Époustouflé, Caramon le regarda bouche bée durant quelques instants, avant que son attention ne se porte ailleurs. Mais Raistlin s’assit en silence, sans bouger, totalement absorbé par le spectacle. Caramon s’éloigne pour goûter à d’autres plaisirs de la fête, mais Raistlin demeure toute la journée près de l’illusionniste, contemplant son spectacle à de multiples reprises. Lorsque, le soir venu, la famille retourne à la maison, le forestier est abasourdi de voir son jeune fils réussir à la perfection chacune des manipulations de l’illusionniste.
Gilon et Kitiara se rendent immédiatement compte tous deux que la magie est le talent de Raistlin. Heureusement pour l’enfant, le forestier n'emmène pas son fils auprès de l’illusionniste Galant. Au lieu de cela, il le conduit auprès d’un Maître Mage fort réputé qui vit non loin de Solace.
Ce mage dirige une école prestigieuse, attirant des élèves dans toute la région de Haven et Solace. Le Maître n’est nullement stupéfait par le garçon. Raistlin est un de ces enfants qui mettent les adultes terriblement mal à l’aise. Il ne parle que rarement, mais passe fort longtemps à fixer les gens, comme pour lire leurs pensées. Il possède une mémoire phénoménale et se montre capable de réciter des histoires longues et complexes après les avoir entendues une seule fois. Il est assez bon en arithmétique – notamment quand il est question d’argent. Le Maître découvre aussi que Raistlin a hérité de nombre des dons psychiques de sa mère, bien qu’il soit incapable de les contrôler ou de les canaliser. Mais, rapporte le Maître au forestier, alors que ces capacités sont toutes à porter au crédit de l’enfant et indiquent qu’il est extrêmement intelligent, cela ne signifie pas nécessairement qu’il soit fait pour l’astreignante étude des arcanes magiques. Primo, sa santé fragile représente un sérieux obstacle. En outre, le Maître n’aime pas particulièrement l’enfant, mais il tait ceci à Gilon.
Alors qu’ils parlaient tous deux, ils s’aperçurent soudain que Raistlin n’est plus dans la pièce. Partant à sa recherche, ils le découvrent confortablement installé dans la bibliothèque du Maître, un énorme tome ouvert sur les genoux. Le Maître fronce les sourcils. « Il est interdit de jouer avec ces livres, » dit-il d’un ton sévère.
Raistlin lève sur lui d’immenses yeux noirs qui paraissent démesurés pour son petit visage pâlot. « Je ne joue pas avec celui-là, répondit-il calmement. Je suis en train de le lire. » Le Maître en a le souffle coupé. « C’est impossible, affirme-t-il. Il faut des années d’apprentissage avant de lire la magie. » Le garçonnet hausse les épaules et commence à lire les mots ésotériques à haute voix. « Assez » s’écrie le Maître, craignant que l’enfant ne conjure par mégarde un démon dans sa bibliothèque.
Et c’est ainsi que Raistlin est accepté comme élève.
Kitiara a alors treize ans. Constatant que Raistlin apprend finalement des talents à la hauteur de son potentiel (et qui éventuellement lui profiteront plus tard, à elle) et voyant Caramon devenir plus grand et plus fort que les autres garçons de son âge, elle décide que son devoir de responsabilité envers ses frères est désormais passé.
Kitiara regroupe ses affaires et s’en va.
Coïncidant à peu près avec l’arrivée de Tanis à Solace, une jeune fille de treize ans quitte cette bourgade pour s’en aller chercher l’aventure. Cette brillante adolescente se nomme Kitiara.
Elle a pour père Gregor Uth Matar, un guerrier imposant à la beauté énigmatique, qui descend d’une noble famille du nord. Incapable de trouver la paix de l’âme en vivant dans son foyer, il avait erré loin de sa terre natale, louant son épée à quiconque acceptait d’en payer le prix demandé. Jamais son bonheur n'était plus grand que lorsqu’il combattait pour une cause ou une autre. « L’épée est puissance et l’épée est vérité », disait-il. Sa philosophie était peut-être responsable de sa mésentente avec les siens. Certains affirmaient (mais jamais devant lui) qu’il avait commis quelque terrible action qui avait contraint sa famille à le rejeter. Quelle qu’en ait été la raison, il était de notoriété publique qu’il n’était plus le bienvenu sur ses propres terres bien que, de temps à autre, il recevait de l’argent des siens.
Il jouait avec l’affection des femmes durant ses pérégrinations, jusqu’à ce qu’il ait le malheur de tomber éperdument et passionnément amoureux de Rosamun, une jeune femme, fragile et délicate. Il la persuadait de s’enfuir avec lui. La chose était facile, car elle était rêveuse, visionnaire et romantique. Le beau guerrier représentait tout ce dont elle n’a jamais rêvé. Gregor épousait Rosamun et ils s'installaient à Solace - où personne ne le connaissait - pour y vivre un certain temps sur les richesses qu’il avait amassées. Ils ont eu une fille, Kitiara.
Au fur et à mesure que sa fortune diminuait, le guerrier désertait fréquemment son foyer pour combattre au service de quiconque pouvait le payer. Il revenait de moins en moins souvent chez lui, car il savait que son épouse ne lui donnerait jamais un garçon. Son affection était réservée à sa fille. Gregor lui enseignait la vie d’un soldat - la seule qu’il connaissait - et l’entraînait à exceller dans les disciplines militaires.
À sept ans, Kitiara assiste à sa première bataille. Son père coupe les boucles de sa chevelure noire et la présente comme son fils. L’adresse de Kitiara, même à un âge aussi jeune, lui vaut les louanges des guerriers plus vieux et expérimentés. Elle adore la vie des campements. Le spectacle de la bataille l’exalte. Le père fait comprendre trois choses à son jeune enfant : ne pas faire de quartier au combat, vaincre à tout prix et la puissance est l’unique vérité en ce bas-monde.
Son père décide un beau jour de quitter sa femme et sa famille, car la soif de bataille et d’aventure dans des contrées lointaines coule avec force dans ses veines. Ne ressentant plus rien pour lui depuis longtemps, son épouse accepte de le dégager des obligations de leur mariage. Toutefois, avant son départ, il emmène sa fille à l’écart et, en secret, lui fait la description d’armoiries royales. Il s’agit des armoiries de sa famille, avoue-t-il. Si elle se trouve un jour dans le besoin, il lui serait possible de partir vers le nord et de rechercher ceux qui lui sont apparentés. Il avertit l’adolescente qu’ils ne feraient peut-être pas preuve de gentillesse à son égard, mais les liens familiaux sont solides et ils ne la repousseraient pas. Kitiara se fait le serment qu’elle rechercherait sa famille à la seule condition qu’elle puisse leur montrer qu’elle n’avait rien à leur envier. Calmement, sans pleurer, elle dit au revoir à son père.
À compter de cette date, elle garde les cheveux courts en préparation du jour où elle deviendra un guerrier à son tour. Le père de Kitiara l'avait recommandée à un excellent escrimeur de Solace. La jeune fille continue de s’entraîner.
La mère de Kitiara ne tarde pas à se remarier. Rosamun fait un choix sage cette fois : Gilon Majere. C’est un forestier aimable et travailleur, un homme simple avec le don de sonder les cœurs et les âmes. Il aime, chérit et comprend sa femme. Rosamun commence à avoir un comportement étrange, avec des transes, mais Gilon prend soin d’elle et lui rend l’existence aussi aisée que possible. Leur manque d’argent est pour lui une source continuelle de souci. Il s’entend mal avec sa belle-fille, mais il avait prévu cette situation depuis le premier jour. Il fait preuve de suffisamment d’intelligence pour savoir que la meilleure attitude à avoir avec Kitiara consiste à la laisser tranquille.
CARAMON ET RAISTLIN
Quand Kitiara atteint l’âge de huit ans, sa mère donne le jour à des jumeaux. L’un est un bébé sain et vigoureux, mais l’autre manque de mourir à la naissance. Après l’accouchement, Rosamun tombe gravement malade. Gilon est contraint de travailler nuit et jour pour nourrir sa famille. Le voisinage les avait toujours évités et les jumeaux demandent de l’attention. C’est à Kitiara qu’échoit le devoir de s’occuper des nourrissons - notamment le plus faible. La jeune fille accepte ce défi.
La première bataille que Kitiara a réellement à livrer est contre la mort. Le jumeau chétif s’affaiblit de jour en jour. Il n’y a point de clercs avec des talents de guérison dans ce monde. Mais Kitiara est déterminée à remporter cette lutte et, alors que les autres ont abandonné tout espoir, elle veille sur le bébé, l’obligeant à vivre par la seule force de sa volonté. Elle est victorieuse : l’enfant survit.
Les jumeaux sont baptisés Caramon et Raistlin.Rosamun se rétablit mais, après cette épreuve, demeure faible et fragile tant d’esprit que de corps. Elle est heureuse de laisser sa fille élever les garçons. Kitiara trouve plaisir à son rôle de mère suppléante pour ses frères. Elle espère disposer de deux guerriers qui feraient de parfaits lieutenants pour ses fonctions de commandement - mais elle découvre que seul l’un des deux est assez vaillant pour subir l’entraînement d’un combattant. Il s’agissait de Caramon, le premier né des jumeaux. Raistlin, celui qui avait failli mourir, continue à être chétif et souffreteux. Quelques passes avec son frère et les vieilles épées en bois de Kitiara suffisent à l’épuiser, le faisant littéralement suffoquer. La demi-sœur de douze ans réfléchit longuement et durement quant à ce qu’elle pourrait faire pour offrir à son petit frère un talent à même de compenser sa faiblesse. Mais c’est son beau-père qui découvre la clef qui ouvrira l’avenir de Raistlin.
Un jour, alors que les jumeaux ont presque cinq ans, il les emmène à une fête de village. Ils y voient un illusionniste local, nommé Galant. Malgré son manque de maîtrise, il peut se produire avec succès dans les agglomérations de petite taille. Il accomplit des tours de passe-passe et quelques sorts magiques véritables. Époustouflé, Caramon le regarda bouche bée durant quelques instants, avant que son attention ne se porte ailleurs. Mais Raistlin s’assit en silence, sans bouger, totalement absorbé par le spectacle. Caramon s’éloigne pour goûter à d’autres plaisirs de la fête, mais Raistlin demeure toute la journée près de l’illusionniste, contemplant son spectacle à de multiples reprises. Lorsque, le soir venu, la famille retourne à la maison, le forestier est abasourdi de voir son jeune fils réussir à la perfection chacune des manipulations de l’illusionniste.Gilon et Kitiara se rendent immédiatement compte tous deux que la magie est le talent de Raistlin. Heureusement pour l’enfant, le forestier n'emmène pas son fils auprès de l’illusionniste Galant. Au lieu de cela, il le conduit auprès d’un Maître Mage fort réputé qui vit non loin de Solace.
Ce mage dirige une école prestigieuse, attirant des élèves dans toute la région de Haven et Solace. Le Maître n’est nullement stupéfait par le garçon. Raistlin est un de ces enfants qui mettent les adultes terriblement mal à l’aise. Il ne parle que rarement, mais passe fort longtemps à fixer les gens, comme pour lire leurs pensées. Il possède une mémoire phénoménale et se montre capable de réciter des histoires longues et complexes après les avoir entendues une seule fois. Il est assez bon en arithmétique – notamment quand il est question d’argent. Le Maître découvre aussi que Raistlin a hérité de nombre des dons psychiques de sa mère, bien qu’il soit incapable de les contrôler ou de les canaliser. Mais, rapporte le Maître au forestier, alors que ces capacités sont toutes à porter au crédit de l’enfant et indiquent qu’il est extrêmement intelligent, cela ne signifie pas nécessairement qu’il soit fait pour l’astreignante étude des arcanes magiques. Primo, sa santé fragile représente un sérieux obstacle. En outre, le Maître n’aime pas particulièrement l’enfant, mais il tait ceci à Gilon.
Alors qu’ils parlaient tous deux, ils s’aperçurent soudain que Raistlin n’est plus dans la pièce. Partant à sa recherche, ils le découvrent confortablement installé dans la bibliothèque du Maître, un énorme tome ouvert sur les genoux. Le Maître fronce les sourcils. « Il est interdit de jouer avec ces livres, » dit-il d’un ton sévère.
Raistlin lève sur lui d’immenses yeux noirs qui paraissent démesurés pour son petit visage pâlot. « Je ne joue pas avec celui-là, répondit-il calmement. Je suis en train de le lire. » Le Maître en a le souffle coupé. « C’est impossible, affirme-t-il. Il faut des années d’apprentissage avant de lire la magie. » Le garçonnet hausse les épaules et commence à lire les mots ésotériques à haute voix. « Assez » s’écrie le Maître, craignant que l’enfant ne conjure par mégarde un démon dans sa bibliothèque.
Et c’est ainsi que Raistlin est accepté comme élève.
Kitiara a alors treize ans. Constatant que Raistlin apprend finalement des talents à la hauteur de son potentiel (et qui éventuellement lui profiteront plus tard, à elle) et voyant Caramon devenir plus grand et plus fort que les autres garçons de son âge, elle décide que son devoir de responsabilité envers ses frères est désormais passé.
Kitiara regroupe ses affaires et s’en va.
- Eol
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Re: Prélude
TASSLEHOFF
Quelques jours après le départ de Kitiara, un kender de dix-huit ans, nommé Tasslehoff Racle-Pieds, arrive à Solace. Son sac est bourré de cartes, certaines superbes et enluminées, d’autres tracées de sa propre main. Tass arrive au terme de sa « Grande Aventure » À un moment donné de leur vie, les kenders ressentent tous un besoin impérieux de voyager et de « tracer la grande carte de toutes les contrées ». Aucun kender, en proie à sa « Grande Aventure » n’a encore achevé un seul plan complet de ses pérégrinations. La carte de Tasslehoff a été brouillée (prétend-il) du fait d’un infortuné incident avec un anneau de téléportation qui, sans prévenir, le transporte à chaque fois dans des régions inconnues. Nul n’a jamais vu l’anneau – ou d’ailleurs cru la moindre bribe de son histoire.
Tous savent qu’il est originaire de quelque part dans l’Ergoth septentrional et appartient au clan d’Hermine des kenders.
Tass quitte le foyer familial, muni de tout ce que ses parents jugeaient indispensable à la survie d’un kender dans le vaste monde. Outre ses cartes (à l’instar de tous les kenders, Tass adore les cartes), il porte un rouleau de corde solide, son hoopak (un bâton-fronde), et une seconde besace remplie de choses diverses et variées dont il s’est porté « acquéreur » depuis sa plus tendre enfance. Car, comme la majorité des kenders, Tass est un « gestionnaire » (l’emploi du terme de « voleur » est considéré comme un grossier manque de savoir-vivre).
Tasslehoff arrive à Solace alors que le festival du printemps bat son plein. La saison des voyages vient juste de commencer et Flint, qui avait travaillé dur durant tout l’hiver à la préparation de sa tournée dans le sud, présente ses marchandises à la vue de tous. Déambulant près de l’étal du nain, Tass s’arrête pour admirer son ouvrage (à l’instar de tous les kenders, il sait reconnaître du travail de bonne facture quand il en voit). Un bracelet de cuivre attire le regard du kender. Il est magnifique. Tass est sous le charme. Il regarde autour de lui. Tanis, qui ne participe pas en temps normal à la vente des marchandises, prend son petit-déjeuner à l’auberge du Dernier Refuge. Flint disparaît à l’arrière de sa tente pour apporter d’autres objets.
Il n'y a personne alentour. Tasslehoff essaye le bracelet. Il lui va à la perfection – il a manifestement été fabriqué pour lui. Il bouge le bras dans un sens, puis dans un autre, admire les reflets de lumière sur le cuivre du bracelet. Il regarde à nouveau autour de lui, cherche le propriétaire de l’étal dans l’intention de lui en demander le prix. Il n’y a toujours personne. « Parfait, songe le kender, je reviendrai plus tard » et il s’en va.
Comble de malheur, il lui est totalement sorti de l’esprit d’ôter le bracelet. Tass fait à peine quelques pas quand il s’immobilise. Une agitation des plus violentes vient d’éclater dans son dos. Tournant les talons pour voir ce qui peut bien se passer, il se retrouve face à face (enfin, c’est une façon de parler : le bord du chapeau de Flint Forgefeu lui arrive à hauteur du menton) avec un nain rougeaud qui vocifère quelque chose contre les voleurs et ameute les gardes. Tass contemple le nain avec stupeur, s’interroge sur la raison de toute cette perturbation. Le kender regarde même autour de lui, dans l’espoir de découvrir le voleur. Ce geste décuple la fureur du nain. Flint avance d’un pas décidé, s’empare du bras du kender et, dans ses efforts pour rentrer en possession de son bracelet, faillit l’arracher en le tordant.
Tanis revient de l’auberge pour découvrir un grand nombre de curieux massés autour de l’étal de Flint Forgefeu. Ce n’est pas le genre d’attroupement qu’il aime voir. Entendant les rugissements du nain, il pousse un profond soupir avant de fendre la foule des badauds. Il découvre son associé apparemment sur le point de rosser un Kender à priori innocent.
Tanis prend en charge les opérations. Sans perdre une seconde, il tire Flint de force derrière l’étal. Le kender lui emboîte le pas. Ceci est beaucoup plus drôle que tout ce qu’il avait vécu depuis longtemps. Flint hurle quelque chose d’inintelligible et désigne le bras du kender. « Oh, ce bracelet-LÀ, » déclare Tass en roulant de grands yeux. Il comprend enfin. Il n’avait véritablement pas la moindre intention de voler le bracelet. Il s’était juste éloigné avec nonchalance, oubliant de l’enlever. Se retenant difficilement de s’effondrer de rire, Tanis apaise son associé. Flint accepte de mauvaise grâce l’explication de Tasslehoff. « Tu ne connais rien aux kenders », gronda le nain à Tanis. Il menace Tass du poing, mais le kender lui répond d’un sourire.
Tanis raconte à Flint qu’il vient d’entendre parler d’un nouveau chemin vers le sud et qu’il désire vérifier cette information avant qu’ils ne se mettent en route. « Nouveau chemin ? dit gaiement Tass. Je possède justement une carte... » Le kender plonge la main dans sa besace et tire une carte, en entraînant une vingtaine d’autres en même temps, les éparpillant toutes sur le sol. Commençant à les trier, Tanis est ébahi par ce qu’il voit. Il y a des cartes de contrées dont il n’a jamais entendu parler. Des cartes de territoires qui paraissent familiers, mais différents. Celles-ci, songe-t-il, datent d’avant le Cataclysme. Tass et lui se retrouvent rapidement en pleine discussion tandis que Flint Forgefeu, au comble de la fureur, trépigne dans la tente. Avant que le nain ne comprenne quoique ce soit, Tasslehoff Racle-Pieds devenait un compagnon de voyage.
Quelques jours après le départ de Kitiara, un kender de dix-huit ans, nommé Tasslehoff Racle-Pieds, arrive à Solace. Son sac est bourré de cartes, certaines superbes et enluminées, d’autres tracées de sa propre main. Tass arrive au terme de sa « Grande Aventure » À un moment donné de leur vie, les kenders ressentent tous un besoin impérieux de voyager et de « tracer la grande carte de toutes les contrées ». Aucun kender, en proie à sa « Grande Aventure » n’a encore achevé un seul plan complet de ses pérégrinations. La carte de Tasslehoff a été brouillée (prétend-il) du fait d’un infortuné incident avec un anneau de téléportation qui, sans prévenir, le transporte à chaque fois dans des régions inconnues. Nul n’a jamais vu l’anneau – ou d’ailleurs cru la moindre bribe de son histoire. Tous savent qu’il est originaire de quelque part dans l’Ergoth septentrional et appartient au clan d’Hermine des kenders.
Tass quitte le foyer familial, muni de tout ce que ses parents jugeaient indispensable à la survie d’un kender dans le vaste monde. Outre ses cartes (à l’instar de tous les kenders, Tass adore les cartes), il porte un rouleau de corde solide, son hoopak (un bâton-fronde), et une seconde besace remplie de choses diverses et variées dont il s’est porté « acquéreur » depuis sa plus tendre enfance. Car, comme la majorité des kenders, Tass est un « gestionnaire » (l’emploi du terme de « voleur » est considéré comme un grossier manque de savoir-vivre).
Tasslehoff arrive à Solace alors que le festival du printemps bat son plein. La saison des voyages vient juste de commencer et Flint, qui avait travaillé dur durant tout l’hiver à la préparation de sa tournée dans le sud, présente ses marchandises à la vue de tous. Déambulant près de l’étal du nain, Tass s’arrête pour admirer son ouvrage (à l’instar de tous les kenders, il sait reconnaître du travail de bonne facture quand il en voit). Un bracelet de cuivre attire le regard du kender. Il est magnifique. Tass est sous le charme. Il regarde autour de lui. Tanis, qui ne participe pas en temps normal à la vente des marchandises, prend son petit-déjeuner à l’auberge du Dernier Refuge. Flint disparaît à l’arrière de sa tente pour apporter d’autres objets.
Il n'y a personne alentour. Tasslehoff essaye le bracelet. Il lui va à la perfection – il a manifestement été fabriqué pour lui. Il bouge le bras dans un sens, puis dans un autre, admire les reflets de lumière sur le cuivre du bracelet. Il regarde à nouveau autour de lui, cherche le propriétaire de l’étal dans l’intention de lui en demander le prix. Il n’y a toujours personne. « Parfait, songe le kender, je reviendrai plus tard » et il s’en va.
Comble de malheur, il lui est totalement sorti de l’esprit d’ôter le bracelet. Tass fait à peine quelques pas quand il s’immobilise. Une agitation des plus violentes vient d’éclater dans son dos. Tournant les talons pour voir ce qui peut bien se passer, il se retrouve face à face (enfin, c’est une façon de parler : le bord du chapeau de Flint Forgefeu lui arrive à hauteur du menton) avec un nain rougeaud qui vocifère quelque chose contre les voleurs et ameute les gardes. Tass contemple le nain avec stupeur, s’interroge sur la raison de toute cette perturbation. Le kender regarde même autour de lui, dans l’espoir de découvrir le voleur. Ce geste décuple la fureur du nain. Flint avance d’un pas décidé, s’empare du bras du kender et, dans ses efforts pour rentrer en possession de son bracelet, faillit l’arracher en le tordant.
Tanis revient de l’auberge pour découvrir un grand nombre de curieux massés autour de l’étal de Flint Forgefeu. Ce n’est pas le genre d’attroupement qu’il aime voir. Entendant les rugissements du nain, il pousse un profond soupir avant de fendre la foule des badauds. Il découvre son associé apparemment sur le point de rosser un Kender à priori innocent.
Tanis prend en charge les opérations. Sans perdre une seconde, il tire Flint de force derrière l’étal. Le kender lui emboîte le pas. Ceci est beaucoup plus drôle que tout ce qu’il avait vécu depuis longtemps. Flint hurle quelque chose d’inintelligible et désigne le bras du kender. « Oh, ce bracelet-LÀ, » déclare Tass en roulant de grands yeux. Il comprend enfin. Il n’avait véritablement pas la moindre intention de voler le bracelet. Il s’était juste éloigné avec nonchalance, oubliant de l’enlever. Se retenant difficilement de s’effondrer de rire, Tanis apaise son associé. Flint accepte de mauvaise grâce l’explication de Tasslehoff. « Tu ne connais rien aux kenders », gronda le nain à Tanis. Il menace Tass du poing, mais le kender lui répond d’un sourire.
Tanis raconte à Flint qu’il vient d’entendre parler d’un nouveau chemin vers le sud et qu’il désire vérifier cette information avant qu’ils ne se mettent en route. « Nouveau chemin ? dit gaiement Tass. Je possède justement une carte... » Le kender plonge la main dans sa besace et tire une carte, en entraînant une vingtaine d’autres en même temps, les éparpillant toutes sur le sol. Commençant à les trier, Tanis est ébahi par ce qu’il voit. Il y a des cartes de contrées dont il n’a jamais entendu parler. Des cartes de territoires qui paraissent familiers, mais différents. Celles-ci, songe-t-il, datent d’avant le Cataclysme. Tass et lui se retrouvent rapidement en pleine discussion tandis que Flint Forgefeu, au comble de la fureur, trépigne dans la tente. Avant que le nain ne comprenne quoique ce soit, Tasslehoff Racle-Pieds devenait un compagnon de voyage.
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Re: Prélude
KITIARA REVIENT
Kitiara revient de son premier voyage au bout de deux mois environ. La peau hâlée, plus robuste, elle a grandi. Elle ne souffle pas un mot de l’endroit où elle était allée, mais donne à son beau-père de l’argent qui paierait pour son logis et son couvert tant qu’elle choisirait de rester dans sa demeure. Elle est désormais armée d’une épée courte - une véritable épée - et porte un petit bouclier. Un jour qu’il observe de près son arme, Caramon est intimidé en découvrant du sang coagulé près de la garde. Il l’interroge à ce sujet, mais elle hausse simplement les épaules et esquisse un sourire. Elle lui a également rapporté une véritable épée et lui apprend comment s’en servir.
Kitiara se montre satisfaite par la force et l’adresse de son frère, mais elle l’est moins par sa personnalité. Caramon a la détestable et sentimentale habitude d’aider un adversaire à se relever après l’avoir fait tomber. Un beau jour, Caramon et Kitiara croisent en ville des brutes qui bousculent Raistlin. Curieuse de voir comment Caramon se comporte. Kitiara reste en arrière. Le jeune homme, à la stature imposante, attaque sans perdre une seconde, étend raide un des garçons et regarde les autres détaler avec satisfaction. Il pivote sur ses talons, espérant les louanges de Kitiara. Au lieu de cela, elle lui décoche un regard courroucé.
« Pourquoi les as-tu laissés s’enfuir ? » demande-t-elle en aidant Raistlin à se redresser et essuyant le sang qui maculait sa figure. « Regarde ce qu’ils ont fait à ton frère. Tu aurais dû les poursuivre et le leur faire payer, à chacun d’entre eux ! » Caramon en reste bouche bée. Puis il la referme et sourit. « Ah, ces balourds ne pensaient pas à mal, explique-t-il. Ce sont mes amis. Je leur parlerai et les forcerai à s’excuser auprès de Raistlin. Et nous pourrons tous jouer ensemble comme avant. » Il s’en va en sifflotant avec entrain.
Les années passent. Kitiara entreprend de mystérieux voyages, revenant toujours avec de l’or et des bijoux, sans oublier le récit de ses périples. Quand elle a vingt-quatre ans, elle revient pour découvrir sa mère et son beau-père tous deux décédés. Le forestier avait trouvé la mort dans un terrible accident, en tombant du haut d’un arbre des vallées. La mère de Kitiara était entrée dans une de ses étranges transes et elle n’en était jamais ressortie. Elle mourut à petit feu, refusant de boire et de manger.
Les frères sont âgés de seize ans. Grâce à la négligence dont avait fait preuve leur mère sans y penser malice, ils sont capables de subvenir seuls à leurs besoins. Ils sont toutefois fort heureux de voir leur demi-sœur.
Bien que pensant que le Maître se montre trop lent et tatillon, Raistlin avance de manière satisfaisante dans ses études. Il s’ennuie fréquemment en classe et ne se donne même pas la peine de dissimuler ses bâillements. Il se sait supérieur aux autres garçons de son âge, à la fois en intelligence et en dextérité. Incapable de participer à leurs jeux brutaux et rudes, il n’a rien en commun avec eux. Il lui faut conserver toutes ses forces pour étudier.
Raistlin est une cible facile pour tous les garçons qui aiment faire étalage de leurs muscles (quand Caramon n’était pas dans les environs) et cela forge l’unique caractère susceptible de racheter les défauts de cet enfant peu sympathique : une haine profonde et éternelle pour ceux qui usent de la force pour martyriser les faibles. Le jeune jeteur de sorts est animé d’un vif sentiment de justice, qui va de pair avec le sens du bien dont bénéficie son frère. Tous ceux qui se trouvaient en difficulté découvraient qu’ils pouvaient toujours compter recevoir l’aide des jumeaux. Les poings de Caramon et les tours secrets de Raistlin pouvaient résoudre n’importe quel problème. Les frères jouissent rapidement de respect et d’admiration parmi les habitants de Solace. Caramon est beau et populaire. Et, tandis que peu de gens aiment ou font confiance à Raistlin, ils tolèrent le magicien par égard pour son frère – les jumeaux sont rarement séparés. Les talents magiques de Raistlin lui valent un respect grandissant.
Malheureusement, le don de Raistlin lui cause souvent des ennuis. En dépit de l’héritage qu’avaient reçu les deux frères en argent et en biens, ils sont loin d’être riches. Caramon chasse pour leur nourriture et entreprend divers petits travaux. Raistlin accomplit des tours de conjuration pour de l’argent – ce qui est contraire à tous les règlements de son école.
Kitiara revient de son premier voyage au bout de deux mois environ. La peau hâlée, plus robuste, elle a grandi. Elle ne souffle pas un mot de l’endroit où elle était allée, mais donne à son beau-père de l’argent qui paierait pour son logis et son couvert tant qu’elle choisirait de rester dans sa demeure. Elle est désormais armée d’une épée courte - une véritable épée - et porte un petit bouclier. Un jour qu’il observe de près son arme, Caramon est intimidé en découvrant du sang coagulé près de la garde. Il l’interroge à ce sujet, mais elle hausse simplement les épaules et esquisse un sourire. Elle lui a également rapporté une véritable épée et lui apprend comment s’en servir.Kitiara se montre satisfaite par la force et l’adresse de son frère, mais elle l’est moins par sa personnalité. Caramon a la détestable et sentimentale habitude d’aider un adversaire à se relever après l’avoir fait tomber. Un beau jour, Caramon et Kitiara croisent en ville des brutes qui bousculent Raistlin. Curieuse de voir comment Caramon se comporte. Kitiara reste en arrière. Le jeune homme, à la stature imposante, attaque sans perdre une seconde, étend raide un des garçons et regarde les autres détaler avec satisfaction. Il pivote sur ses talons, espérant les louanges de Kitiara. Au lieu de cela, elle lui décoche un regard courroucé.
« Pourquoi les as-tu laissés s’enfuir ? » demande-t-elle en aidant Raistlin à se redresser et essuyant le sang qui maculait sa figure. « Regarde ce qu’ils ont fait à ton frère. Tu aurais dû les poursuivre et le leur faire payer, à chacun d’entre eux ! » Caramon en reste bouche bée. Puis il la referme et sourit. « Ah, ces balourds ne pensaient pas à mal, explique-t-il. Ce sont mes amis. Je leur parlerai et les forcerai à s’excuser auprès de Raistlin. Et nous pourrons tous jouer ensemble comme avant. » Il s’en va en sifflotant avec entrain.
Les années passent. Kitiara entreprend de mystérieux voyages, revenant toujours avec de l’or et des bijoux, sans oublier le récit de ses périples. Quand elle a vingt-quatre ans, elle revient pour découvrir sa mère et son beau-père tous deux décédés. Le forestier avait trouvé la mort dans un terrible accident, en tombant du haut d’un arbre des vallées. La mère de Kitiara était entrée dans une de ses étranges transes et elle n’en était jamais ressortie. Elle mourut à petit feu, refusant de boire et de manger.
Les frères sont âgés de seize ans. Grâce à la négligence dont avait fait preuve leur mère sans y penser malice, ils sont capables de subvenir seuls à leurs besoins. Ils sont toutefois fort heureux de voir leur demi-sœur.
Bien que pensant que le Maître se montre trop lent et tatillon, Raistlin avance de manière satisfaisante dans ses études. Il s’ennuie fréquemment en classe et ne se donne même pas la peine de dissimuler ses bâillements. Il se sait supérieur aux autres garçons de son âge, à la fois en intelligence et en dextérité. Incapable de participer à leurs jeux brutaux et rudes, il n’a rien en commun avec eux. Il lui faut conserver toutes ses forces pour étudier.
Raistlin est une cible facile pour tous les garçons qui aiment faire étalage de leurs muscles (quand Caramon n’était pas dans les environs) et cela forge l’unique caractère susceptible de racheter les défauts de cet enfant peu sympathique : une haine profonde et éternelle pour ceux qui usent de la force pour martyriser les faibles. Le jeune jeteur de sorts est animé d’un vif sentiment de justice, qui va de pair avec le sens du bien dont bénéficie son frère. Tous ceux qui se trouvaient en difficulté découvraient qu’ils pouvaient toujours compter recevoir l’aide des jumeaux. Les poings de Caramon et les tours secrets de Raistlin pouvaient résoudre n’importe quel problème. Les frères jouissent rapidement de respect et d’admiration parmi les habitants de Solace. Caramon est beau et populaire. Et, tandis que peu de gens aiment ou font confiance à Raistlin, ils tolèrent le magicien par égard pour son frère – les jumeaux sont rarement séparés. Les talents magiques de Raistlin lui valent un respect grandissant.
Malheureusement, le don de Raistlin lui cause souvent des ennuis. En dépit de l’héritage qu’avaient reçu les deux frères en argent et en biens, ils sont loin d’être riches. Caramon chasse pour leur nourriture et entreprend divers petits travaux. Raistlin accomplit des tours de conjuration pour de l’argent – ce qui est contraire à tous les règlements de son école.
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Re: Prélude
TASSLEHOFF À LA RESCOUSSE
Tasslehoff se promène un jour dans Solace quand il remarque qu'un grand nombre de gens assistent à un quelconque spectacle. Toujours curieux, Tass s’approche d’un pas tranquille pour voir ce qui se passe. Il découvre un adolescent qui accomplit d’excellents tours d’illusionnistes, à qui les curieux lancent des pièces dans un chapeau à ses pieds.
Tout comme le reste de l’attroupement, Tass apprécie le spectacle quand soudain, un vénérable vieillard à barbe blanche, vêtu de robes richement brodées, fend la foule et attrape le jeune jeteur de sorts par l’épaule.
« Comment oses-tu exhiber tes talents pour de l’argent ? s’écrie l’individu en secouant son élève. Tu vas ruiner la réputation de mon école ! »
Le visage du garçon s’assombrit. Tass se sent désolé pour l’adolescent, affligé d’une frêle silhouette. Le kender sait reconnaître un Maître Mage quand il en voit un et décide de créer une diversion en subtilisant subrepticement le sac du mage qui renferme ses composantes de sortilèges.
« Ici, passe-le-moi » hurle un costaud au premier rang de la foule.
Tass se retourna et vit un adolescent qui paraissait être le jumeau de l’apprenti magicien. Il lui lance le sac avec joie. Le mage, fait volte-face dans une envolée de ses amples vêtements, explose de rage quand il voit le kender, exigeant de savoir pour quelle raison Solace était en passe de devenir le refuge de tous les rebuts de la société.
Tass et son comparse commencent tout juste à s’amuser lorsqu’un adolescent plus âgé, à la stature imposante, sortit des rangs des badauds, enlève le sac des mains de Tasslehoff et le rend au Maître avec une courbette et des excuses.
Le jeune jeteur de sorts se fond rapidement dans la foule. Le Maître paraît l’avoir oublié. Il s’empare du sac en grommelant et s’en va d’un pas vif.
« Bon sang, Sturm, tu as tout gâché », déclare l’adolescent musclé sur un ton enfantin. Sturm, le garçon plus vieux, est âgé d’une vingtaine d’années, grand, svelte et bien bâti. Sur ses traits se lisent une expression sérieuse et grave, donnant à penser qu’il porte toute la misère du monde sur ses épaules.
Le robuste jumeau se nomme Caramon, apprend Tasslehoff. Le jeteur de sorts est son frère, Raistlin, et le patronyme complet du jeune homme solennel est Sturm de Lumlane. Caramon sert chaleureusement des mains, Sturm s'incline gravement et le jeteur de sorts reste silencieux après un bref remerciement. Raistlin dévisage Tass avec des yeux qui semblent se repaître de l’âme du kender. Grande fut la curiosité de Tass pour ces adolescents, notamment les jumeaux – l’un si ouvert et amical, l’autre si sombre et secret. Il se surprend à se poser également des questions sur le jeune homme impassible qui possède un air de noblesse. Il est évident qu’il n’était pas originaire de Solace. Tass les invite chez lui pour y faire la connaissance de son nain.
Tanis est absent, en visite à Qualinesti. Le demi-elfe ressent périodiquement le besoin de rentrer auprès de ceux qui l’ont élevé, en dépit du fait qu'il est toujours triste d’y aller.
Flint est seul au moment où Tass fait son apparition avec ses nouveaux amis, il grommelle avec sarcasme que deux adolescents représentent des compagnons idéaux pour le kender. Le nain leur sert malgré tout un délicieux souper et fait s’installer tout le monde autour du feu pour les entendre faire leurs confidences sur leur existence, finissant par apprécier autant la soirée que Tasslehoff.
C’est Caramon qui parle pour son frère et lui, décrivant leur sœur, leurs parents disparus et leur vie quotidienne avec force détails. Son frère reste blotti près des flammes, se renfrognant de temps à autre lorsque Caramon révèle un fait trop intime.
STURM DE LUMLANE
Le garçon plus âgé, Sturm, surprend aussi bien le nain que le kender en annonçant d’un ton grave qu’il est le fils d’un célèbre chevalier de Solamnie. Tass et Flint échangent un regard. Les chevaliers étaient tombés en disgrâce dans le nord. Sturm les regarde comme s’il connaissait parfaitement leurs pensées, et relève fièrement la tête. Son père est un chevalier dans les veines duquel coule un sang pur et honnête, leur explique le jeune homme. Il avait fait partir Sturm – son unique enfant – et sa mère à Solace pour échapper aux troubles qui secouaient le nord. Ce n’est qu’une question de temps, songe Sturm avec certitude, avant que son père ne l’envoie chercher.
Sur ces mots, Caramon pousse Raistlin du coude et tous deux jettent un regard entendu vers Sturm. « Son père n’a pas donné la moindre nouvelle depuis plusieurs années, » chuchote Caramon de façon fort peu discrète. Raistlin tance le manque de politesse de son frère d’un mouvement de la tête et Sturm rougit jusqu’aux oreilles. Remarquant que son kender d’ami à la curiosité insatiable s'apprête à poser une question embarrassante, Flint change rapidement de sujet. Flint s'enquiert de leur entraînement de guerrier. Sturm et Caraman bondissent aussitôt sur leurs pieds, impatients de prouver leur adresse. Ils prennent part à un tournoi de lutte amical avec le nain qui se termine par quantité de meubles renversés et de vaisselle brisée. Voyant que Raistlin regarde les autres garçons avec envie, Tass lui demande d’accomplir de nouveaux tours. La soirée s'achève dans la gaieté et les jeunes hommes deviennent des habitués de la demeure du nain.
Tasslehoff se promène un jour dans Solace quand il remarque qu'un grand nombre de gens assistent à un quelconque spectacle. Toujours curieux, Tass s’approche d’un pas tranquille pour voir ce qui se passe. Il découvre un adolescent qui accomplit d’excellents tours d’illusionnistes, à qui les curieux lancent des pièces dans un chapeau à ses pieds.
Tout comme le reste de l’attroupement, Tass apprécie le spectacle quand soudain, un vénérable vieillard à barbe blanche, vêtu de robes richement brodées, fend la foule et attrape le jeune jeteur de sorts par l’épaule.
« Comment oses-tu exhiber tes talents pour de l’argent ? s’écrie l’individu en secouant son élève. Tu vas ruiner la réputation de mon école ! »
Le visage du garçon s’assombrit. Tass se sent désolé pour l’adolescent, affligé d’une frêle silhouette. Le kender sait reconnaître un Maître Mage quand il en voit un et décide de créer une diversion en subtilisant subrepticement le sac du mage qui renferme ses composantes de sortilèges.
« Ici, passe-le-moi » hurle un costaud au premier rang de la foule.
Tass se retourna et vit un adolescent qui paraissait être le jumeau de l’apprenti magicien. Il lui lance le sac avec joie. Le mage, fait volte-face dans une envolée de ses amples vêtements, explose de rage quand il voit le kender, exigeant de savoir pour quelle raison Solace était en passe de devenir le refuge de tous les rebuts de la société.
Tass et son comparse commencent tout juste à s’amuser lorsqu’un adolescent plus âgé, à la stature imposante, sortit des rangs des badauds, enlève le sac des mains de Tasslehoff et le rend au Maître avec une courbette et des excuses.
Le jeune jeteur de sorts se fond rapidement dans la foule. Le Maître paraît l’avoir oublié. Il s’empare du sac en grommelant et s’en va d’un pas vif.
« Bon sang, Sturm, tu as tout gâché », déclare l’adolescent musclé sur un ton enfantin. Sturm, le garçon plus vieux, est âgé d’une vingtaine d’années, grand, svelte et bien bâti. Sur ses traits se lisent une expression sérieuse et grave, donnant à penser qu’il porte toute la misère du monde sur ses épaules.
Le robuste jumeau se nomme Caramon, apprend Tasslehoff. Le jeteur de sorts est son frère, Raistlin, et le patronyme complet du jeune homme solennel est Sturm de Lumlane. Caramon sert chaleureusement des mains, Sturm s'incline gravement et le jeteur de sorts reste silencieux après un bref remerciement. Raistlin dévisage Tass avec des yeux qui semblent se repaître de l’âme du kender. Grande fut la curiosité de Tass pour ces adolescents, notamment les jumeaux – l’un si ouvert et amical, l’autre si sombre et secret. Il se surprend à se poser également des questions sur le jeune homme impassible qui possède un air de noblesse. Il est évident qu’il n’était pas originaire de Solace. Tass les invite chez lui pour y faire la connaissance de son nain.
Tanis est absent, en visite à Qualinesti. Le demi-elfe ressent périodiquement le besoin de rentrer auprès de ceux qui l’ont élevé, en dépit du fait qu'il est toujours triste d’y aller.
Flint est seul au moment où Tass fait son apparition avec ses nouveaux amis, il grommelle avec sarcasme que deux adolescents représentent des compagnons idéaux pour le kender. Le nain leur sert malgré tout un délicieux souper et fait s’installer tout le monde autour du feu pour les entendre faire leurs confidences sur leur existence, finissant par apprécier autant la soirée que Tasslehoff.
C’est Caramon qui parle pour son frère et lui, décrivant leur sœur, leurs parents disparus et leur vie quotidienne avec force détails. Son frère reste blotti près des flammes, se renfrognant de temps à autre lorsque Caramon révèle un fait trop intime.
STURM DE LUMLANE
Le garçon plus âgé, Sturm, surprend aussi bien le nain que le kender en annonçant d’un ton grave qu’il est le fils d’un célèbre chevalier de Solamnie. Tass et Flint échangent un regard. Les chevaliers étaient tombés en disgrâce dans le nord. Sturm les regarde comme s’il connaissait parfaitement leurs pensées, et relève fièrement la tête. Son père est un chevalier dans les veines duquel coule un sang pur et honnête, leur explique le jeune homme. Il avait fait partir Sturm – son unique enfant – et sa mère à Solace pour échapper aux troubles qui secouaient le nord. Ce n’est qu’une question de temps, songe Sturm avec certitude, avant que son père ne l’envoie chercher.Sur ces mots, Caramon pousse Raistlin du coude et tous deux jettent un regard entendu vers Sturm. « Son père n’a pas donné la moindre nouvelle depuis plusieurs années, » chuchote Caramon de façon fort peu discrète. Raistlin tance le manque de politesse de son frère d’un mouvement de la tête et Sturm rougit jusqu’aux oreilles. Remarquant que son kender d’ami à la curiosité insatiable s'apprête à poser une question embarrassante, Flint change rapidement de sujet. Flint s'enquiert de leur entraînement de guerrier. Sturm et Caraman bondissent aussitôt sur leurs pieds, impatients de prouver leur adresse. Ils prennent part à un tournoi de lutte amical avec le nain qui se termine par quantité de meubles renversés et de vaisselle brisée. Voyant que Raistlin regarde les autres garçons avec envie, Tass lui demande d’accomplir de nouveaux tours. La soirée s'achève dans la gaieté et les jeunes hommes deviennent des habitués de la demeure du nain.
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Re: Prélude
TANIS À LA RESCOUSSE
Une nuit, de retour de Qualinesti, Tanis dort du sommeil du juste lorsqu’un cri effrayant le réveille en sursaut et lui fait dégainer son épée. Se précipitant dans l’obscurité, il tombe sur une jeune femme aux prises avec un groupe de hobgobelins. Tanis bondit à sa rescousse, tuant le dernier bandit. Tanis est toutefois terriblement étonné quand la jeune femme, folle de rage, se retourna contre lui. Le demi-elfe recula d’un pas tandis qu’elle l’admoneste dans un langage qu’il n’a pas entendu depuis son séjour dans une caserne de Pax Tharkas.
« J’avais la situation parfaitement en main, enrageait-elle. Comment avez-vous osé gâcher mon plaisir ? »
Tanis, sans cesser de reculer alors qu’elle manie son arme avec une précision mortelle, affirme qu’il avait entendu des cris.
« Bien sûr ! répondit-elle en désignant le cadavre d’un hobgobelin fiché à un arbre avec une dague. Cette vermine a gueulé un peu avant d’expirer ».
Tanis trébuche sur une racine. La jeune femme est sur lui en un éclair, mais sa colère s’est transformée en admiration pour le demi-elfe à la fière allure. Tanis est absolument fasciné par cette femme, à la beauté sauvage et ténébreuse. Leur affrontement se mue en une lutte amicale dans les feuilles mortes – la lutte devient encore plus amicale tandis que s’écoule la nuit – et l’existence de Tanis se trouve à jamais changée par sa rencontre avec Kitiara
LE VOYAGE EN BATEAU
Attendant le retour de Tanis avant de commencer son périple, Flint est désagréablement surpris de découvrir que Caramon et Sturm, malgré leurs talents d’excellents bretteurs, ignoraient tout de connaissance des forêts. Tasslehoff et lui ont organisé une expédition dans la nature. Au début, leur intention était d’emmener uniquement Caramon et Sturm, mais Caramon refuse de partir sans son frère. Raistlin implore de venir avec eux afin de pouvoir ramasser les feuilles et herbes dont il se sert comme composantes pour ses sorts.
L’expédition est un immense succès jusqu’à ce que Tass suggère un petit voyage en bateau. Le kender « emprunte » un esquif et le groupe s’en va sur les eaux du lac de Crystalmir. Caramon fait chavirer le bateau en tentant de pêcher un poisson à main nue, faisant basculer tout le monde dans l’eau. Raistlin, réfléchissant rapidement, remonte à la surface en-dessous de l’esquif et se retrouve en toute sécurité dans la poche d’air formée par le bateau retourné. En revanche, Caramon sombre comme une pierre. Sturm et Tass, tous deux des nageurs accomplis, ne tardent pas à retourner le bateau, découvrant par la même occasion Raistlin qui flotte tranquillement à la surface. Flint plonge à la suite de Caramon. Moult cris, éclaboussures et gargouillements retentissent dans l’atmosphère – suivis par un terrifiant silence. La nervosité qui s’est emparée du kender et de Sturm devient insupportable quand aucun ne ressurgit des flots. Ils plongent à leur tour. Sturm remonte Caramon, qui tousse et crache de l’eau, mais il reprend rapidement ses esprits. Il considérait tout ceci comme une énorme plaisanterie. Tass découvre Flint à moitié noyé, prêt à céder à la panique. Les efforts combinés de Tass et Sturm sont nécessaires pour hisser le nain dans le bateau. Ils rament jusqu’à leur campement.
Pris de frissons, blotti sous des couvertures, les yeux écarquillés de terreur. Flint est allongé dans le bateau. Les seules paroles qu’ils peuvent lui arracher est le vœu de ne plus jamais s’aventurer sur l’eau tant qu’il vivra.
Kitiara et Tanis reviennent ensemble à Solace. Tanis est de plus en plus enchanté par cette femme délicieuse, bien qu’il se sente troublé par ses rêves de puissance et le plaisir qu’elle prend à combattre. Mais Kitiara parvient toujours à dissiper ces inquiétudes à l’aide de son charme séduisant. À vingt-quatre ans, elle est devenue remarquablement belle. Ses cheveux noirs sont toujours courts. Leurs boucles encadrent son visage et loin de paraître masculins, lui donnent une apparence féminine délicate qui ne laisse en rien transparaître sa force - tant que l’on ne regarde pas au fond de ses yeux froids et inflexibles.
Kitiara est devenue un guerrier que son père lui-même aurait admiré. Elle a acquis une connaissance des tactiques et stratégies de guerre que Tanis juge impressionnante. Elle ne parle que rarement de son passé, mentionnant seulement qu’elle a parcouru de nombreuses régions d’Ansalonie, combattant çà et là au service de différents seigneurs. Elle revient à Solace, dit-elle, pour veiller sur les progrès de ses petits frères. Elle parle des enfants à Tanis avec une fierté presque maternelle qu’il trouve tout à fait adorable.
Kitiara est plus attirée par Tanis que par tous les hommes qu’elle a rencontrés jusqu’alors. Tout comme son père, elle est capable de tomber amoureuse avec une folle passion. Contrairement à son père, toutefois, elle est en mesure de dominer sa passion et ne perd jamais le sens de l’ordre des choses. Elle aime Tanis parce qu’il est très différent d’elle. Elle admire ses qualités d’introspection, même lorsqu’elle se moque de lui pour réfléchir d’abord et agir ensuite. Tous deux reviennent à Solace.
Après l’avoir divertie avec moult anecdotes sur cette paire peu commune. Tanis emmène Kitiara faire la connaissance de Flint et de Tasslehoff. Ils trouvent Flint couché, souffrant d’un mauvais rhume qu’il a attrapé dans un accident de pêche. Ils découvrent également, à la surprise de Kitiara, ses petits frères et Sturm.
UNE ANNÉE IDYLLIQUE
La maladie cloue Flint au lit durant plusieurs mois et il est incapable d’accomplir sa tournée annuelle. Personne ne s’en inquiète. Kitiara s'aperçoit que Solace n’est pas si ennuyeuse dès lors qu’elle est avec Tanis.
Kitiara, Tanis, Tasslehoff, Caramon, Raistlin et Sturm deviennent de fidèles amis, et partent souvent chasser et camper. Tanis leur apprend mille choses au sujet des elfes. Ils organisent de faux combats et des épreuves d’adresse. Raistlin poursuit ses études magiques. Tass leur enseigne quelques tours de « manipulation » qui pourraient s’avérer utiles un jour ou l’autre. Flint reste alité, grommelant sous le prétexte de manquer tout ce qu’il y avait de drôle.
Avec l’arrivée de l’hiver, le groupe se réunit quotidiennement à l’auberge du Dernier Refuge. Ils y discutent avec les voyageurs et échangent des anecdotes sur des endroits lointains. Flint ne tarde pas à pouvoir se remettre au travail et commence les préparatifs de son périple annuel.
Des rumeurs de troubles grandissants dans le nord arrivent jusqu’à eux. Bandits, ogres, gobelins et même des créatures plus atroces encore, se hasardent dans des zones anciennement civilisées et attaquent les voyageurs. Tanis propose que Flint et lui emmènent Sturm et les jumeaux avec eux comme protection supplémentaire cet été. Une telle entreprise aiguiserait leurs techniques de combat en leur procurant des adversaires bien réels. Flint acquiesce et tous commencent leurs préparatifs pour le périple.
Cependant, la soirée qui précède leur départ, Raistlin et Caramon se rendent à la demeure de Tanis. Caramon paraît abattu. Il tente de parler, mais en est incapable. Avec une voix glaciale et réservée, Raistlin annonce à Tanis que Kitiara n’est plus là. Elle est partie dans la journée, sans rien dire de l’endroit où elle se rendait. Elle a chargé Caramon de faire ses adieux à Tanis. Elle le reverrait à l’automne.
LES PREMIÈRES AVENTURES
Les compagnons se mettent en route le lendemain, commençant ce qui allait être la première de nombreuses aventures qu’ils accompliront ensemble dans les années à venir. Parfois, Kitiara les accompagne. Parfois, des mois s’écoulent sans qu’ils entendent parler d’elle.
Au fur et à mesure qu’ils sillonnent la contrée, ils découvrent de plus en plus d’indices du mal. Les gens vouent des cultes à des dieux étranges qui semblent n’avoir aucun pouvoir. Les clercs s’avèrent être des charlatans. Raistlin trouve un malin plaisir à exposer ces faux prêtres, maintenant Caramon et Sturm sur le qui-vive tandis que des fanatiques religieux tentent à plus d’une occasion de brûler le jeune mage sur un bûcher ou de l’enfermer dans les oubliettes d’une prison.
Une nuit, de retour de Qualinesti, Tanis dort du sommeil du juste lorsqu’un cri effrayant le réveille en sursaut et lui fait dégainer son épée. Se précipitant dans l’obscurité, il tombe sur une jeune femme aux prises avec un groupe de hobgobelins. Tanis bondit à sa rescousse, tuant le dernier bandit. Tanis est toutefois terriblement étonné quand la jeune femme, folle de rage, se retourna contre lui. Le demi-elfe recula d’un pas tandis qu’elle l’admoneste dans un langage qu’il n’a pas entendu depuis son séjour dans une caserne de Pax Tharkas.
« J’avais la situation parfaitement en main, enrageait-elle. Comment avez-vous osé gâcher mon plaisir ? »
Tanis, sans cesser de reculer alors qu’elle manie son arme avec une précision mortelle, affirme qu’il avait entendu des cris.
« Bien sûr ! répondit-elle en désignant le cadavre d’un hobgobelin fiché à un arbre avec une dague. Cette vermine a gueulé un peu avant d’expirer ».
Tanis trébuche sur une racine. La jeune femme est sur lui en un éclair, mais sa colère s’est transformée en admiration pour le demi-elfe à la fière allure. Tanis est absolument fasciné par cette femme, à la beauté sauvage et ténébreuse. Leur affrontement se mue en une lutte amicale dans les feuilles mortes – la lutte devient encore plus amicale tandis que s’écoule la nuit – et l’existence de Tanis se trouve à jamais changée par sa rencontre avec Kitiara
LE VOYAGE EN BATEAU
Attendant le retour de Tanis avant de commencer son périple, Flint est désagréablement surpris de découvrir que Caramon et Sturm, malgré leurs talents d’excellents bretteurs, ignoraient tout de connaissance des forêts. Tasslehoff et lui ont organisé une expédition dans la nature. Au début, leur intention était d’emmener uniquement Caramon et Sturm, mais Caramon refuse de partir sans son frère. Raistlin implore de venir avec eux afin de pouvoir ramasser les feuilles et herbes dont il se sert comme composantes pour ses sorts.
L’expédition est un immense succès jusqu’à ce que Tass suggère un petit voyage en bateau. Le kender « emprunte » un esquif et le groupe s’en va sur les eaux du lac de Crystalmir. Caramon fait chavirer le bateau en tentant de pêcher un poisson à main nue, faisant basculer tout le monde dans l’eau. Raistlin, réfléchissant rapidement, remonte à la surface en-dessous de l’esquif et se retrouve en toute sécurité dans la poche d’air formée par le bateau retourné. En revanche, Caramon sombre comme une pierre. Sturm et Tass, tous deux des nageurs accomplis, ne tardent pas à retourner le bateau, découvrant par la même occasion Raistlin qui flotte tranquillement à la surface. Flint plonge à la suite de Caramon. Moult cris, éclaboussures et gargouillements retentissent dans l’atmosphère – suivis par un terrifiant silence. La nervosité qui s’est emparée du kender et de Sturm devient insupportable quand aucun ne ressurgit des flots. Ils plongent à leur tour. Sturm remonte Caramon, qui tousse et crache de l’eau, mais il reprend rapidement ses esprits. Il considérait tout ceci comme une énorme plaisanterie. Tass découvre Flint à moitié noyé, prêt à céder à la panique. Les efforts combinés de Tass et Sturm sont nécessaires pour hisser le nain dans le bateau. Ils rament jusqu’à leur campement.
Pris de frissons, blotti sous des couvertures, les yeux écarquillés de terreur. Flint est allongé dans le bateau. Les seules paroles qu’ils peuvent lui arracher est le vœu de ne plus jamais s’aventurer sur l’eau tant qu’il vivra.
Kitiara et Tanis reviennent ensemble à Solace. Tanis est de plus en plus enchanté par cette femme délicieuse, bien qu’il se sente troublé par ses rêves de puissance et le plaisir qu’elle prend à combattre. Mais Kitiara parvient toujours à dissiper ces inquiétudes à l’aide de son charme séduisant. À vingt-quatre ans, elle est devenue remarquablement belle. Ses cheveux noirs sont toujours courts. Leurs boucles encadrent son visage et loin de paraître masculins, lui donnent une apparence féminine délicate qui ne laisse en rien transparaître sa force - tant que l’on ne regarde pas au fond de ses yeux froids et inflexibles.
Kitiara est devenue un guerrier que son père lui-même aurait admiré. Elle a acquis une connaissance des tactiques et stratégies de guerre que Tanis juge impressionnante. Elle ne parle que rarement de son passé, mentionnant seulement qu’elle a parcouru de nombreuses régions d’Ansalonie, combattant çà et là au service de différents seigneurs. Elle revient à Solace, dit-elle, pour veiller sur les progrès de ses petits frères. Elle parle des enfants à Tanis avec une fierté presque maternelle qu’il trouve tout à fait adorable.
Kitiara est plus attirée par Tanis que par tous les hommes qu’elle a rencontrés jusqu’alors. Tout comme son père, elle est capable de tomber amoureuse avec une folle passion. Contrairement à son père, toutefois, elle est en mesure de dominer sa passion et ne perd jamais le sens de l’ordre des choses. Elle aime Tanis parce qu’il est très différent d’elle. Elle admire ses qualités d’introspection, même lorsqu’elle se moque de lui pour réfléchir d’abord et agir ensuite. Tous deux reviennent à Solace.
Après l’avoir divertie avec moult anecdotes sur cette paire peu commune. Tanis emmène Kitiara faire la connaissance de Flint et de Tasslehoff. Ils trouvent Flint couché, souffrant d’un mauvais rhume qu’il a attrapé dans un accident de pêche. Ils découvrent également, à la surprise de Kitiara, ses petits frères et Sturm.
UNE ANNÉE IDYLLIQUE
La maladie cloue Flint au lit durant plusieurs mois et il est incapable d’accomplir sa tournée annuelle. Personne ne s’en inquiète. Kitiara s'aperçoit que Solace n’est pas si ennuyeuse dès lors qu’elle est avec Tanis.
Kitiara, Tanis, Tasslehoff, Caramon, Raistlin et Sturm deviennent de fidèles amis, et partent souvent chasser et camper. Tanis leur apprend mille choses au sujet des elfes. Ils organisent de faux combats et des épreuves d’adresse. Raistlin poursuit ses études magiques. Tass leur enseigne quelques tours de « manipulation » qui pourraient s’avérer utiles un jour ou l’autre. Flint reste alité, grommelant sous le prétexte de manquer tout ce qu’il y avait de drôle.
Avec l’arrivée de l’hiver, le groupe se réunit quotidiennement à l’auberge du Dernier Refuge. Ils y discutent avec les voyageurs et échangent des anecdotes sur des endroits lointains. Flint ne tarde pas à pouvoir se remettre au travail et commence les préparatifs de son périple annuel.
Des rumeurs de troubles grandissants dans le nord arrivent jusqu’à eux. Bandits, ogres, gobelins et même des créatures plus atroces encore, se hasardent dans des zones anciennement civilisées et attaquent les voyageurs. Tanis propose que Flint et lui emmènent Sturm et les jumeaux avec eux comme protection supplémentaire cet été. Une telle entreprise aiguiserait leurs techniques de combat en leur procurant des adversaires bien réels. Flint acquiesce et tous commencent leurs préparatifs pour le périple.
Cependant, la soirée qui précède leur départ, Raistlin et Caramon se rendent à la demeure de Tanis. Caramon paraît abattu. Il tente de parler, mais en est incapable. Avec une voix glaciale et réservée, Raistlin annonce à Tanis que Kitiara n’est plus là. Elle est partie dans la journée, sans rien dire de l’endroit où elle se rendait. Elle a chargé Caramon de faire ses adieux à Tanis. Elle le reverrait à l’automne.
LES PREMIÈRES AVENTURES
Les compagnons se mettent en route le lendemain, commençant ce qui allait être la première de nombreuses aventures qu’ils accompliront ensemble dans les années à venir. Parfois, Kitiara les accompagne. Parfois, des mois s’écoulent sans qu’ils entendent parler d’elle.
Au fur et à mesure qu’ils sillonnent la contrée, ils découvrent de plus en plus d’indices du mal. Les gens vouent des cultes à des dieux étranges qui semblent n’avoir aucun pouvoir. Les clercs s’avèrent être des charlatans. Raistlin trouve un malin plaisir à exposer ces faux prêtres, maintenant Caramon et Sturm sur le qui-vive tandis que des fanatiques religieux tentent à plus d’une occasion de brûler le jeune mage sur un bûcher ou de l’enfermer dans les oubliettes d’une prison.
- Eol
- Dracoliche
- Messages : 2479
- Inscription : Mer 15 Nov 2023 23:04
- Localisation : Paris
- Version de D&D préférée : D&D5
- Univers de D&D préféré : DragonLance
- Race : Elfe
- Classe : Rôdeur
- Alignement : Neutre Bon
- Dieu : ?
Re: Prélude
LES COMPAGNONS SE SÉPARENT
Finalement, les routes deviennent dangereuses et les voyages commerciaux, impossibles. Les affaires périclitent. Flint déclare qu’il va prendre sa retraite. Les compagnons se réunissent à l’auberge du Dernier Refuge. Chacun d’entre eux sait qu’ils sont ensemble pour la dernière fois avant de nombreuses années.
Sturm, qui a vingt-quatre ans, fait part de son intention de voyager vers le nord pour y chercher son héritage. Kitiara propose de l’accompagner, car elle n’est jamais allée dans le nord et souhaite découvrir cette région. Au plus profond d’elle-même, elle compte retrouver la famille de son père afin de voir ce qu’ils pourraient faire pour elle.
Raistlin et Caramon ont tous deux vingt ans. Raistlin est un mage de grande habileté, bien qu’encore trop jeune pour atteindre un haut degré de maîtrise. Consumé par l’ambition de s’élever au sommet de son art, il passe de nombreuses heures à étudier. Il travaille à un projet secret impliquant un voyage pour son frère et lui. Caramon hausse les épaules, éclate de rire et déclare qu’il est prêt à partir n’importe où son frère avait l’intention de se rendre, à partir du moment où il aura de temps en temps l’occasion de cogner quelques crânes de hobgobelins les uns contre les autres.
Kitiara et Sturm invitent Tanis à voyager avec eux. Le demi-elfe refuse. Son conflit intérieur augmente proportionnellement à la profonde attirance qu’il ressent pour Kitiara. Il est parfaitement conscient que l’amour entre un elfe et un humain ne peut s’achever qu’en tragédie, car Kitiara vieillira et mourra tandis que Tanis aura à peine atteint la force de l’âge. Il espère qu’en partant seul à l’aventure pendant quelque temps, il parviendra à faire face à sa destinée, voire à trouver l’aide d’une force externe – peut-être celle des anciennes divinités.
En conséquence, Tanis déclare qu’il va remplir une mission qui lui est chère : dénicher une preuve tangible de l’authenticité des vrais dieux.
Ses compagnons trouvent d’un commun accord qu’il s’agît là d’une gageure passionnante et promettent de faire leur propre enquête dans les contrées qu’ils visiteront.
Tasslehoff se plaint de la lassitude qu’il ressent à contempler sempiternellement les mêmes choses. Il a l’intention de se rendre jusqu’aux plaines du nord-ouest afin d’y découvrir ce qu’il est advenu de ses parents. À partir de là, il ira où ses pieds voudront bien le mener.
Flint marmonne qu’ils sont tous en train de l’abandonner. Ayant entendu des bruits concernant des ennuis causés par les nains des ravines qui pillent ses vieilles terres natales, il escompte vérifier personnellement la situation. II refuse d’admettre qu’il a le mal du pays, qu’il a envie de revoir brièvement les collines où il avait été élevé. Bien qu’ayant précisé que l’idée de découvrir les vestiges d’une authentique religion n’est que pure folie, il fait néanmoins la promesse de questionner les barons nains sur les antiques légendes des clercs de sa race.
Leur conversation est interrompue par les singeries d’une adolescente espiègle, âgée d’environ quatorze ans, qui se faufile dans l’auberge. Rousse, maigrichonne et couverte de taches de rousseur, elle se glisse sans bruit derrière Caramon et, d’une main habile, lui subtilise délicatement sa dague hors de son fourreau. Caramon voit tout le monde sourire mais ne comprend la blague que lorsque la jeune fille se trahit en gloussant de rire. Elle lui montre le poignard. Caramon se lève d’un bond et commence à la poursuivre dans l’auberge, trébuchant sur les chaises et renversant les tables. Otik Sandath, le tenancier excédé, est contraint de les menacer de les jeter dehors. La jeune fille lance la dague à son propriétaire en fureur, manquant d’un cheveu de le poignarder par la même occasion. Toujours riante, elle sort de l’auberge. Secouant la tête, Caramon rejoint ses amis. « Cette Tika est la gosse la plus affreuse qu’il m’ait été donné de voir depuis des lustres, dit-il. Son père aura les pires difficultés à la marier ». Tous éclatèrent de rire, puis redevinrent silencieux.
Chacun d’eux sait qu’il entreprend un périlleux voyage. Il est même possible qu’ils ne se revoient jamais. Tanis prend finalement la parole.
« Chaque année, à cette même date, déclara-t-il, ceux d’entre nous qui seront à Solace se rendront dans cette auberge. Quelques-uns pourront ainsi se retrouver. Et dans cinq années, jurons de nous rencontrer ici une dernière fois ».
« Ceux qui seront toujours en vie », murmure Raistlin. Ses yeux noirs étincellent.
Les compagnons font tous le serment. Ils tentent d’échanger quelques plaisanteries, mais il semble que plus rien ne vaut la peine d’en rire.
Au bout d’un moment. Raistlin touche son frère du bout des doigts et lui montre la porte du menton. Ils s’en vont un à un, à l’exception de Flint. Le nain reste dans l’auberge durant de longues minutes, hochant tristement la tête.

Finalement, les routes deviennent dangereuses et les voyages commerciaux, impossibles. Les affaires périclitent. Flint déclare qu’il va prendre sa retraite. Les compagnons se réunissent à l’auberge du Dernier Refuge. Chacun d’entre eux sait qu’ils sont ensemble pour la dernière fois avant de nombreuses années.
Sturm, qui a vingt-quatre ans, fait part de son intention de voyager vers le nord pour y chercher son héritage. Kitiara propose de l’accompagner, car elle n’est jamais allée dans le nord et souhaite découvrir cette région. Au plus profond d’elle-même, elle compte retrouver la famille de son père afin de voir ce qu’ils pourraient faire pour elle.
Raistlin et Caramon ont tous deux vingt ans. Raistlin est un mage de grande habileté, bien qu’encore trop jeune pour atteindre un haut degré de maîtrise. Consumé par l’ambition de s’élever au sommet de son art, il passe de nombreuses heures à étudier. Il travaille à un projet secret impliquant un voyage pour son frère et lui. Caramon hausse les épaules, éclate de rire et déclare qu’il est prêt à partir n’importe où son frère avait l’intention de se rendre, à partir du moment où il aura de temps en temps l’occasion de cogner quelques crânes de hobgobelins les uns contre les autres.
Kitiara et Sturm invitent Tanis à voyager avec eux. Le demi-elfe refuse. Son conflit intérieur augmente proportionnellement à la profonde attirance qu’il ressent pour Kitiara. Il est parfaitement conscient que l’amour entre un elfe et un humain ne peut s’achever qu’en tragédie, car Kitiara vieillira et mourra tandis que Tanis aura à peine atteint la force de l’âge. Il espère qu’en partant seul à l’aventure pendant quelque temps, il parviendra à faire face à sa destinée, voire à trouver l’aide d’une force externe – peut-être celle des anciennes divinités.
En conséquence, Tanis déclare qu’il va remplir une mission qui lui est chère : dénicher une preuve tangible de l’authenticité des vrais dieux.
Ses compagnons trouvent d’un commun accord qu’il s’agît là d’une gageure passionnante et promettent de faire leur propre enquête dans les contrées qu’ils visiteront.
Tasslehoff se plaint de la lassitude qu’il ressent à contempler sempiternellement les mêmes choses. Il a l’intention de se rendre jusqu’aux plaines du nord-ouest afin d’y découvrir ce qu’il est advenu de ses parents. À partir de là, il ira où ses pieds voudront bien le mener.
Flint marmonne qu’ils sont tous en train de l’abandonner. Ayant entendu des bruits concernant des ennuis causés par les nains des ravines qui pillent ses vieilles terres natales, il escompte vérifier personnellement la situation. II refuse d’admettre qu’il a le mal du pays, qu’il a envie de revoir brièvement les collines où il avait été élevé. Bien qu’ayant précisé que l’idée de découvrir les vestiges d’une authentique religion n’est que pure folie, il fait néanmoins la promesse de questionner les barons nains sur les antiques légendes des clercs de sa race.
Leur conversation est interrompue par les singeries d’une adolescente espiègle, âgée d’environ quatorze ans, qui se faufile dans l’auberge. Rousse, maigrichonne et couverte de taches de rousseur, elle se glisse sans bruit derrière Caramon et, d’une main habile, lui subtilise délicatement sa dague hors de son fourreau. Caramon voit tout le monde sourire mais ne comprend la blague que lorsque la jeune fille se trahit en gloussant de rire. Elle lui montre le poignard. Caramon se lève d’un bond et commence à la poursuivre dans l’auberge, trébuchant sur les chaises et renversant les tables. Otik Sandath, le tenancier excédé, est contraint de les menacer de les jeter dehors. La jeune fille lance la dague à son propriétaire en fureur, manquant d’un cheveu de le poignarder par la même occasion. Toujours riante, elle sort de l’auberge. Secouant la tête, Caramon rejoint ses amis. « Cette Tika est la gosse la plus affreuse qu’il m’ait été donné de voir depuis des lustres, dit-il. Son père aura les pires difficultés à la marier ». Tous éclatèrent de rire, puis redevinrent silencieux.
Chacun d’eux sait qu’il entreprend un périlleux voyage. Il est même possible qu’ils ne se revoient jamais. Tanis prend finalement la parole.
« Chaque année, à cette même date, déclara-t-il, ceux d’entre nous qui seront à Solace se rendront dans cette auberge. Quelques-uns pourront ainsi se retrouver. Et dans cinq années, jurons de nous rencontrer ici une dernière fois ».
« Ceux qui seront toujours en vie », murmure Raistlin. Ses yeux noirs étincellent.
Les compagnons font tous le serment. Ils tentent d’échanger quelques plaisanteries, mais il semble que plus rien ne vaut la peine d’en rire.
Au bout d’un moment. Raistlin touche son frère du bout des doigts et lui montre la porte du menton. Ils s’en vont un à un, à l’exception de Flint. Le nain reste dans l’auberge durant de longues minutes, hochant tristement la tête.



