Le porte lumière
- szass
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Le porte lumière
Un petit texte que j'avais écrit à l'époque. Je comptais terminer l'histoire mais ça a été mis de côté.
A compléter comme vous le souhaitez donc.
Il faisait nuit. Ou du moins on n’y voyait pas à plus de cinq mètres dans les rues étroites de la Cage, et les lanternes accrochées aux devantures des maisons illuminaient tant bien que mal les pavés glissants que je foulais minutieusement. Mes vieux os commençaient à me faire atrocement souffrir à force de marcher et je m’enfonçais de plus en plus dans des endroits jusqu’alors inconnus.
Au détour d’une ruelle, encore plus sombre que les précédentes, un porte lumière rabougri faisait office de lanterne ambulante. Dans la pénombre et la moiteur des lieux, on aurait dit comme un sanctuaire serein où nulle noirceur n’aurait pu se réfugier.
Je me résolu à lui refiler quelques piécettes afin qu’il m’accompagne sur un petit bout de chemin. Ma piètre vision d’octogénaire m’empêchait de mettre correctement les pieds l’un devant l’autre, et l’endroit morne de la Ruche où nous nous trouvions était réputé pour abriter des créatures de boue qui se tapissent dans les flaques des ruelles crasseuses. On raconte qu’elles gobent même les passants quand ça leur chante, les entraînant quelque part sans doute dans leur plan Elémentaire inhospitalier.
Or donc le porte lumière m’escorta, veillant à ne pas aller trop vite, et fut contraint de ralentir le pas à plus de dix reprises. Il semblait pressé d’en finir avec son client – moi - sans doute jugeait-il que je représentais une perte de temps et d’argent, mais le jonc supplémentaire que je glissais alors dans sa main le fit changer d’avis.
Il entama même les présentations. Il s’appelait J’aki, et ne manqua pas d’étaler les différents sobriquets qu’on lui donnait - ou plutôt que lui-même se donnait, certainement les soirs de grande bibardise !
Ainsi, parmi tant d’autres appellations aussi farfelues, il était le Maître Eclaireur de Sigil, le Grand Dénicheur des Bas-Fonds, et le Récolteur des Ragots Enfouis !
Je me demande encore pourquoi j’ai persisté à suivre cet azimuté.
Sûrement le brouillard, mêlé à l’obscurité et aux fumées opaques de la Cité des Portes qui me ravisa plus d’une fois. Il serait mon guide. Le destin en avait décidé ainsi.
C’était un humain, tout ce qu’il y a de plus normal (si tant est qu’on puisse dire qu’avoir la peau jaune et les cernes gonflées est normal). Son dos voûté, que recouvraient une cape miteuse et de longs cheveux crasseux, lui donnait l’apparence d’une vieille guenaude effarouchée.
Comme il faisait aussi office de rabatteur, et que la garniche précédemment reversée était conséquente, il se chargea de m’emmener par le plus cours chemin jusqu’à ma destination.
Destination que, d’ailleurs, je ne vis jamais.
En fait, « le plus court chemin » était pour lui un tour complet de la Ruche, chose que je ne m’aperçus que trop tard, alors que j’étais déjà empêtré dans le fourbi des taudis, guettant chaque fenêtre pour voir si aucun œil indiscret et mal intentionné nous reluquait, prêt à nous estamper ou nous inscrire dans le Livre des Morts. Je peux dire que je n’étais pas vraiment à l’aise dans mes frusques à ce moment là.
Mais il n’en fut rien.
Certes l’itinéraire n’était pas joyeux, mais aucun des lascars que nous rencontrâmes ne se mirent en travers de notre route. Au contraire, tous semblaient bien connaître J’aki, certains le saluaient même en lui faisant la bise !
Qui était donc cet énergumène qui me servait de guide, et où m’emmenait-il ?
Cela, je l’appris peu après.
Il m’expliqua qu’il m’emmenait voir une de ses connaissances dans la Ruche, un grand ami à lui qui serait soi-disant très flatté de me rencontrer.
Tiens donc ! me dis-je. Et pourquoi donc ?
« Tu le sauras très vite » qu’il me dit, comme si il avait lu dans mes pensées.
D’autant plus méfieux, j’étais néanmoins résolu à suivre ses pas. Le bige m’intriguait quelque peu et, à mon âge, ce n’est pas tous les jours qu’une chose surprenante sortant de l’ordinaire se produit.
Nous arrivâmes enfin au lieu dit, une sorte de manoir décrépit qui tenait debout par on ne sait quel miracle, entouré d’un jardin tout aussi mal entretenu où poussaient toutes sortes de plantes qui n’avaient rien à envier au lierre rasoir.
J’aki frappa trois coups sur la lourde porte d’entrée, et un majordome vint nous ouvrir, nous laissant entrer dans un vestibule richement décoré qui contrastait fortement avec l’extérieur. Puis il nous conduisit jusqu’au salon, nous demandant de bien vouloir patienter le temps que son maître daigne nous recevoir.
Seuls quelques chandeliers argentés éclairaient le centre de la pièce. Les quatre coins du salon étaient plongés dans une noirceur qui me fit imaginer maintes choses sinistres.
Mais où avais-je atterri…
A compléter comme vous le souhaitez donc.
Il faisait nuit. Ou du moins on n’y voyait pas à plus de cinq mètres dans les rues étroites de la Cage, et les lanternes accrochées aux devantures des maisons illuminaient tant bien que mal les pavés glissants que je foulais minutieusement. Mes vieux os commençaient à me faire atrocement souffrir à force de marcher et je m’enfonçais de plus en plus dans des endroits jusqu’alors inconnus.
Au détour d’une ruelle, encore plus sombre que les précédentes, un porte lumière rabougri faisait office de lanterne ambulante. Dans la pénombre et la moiteur des lieux, on aurait dit comme un sanctuaire serein où nulle noirceur n’aurait pu se réfugier.
Je me résolu à lui refiler quelques piécettes afin qu’il m’accompagne sur un petit bout de chemin. Ma piètre vision d’octogénaire m’empêchait de mettre correctement les pieds l’un devant l’autre, et l’endroit morne de la Ruche où nous nous trouvions était réputé pour abriter des créatures de boue qui se tapissent dans les flaques des ruelles crasseuses. On raconte qu’elles gobent même les passants quand ça leur chante, les entraînant quelque part sans doute dans leur plan Elémentaire inhospitalier.
Or donc le porte lumière m’escorta, veillant à ne pas aller trop vite, et fut contraint de ralentir le pas à plus de dix reprises. Il semblait pressé d’en finir avec son client – moi - sans doute jugeait-il que je représentais une perte de temps et d’argent, mais le jonc supplémentaire que je glissais alors dans sa main le fit changer d’avis.
Il entama même les présentations. Il s’appelait J’aki, et ne manqua pas d’étaler les différents sobriquets qu’on lui donnait - ou plutôt que lui-même se donnait, certainement les soirs de grande bibardise !
Ainsi, parmi tant d’autres appellations aussi farfelues, il était le Maître Eclaireur de Sigil, le Grand Dénicheur des Bas-Fonds, et le Récolteur des Ragots Enfouis !
Je me demande encore pourquoi j’ai persisté à suivre cet azimuté.
Sûrement le brouillard, mêlé à l’obscurité et aux fumées opaques de la Cité des Portes qui me ravisa plus d’une fois. Il serait mon guide. Le destin en avait décidé ainsi.
C’était un humain, tout ce qu’il y a de plus normal (si tant est qu’on puisse dire qu’avoir la peau jaune et les cernes gonflées est normal). Son dos voûté, que recouvraient une cape miteuse et de longs cheveux crasseux, lui donnait l’apparence d’une vieille guenaude effarouchée.
Comme il faisait aussi office de rabatteur, et que la garniche précédemment reversée était conséquente, il se chargea de m’emmener par le plus cours chemin jusqu’à ma destination.
Destination que, d’ailleurs, je ne vis jamais.
En fait, « le plus court chemin » était pour lui un tour complet de la Ruche, chose que je ne m’aperçus que trop tard, alors que j’étais déjà empêtré dans le fourbi des taudis, guettant chaque fenêtre pour voir si aucun œil indiscret et mal intentionné nous reluquait, prêt à nous estamper ou nous inscrire dans le Livre des Morts. Je peux dire que je n’étais pas vraiment à l’aise dans mes frusques à ce moment là.
Mais il n’en fut rien.
Certes l’itinéraire n’était pas joyeux, mais aucun des lascars que nous rencontrâmes ne se mirent en travers de notre route. Au contraire, tous semblaient bien connaître J’aki, certains le saluaient même en lui faisant la bise !
Qui était donc cet énergumène qui me servait de guide, et où m’emmenait-il ?
Cela, je l’appris peu après.
Il m’expliqua qu’il m’emmenait voir une de ses connaissances dans la Ruche, un grand ami à lui qui serait soi-disant très flatté de me rencontrer.
Tiens donc ! me dis-je. Et pourquoi donc ?
« Tu le sauras très vite » qu’il me dit, comme si il avait lu dans mes pensées.
D’autant plus méfieux, j’étais néanmoins résolu à suivre ses pas. Le bige m’intriguait quelque peu et, à mon âge, ce n’est pas tous les jours qu’une chose surprenante sortant de l’ordinaire se produit.
Nous arrivâmes enfin au lieu dit, une sorte de manoir décrépit qui tenait debout par on ne sait quel miracle, entouré d’un jardin tout aussi mal entretenu où poussaient toutes sortes de plantes qui n’avaient rien à envier au lierre rasoir.
J’aki frappa trois coups sur la lourde porte d’entrée, et un majordome vint nous ouvrir, nous laissant entrer dans un vestibule richement décoré qui contrastait fortement avec l’extérieur. Puis il nous conduisit jusqu’au salon, nous demandant de bien vouloir patienter le temps que son maître daigne nous recevoir.
Seuls quelques chandeliers argentés éclairaient le centre de la pièce. Les quatre coins du salon étaient plongés dans une noirceur qui me fit imaginer maintes choses sinistres.
Mais où avais-je atterri…
Lolth tlu malla. Jal ultrinnan zhah xundus.


