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Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Jeu 18 Avr 2019 17:54
par eres

Dernier message de la page précédente :

Chapitre 6 : Un voyage dans le temps.



408 AC, Palanthas, dans la demeure de Profion :

La veille un messager avait demandé à rencontrer Profion afin de lui remettre un courrier en main propre. A la surprise du mage, le coursier n’avait pas été filtré, ni ralenti par les gardes en faction devant le sénat de Palanthas. Toujours troublé après avoir lu et relu la missive signée de sa propre main, Profion Décimus s’interrogeait, perplexe. Si la moitié du contenu évoquant son avenir était vraie, il suivrait les consignes données à la lettre.
Quand son serviteur vint lui annoncer l’arrivée impromptue de l’ancien apprenti de Dalamar le Sombre et de Garlick Antillost, il fut stupéfait. Surexcité, il cacha la lettre dans sa manche et fit arriver son visiteur.
- Sorcier Amergin, salua le sénateur Décimus.
- Maître Décimus souffla, Stewee Amergin dans un large sourire.
- Quelle surprise! A Wayreth, on vous disait mort.
- On le dit, Maître, reconnu le jeune mage tout à sa fierté. Il faut croire que j’ai survécu…
- Que me vaut votre visite ? enchaina le sénateur.
- Je suis de retour en ville avec un ami et je suis venu saluer le membre du Conclave que vous êtes . Nous ne étions pas rencontré.
Vous êtes venu m’identifier et observer ma maison en vue d’organisé mon assassinat. Votre ami est ledit Vent Sombre et votre objectif est de libérer une place au conclave. songea Profion.
- Je suis honoré, mentit Profion. Il fit un geste de la main pour inviter son interlocuteur à prendre le large fauteuil qui faisait face à son bureau.
Le jeune Stewee Amergin s’éxécuta. Profion fit servir son meilleur vin.
Après un échange d’amabilités et de banalités sur le rôle des Robes Noires aux Sénat, Profion avança ses pions.
- J’ai une information capitale pour vous.
- Ah ? fit Stewee. Capitale, dites-vous? A quel titre ?
- Je vous parle de vôtre survie, dit Profion avec son mince sourire en coin. Je vous parle du retour prochain de celui qui vous a puni, en vous envoyant mourir à dans le bosquet de Shoikan. Je vous parle de sauver votre vie, cher confrère de l’Ordre.
- Comment savez-vous ? Garlick n’est pas mort ?
- Je le sais et il n’est pas mort, non. Il est parti et il reviendra l’an prochain. Je lui cacherai volontier votre survie en contrepartie d’un service bien menu.
Piqué par la menace masquée de Profion, Stewee voulu un instant se rebeller. Néanmoins conscient de la futilité de toute tentative, il se résigna à sourire. Profion en savait bien plus que lui.
Profion poursuivit. Vous cacherez ce livre de sort dans la chambre d’un jeune garçon qui se trouve à l’auberge du « relais du marin ». Dans quelques mois, vous y retournerez et ferez de ce gamin votre apprenti. Si vous le faîtes, vous échapperez à la colère de Garlick Antillost. Qu’en dîtes-vous ?
- Et bien, sourit Stewee. Je n’ai pas d’autre choix que d’accepter ce menu service et surtout de vous remercier chaleurseument pour votre discrétion et votre bienveillance.
- On a toujours le choix dans la vie. La vie est faîte de choix, sourit Profion. Le prochain seras d’ailleurs de choisir une auberge où vous loger. Je suggère le relais du marin. Merci de votre visite. Profion se leva.
- Le nom du gamin ? demanda Stewee.
- Profiel.
L’un comme l’autre prirent congé.

***

Plus tard Profion accueillerai son fils Profiel venu l’espionné et lui livrerai des éléments de son plan afin qu’ils les révèlent à Dalamar. Devant les enjeux, on enverrai quelqu’un dans les abysses. Il serai donc, retrouvé et sauvé.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Jeu 18 Avr 2019 17:55
par eres
Chapitre 7 : Retrouvailles. Election.


Le ciel aux couleurs orangées crépitait de foudre et menaçait de s’abattre sur le groupe dont les membres avançaient en file indienne. Dans les abysses depuis maintenant près d’une journée, les compagnons don-naient des signes de fatigue. En sueur et en silence, tous suivaient Garlick. Le mage ouvrait la route avec pour point de mire le lointain palais de la Reine des Ténébres. Ce dernier déserté depuis des mois par Takhisis était devenu le théatre d’affrontement vio-lents entre les âmes maudites condamnées à errer dans les abysses.
- On s’approche, murmura Garlick.
Le chemin emprunté par les compagnons devenait de plus en plus escarpé. Une brume nauséabonde se leva soudainement, empêchant d’y voir plus loin que quelques mètres.
- En défense ! cria Renwood. On forme un cercle, les mages au milieu ! Cette brume est un maléfice… Son auteur ne tardera pas à se montrer.
Le prêtre n’avait pas tord car un instant plus tard, surgissant de la brume comme une flèche tirée d’un arc, un démon fendit sur Gorlaug.
- Attention ! lui lança Croak.
Le minotaure au bras d’argent ne répondit pas, concentré sur son puissant adversaire le guerrier pro-tégea son flanc gauche de son bouclier. Rond et orné d’un phénix ocre aux teintes scintillantes, l’écu de Gor-laug offrait une défense magique parfaite contre le feu et les souffles. De sa main droite, le minotaure effec-tua son traditionnel moulinet tandis qu’il esquivait d’un pas sur le côté la charge du monstre. Pris malgré lui au centre du cercle formé par les aventuriers le monstre subit alors les coups violents portés par ses membres. C’est Croak qui frappa le premier. De sa lame gardienne, il tailla les chairs du monstre avec acharnement avant d’être imité par Rhys et Renwood. Surpris par la violence du combat, le pensionnaire des abysses n’eut que le temps de lever les bras pour se défendre. Sans avoir pu frapper, il succomba sous les premières frappes de Gorlaug. Profiel et Garlick vigi-lants ne relâchèrent pas leur concentration car à peine leur ennemi vaincu, un autre monstre fit irruption. Haut de six mètres, pourvu de longues ailes de chauves souris et cornu, un balrog s’approchait d’eux. L’une de ses mains tenait un fouet enflammé tandis que la seconde était libre. Sur son épaule, un homme en robe noire et aux cheveux gris semblait inanimé.
- C’est Profion ! cria Profiel en pointa son index bagué d’un jonc doré.
Sans crier gare, dressant ses mains fines et psal-modiant de sécrètes arcanes, Garlick incanta un puissant rayon de lumière pure. Frappé en pleine poitrine le monstre encaissa le choc avec difficulté. Fou de colère, il projeta Profion au sol et fit claqué son fouet. Le corps brisé, le mage roula dans la poussière abyssale comme une simple poupée de chiffon. Esquivant le fouet, Croak et Gorlaug foncè-rent au contact de la géante créature et tailladèrent muscles et tendons avec force brute et acuité. Rhys hésita entre filer égorger le mage et défendre ses amis. Voyant les guerriers risquer leur vie, il banda son arc et visa la bête qu’il toucha à plusieurs reprises. Renwood quant à lui se plaça sur le flanc du balrog et tenta de le prendre en tenaille. Il frappa de toute de ses forces le cuir épais du monstre et son sang noir coula. En réaction, un violent coup d’aile, l’envoya au sol. L’instant d’après Gorlaug subit le même sort. Croak, gagné par la colère redoubla ses frappes, le balrog recula. Le barbare touchait à chaque attaque mais son ad-versaire restait debout. Le fouet claqua encore et s’enroula autour du coup du demi-ogre lui coupant la respiration et lui brulant les chairs. D’un puissant geste du bras, le monstre tira violemment le bar-bare sur le côté afin de lui briser la nuque. A l’agonie Croak lacha son arme et tenta de libérer sa gorge dans succès. C’est alors que Profiel jusque là en retrait lança un éclair de foudre sur le démon majeur qui s’effondra. Croak se débarassa du fouet et, exténué, s’agenouilla. Renwood l’épaule démise lors de sa chute put compter sur la main velu de son ami minotaure. Rhys vit qu’à défaut d’être sains, ses amis étaient saufs. Il se tourna alors vers Profion, cette fois, il le tuerai. Il sortit sa lame et avança d’un pas décidé.
- Je vous demande de ne pas le tuer, Rhys. De-manda Garlick. Je veux qu’il soit interrogé et jugé.
- Mais c’est pure folie, c’est un assassin, il dange-reux ! répondit le voleur demi-elfe. Nous n’aurons pas d’autre occasion. Il faut le tuer, nous devons le tuer !
- Le mage à raison, coupa Renwood. Il sera jugé.
Profiel ajouta :
- Par ailleurs s’il a découvert le sort qu’il était ve-nu cherché, il nous sera plus utile vivant que mort.
Plus prompt que les autres, Rhys, n’écouta per-sonne, il se pencha sur Profion et approcha sa dague de la gorge du mage qui lui sourit dans une grimace atroce. Dans un souffle il dit :
- J’ai touvé le sort, je l’ai appris et je l’ai détruis. Vous ne me tuerez pas.
Ecoeuré et vaincu, Rhys renonça. Renwood posa sa main sur son épaule.
- Vengeance n’est pas justice mon ami. Posez votre dague.
Profion sourit avant de tomber sombrer, il avait gagné.
Seule dans le hall des mages, Jenna la Rouge tapotait nerveusement l’accoudoir de son imposant siège de marbre gris. Assise face au demi-cercle formé par les vingt chaises vides des membres du Conclave, elle conversait par l’esprit avec son confrère Maitre des Hauts sorciers de la Robe Blanche.

- Ils sont fous ! Ils s’apprêtent à livrer la magie à un inconscient prêt à tout. Et vous Garlick, l’êtes plus encore… Ne le rejoignez pas ici, ne venez pas ! Je suis la dernière maîtresse du conclave et je vous interdis de venir à cette élection, c’est bien trop risqué ! Depuis le vol du monde par Takhisis et son passage à travers la mer d’Ether, Téléportation est aléatoire. Par les lunes, voulez-vous rejoindre le plan de l’effroi une seconde fois !
- Maîtresse Jenna, cette fois vous ne serez pas élue et Dalamar non plus ! Je suis le seul à avoir une chance de concurrencer Profion. L’œil commence à décliner. C’est ce soir où jamais.
- Non Garlick, je vous l’interdit.
- Dans moins d’une heure, vous ne serez plus le maître de Wayreth ma dame. J’arrive.

- Vous êtes fou ! soupira Jenna.
- La vie des justes sont dans les mains de Paladine m’a dit un jour un ami. Le regard soudain triste Garlick s’avança bras ouverts en direction de son ancienne amante.
- Vous n’imaginez pas que je vais me jeter dans le velours grisâtre de vos robes souillées. Vous êtes inconscient et vous m’avez peur. Partagée entre le soulagement de voir le père de son fils et la colère devant son entêtement, Jenna finit par sourire douloureusement et étreindre Garlick. Ce dernier marqua une pause avant de lui tendre un collier elfique calciné.
- J’ai une triste nouvelle…

Les ancients amants se regardaient dans les yeux quand ils entendirent les applaudissements nourris qui ponctuèrent le discours de candidature de Profion dans l’amphithéatre quelques étages plus bas.

Fort de son succès de la veille le mage de la robe noire avait dès qu’il l’avait pu, et ce malgré un mortel risque d’erreur, forcé son destin en se téléportant dans la tour de Wayreth. Il venait de parler devant l’assemblée des mages et il savait que l’exploit de retrouver le secret des voyages temporels ferait son succès. Sous les vivas des ses confrères, il leva les mains au ciel et se mis en retrait pour écouter sans crainte la prise de parole de ses concurrents qu’il jugea insipides. Seul Garlick se montra brillant. Fort de son expérience au sein des trois ordres et de son ancien poste de Maître du Conclave ses projets avaient du sens. Quand Jenna lança le sort de consensus, la volonté des mages votants fut aussitôt connue, limpide et prévisible : le nouveau maître du Conclave de Wayreth porterait la robe noire et il se nommait Profion Décimus.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Lun 6 Mai 2019 12:10
par eres
Voici le livre 2
LIVRE II : LA CLE DE QUINARI 


Chapitre 1 : L’Iconochronos. Le souhait d’une mère.


« …Théâtre du sommeil magique du druide Way-lorn durant 300 ans, la clairière de Shalost restait pour ses défenseurs un sanctuaire à protéger de toute perversion. Après le réveil du sage durant la guerre de la lance, ses confrères avaient toujours protégé ce lieu symbolique.
Lors de l’attaque du Silvanesti par les minotaures, Orion avait été mandaté par son cercle druidique pour enquêter. Le danger que représentait l’invasion pour la forêt n’était pas neutre et les serviteurs de Chislev n’hésiteraient pas à sortir de leur neutralité si nécessaire. Le demi-elfe avait, alors accepté sa mission sans ciller.
Fort de son expérience de rodeur, il put facile-ment se faire engager comme mercenaire à la solde des minotaures, et bien vite il se trouva sous les ordres du commandant de l’armée impériale Korrigan Mythril-Slavios.
Ce dernier motivé par les promesses de voir de sa sœur à rappelée à la vie, aida Profion dans son entre-prise et lui livra la tour tant convoitée. Pour empêcher cela Orion, aider par des centaures se résolu à affron-ter Korrigan et ses hommes. Il périt victime d’un éclair lancé par le mage nommé Profiel Décimus sans même apercevoir son bourreau. Témoin caché de la bataille, Rhys, espion de Garlick informa ce dernier de la vic-toire de Profion et du meurtre d’Orion. Une fois rendu à Wayreth, il reconnu Profiel dans le bureau de Garlick. Frappé par la ressemblance du mage de la robe noire avec sa sœur disparue, il ne dit rien… » page 21386
« Le lendemain des faits, le corps du druide, em-porté par les centaures, fut couvert d’un blanc linceul et ensevelis aux pieds d’un chêne centenaire cerclé d’un massifs de grémils pourpres bleus. »

Jenna referma l’épais volume intitulé «Iconochro-nos, L’année 423 AC » qu’elle venait de lire. De ses doigts fins, elle caressa lentement la couverture de cuir puis respira profondément. Les mains jointes, pouces sur le menton et indexes sur le nez, Jenna réfléchit.
Seule dans l’une des nombreuses salles de lecture de la bibliothèque de Palanthas, elle envisageait les options qui s’offraient à elle. Forte des informations recueillies, elle savait désormais pourquoi son fils avait périt, qui était le responsable et où se trouva la sépul-ture. Elle reposa le livre à l’endroit où elle l’avait pris et traversa les couloirs sous les alcôves solamniques de l’ancien bâtiment. Sans déranger les travaux d’écriture des prêtres de Giléan, scribes de l’histoire de Krynn, elle passa entre les pupitres de marbres. A chacun de ses pas, les lourds velours rouges de sa robe bruis-saient sur le sol de pierre en charriant de petits tour-billons de poussière. Elle s’arrêta dans les quartiers de Bertrem, esthète en chef. Elle posa son regard sur les décorations chiches de la pièce exiguë, et laissa sur l’antique bureau une plume d’écriture enchantée. Désormais le vieux Bertrem, autrefois assistant du mystérieux Astinus, n’aurait plus besoin d’encre pour écrire. Un présent magique serait un minimum. Jenna savait comment sauver son fils. Pour la seconde fois de la journée, au péril de sa vie, elle se téléporta.

***

D’abord l’odeur épicée des fleurs bleues mêlée à la senteur douce et fraîche de l’herbe tendre. Joue contre terre, la peau à même le sol. Ensuite la lumière rou-geoyante de Lunitari filtrée par les feuilles du chêne centenaire au pied duquel il fut enterré. La voix rassu-rante de celle qui protège et aime. Pour la seconde fois de sa vie, Orion prit sa première respiration. Pour la seconde fois de son existence, sa mère, Jenna lui donna la vie. Il ouvrit les yeux.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Lun 6 Mai 2019 12:13
par eres
Chapitre 2 : Nouveau départ.



Avant le départ précipité de Garlick pour la tour de Haute Sorcellerie, Renwood avait remis au mage la boîte à musique confiée par Alhana d’Astrevent afin qu’une fois sur place, il puisse l’étudier et en percer les secrets. Attenter à la vie de la souveraine du Silvanesti elfe était grave. Les pouvoirs de cette relique convoitée devaient être d’ampleur et Garlick s’attelait à les découvrir. Des jours et des nuits de travail dans les laboratoires de la tour n’aidèrent en rien le sorcier elfe. La boîte à musique de la reine Quinari irradiait une puissante magie divine, mais elle ne livrait aucun des ses secrets. Garlick s’agaçait.
-Des jours d’étude pour rien ! Des livres et des livres sur la reine Quinari et rien… Silvanos offre une boite à musique à sa femme, la musique devient cé-lèbre et puis quoi ? Pourquoi cette boîte est-elle appe-lée « clé de Quinari », qu’ouvre-t-elle ? Une prêtresse de Paladine avec une clé… Seul Paladine doit savoir à quoi sert cette clé…
Un instant Garlick cessa de respirer, il venait d’avoir une révélation. Il réunit ses affaires à la hâte et se dirigea vers le hall des mages. Pour réduire le risque d’erreur entropique, il retourna à l’endroit où il s’était téléporté depuis le Silvanesti. Conscient des risques mais sûr de sa force, d’un mot le mage retourna là où ses amis l’attendaient, l’auberge du minotaure dans la forêt occupée du Silvanesti.
***

Depuis leur retour des abysses et le départ de Profion puis de Garlick , les compagnons avaient décider de prendre un peu de repos. A deux jours de marche, l’auberge de Gorlaug était l’endroit idéal.

La salle commune était éclairée par des candélabres et parfumée par l’odeur du canard aux fayot cuisiné par le minotaure sous le feu vif d’une cheminée de pierre. Le groupe était attablé et attendait le retour de Garlick dans l'espoir de nouvelles réconfortantes. Gorlaug, fatigué, posa le dernier plat au centre de la table ronde et prit place sur son siège dans un soupir inhabituel. S’il demeurait un combattant hors pair, le guerrier vieillissait, ses poils autrefois bruns foncés viraient progressivement au gris, voir au blanc et sa voix déjà rauque devenait de plus en plus profonde. Les résul-tats de l’élection au conclave lui importait peu en réa-lité, élu où pas Profion avait obtenu ce qu’il souhaitait, et Gorlaug craignait désormais qu’il honore sa parole et s’acquitte de sa dette auprès de Korrigan. La tour de Shalost contre la résurrection de sa fille Yastael : tel avait été le pacte entre le fils du minotaure et le mage de la Robe Noire. De la magie noire sur la tombe de sa fille chérie : cette pensée lui était insupportable.

- S’il peut voyager dans le temps, gageons que ça va devenir compliqué pour les elfes et pour nous, la-cha Rhys.
- Ba qu’il le remonte, le temps, qu’il vienne y a vingt ans… Je lui casserai les os plus facilement ! gro-gna Croak. L’empire minotaure pourchasse les elfes et les extermine. L’empereur Hotak est fanatique, son épouse Néphéra est une prêtresse influente, et elle le pousse a détruire toujours plus de forêt.
- Sargonas est le Dieu des minotaures depuis tou-jours, qu’il incite son peuple à la conquête est dans l’ordre des choses, dit Renwood. Rien de surprenant. Il nous faudra les combattre. J’espère que Linwood avance dans sa quête.
- Sargas ou pas, intervint Gorlaug, je comprends que mon peuple veuille une autre terre que le rocher volcanique que l’on nomme Mithas. En revanche le massacre des elfes reste intolérable. C’est un manque d’honneur et Hotak paiera pour ça.
- Je sais mon ami, dit Renwood en posant sa main sur l’épaule du minotaure assis à sa droite. Sargas fut l’époux de Takhisis. Je pense qu’il veut venger sa Reine...où prendre sa place. Nous devont attendre Garlick dans un premier temps. Quelques choses me dit que la clé de Quinari a un rôle dans tout ça.
- Si les Dieux s’y remettent…conclut Croak.
- Je dis que de toute façon on serait pas là à se poser des questions sur l’origine des guerres si vous m’aviez laissé tuer ce rat de Profion, maugréa Rhys.
Porfiel restait silencieux, mal à l’aise, il mangeait peu et observait. Il commençait à apprécier ce groupe d’ami. S’il était toléré, il n’en faisait pas partie. Avant de partir Garlick et lui avait une conversation qui le faisait réfléchir sur lui même. Personne n’était sensé être courant, mais le mage soupsonnait Renwood d’être au courant.
- Je devrais devenir empereur dit Gorlaug : je rosse leur empereur-général Hotak, sa femme, tout le sénat, et je les guide ailleurs ! Ca ferait les cornes à mon idiot de fils… Peiné à l’idée d’évoqué Korrigan désormais du côté ennemi, il se servit une nouvelle louche qu’il ingurgita sans respirer.
- Ca ne règlera pas tous les soucis, dit Croak.

Profiel toussa, signe qu’il souhaitait prendre la pa-role. Tous se turent.
-Mon père déteste les elfes, aider ces derniers me parait juste et un bon moyen de se venger de lui. Si tu décides de combattre leur empereur je serai à tes cô-tés Gorlaug. Ajouta calmement Profiel.
Gorlaug le toisa, puis sans le regarder l’interrogea :
- Ton père, tu crois qu’il ramener ma fille à la vie ? Tu crois qu’il va réveiller son corps ?
- S’il est élu, rien ne lui sera impossible. Ce sera facile pour lui, il n’aura qu’a le souhaiter.
Voyant Gorlaug pensif, le jeune mage fit pour la première fois à l’égard du minotaure, preuve de bien-veillance. Le sort qui permettrait de le faire n’est pas de nécromantique, ce n’est pas de la magie noire. Même lancé par mon père, cela reste une magie pure. Puis d’une voix basse. L’âme de ta fille ne serait pas souillée.
Le minotaure ému par cette gentillesse inatten-due, se leva et quitta la table en chassant doucement la main que Croak lui avait chaleureseument posé sur l’épaule.


- Merci pour ces mots apaisants, dit Renwood. Il semblerait qu’il y ait du bon en vous. C’est encoura-geant.
- Etre bon, c’est être faible. Trancha Profiel.
- Parce qu’on prend le risque d’être aimé ? ques-tionna le prêtre. Sans réponse du mage il ajouta :
On aime alors en retour et on se bat pour les autres. C’est l'union qui fait la force mon jeune ami. N’en doutez pas.
Sans réponse face au syllogisme implacable du prêtre, Profiel resta silencieux un instant. Il recula sa chaise :
- Dormez bien, Révérez-Frère. Saluant Rhys de la tête au passage, il se leva et quitta la salle commune de l’auberge pour rejoindre sa chambre.

Rhys regardait Renwood en souriant.
- Vous révélez les hommes à leur cœur. déclara l’archer.
- C’est l’inverse. Répondit Renwood. Sans le laisse médité sur sa reflexion, le clerc ajouta :
Ne regrettez-pas d’avoir laissé Profion en vie. De votre mansuétude pourrait sortir un grand bien. Il est écrit dans les anneaux de Mishakal que le mal se re-tourne toujours contre lui-même. Laissons lui le temps d’agir. Attendons Garlick nous en sauront d’avantage.
A cet instant, on frappa à la porte, sans y être invi-té, le maître des Robes Blanches fit son entrée.



Tous les trois prononcèrent alors le nom du pre-mier Dieu : Paladine !
-Trouve le demanda Garlick à Renwood.
Le demi-elfe acquiesça et saisit le platine de son médaillon triangulaire :
-Paladine, père des dieux. Accorde de moi de sa-voir où tu te trouves à l’instant présent.
Les yeux clos, Renwood attendit un instant puis il blêmit.
- Valthonis est retenu prisonnier sans les geôles d’Ogrebond. Prévenez les autres et préparez-vous, nous partirons tôt.
Grave, Garlick répondit :
- Je dois dormir un peu si je veux utiliser mes sorts.
- Je préviens les autres ajouta Rhys.

***

Le feu de la veille n’en finissait plus de mourir dans l’âtre de l’ancienne cheminée. En ce matin blaffard, seul dans la salle commune, Croak préparait urgem-ment ses affaires de voyage. Un nouveau vol en grif-fon s’annonçait et la destination définie quelques heures plus tôt par Renwood ne lui inspirait que de la nervosité. Il faudrait se battre à Ogrebond, la capitale Ogre d’où venait les monstres qui jadis avaient com-battus sa tribu et violenté sa mère. Une fois prêt, le barbare rejoignit les autres dans la cours de l’auberge.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Lun 6 Mai 2019 12:14
par eres
Chapitre 3 : Ogrebond



Le visage fouetté par le vent marin glacial, les héros aperçurent les murailles de la citadelle d’Ogrebond aux premières lueurs de l’aube. Pour ne pas se faire repérer, ils se posèrent à quelques lieues de la ville et continuèrent à pieds dans un chemin boueux. Trempés par le crachin morne, ils arrivèrent épuisés à Ogrebond, cité maritime fré-quentée par tous ceux qui se rendaient à la cos-mopolite et commerciale Flotsam. Comme ils voyaient régulièrement des voyageurs de toutes les origines battre les rues, les gardes ogres de la ville ne trouvèrent rien de suspect à ce qu’un groupe encapuchonné composé de quatre hu-mains, d’un demi-ogre et d’un minotaure, pénètre dans la cité.
- Ces rues de terres battues, jonchées de détri-tus me rappelle Mithas grogna Gorlaug, bienve-nue en enfer les enfants.

Personne ne lui répondit. Pétrifiés par l’enjeu, tous portaient sur le visage un masque de gravité inhabituel. Après de longues minutes à sillonner les allées du centre ville, le groupe repéra une au-berge et s’y arrêta.
Le vétuste bâtiment de bois avait un toit de chaume et semblait en piteux état. Une enseigne métallique suspendue à des maillons rouillés, l’identifiait comme étant le « Rouge Corbeau » et grinçait au rythme du vent.

***
A califourchon sur la chaise de la chambre rance qu’il occupait depuis près de quatre heures, Gorlaug, le menton appuyé sur le pommeau de sa lame plantée dans le sol, s’ennuyait autant qu’il angoissait. Il regardait Garlick réviser ses sorts et Croak se reposer allongé sur un lit cadre de bois vermoulus.
- Combien de temps leur faut-t-il ? Ce n’est tout de même pas compliqué ! Même visible je serai déjà de retour ! Ils sont invisibles, ils entrent dans la prison, ils délivrent Paladine, ils se téléportent et on fuit!
Garlick sourit sans le regarder.
- Evidemment présenté ainsi, ajouta Croak amusé. Fais leur confiance… Ils sauront faire.

A ce moment, un rectangle lumineux aux cou-leurs scintillantes apparut au milieu de la pièce. De la taille d’une porte, ce dernier d’évidence magique avait une surface liquide qui ondulait aléatoirement.
La porte de dimensionnelle de Profiel ! Ils arri-vent lança Garlick. Tenez-vous prêts, ils sont peut être suivis.
Le mage incanta à son tour et invoqua un se-cond portail magique à deux pas du premier.
Blessé Valthonis-Paladine surgit le premier, soutenu par Renwood qui ordonna :
- Allez les aider. Ils sont cernés !
Guidés par Garlick, tous les trois s’engagèrent dans le second portail et quittèrent ainsi la chambre de l’auberge.
Gorlaug et Croak désormais placés entre les deux portes dimensionnelles se regardaient avec insistance.
L’aversion de Croak pour la magie n’était pas un mythe aussi Gorlaug passa le premier !
-Croak, on y va ! cria-t-il.
Bouclier en avant il passa la tête dans le portail, puis un pied, une épaule, et enfin tout le corps.
Seul entre les deux portails Croak leva les yeux au plafond et soupira avant de s’élancer à la suite de son vieil ami.

***

La terre battue rendue poisseuse par le sang tiède collait aux bottes de Rhys et Profiel. Elle alourdissait chacun de leurs pas. Tous deux respi-raient désormais difficilement et suaient à grosses gouttes. Avec Renwood, ils avaient pénétré, in-visbles, dans la longue bâtisse de pierres noires qu’était la prison d’Ogrebond. Située à flanc de falaise, elle ne disposait que de trois murs d’enceinte. Les geôles donnaient toutes sur un vide de cinquante mètres où les malheureux qui chutaient s’écrasaient sur la roche. L’air marin et ses embruns circulait donc dans la prison et chas-sait autant que faire se peut l’âcre odeur de crasse, de sueur et d’urine inhérente à tels lieux.
Eviter les gardes fut choses simples et la magie de Renwood permit de trouver Valthonis aisé-ment. Rhys avait crocheté les quatre cadenas qui fermaient la grille. L’ancien dieu, épuisé et amai-gri, était sanglé au mur par des cordes dont le chanvre rongeait les chairs.
Profiel s’apprêtait à invoquer une porte dimen-sionnelle quand ils furent détectés par un garde. Pour empêcher ce dernier de donner l’alerte Rhys lança sa dague en visant la gorge mais il manqua son coup. Rendu visible par cette action, le com-bat rendu inévitable sonna le glas d’une évasion discrète : le garde hurla et aussitôt les renforts se massèrent. Profiel eut le temps lancer son sort. Renwood délivra Vathonis et, tous les deux fran-chirent la porte magique tandis que le mage et Rhys couvraient leur retraite.
La poussée d’adrénaline ressentie par le rou-blard et le mage à l’arrivée des geôliers ogres, fit que les quelques secondes qui précédèrent l’affrontement leurs parurent interminables. L’ennemi, quatre gardes vêtus de larges chasubles pourpres et armés d’énormes masses, était plus nombreux, plus fort. Il faudrait être vif et agile.
Le premier ogre s’approcha pour combattre mais n’eut pas le temps de lever le bras. Cinq pro-jectiles magiques sortis tout droit des cinq doigts Profiel lui transpercèrent littéralement le thorax.
- Mort, dit Profiel dans un souffle d’extase car toujours parcourut par les courants magiques.
Le second garde se lança au contact de Rhys qui après avoir enchainé les feintes sans être touché, lui planta son épée dans la gorge avant de la res-sortir, couverte de sang, dans un geste précis. In-crédule, sa victime écarquilla ses yeux horrifiés avant de s’effondrer.
- Mort, dit Rhys en réponse à Profiel qui incan-tait déjà son prochain sort.
Désormais à deux contre deux, les ogres furent gagnés par la panique, ils hurlèrent de colère et de peur avant de se jeter têtes baissées sur les deux compagnons. Puis, soudain engourdis, ils s’arrêtèrent, figés comme des statues de chair.
Impressionné par la puissance de Profiel, Rhys regardait le mage des Robes Noires avec un res-pect mêlé de crainte. Je devrais peut être persévé-rer dans la magie, pensa-t-il.
Profiel, épuisé par ce second sort de rang, n’esquissa qu’un mince sourire et s’appuya sur le mur poisseux de la cellule où il se trouvait.
-Tue-les, ordonna Profiel dans un sifflement.
Rhys opina du chef, puis, de son épée, ignorant le regard implorant des ogres, s’acquitta de la sombre besogne sans plaisir.
Sauvés songèrent-t-ils.
-On passe le portail cria Profiel !
-Certainement pas, coupa une voix derrière un heaume. Un chevalier en armure d’écailles de dragon noir fit son entrée dans la cellule. Son casque d’os rappelait ceux portés autrefois par les seigneurs draconiens de Takhisis, un masse d’amr battait son flanc.
- Et qui va nous en empêcher ?défia Rhys. Laisse –nous dire. Fuis et tu vivras !
Levant sa masse d’arme, l’homme ordonna :
- Cécité !
Aussitôt Profiel et Rhys furent plongés dans l’obscurité. Surpris et vulnérables ils attendaient armes en avant l’inexorable coup de masse qui briserait leur crâne et mettrait fin à leur vie. Au lieu de cela, ils entendirent des armes s’entrechoquer, un cri de douleur étouffé sous un heaume, puis le bruit sourd d’un corps qui s’effondre.
Les ténèbres se dissipèrent en même temps qu’ils entendirent la rassurante voix de leur ami Croak :
-En voilà un qui ne nuira plus. La prochaine fois attend moi pour commencer. Je n’ai porté qu’un coup.
-Oui, mais je préfère vivre vieux, répondit Gor-laug en effectuant un moulinet main droite qu’il ponctua de son sourire à pleine de dents caracté-ristique.
-Bien, dit Profiel soulagé. Fuyons.
-En abandonnant tous les autres esclaves ? Hors de question. Libérons tout le monde, dit Rhys.
Croak acquiessa, Gorlaug aussi.
En très peu de temps les compagnons forcèrent un cinquantaine de cellules, libérant ainsi près de trois cents d’esclaves elfes. Hommes, femmes, enfants : tous furent libérés et invités à franchir le portail de téléportation menant à la chambre d’auberge. De là ils rejoignirent Garlick et Ren-wood par la seconde porte magique.

***
Dans la plaine jouxtant Ogrebond, les réfugiés meurtris se massèrent par centaines. Déambulant incrédules à la recherche d’un fils, d’une fille, d’un conjoint. Tous goutèrent un instant à la liberté et au réconfort illusoire que procure l’espoir d’une vie meilleure. Dans le ciel d’Ogrebond, trois jeunes dragons noirs et leurs cavaliers fondaient déjà sur eux.

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Publié : Dim 12 Mai 2019 17:36
par eres
Chapitre 4 : Météores et révélation.

Avant même l’arrivée des Noirs, les réfugiés sentirent leur échine se dresser. Leurs membres secoués par des tremblements incontrôlés d’une peur irrépressible et contagieuse. Une peur pri-male ancrée au fond des êtres. Une peur qui gla-çait le sang, serrait le cœur et muselait l’esprit de ceux qui la ressentait: la peur des dragons. Quand enfin ils furent en vue, la foule comprit l’origine du terrible sentiment qui la gagnait. Hommes, femmes et enfants se mirent alors à courir dans tous les sens : c’était le chaos avant la mort. Dans les cieux, les trois dragons se délectaient de ce spectacle ancestral, la jubilation était totale : Le carnage était imminent. Il était certain. Les aven-turiers, pourtant familiers de cette peur magique, étaient eux même proche de la rupture, dépassés par la situation. Ne sachant que faire, ils se tour-nèrent vers Renwood comme on le fait vers la providence.
- Que voulez-vous que je fasse ? exulta–t-il. Ser-rez les rangs et tenez-vous prêts à vous battre ! Je ne vais pas embraser le ciel par la grâce d’un de mes vents !
Résistant à la peur panique qu’il sentait gagner son cœur, Garlick réagit le premier. Il savait que le sort qu’il s’apprêtait à lancer était si puissant qu’il le laisserait sans doute exténué. Certains mage avait perdu connaissance après de tels efforts, certains la vie.
- Nuée de météores ! annonça Garlick en poin-tant son doigt vers les dragons. Profiel n’en cru pas ses oreilles ; Gorlaug, Rhys et Croak bouchè-rent les leurs.
- Ast Turdicus Meldoran Explonicaer.
Dans un geste vif, l’elfe plongea ses mains dans l’une des nombreuses poches de ses robes blanches et en sortit neuf petites boules de gommes arabique qu’il lança dans les airs tandis qu’il sentait la magie parcourir ses veines dans un torrent jubilatoire. Aussitôt les sphères s’embrasèrent et foncèrent sur les dragons. Trois sur chaque vers.
Ailes repliées les monstres amorçaient leur ful-gurante descente quand ils furent percutés par les projectiles magiques. La détonation qui s’en suivit fut dévastatrice. Le souffle violent des sphères enflammées se multipliaient sans cesse autour des dragons en autant de détonations incendiaires, déchirant leurs ailes embrasées et brisant leurs os. Vaincus ils s’écrasèrent alors à grand fracas, le cadavre calciné de leur cavalier toujours sanglé. Le vent soufflait sur la pleine et charriait les odeurs acre du souffre et des chairs brulées. Abasourdis par le spectacle, la foule incrédule se tut, respectueuse :
Un des elfes cria alors : Dracantale !

La clameur monta progressivement au nom scandé de:
- Dracantale ! Dracantale ! Dracantale !
Renwood sourit à son ami magicien visiblement épuisé dont le regard commençait à s’embué.
- Garlickanthalas Antillost : le Tueur de Dra-gons… c’est mieux que tueur de mouche quand même dit-t-il amusé et ému.
Par son exploit Garlick venait de sauver des vies. Beaucoup de vie. Il venait en outre de gagner un nouveau surnom. Le groupe venait d’ajouter une page à sa légende.

***

Ce soir là les compagnons furent au chevet des elfes. Renwood guérit les malades et pensa pa-tiemment les blessures. Gorlaug usa de sa gemme enchantée pour soigner quelques blessés et ra-conta des histoires aux enfants. Croak et Rhys prodiguaient les premiers soins aux blessés à l’aide d’onguents de fortune mixtés sur place avec les quelques médicinales plantes trouvées. La nuit était bien entamée quand Renwood pria pour of-frir aux réfugiés un festin digne de héros. Garlick aidé par Profiel fit en sorte que tous dorment à sous toît un magique.
Réunis enfin autour d’une table les compagnons et Valthonis-Paladine tinrent conseil.
Tous étaient impressionnés de se tenir aux côtés de celui qu’ils avaient servit avec dévotion durant des années, le père du monde lui-même vénérés sous différents noms partout dans le monde : E’Li pour les Elfes, Ba Hamat pour les Dragons, Draco-Paladin pour les hommes des plaines, Paladine pour les Solamniques et le plus grand nombre. Le grand Dieu du bien avait renoncé à sa divinité pour maintenir l’equilibre entre le bien et le mal lors de la déchéance de son adversaire de toujours la déesse Takhisis. A cette occasion il avait choisit de prendre forme elfique et de se faire appelé Valthonis : celui qui marche. Très vite de nombreux dévots et anciens prêtres s’étaient mis à le suivre pour assurer sa protection. Valthonis enseignait dans un camp elfe de fortune lorsque tous furent pris par les ogres. L’intervention salutaire des héros évita à l’ancien Dieu et à ses suivants un funeste destin.

- Je tiens à vous remercier tous, commença Valthonis de sa voix profonde. Au nom des vies que vous avez sauvé ce jour, merci mille fois.
Tous se turent pour le laisser poursuivre. Cons-cient de vivre un instant rare, Renwood plus que les autres était troublé de se tenir prêt de celui qui fut Paladine. Lui le plus grand serviteur du Dieu, privé de ses sortilèges depuis le vol du monde, avait trouvé au fond de son coeur la force de faire le bien alors même que le très haut demeurait sourd à ses prières. Puis, comme d’autres, il avait rejoint l’île de Schallmer et la citadelle de lumière fondée par Lunedor pour découvrir les pouvoir du cœur. Ils lançaient ajourd’hui des sorts cléricaux, mais aucun Dieu ne les lui accordait. Loin d’être fier de cela, Renwood ressentait au contraire, une vide intérieur que la prière de ne comblait pas. Il sortit de ses pensées quand Valthonis reprit.
- Il faut éloigner les refugiés d’Ogrebond. Le Sil-vanesti et le Qualinesti ne sont plus les havres de paix qu’ils furent jadis, puis visiblement affecté, nous irons vers le Nord.
- Des elfes qui voyagent dans les montagnes ? Ce sera périlleux, les chances de survies seront mince.
- Rhys a raison dit Croak, que ferez-vous si un dragon se lance à votre poursuite et fond sur la colonie exposée à flanc de montagne durant l’ascension d’un col ?
- Rester ici nous condamne, nous n’avons plus nulle part où nous rendre, plus de maison. Quel espoir formidable si nous trouvions une terre pour les elfes au Nord. Ici la mort est certaine. Je lais-serai à chacun le choix de faire ce qu’il souhaite. Je ne contesterai pas aujourd’hui le libre arbitre jadis accordé, dit-il dans un sourire triste. Je partirais demain avec celles et ceux qui souhaiteront me suivre.

- Nous pourrions voyager avec vous, proposa Renwood.
- Ce serait apprécié et fort utile ajouta Valthonis avant d’ajouter :
- Mais comment avez-vous trouvez ma trace, ou plus exactement…Pourquoi ?
- Nous avons besoin de savoir ce que vous de la Clé de Quinari dit Renwood.
La clé de Quinari répéta Vathonis intrigué, il se gratta le menton et plongea son regard profond dans le vide. Ma mémoire n’est plus celle d’un Dieu, commença-t-il. Il marqua une pose avant de reprendre d’une voix solennelle. La clé de la Reine Quinari ouvre un portail magique entre ce monde et le cimetière des dragons anciens.
- Que vous souvenez-vous de la reine Quina-ri ?
- Quinari était une de mes prêtresses les plus dévouées et l’amie des dragons bons. Je fis d’elle la première barde-draconique. C’est elle qui faisait passer l’âme des dragons de ce monde vers le Dôme de la Création. Pour cela elle emmenait la dépouille des dragons morts vers le cimetière dra-conique. Là, elle priait pour eux et guidait leur âme vers mon Royaume.
Ce que vous appelez la clé de Quinari ressemble à une boîte à musique. En réalité la clé est la mé-lodie qu’elle joue. En la chantant la reine Quinari ouvrait le portail magique vers le cimetière draco-nique. Depuis lors cette tache est dévolue aux bardes-draconique succéssifs.

Les compagnons se regardèrent inquiets. Val-thonis plissa ses yeux, interrogatif. Renwood posa alors sa besace sur la table. Lentement, il sortit la boîte à musique finement ornée qu’il ouvrit libé-rant ainsi l’ancestrale médodie.
Valthonis devint blême.
Silencieux jusqu’à ce la dernière note ne tombe. Les yeux rivés sur l’antique figurine qui terminait sa danse, les mains jointes, il posa ses indexes à son menton, il lacha d’une voix éternelle.
- Quelqu’un cherche à entrer dans le cime-tière-draconique.
- Renwood, comment avez-vous trouvez la Clé ? demanda Vathonis.
- La Reine Alhana en personne me l’a remise.
- Alhana Brisétoile ?
- Oui, de ses dires une femme en fuite lui a con-fiée la boîte à musique avec pour seule consigne de me la remettre. Il marqua une pause avant de continuer, elle craint pour sa vie et affirme que l’on a tenté de lui dérober l’artefact.
- Alors la barde draconique est morte dit som-brement Vathonis, elle a échoué dans sa quête. Celui qui cherche la clé veut piller le cimetière et empêcher la restauration du le lien avec le Dôme de la Création.
- En quoi cela serait-il désastreux ? demanda Croak soucieux de bien comprendre les enjeux.
- Le monde repose sur l’équilibre d’énergie ma-gique. Les âmes des dragons en sont une compo-sante essentielle. S’il en est privé trop longtemps, toute vie disparaitra de la surface de Krynn. Ce sera l’avènement du Chaos. L’équilibre du monde est déjà menacé. Vous devez reprendre le flam-beau Renwood . Trouvez le cimetière, et assurez-vous que le lien coupé entre lui et Dôme de la Création depuis de la guerre des âmes soit restau-ré. Voici la plus importante mission qui soit mes chers amis, plus que de permettre aux elfes d’avoir une terre.
-Comment devons-nous agir ? lança Gorlaug.
-Oui, que devons nous faire renchérit Croak.

Valthonis posa son regard sans âge sur Ren-wood, bientôt immité par toute l’assemblée.
- Les réponses se trouvent dans les Disques de Mishakal, dit le prêtre.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Dim 12 Mai 2019 17:36
par eres
Chapitre 5 : Les larmes de Mishakal

Jetant son regard en contrebas, Renwood fris-sonna. Presque un siècle passé à l’aventure et toujours ce vertige qui lui tordait le ventre. Après deux jours en griffons, les vents persistants avaient contraint le groupe à poursuivre à pieds. Debout sur un lit d’aiguilles de pins à même la roche volcanique Renwood contemplait ce que l’on appelait désormais le Pic de Malys. Au loin la montagne volcanique déchirait le ciel et se dressait noire comme un doigt sortit d’outre-tombe. Le soleil frappait dur dès les premières lueurs et les corps souffraient tant, que le port de la moindre pièce d’armure semblait être une torture. Après une respiration profonde à la recherche d’oxygène, il ne trouva que de l’air tiède et sec. Comme ses amis, il fatiguait et sentait lentement poindre en lui le découragement.
- J’ai faim et j’ai chaud et j’ai soif, se pleignit Gorlaug. Elle serviront à quoi déjà les larmes de Mishakal ?
- « Le pont forgé par les larmes de Mishakhal entre le dôme de la création et le tombeau draco-nique permet au monde d’être alimenté par les âmes des dragons métalliques. » Voici ce qui est écrit dans les disques sacrés. Nous avons la chance que Valthonis nous ai mis sur la voie. Il se souvient avoir confié jadis les deux larmes de Mishakal à un oracle reclut dans l’ancestral monastère de la montagne du pays de Hylo.
- C’est ce que je dis… entre temps, il a pu partir ton oracle non ? Tu ne veux pas lancer un des sorts pour le trouver et pour nous faire à boire aussi ?
Sous l’œil amusé du reste du groupe, Renwood regarda ses bottes consterné par la remarque du vieux minotaure qui souriait, content de son effet.
Voyant qu’il parvenait a agacer le clerc, Gorlaug enfonça le clou comme il adorait le faire.
- Un petit sort hein ? Tu ne veux pas ?
- Mais ça fait trois fois que je dis que la magie ne marche pas ici par Zéboïm ! explosa le sage, provoquant les éclat de rire de tous. Tu penses bien que je ne nous laisserai pas mourir de chaud sinon ! Je les ai déjà lancé ce matin et pour une raison que j’ignore ils ne fonctionnent pas plus d’une heure, poursuivit le prêtre contrarié.
- Les dieux c’est plus ce que c’était, ajouta Croak hilare.
- Nous sommes sur l’ancien territoire de Malys, tout proche de son antre, déclara Garlick pour désamorcé la situation qui l’amusait en réalité beaucoup, la magie y est semble-t-il affectée. J’ai le même problème avoua le mage.
- Le pic de Malys comporte des zones de magie morte, murmura Profiel qui avait rencontré le même problème avec un sort de lévitation quelques heures plus tôt. Il avait de peu éviter l’accident et identifié le problème, qu’il avait pré-féré cacher à ses « amis » plutôt que d’admettre une faille dans son pouvoir grandissant.
Garlick le toisa. Tu connaissais le phéno-mène ?fit-il surpris.
Plissant les yeux, Profiel répondit.
- Malystryx la Rouge a tenté de s’élever au rang de Dieu depuis ces lieux. Ce faisant elle a ten-té d’y invoquer un escalier céleste. Mais elle a échoué. Les zones de magies mortes en sont la conséquence, termina-t-il avec son rictus en coin caractéristique.
- Comment sais-tu cela ? demanda Gorlaug.
- Le maître du Conclave me l’a enseigné, sou-rit-il à nouveau, guettant l’attitude de Garlick.
Ce dernier ne répondit rien. Il s’appuya sim-plement sur son bâton avant de faire quelques pas en direction de l’ombre insuffisante d’un pin solitaire et rachitique. Là, il installa son couchage qu’il tira de son sac de contenance.

***

Après une courte nuit de repos, mais avant l’aurore, le groupe reprit la marche, afin de profi-ter des heures les plus fraîches. Croak est celui qui résistait le mieux lors cette expédition en mon-tagne. Expert en escalade et rompu à la survie en milieu hostile, le barbare avait jusque là ouvert la route et même trouvé de l’eau. Il marqua soudain, une pause.
- Cette passe qui se dessine devant nous, com-mença-t-il, elle est propice à une embuscade.
Rhys, s’était alors proposé de partir en éclaireur afin de repérer les lieux. Une demie-heure plus tard, il remarqua en contrebas de la roche une caravane et son escorte.
- Des chevaliers du Néraka fit-il pour lui-même.
Que font-ils par ici ?
Après avoir dénombré les forces ennemies, environ quinze homme, il rampa discrètement dans la poussière brulante jusqu’à ses compa-gnons pour les prévenir. Quand il ne fut plus qu’à une dizaine de mètres d’eux, il vit, impuissant, une énorme boule de feu exploser sur le groupe projetant ses membres à flanc de montagne aussi facilement que des fétus de paille emportés par un vent tiède.

***

L’oreille gauche de Gorlaug bourdonnait affreu-sement et son corps entier le faisait souffrir. Al-longé dans la poussière et la cendre, il se releva péniblement et ce faisant remarqua ses mains en-sanglantées. Sa vue était trouble et ses paupières collaient à chaque plissement. Il passa son bras d’argent sur ses yeux et le découvrit alors couvert de sang. Il toucha alors son oreille douloureuse, et découvrit avec horreur qu’elle ne tenait que par un lambeau de chair. Il se redressa péniblement et tourna sur lui-même pour comprendre où il se trouvait et ce qui avait bien pu se passer.
Alors il découvrit ses amis étendus au sol dans le même état piteux que lui. Seul Garlick se relevait péniblement, le mage découvrait avec horreur ses blessures et la situation. L’oreille du minotaure bourdonnait toujours mais il sembla percevoir un son, une voix qui couvrait imperceptiblement le bourdonnement :
- Relevez-vous ! lls arrivent ! S’égosillait Rhys qui arrivait suelement.

Désormais conscient de son environnement et de l’urgence, Gorlaug sortit son arme et se saisit de son bouclier enchanté. Sous l’action du bras magique de l’Ergoth, ses blessures se résorbaient progressivement, et déjà son oreille était guérie.
Il effectua un moulinet et fonça vers Garlick qui peinait à se relevé. L’Archimage de la Robes Blanches, contemplait, livide, son poignet, qui, lui semblait-t-il, s’était brisé lors de l’explosion. Le minotaure apposa sur l’elfe sa main gauche, et psalmodia un mot de commande. Son anneau d’or, finement ciselé par les Solamniques durant l’âge des rêves, émit une intense lueur bleutée. Aussitôt, le poignet du mage, par chance, seule-ment foulé, fut guérit.
Soudain rassuré le mage, remercia le mino-taure d’un regard appuyé, avant d’enfouir sa main dans ses poches à la recherche d’éléments de sorts. La boule feu subie était bien plus puis-sante que les standards du genre, il faudrait désormais être fin tacticien.
Face à Goralug, Rhys et Garlick, treize cheva-liers du Néraka en armure complète. Parmi eux un chevalier du Lys capable de lancer des sorts prêtre. La zone où le groupe se trouvait n’était, semble-t-il, pas de magie morte, le combat à venir s’annonçait ardu.
Gorlaug et Rhys se mirent dos à dos comme du temps où le minotaure entrainait le jeune demi-elfe au combat en sous nombre ; Garlick quant à lui disparut.
- Eh bien, nous voilà dans de beaux draps ! Le mage s’est sauvé ! maugréa Gorlaug.
- La peste soit des elfes ! ajouta Rhys saisis-sant parfaitement la roublardise du vieux guerrier.
Cernés par six adversaires, les deux combat-tants enchainèrent passes d’armes, feintes de corps et frappes précises, parvenant à verser le premier sang.
Le reste des Nérakiens attendaient amusés l’inéluctable issue de ce combat déséquilibré qui, pourtant, tardait à prendre fin quand, à leur grande surprise ils furent frappés par un violent trait de foudre.
Sonnés, ils découvrirent horrifiés, Garlick de-bout devant Renwood qui se relevait avec aisance le médaillon de la foi en main.
Mes amis, que le très saint enseignement de Paladine me donne la force de panser toutes nos blessures pria le clerc.
Profitant de l’effet de surprise Gorlaug démem-bra son adversaire le plus proche.
Moqueur, Rhys trancha la gorge du sien, en reprochant aux autres d’être vraiment mauvais bretteurs.
Résolus à massacrer le provoquant demi-elfe, aucun des deux chevaliers lui faisant face, ne vit Croak arriver dans son dos pour lui briser la nuque.
- Et maintenant un chacun ! dit Croak
Il frappa fort son vis-à-vis et manqua sa tête de peu Emporter par son élan, il ouvrit son flanc à la contre attaque. Saisissant sa chance, le Nérakiens frappa de toutes ses forces avant de voir le bar-bare pivoter sur sa jambe gauche et lui fracasser le crane d’un coup de coude mortel.
Gorlaug sourit en voyant feinte de son vieil acolyte fonctionner une nouvelle fois. Il multiplia les petites frappes pour forcer son adversaire à se reculer, puis après une énième feinte de corps, il fixa la jambe du chevalier tandis qu’il lui trancha le bras de sa lame d’acuité. Ca, c’est ma spéciale songea-t-il avant de se tourner vers l’ennemi de Rhys qui tardait à vaincre.
Croak allait s’élancer vers le groupe frappé d’un éclair quand sa course fut interrompue par l’apparition d’un tourbillon de lames d’aciers in-voqué par Renwood.
Profiel profita de zone d’effet du sort pour y ajouter un éclair et des projectiles magiques.

Très vite il ne resta plus à combattre que le chevalier du Lys, resté, jusque là, en retrait.
Sur leur garde, les compagnons s’approchèrent du clerc.
- Rendez-vous et vous serez épargnés, promis Renwood en s’avançant.
Un sourire mauvais sur les lèvres, le chevalier noir prononça un mot de commande et lentement les cadavres des Nérakiens s’animèrent. Au même instant les compagnons furent saisis d’un froid glacial dont la morsure les fit presque lâcher leurs armes. Les doigts engourdis par le givre les mages étaient neutralisés.
- En cercle autour de moi ! ordonna Ren-wood.
Le prêtre murmura une prière et aussitôt les compagnons ne ressentirent plus le froid de façon si intense.
- Je connais cette sensation dit Garlick, j’aurai du me douter que la boule de feu était l’œuvre d’un chevalier de la mort.
A cet instant, comme sortant des ombres, ap-parut un chevalier mort-vivant. Paré d ‘une ar-mure de Solamnique, son visage était décharné et deux flammes orangées brulaient dans ses orbites oculaires.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Dim 12 Mai 2019 17:37
par eres
Chapitre 6 : Vers Thoradin.
Aux premières lueurs de l’aube, la pluie glaciale continuait de tomber sur la cours du palais de Sanction et rendait ses pavés dangereusement glissants. Malgré sa cape de fourrure et son casque d’acier, des gouttes d’eau gelées coulaient le long de la barbe de Thorin, s’insinuaient dans son armure et le glaçait jusqu’au sang. Le taiseux nain des montagne terminait d’ajuster la selle de son poney en bougonnant quand il perçut un bruit de sabots venu des écuries.
- Le Roi elfe ne tiendra jamais, se dit-il.
La veille au soir, la mine grave, Linwood Esalis en personne était venu le trouver dans ses quar-tiers. Tous deux étaient devenus fort amis lors de la bataille de Sanction quelques mois plus tôt, et réciproquement, s’admiraient beaucoup. Linwood était un chevalier connu et reconnu dans toutes la Solamnie pour ses hauts faits d’armes, Thorin était un forgeron Hylar du Thorbardin partit à l’aventure sur le tard, qui s’illustra lors de la ba-taille dîte de Vent Sombre avant d’accompagner le Prêtre Sévérus Main de Pierre dans la recon-quête du Royaume maudit de Thoradin sur le mont Zakhar. Une fois l’ancien royaume nain déli-vré de la malédiction qui le frappait, les clans lo-caux se convertirent à la foi de celui qui, avec la bienfaitrice larme de Réorx, les avaient sauvés. Fort d’être, en sus, porteur du marteau de Kharas, Severus unifia les Thanes pour devenir le souve-rain du Thoradin.
Ceci réalisé, Thorin rejoignit Sanction, affecté qu’il fut, à la protection d’un ambassadeur du Throradin auprès des chevaliers. Quand les So-lamniques entamèrent de reprendre Sanction aux Nérakiens, l’ambassadeur pris la fuite, coupant ainsi, les relations entre les nains et la cité fortifiée. Thorin décida de rester pour se battre aux côtés des chevalier qui le surnommèrent en raison de sa bravoure et de son sens de l’honneur, Nevos Khras : le nouveau Kharas.

- Maître nain, avait commencé Linwood en lissant ses moustaches tombantes. Je vais avoir besoin de vous.
Etonné d’être dérangé si tardivement, Thorin avait plissée des yeux avant de lui proposer un siège devant sa cheminée.
- Que puis-puis pour vous Monseigneur ?
- J’escorte le Roi Gilthas des Royaumes El-fiques unifiés pour une mission diplomatique au-près du Grand Thane Maindepierre.
Thorin garda les yeux à demi-clos.
- Vous le connaissez, je crois, poursuivi Lin-wood. Acceptez-vous ne nous guider dans la montagne ?
- Pourquoi le rencontrer ? osa le nain.
- Nous souhaitons demander aux vôtres de se battre à nos côtés pour le Silvanesti.
- Des nains qui se battent auprès des humains pour le compte des elfes contre des minotaures… Pardon de te le dire Chevalier, dit le nain abandonnant alors le vouvoiement factice initié par le Solamnique, mais tu rêves !
- Thorin ! J’ai besoin de ton aide.
- C’est non.
- Je l’ai promis à une dame. Mène-moi jus-qu’à ton roi et aide-moi à le convaincre !
- J’en étais sûr ! Tu es tombé sous le charme de cette brunette toute maigre… Tout le château ne parle que de cela ! Tu perds tes moyens devant cette Alhana ! Même Darion me l’a dit !
- Quoi ? Mais n’importe quoi s’emporta Lin-wood ! Fumisterie !
- Ah ? Parce que tu la trouves laide ? prenant un ton maniéré : « Son teint avait la blancheur de l’albâtre et poli satiné de l’ivoire… »
- Linwood s’empourpra, tu as lu dans mon recueil de poème ! Sale raclure de bidet de vérole de nain des ravines de pourriture de catin de…
Le nain éclata de rire, je n’ai rien lu je te jure, c’est ta traitresse d’épée qui dicte tout ça dans ma tête !
- Wulfgar, commanda le chevalier à son épée magique, un mot de plus et je te plonge dans une forge !
Darion fit alors son arrivée dans l’entre-porte et découvrit la scène :
Amusé, il déclama d’un ton solennel :
- Pour tout vêtement, elle portait une large ceinture de soie, puis interrompu par sa propre envie de rire, il contempla Linwood furieux !
- Wulfgar !cria-t-il.
D’un regard noir, Linwood fusilla ses compères :
- Vous deux, pas un mot aux hommes à pro-pos de tout cela, je ne voudrais pas que la réputa-tion de dame Alhana soit salie par vos élucubra-tions grivoises.
Darion et Thorin, lèvres mordues, portèrent leur poing droit sur le cœur d’un air concerné.
- Je vous déteste. A demain aux aurore. Rompez.

***
Après une nuit à fixer la cour du château par la fenêtre de sa chambre, Alhana d’Astrevent, re-gardait les griffons partir d’un côté et les chevaux de l’autre. Un instant plus tôt, son neveu le roi Gilthas, accompagné d'Angus son sage garde du corps, était bien venu la saluer, mais autre chose la préoccupait.
De tout son cœur, elle souhaitait bien sûr la réussite de ces périlleuses missions, mais de tout son cœur, elle souhaitait aussi revoir cet intriguant Linwood Esalis.
-Mishakal pria-t-elle, vous m’avez pris Sturm, mon fils bienaimé et mon époux. Ne prenez pas celui-là. Laissez-moi une chance de voir si je vis encore.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Mer 10 Juil 2019 23:52
par eres
***

Les rayons du soleil d’automne, peinaient à percer l’épais châle nuageux qui enveloppait la montagne. Loin devant, les pics des monts du Thoradin semblaient ca-resser le ciel bas de cette fin de journée. Thorin, Linwood, Da-rion, Gilthas et Angus suivaient une route grossière-ment pavée, bordée de hêtres, dont les feuilles mortes jonchaient le bas-côté. Le voyage s’était jusque-là déroulé sans difficulté, mais tous espéraient atteindre les hameau en contrebas avant la tombée de la nuit. Après une semaine de cheval et de nuits à même le sol, tous avaient les muscles endoloris.
Gilthas était un elfe accessible malgré son rang. Il avait choisi de voyager en compagnie de celui qu’il avait présenté à Sanction comme étant son garde du corps, mais quii se révéla en chemin être également un ami et un conseiller.
Moine d’un temple de Majere, Angus avait joué un rôle fondamental dans l’exode du peuple Qualinesti par les tunnels nains. C’est lui qui avait fait office d’intermède entre Gilthas, la Reine mère Laurana et le Haut Roi sous la Montagne du Thobardin, Tarn Beu-glegranit.
C’est lui qui avait fait office d’intermède entre Gilthas, la Reine mère Laurana et le Haut Roi sous la Montagne du Thobardin, Tarn Beuglegranit.
De grande stature, le crane rasé et la barbe longue, Angus était autrefois un fermier d’Abanasie comme tant d’autres. Puis vint le jour terrible où le grand ver Béryl détruisit son village tuant au passage sa famille. Femme, fils, maison, récolte. En quelques instants il perdit tout. Angus aida les survivants à fuir vers le monastère de la Menthe et consacra son énergie aider les moines et les villageois. Rongé par la peine et la colère, Angus manqua plusieurs fois de perdre la rai-son. Seule la méditation enseignée par les moines apaisa sa douleur. Par la concentration, Angus endur-cit son esprit. Il forgea son âme.
- Cela fera du bien de dormir dans un vrai lit, dit Darion.
Personne ne répondit, mais tous partageaient son avis. La constante bonne humeur du Paladin tranchait avec la mine renfrognée de Linwood lesté par le poids du serment qu'il avait prêté à la Reine.
Obtenir le soutien des nains pour aider les elfes contre les minotaures, songea-t-il...
-Sûr que là tu as fais très fort chevalier , se moqua son épée...la grande grande classe, le très très haut niveau d'honneur, la on ne plaisante plus...gentes dames applaudissez le nouveau Prêtre Roi, le petit Prince de la promesse...
Le visage du chevalier restait impassible.
-Wulfgar, songea -t-il, je ne sais pas si tu fus chevalier de la Rose ou bouffon d'un quelquonque Roi Kender.

Peu après l'hétéroclite compagnie fit son entrée dans le village. Très simple, le hammeau possédait néanmoin sune jolie place centrale cerclée de commerces, d'un temble de Mishakal et d'une grande auberge.
Le "Marteau de Kharas" lit Githas sur l'enseigne de bois entretenue...Ca ne s'invente pas.
Je m'occupe des chevaux lança Angus et je vous rejoins.

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Mer 10 Juil 2019 23:53
par eres
Chapitre 7 : Retrouvailles.

A l'intérieur de l'auberge, toutes les tables sem-blaient occupées, à en croire les rires qui fusaient, l'en-droit était animée. Les compagnons avancèrent dans l'indifférence générale car toute la clientèle avaient les yeux rivés su bar où le patron narrait un semblait-t-il, extraordinaire récit. Charismatique, le colosse aux che-veux gris captait l'attention par son ventre arrondis, ses bras énormes et son rire communicatif. Toute l'au-berge riait aux larmes car l'homme pleurait de rire en racontant son récit...
Il racontait les combats, les femmes, et tout un tas d’histoires dont il était le héros.
- Et là je vois mon archimage qui dit : Je ne connais pas ce sort, là... Je ne sais pas quoi faire...
Et moi qui le regarde et qui lui dit: bah « détection de la magie » non ? Hilare, le colosse revivait manifestement la scène ...
Les habitués connaissaient l'histoire mais riaient de bon cœur à chaque fois qu’ils l’entendaient.
- Gaylor t'es vraiment le meilleur résuma un habi-tué... Aller raconte-nous encore comment tu as tué Takhisis !
- D'accord, mais je voudrais pas donner l'impression de me mettre en avant, plaisanta l'aubergiste !
Sous les rires gras de l'assemblée, Thorin, Darion, Linwood et Gilthas s'assossèrent contre un mur et stu-péfaits, profitèrent du spectacle...
- Et là, je lui plonge mon épée dans le coeur mima Gaylor...
- Bravo, bravo, bravo ! Trop fort Gaylor, t'es une lé-gende...

- Oui, ajouta une voix que Gaylor reconnu immédia-tement, et en plus tu as fais ça tout seul. Enfin tout seul si on ne compte pas Gorlaug, mon père, Garlick, Croak, Darion, Profion, Silvanoshei du Silvanesti, le Roi Gilthas ici présent et moi ...

- Mes amis ! s'exlama Gaylor fou de joie, par la barbe de Paladine, que faîtes-vous là ? Tournée générale ! déclara l'aubregiste, sollennel comme s'il annonçait la signature d'un traité de paix.

Angus pénétra dans l’auberge à cet instant.


***

Les compagnons apprécièrent la soirée passée en-semble dans la chaleur de l’auberge. Et si les rires et chansons raisonnèrent tard dans la nuit, on évoqua également les graves évènements qui présidaient à leurs retrouvailles.

Vous ne doutez de rien les enfants, lâcha Gaylor en se frottant le menton d'une main calleuse. Il se servit un énième verre de vin avant de poursuivre : Les Nains de Thoradin ne vous aideront pas comme ça. Pour moi c'est peine perdue.
- Et pourquoi donc demanda posément Gilthas ?
- Mes hommes m'ont dit avoir surpris un convoi nain en direction de Néraka. Ils transportaient de l'acier.
- Une alliance ?
- J'ai pas dis ça, mais à minima des accords de com-merce.
- Sûr, dit Darion. Encore une difficulté.

Linwood changea de sujet :
- La reine Alhana précise avoir été attaquée ici voici quelques jours mon ami, commença Linwood en regarda Gaylor.
Visiblement éméché, ce dernier fronça les sourcils. Sans lever les yeux de son verre vide qu’il contemplait avec fascination, le grand guerrier laissa un lourd si-lence s’installer avant de prendre la parole d’une voix étonnamment profonde.
- Quatre de mes hommes ont été défigurés par les flammes, six ne retrouveront pas leur foyer… C’est l’œuvre d’un lanceur de sort. Il savait ce qu’il faisait, il venait pour la Reine. Un assassin payé par les mino-taures j’imagine.
- Parle-nous d’eux, demanda Gilthas.
- Oui, nous ne savons rien d’eux pour ainsi dire renchérit le sage Angus.
- Gaylor plongea ses yeux dans ceux de Gilthas. Le Silvanesti a été rebaptisé Empire d’Ambéon. Il est dirigé par l’empereur Hotak de Droka et son épouse la très influente Néphera. On dit d’elle qu’elle est une prê-tresse de Sargas.
- Sargas ? demanda Thorin.
- Sargas est le nom que les minotaures donnent à Sargonnas, compéta Darion. Il est le dieu de la ven-geance et des minotaures. Il fut également le compa-gnon de la ténébreuse majesté Takhisis.
Même morte, un Paladin comme Darion n’évoquait son nom qu’avec un respect mêlé de crainte.
Sans quitter Gilthas du regard, il conti-nua lentement :
- Silvanost a été prise ainsi que la tour des étoiles. Les légendaires jardins royaux d’Astarin ont été dé-truits... Voici deux mois, La Reine est venue chez moi en me demandant une faveur. Elle souhaitait récupérer un objet familial caché dans les appartements royaux. Elle a tenu à ce que nous voyagions légers et seulement accompagnés de l’un de ses Quirath.
- Quirath ? demanda Linwood.
- Les Quirath sont les membres de l’ancienne garde royale, aujourd’hui des résistants et des éclai-reurs, précisa Gilthas. Captivé par le récit, il ne remar-qua pas que tous s’interrogeaient sur la manière étrange dont Gaylor le fixait.
- La Reine voulait cet objet à tout prix, et vous me connaissez, je ne sais pas dire à une femme sourit le guerrier rattrapé par l’alcool.
- Vous avez traversé les lignes ennemies à trois ? Ma tante aurait pu mourir ! s’emporta le Roi Gilthas.
- Du calme, on était plus, coupa Gaylor en sou-riant.
- Qui ? demanda le souverain.
- La Reine, le Quirath, moi… puis, posant lente-ment son épée sur la table, « Force et Honneur » mon épée magique. L’épée s’enflamma à la grande satisfac-tion de Gaylor qui arborait un sourire large comme la baie de Branchala.
Tous s’éloignèrent de la table avec sursaut. Ils regar-dèrent le guerrier, qui tout heureux de son effet, reprit la parole.
- Je disais donc qu’on est parti retrouver la relique et qu’on revenu avec en gros.
- Et c’est tout demanda la Roi ?
- Ba oui mon gamin…C’est tout.
- Ne m’appelez pas mon gamin, aubergiste !
- Y a deux trois trucs qu’il faudra qu’on te raconte sur moi, piou-piou.
Régissant à la provocation Gilthas se leva et brandit son épée en direction de Gaylor qui ne cilla pas.
Comprenant soudain l’attitude du guerrier, Angus voulu intervenir mais Gaylor le devança et déclara.

- La dernière fois que l’Etoile Perdue fut brandit de la sorte, c’était contre Bérylinthranox. Je pleure chaque soir la perte de l’immense souveraine qui la portait et je prie Mishakal pour les milliers d’elfes mort dans la Nalis Aren que nous n’avons pu sauver ce jour là …
Tous restèrent muet.
- Les dernières pensées de ta mère étaient pour toi, Gilthas. « Mon fils doit devenir le Pathfinder, jurez-moi de l’aider Gaylor. Il est un grand Roi, aidez-le a uni-fier les trois couronnes. »

Devant ces révélations, Gilthas resta interdit. Angus posa la main sur son épaule.
Le regard rougit par l’émotion, Gaylors se leva :
- J’ai trop bu, je vais me coucher. Bonne nuit à tous.

Angus murmura alors.
- Votre mère m’avait fait mention d’un humain sans peur devenu son confident. Il la protégea le temps de l’occupation Nérakienne. J’avais toujours cru qu’il s’agissait du Maréchal Médant. Je me suis trompé.

***

Quand au matin, Gilthas descendit les escaliers vers la salle commune, Gaylor était déjà derrière son bar depuis une heure, il échangea un regard entendu avec Linwood, Darion et Angus occupés à déjeuner. Les ré-vélations de la veille étaient dans toutes les têtes et le colosse savait qu’il avait une fois encore été maladroit.
Il s’apprêtait à présenter ses excuses quand Gilthas sourit et lui dit :
- Vous avez protégé ma mère, combattu à ses cô-tés et permis l’exode de mon peuple. Les survivants du Qualinesti vous doivent beaucoup. Merci à vous.
- Altesse, j’ai, je ne savais pas comment vous le dire. Enfin je veux dire j’ai bien connu votre mère et je lui ai promis de vous aider à unifier les trois nations. Je ne sais pas comment faire mais…
- Gaylor mon ami, mon épouse Kérianseray est princesse des Elfes sauvages du Kagonesti. Ma tante Alhana a récemment abdiqué le trône de Silvanost en ma faveur. Je suis le Pathfinder, déclara Gilthas en in-sistant sur le je. Je suis déjà le souverain des nations elfiques unifiées lâcha-t-il comme accablé par le poids de cette charge. En permettant l’éxode des Qualinesti, vous m’avez aidé.
- Sire, je…
- Nous n’avons plus de terre. Pour reprendre Sil-vanost nous devons gagner des alliés. Les nains de Tho-radin nous aiderons peut être. Il nous faut leur appui. Nous aiderez-vous dans cette quête ?
- Je serai honoré de me joindre…
Le guerrier n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase car la porte de son auberge vola en éclat, pulvé-risée par la force brute d’un coup de pied d’une vio-lence inouïe.
- Ca faisait longtemps, ironisa le vieux guerrier en dégainant sa lame.

Quatre minotaures en armes firent leur entrée ce-pendant que Thorin descendait l’escalier. En fin stra-tège, il savait que cacher sa présence pourrait se mon-trer décisif pour le groupe, aussi, il resta caché un mo-ment.
Les minotaures portaient sur leurs plastrons bleutés, la marque d’Ambéon, l’empire Minotaure.
- Rendez-vous ! Au nom de l’empereur déclara ce-lui qui était leur chef.
- Foutez-le camp, au nom du mien dit l’aubergiste ! en toisant celui qui avait parlé avec un sourire en coin.

Darion, qui n’avait pas quitté les soldats du regard depuis leur arrivée, sentit immédiatement les inten-tions malsaines de ces derniers. Il se leva lentement et dégaina Douleur, son épée sainte. Les mains jointes sur la garde finement ouvragée, il pointa son arme vers le sol.
- Je n’irai pas par quatre chemins. En cas de com-bat, vous serez tous tués. Je m’y engage, menaça le paladin d’une voix calme. Kiri-Jolith m’en sois le té-moin. Sur ces mots, sa lame s’auréola d’un halo blanc intense. Instantanément, les compagnons sentirent leurs poils se hérisser et leur cœur se remplir d’un cou-rage nouveau.
Linwood, Gilthas, Angus et Gaylor se mirent en posi-tion de combat.
- Posez vos clabbardes, leur dit Linwood en dia-lecte Mithasien.

Le chef des minotaures jeta un regard rapide à ces hommes, puis sûr de lui, leur ordonna :

- Rejoignez les autres. Je me charge de corriger ces êtres inférieurs comme il se doit. Sargas est avec moi, il guidera mon bras.
- Vous êtes certain ? chuchota un des soldats.
- Exécution !
- A vos ordres commandant, dirent-ils en quittant l’auberge à regret.

Le commandant minotaure avait un réel charisme et il était visible que ses hommes le craignaient. Grand pour ceux de sa race, il avait en outre le même regard gris clair que son illustre père, le légendaire Gorlaug Mithril Slavios, plus connu sous le nom de Gorlaug le minotaure.

- Mais qu’est-ce que vous faites-là ! rugit le mino-taure en se jetant à bras ouverts dans ceux de ses amis.
- Je suis chez moi ici gamin…dit Gaylor en riant.
- Korrigan ! sourit Darion.
- Heureux de te revoir, ajouta Linwood.
- Pas le temps pour les retrouvailles, ils vont reve-nir très vite, dit Angus.

Thorin descendit alors :
- Bon vous m’expliquez ?
- C’est très simple conclut la voix calme d’Angus : L’armée d’Ambéon vient bruler ce village. N’est-ce pas Korrigan ?
- Korrigan ? interrogea Linwood. Tu es avec ou contre nous ?
- Je sers l’empire car notre peuple mérite mieux que le caillou volcanique qu’est Mithas mais je ne cau-tionne pas les massacres. Le gros des troupes est au temple.
- Donc ? demanda Darion.
- Je suis avec vous ce sur coup mais le prêtre de Sargas est pour moi, grogna le minotaure en fronçant vers la sortie.
Les autres lui emboitèrent le pas.
- Mais c’est qui ? Vous m’expliquez ? hurla Thorin.


Chapitre 8
Si tu veux vivre vieux, frappe le premier.

Les minotaures étaient en surnombre et prenaient l’ascendant sur les elfes, brulant chaque maison. Ces derniers pris au dépourvu dans une aube sanglante perdaient chaque combat et en furent rapidement ré-duits à se rendre comme l’ordonnait un prêtre de Sar-gas. La moitié des villageois fut menée jusqu’au temple de Mishakal, l’autre vers le centre du village où des soldats de l’empire leurs passaient des liens. Méticu-leux et cruels les prétoriens d’Ambéon avaient ensuite improvisé une potence dans les débris de l’échoppe d’un tanneur. Les cordelettes et les lanières de cuir d’ordinaire utilisées par l’artisan avaient déjà serré une vingtaines de gorges et ôté autant de vie. Terrorisés des elfes ligotés fixaient les tabourets finement ouvragés, volés ici et là, que les bourreaux dressaient en vue de la prochaine exécution sous une énorme poutre dé-tournée de son usage premier.
- A qui le tour ? lança amusé un des minotaures présents sous le regard froid de ses comparses. Celle-là me semble bien ! ajouta-t-il en désignant une jeune mère de famille. Souhaite-tu mourir après tes enfants ou avant ? demanda-t-il très sérieusement.
- Vous vous comportez comme des gobelins, cra-cha, la jeune femme dans un fort accent. Vous n’avez pas une once d’honneur ! les défia-t-elle.
- Tu as raison femelle, dit le bourreau, tu es dé-sarmée, ce n’est pas glorieux. Détachez-la et donner lui une épée !
Sous les regards horrifiés de ses enfants et des autres prisonniers, la pauvre elfe se saisit maladroitement de l’épée proposée. Son adversaire, plus grand de trois têtes, la toisait avec mépris.
- Tu voulais de l’honneur ? Maintenant, défends ta vie siffla le minotaure, en lui tranchant la gorge d’un geste précis. Il avança ensuite vers les jeunes elfes en état de choc. A votre tour mes mignons.
A cet instant une corde claqua, une flèche siffla et la le crâne du minotaure fut percé de part en part par un tir d’une puissance inouïe. Le corps du monstre exécuté gît au sol dans une épaisse marre ocre. Les minotaures surpris prirent la fuite en direction de la place du village. Là, ils tombèrent sur Thorin, hache en main, Angus et Gilthas qui bandait à nouveau son arc.
- Joli tir majesté, commenta Angus dans un clin d’œil complice.
- A vous maintenant ! dit Gilthas.
Le regard mauvais, le nain n’attendit pas que son premier adversaire soit à portée d’attaquer. Il projeta violemment son arme sur lui.
- Alors « longues jambes » ! Reconnais que c’est plus dur avec une hache entre les cornes lança-t-il a sa victime cependant qu’il reprenait son arme.
- Vous êtes un sage maître Nain, dit Angus en po-sition de défense. Laissez-moi les suivants que j’exerce mon art.
- Sûr ? Vous n’êtes pas armé ?
- Si. Je le suis. J’ai même plus d’armes que vous n’en possédez dit-il en désignant de ses paumes : son front, ses coudes, et ses genoux avant d’exécuter un kata impressionnant de vitesse, de précision et d’intensité.
Un premier minotaure chargea le moine. D’un simple pas de côté, Angus esquiva l’attaque, puis de son coude, il fracassa la colonne vertébrale de son ad-versaire qui hurla tant de douleur que de surprise. Le soldat souffrait le martyr, le moine attendait son pro-chain adversaire. Ce dernier était fou de rage, il en-chaîna les frappes d’estoc et effectua moulinets sur moulinets. Angus esquiva toutes les tentatives avec une vélocité surnaturelle. Le minotaure était essoufflé. C’est alors que le disciple de la Manthe poussa son KI ; le cri vibrant paralysa le soldat. Angus le regarda dans les yeux et y vit de la peur. Le minotaure ne pouvait plus bouger, Angus prit sa respiration, et, dans un cri stri-dent enfonça sa paume dans la cage thoracique de son adversaire. Le sternum brisé, il périt sur coup.
- En route messieurs.
- Par Réorx, c’est désormais moi qui vais vous ap-peler Maître !
Gilthas savait de longue date de quoi était capable son ami Angus, il sourit.

***

Les mains liées Darion, Linwood, et Gaylor appro-chaient du temple pour être livrés par Korrigan. De nombreux elfes étaient déjà massés là.
- Celui qui porte la toge rouge est le prêtre, mur-mura Korrigan, il est pour moi.
Les compagnons se laissèrent menés jusqu’au temple. L’édifice était récent mais bâtit dans le marbre avec le respect des traditions elfiques. Les elfes du Sil-vanesti vouaient à la Déèsse de la Guérison, une dévo-tion sans pareille sur Krynn et n’avaient laissé aucun détail au hasard : le bâtiment était simplement magni-fique. Haut de dix mètres, sa somptueuse entrée était constituée d’une énorme double porte de chêne frap-pée du symbole « infini ». Le 8 inversé en platine, symbole de la déèsse Mishakal renvoyait la douce lueur du soleil levant.
- Je livre ceux là, déclara Korrigan.
- Bien. Faites-les entrer Commandant.
- J’avais dis pas de massacre Haut-Clerc.
- Sargas veut des combats et des morts.
- Ah ? fit Korrigan. En voilà un de plus, dit-il en tranchant la tête de son interlocuteur d’un coup vio-lent.
- Là petit … tu me fais plaisir, dit Gaylor. C’est fourbe mais efficace.
- Tu sais ce que dis mon père ?
- Si tu veux vivre vieux, commença Gaylor.
- Frappe le premier ! conclurent en cœur Linwood et Darion.
Tous se libérèrent et entamèrent un ultime combat contre les nombreux soldats présents. Enchainant les feintes de corps et les frappes brutales, tous les trois se battaient dans le pur style de leur maître d’arme com-mun. Ils tuaient vite, et prenaient peu de coups. Il res-tait encore une vingtaine de minotaures à combattre lorsque Gilthas, Angus et Thorin rejoignirent les autres.

Tous tuèrent de nombreux ennemis et tous furent blessés. Il y eu le sang et les cris, la peur et le courage. Les risques pris et les vies sauvées. Des paroles vides et des regards qui en disent long. Le combat terminé, un nouveau groupe était né. Au dernier prétorien fut vain-cu, c’est Gilthas qui poussa l’énorme double porte du temple. Dans un grincement celles-ci laissèrent filtrer les rayons du soleil ainsi qu’un vent frais.
A l’intérieur, la centaine de prisonniers présente et terrorisée et n’espérait plus une issue favorable. Tous envisageaient leur mort imminente. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous furent éblouis à l’ouverture des portes. La fine silhouette qui se détacha, les empli d’espoir. L’homme qui entrait suivi de quelques ombres était un elfe au charisme immense. Le regard ambre, la chevelure dorée, il portait un énorme mé-daillon que tous reconnurent comme le soleil de Kith Kanan . Dans le silence, tous s’agenouillèrent alors de-vant celui qu’ils identifièrent comme le souverain des nations elfiques unifiées : le Pathfinder.
- Relevez-vous mes frères, vous êtes libres, déclara le descendant de Kith Kanan.
A cet instant Gilthas ressembla énormément à Lau-rana, feu la reine de Qualinost et général doré de l’armée Solamnique durant la guerre de la lance. Gay-lor ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Secrètement il avait aimé la souveraine sans qu’elle le sâche et avec combattu à ses côtés jusqu’au dernier moment.
En voyant Korrigan, la foule fut gagnée par la colère et poussa des cris de vengeance :
- A mort ! A mort !
Gilthas leva alors l’étoile perdue pour demander le silence. Quand il l’obtint, il déclara d’une voix puis-sante.
Je vous présente vos sauveurs ! Retenez leurs noms pendant mille ans et acclamez-les dès maintenant !
Gilthas déclama alors un à un les noms et prénoms de chacun de ses compagnons.
- Gaylor Forgefeu ! Linwood Esalis ! Darion de Dou-leur ! Thorin Rougemarteau ! Angus de la Manthe ! Quant au minotaure… Gilthas marqua une pause et se rendit compte qu’il ne connaissait pas son nom et pire que même son prénom lui échappait. Il fallait faire vite. Ko quelques choses mais quoi ? Le jeune souverain se souvint alors des conseils de son père. Tanis lui avait dit un jour : Quoi que tu dises en public, dis le avec con-viction, ce qui compte c’est l’émotion. La foule restait en suspens attendait la suite. Gilthas improvisa, dans un large sourire il dit :
- Quant au minotaure, c’est le fils de Gorlaug ! Je vous demande d’acclamer : Koko le minotaure !
A l’annonce de la filiation prestigieuse, la foule ac-clama comme elle acclama ses autres libérateurs. Du-rant de longues minutes, les viva des villageois gonflè-rent les cœurs des compagnons. Tous étaient émus.
- Mais je m’appelle pas Koko grogna Korrigan !
- Tais toi et savoure, fiston, lui dit Gaylor, tu viens d’entrer dans leur légende. Tu es désormais connu : Koko le minotaure ! annonça le colosse.
Korrigan fut parcouru par un frisson. Pour la pre-mière fois il ressenti le sentiment de fierté de ceux qui réalisent un acte juste.
Koko le minotaure ! sourit-il. Il pensa alors à son père et regretta les paroles acerbes prononcées le jour de son départ. Que j’en suis loin de ta légende, songea-t-il alors.
***

Les nuages avaient échoués dans leur tentatives d’étouffer Lunitari. Dans la froide forêt du Silvanesti, une colonie de deux cents elfes de tous âges marchait à rythme une effréné. Seul un petit groupe composé d’un elfe, de quatre humains, d’un minotaure et d’un nain s’était arrêté dans une clairière afin de tenir con-seil. Seul le hululement des oiseaux nocturnes et le bruissement des feuilles dans les branches accompa-gnaient leur voix.
Assis sur une énorme branche de chêne morte, Tho-rin prit la parole le premier.
- Des heures qu’on marche dans cette satanée fo-rêt, les anciens et les enfants ne tiendront pas à cette allure.
- La force d’une chaîne est celle de son maillon le plus faible, déclara froidement Angus. Nous mourrons tous si on ralentit.
- J’entends ce que vous dites, moine, mais on n’abandonnera personne, dit Darion en fixant Angus dans les yeux. Hors de question.
- Pas le choix mon ami, dit Korrigan. Quand l’Ambéon s’apercevra de ce qu’il s’est passé, ils nous traqueront immédiatement et sans relâche. Il n’y aura ni fatigue, ni pitié de leur côté. Je connais mon peuple.
Angus hocha la tête en signe d’approbation.
- Aucune chance de laisser une piste vierge, cons-tata-t-il Linwood à regret. Ils nous retrouverons à coup sur. Il faut avancer.
- On pourrait poser des pièges, proposa Gaylor.
- Trop long, dit Korrigan, de plus ils ont des éclai-reurs qui les désamorceraient avant l’arrivée des troupes.
- Quelqu’un sait faire ça de toute façon ? deman-da Thorin.
Personne ne répondit.
- Problème réglé, coupa le nain. Autres idées ?
- On quitte la forêt… Direction les montagnes de Thoradin, trancha Gilthas à la stupéfaction de tous. Le Silvanesti est perdu pour nous, autant avancer, nous trouverons l’aide des nains, puis marquant une pause, ou autres choses ...
- Amis des causes perdues, les causes perdues nous appellent ! lança Gaylor, heureux comme un ga-min en partance pour sa première aventure.

***

Quand les aventuriers eurent quittés la clairière, une chouette effraie vint se poser sur la branche où se trouvait Thorin un instant plus tôt. Elle resta là à con-templer l’obscurité cependant que groupe s’éloignait puis elle prit son envol à travers les branchages, elle repéra une souris, qu’elle attrapa entre ses serres puis-santes avant de retrouver son nid en haut d’un sapin plusieurs fois centenaire. Sitôt posé, le rapace entendit le bruit des pattes épaisses d’un loup s’approcher. Ce dernier se frotta la fourrure contre l’arbre et gratta les épines qui jonchaient le sol afin de coucher conforta-blement. L’oiseau hulula longuement. Le loup s’endormit.
Au levé du jour, la chouette s’endormit tandis qu’un homme se réveillait, ce dernier chassa les épines qui lui griffaient les côtes et se mit en route direction Thora-din. Après quelques pas, l’homme se changea en ours. Un groupe de bipède qui marche au côté d’un cor-nu avait dit la chouette ? Serait-ce mon père et son ami Gorlaug ?
Orion en aurait le cœur net.

(fin du livre 2)

Re: Roman Dragonlance (fanfiction)

Publié : Mer 10 Juil 2019 23:56
par eres
Chapitre 7 : Retrouvailles.

A l'intérieur de l'auberge, toutes les tables sem-blaient occupées, à en croire les rires qui fusaient, l'en-droit était animée. Les compagnons avancèrent dans l'indifférence générale car toute la clientèle avaient les yeux rivés su bar où le patron narrait un semblait-t-il, extraordinaire récit. Charismatique, le colosse aux che-veux gris captait l'attention par son ventre arrondis, ses bras énormes et son rire communicatif. Toute l'au-berge riait aux larmes car l'homme pleurait de rire en racontant son récit...
Il racontait les combats, les femmes, et tout un tas d’histoires dont il était le héros.
- Et là je vois mon archimage qui dit : Je ne connais pas ce sort, là... Je ne sais pas quoi faire...
Et moi qui le regarde et qui lui dit: bah « détection de la magie » non ? Hilare, le colosse revivait manifestement la scène ...
Les habitués connaissaient l'histoire mais riaient de bon cœur à chaque fois qu’ils l’entendaient.
- Gaylor t'es vraiment le meilleur résuma un habi-tué... Aller raconte-nous encore comment tu as tué Takhisis !
- D'accord, mais je voudrais pas donner l'impression de me mettre en avant, plaisanta l'aubergiste !
Sous les rires gras de l'assemblée, Thorin, Darion, Linwood et Gilthas s'assossèrent contre un mur et stu-péfaits, profitèrent du spectacle...
- Et là, je lui plonge mon épée dans le coeur mima Gaylor...
- Bravo, bravo, bravo ! Trop fort Gaylor, t'es une lé-gende...

- Oui, ajouta une voix que Gaylor reconnu immédia-tement, et en plus tu as fais ça tout seul. Enfin tout seul si on ne compte pas Gorlaug, mon père, Garlick, Croak, Darion, Profion, Silvanoshei du Silvanesti, le Roi Gilthas ici présent et moi ...

- Mes amis ! s'exlama Gaylor fou de joie, par la barbe de Paladine, que faîtes-vous là ? Tournée générale ! déclara l'aubregiste, sollennel comme s'il annonçait la signature d'un traité de paix.

Angus pénétra dans l’auberge à cet instant.


***

Les compagnons apprécièrent la soirée passée en-semble dans la chaleur de l’auberge. Et si les rires et chansons raisonnèrent tard dans la nuit, on évoqua également les graves évènements qui présidaient à leurs retrouvailles.

Vous ne doutez de rien les enfants, lâcha Gaylor en se frottant le menton d'une main calleuse. Il se servit un énième verre de vin avant de poursuivre : Les Nains de Thoradin ne vous aideront pas comme ça. Pour moi c'est peine perdue.
- Et pourquoi donc demanda posément Gilthas ?
- Mes hommes m'ont dit avoir surpris un convoi nain en direction de Néraka. Ils transportaient de l'acier.
- Une alliance ?
- J'ai pas dis ça, mais à minima des accords de com-merce.
- Sûr, dit Darion. Encore une difficulté.

Linwood changea de sujet :
- La reine Alhana précise avoir été attaquée ici voici quelques jours mon ami, commença Linwood en regarda Gaylor.
Visiblement éméché, ce dernier fronça les sourcils. Sans lever les yeux de son verre vide qu’il contemplait avec fascination, le grand guerrier laissa un lourd si-lence s’installer avant de prendre la parole d’une voix étonnamment profonde.
- Quatre de mes hommes ont été défigurés par les flammes, six ne retrouveront pas leur foyer… C’est l’œuvre d’un lanceur de sort. Il savait ce qu’il faisait, il venait pour la Reine. Un assassin payé par les mino-taures j’imagine.
- Parle-nous d’eux, demanda Gilthas.
- Oui, nous ne savons rien d’eux pour ainsi dire renchérit le sage Angus.
- Gaylor plongea ses yeux dans ceux de Gilthas. Le Silvanesti a été rebaptisé Empire d’Ambéon. Il est dirigé par l’empereur Hotak de Droka et son épouse la très influente Néphera. On dit d’elle qu’elle est une prê-tresse de Sargas.
- Sargas ? demanda Thorin.
- Sargas est le nom que les minotaures donnent à Sargonnas, compéta Darion. Il est le dieu de la ven-geance et des minotaures. Il fut également le compa-gnon de la ténébreuse majesté Takhisis.
Même morte, un Paladin comme Darion n’évoquait son nom qu’avec un respect mêlé de crainte.
Sans quitter Gilthas du regard, il conti-nua lentement :
- Silvanost a été prise ainsi que la tour des étoiles. Les légendaires jardins royaux d’Astarin ont été dé-truits... Voici deux mois, La Reine est venue chez moi en me demandant une faveur. Elle souhaitait récupérer un objet familial caché dans les appartements royaux. Elle a tenu à ce que nous voyagions légers et seulement accompagnés de l’un de ses Quirath.
- Quirath ? demanda Linwood.
- Les Quirath sont les membres de l’ancienne garde royale, aujourd’hui des résistants et des éclai-reurs, précisa Gilthas. Captivé par le récit, il ne remar-qua pas que tous s’interrogeaient sur la manière étrange dont Gaylor le fixait.
- La Reine voulait cet objet à tout prix, et vous me connaissez, je ne sais pas dire à une femme sourit le guerrier rattrapé par l’alcool.
- Vous avez traversé les lignes ennemies à trois ? Ma tante aurait pu mourir ! s’emporta le Roi Gilthas.
- Du calme, on était plus, coupa Gaylor en sou-riant.
- Qui ? demanda le souverain.
- La Reine, le Quirath, moi… puis, posant lente-ment son épée sur la table, « Force et Honneur » mon épée magique. L’épée s’enflamma à la grande satisfac-tion de Gaylor qui arborait un sourire large comme la baie de Branchala.
Tous s’éloignèrent de la table avec sursaut. Ils regar-dèrent le guerrier, qui tout heureux de son effet, reprit la parole.
- Je disais donc qu’on est parti retrouver la relique et qu’on revenu avec en gros.
- Et c’est tout demanda la Roi ?
- Ba oui mon gamin…C’est tout.
- Ne m’appelez pas mon gamin, aubergiste !
- Y a deux trois trucs qu’il faudra qu’on te raconte sur moi, piou-piou.
Régissant à la provocation Gilthas se leva et brandit son épée en direction de Gaylor qui ne cilla pas.
Comprenant soudain l’attitude du guerrier, Angus voulu intervenir mais Gaylor le devança et déclara.

- La dernière fois que l’Etoile Perdue fut brandit de la sorte, c’était contre Bérylinthranox. Je pleure chaque soir la perte de l’immense souveraine qui la portait et je prie Mishakal pour les milliers d’elfes mort dans la Nalis Aren que nous n’avons pu sauver ce jour là …
Tous restèrent muet.
- Les dernières pensées de ta mère étaient pour toi, Gilthas. « Mon fils doit devenir le Pathfinder, jurez-moi de l’aider Gaylor. Il est un grand Roi, aidez-le a uni-fier les trois couronnes. »

Devant ces révélations, Gilthas resta interdit. Angus posa la main sur son épaule.
Le regard rougit par l’émotion, Gaylors se leva :
- J’ai trop bu, je vais me coucher. Bonne nuit à tous.

Angus murmura alors.
- Votre mère m’avait fait mention d’un humain sans peur devenu son confident. Il la protégea le temps de l’occupation Nérakienne. J’avais toujours cru qu’il s’agissait du Maréchal Médant. Je me suis trompé.

***

Quand au matin, Gilthas descendit les escaliers vers la salle commune, Gaylor était déjà derrière son bar depuis une heure, il échangea un regard entendu avec Linwood, Darion et Angus occupés à déjeuner. Les ré-vélations de la veille étaient dans toutes les têtes et le colosse savait qu’il avait une fois encore été maladroit.
Il s’apprêtait à présenter ses excuses quand Gilthas sourit et lui dit :
- Vous avez protégé ma mère, combattu à ses cô-tés et permis l’exode de mon peuple. Les survivants du Qualinesti vous doivent beaucoup. Merci à vous.
- Altesse, j’ai, je ne savais pas comment vous le dire. Enfin je veux dire j’ai bien connu votre mère et je lui ai promis de vous aider à unifier les trois nations. Je ne sais pas comment faire mais…
- Gaylor mon ami, mon épouse Kérianseray est princesse des Elfes sauvages du Kagonesti. Ma tante Alhana a récemment abdiqué le trône de Silvanost en ma faveur. Je suis le Pathfinder, déclara Gilthas en in-sistant sur le je. Je suis déjà le souverain des nations elfiques unifiées lâcha-t-il comme accablé par le poids de cette charge. En permettant l’éxode des Qualinesti, vous m’avez aidé.
- Sire, je…
- Nous n’avons plus de terre. Pour reprendre Sil-vanost nous devons gagner des alliés. Les nains de Tho-radin nous aiderons peut être. Il nous faut leur appui. Nous aiderez-vous dans cette quête ?
- Je serai honoré de me joindre…
Le guerrier n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase car la porte de son auberge vola en éclat, pulvé-risée par la force brute d’un coup de pied d’une vio-lence inouïe.
- Ca faisait longtemps, ironisa le vieux guerrier en dégainant sa lame.

Quatre minotaures en armes firent leur entrée ce-pendant que Thorin descendait l’escalier. En fin stra-tège, il savait que cacher sa présence pourrait se mon-trer décisif pour le groupe, aussi, il resta caché un mo-ment.
Les minotaures portaient sur leurs plastrons bleutés, la marque d’Ambéon, l’empire Minotaure.
- Rendez-vous ! Au nom de l’empereur déclara ce-lui qui était leur chef.
- Foutez-le camp, au nom du mien dit l’aubergiste ! en toisant celui qui avait parlé avec un sourire en coin.

Darion, qui n’avait pas quitté les soldats du regard depuis leur arrivée, sentit immédiatement les inten-tions malsaines de ces derniers. Il se leva lentement et dégaina Douleur, son épée sainte. Les mains jointes sur la garde finement ouvragée, il pointa son arme vers le sol.
- Je n’irai pas par quatre chemins. En cas de com-bat, vous serez tous tués. Je m’y engage, menaça le paladin d’une voix calme. Kiri-Jolith m’en sois le té-moin. Sur ces mots, sa lame s’auréola d’un halo blanc intense. Instantanément, les compagnons sentirent leurs poils se hérisser et leur cœur se remplir d’un cou-rage nouveau.
Linwood, Gilthas, Angus et Gaylor se mirent en posi-tion de combat.
- Posez vos clabbardes, leur dit Linwood en dia-lecte Mithasien.

Le chef des minotaures jeta un regard rapide à ces hommes, puis sûr de lui, leur ordonna :

- Rejoignez les autres. Je me charge de corriger ces êtres inférieurs comme il se doit. Sargas est avec moi, il guidera mon bras.
- Vous êtes certain ? chuchota un des soldats.
- Exécution !
- A vos ordres commandant, dirent-ils en quittant l’auberge à regret.

Le commandant minotaure avait un réel charisme et il était visible que ses hommes le craignaient. Grand pour ceux de sa race, il avait en outre le même regard gris clair que son illustre père, le légendaire Gorlaug Mithril Slavios, plus connu sous le nom de Gorlaug le minotaure.

- Mais qu’est-ce que vous faites-là ! rugit le mino-taure en se jetant à bras ouverts dans ceux de ses amis.
- Je suis chez moi ici gamin…dit Gaylor en riant.
- Korrigan ! sourit Darion.
- Heureux de te revoir, ajouta Linwood.
- Pas le temps pour les retrouvailles, ils vont reve-nir très vite, dit Angus.

Thorin descendit alors :
- Bon vous m’expliquez ?
- C’est très simple conclut la voix calme d’Angus : L’armée d’Ambéon vient bruler ce village. N’est-ce pas Korrigan ?
- Korrigan ? interrogea Linwood. Tu es avec ou contre nous ?
- Je sers l’empire car notre peuple mérite mieux que le caillou volcanique qu’est Mithas mais je ne cau-tionne pas les massacres. Le gros des troupes est au temple.
- Donc ? demanda Darion.
- Je suis avec vous ce sur coup mais le prêtre de Sargas est pour moi, grogna le minotaure en fronçant vers la sortie.
Les autres lui emboitèrent le pas.
- Mais c’est qui ? Vous m’expliquez ? hurla Thorin.


Chapitre 8
Si tu veux vivre vieux, frappe le premier.

Les minotaures étaient en surnombre et prenaient l’ascendant sur les elfes, brulant chaque maison. Ces derniers pris au dépourvu dans une aube sanglante perdaient chaque combat et en furent rapidement ré-duits à se rendre comme l’ordonnait un prêtre de Sar-gas. La moitié des villageois fut menée jusqu’au temple de Mishakal, l’autre vers le centre du village où des soldats de l’empire leurs passaient des liens. Méticu-leux et cruels les prétoriens d’Ambéon avaient ensuite improvisé une potence dans les débris de l’échoppe d’un tanneur. Les cordelettes et les lanières de cuir d’ordinaire utilisées par l’artisan avaient déjà serré une vingtaines de gorges et ôté autant de vie. Terrorisés des elfes ligotés fixaient les tabourets finement ouvragés, volés ici et là, que les bourreaux dressaient en vue de la prochaine exécution sous une énorme poutre dé-tournée de son usage premier.
- A qui le tour ? lança amusé un des minotaures présents sous le regard froid de ses comparses. Celle-là me semble bien ! ajouta-t-il en désignant une jeune mère de famille. Souhaite-tu mourir après tes enfants ou avant ? demanda-t-il très sérieusement.
- Vous vous comportez comme des gobelins, cra-cha, la jeune femme dans un fort accent. Vous n’avez pas une once d’honneur ! les défia-t-elle.
- Tu as raison femelle, dit le bourreau, tu es dé-sarmée, ce n’est pas glorieux. Détachez-la et donner lui une épée !
Sous les regards horrifiés de ses enfants et des autres prisonniers, la pauvre elfe se saisit maladroitement de l’épée proposée. Son adversaire, plus grand de trois têtes, la toisait avec mépris.
- Tu voulais de l’honneur ? Maintenant, défends ta vie siffla le minotaure, en lui tranchant la gorge d’un geste précis. Il avança ensuite vers les jeunes elfes en état de choc. A votre tour mes mignons.
A cet instant une corde claqua, une flèche siffla et la le crâne du minotaure fut percé de part en part par un tir d’une puissance inouïe. Le corps du monstre exécuté gît au sol dans une épaisse marre ocre. Les minotaures surpris prirent la fuite en direction de la place du village. Là, ils tombèrent sur Thorin, hache en main, Angus et Gilthas qui bandait à nouveau son arc.
- Joli tir majesté, commenta Angus dans un clin d’œil complice.
- A vous maintenant ! dit Gilthas.
Le regard mauvais, le nain n’attendit pas que son premier adversaire soit à portée d’attaquer. Il projeta violemment son arme sur lui.
- Alors « longues jambes » ! Reconnais que c’est plus dur avec une hache entre les cornes lança-t-il a sa victime cependant qu’il reprenait son arme.
- Vous êtes un sage maître Nain, dit Angus en po-sition de défense. Laissez-moi les suivants que j’exerce mon art.
- Sûr ? Vous n’êtes pas armé ?
- Si. Je le suis. J’ai même plus d’armes que vous n’en possédez dit-il en désignant de ses paumes : son front, ses coudes, et ses genoux avant d’exécuter un kata impressionnant de vitesse, de précision et d’intensité.
Un premier minotaure chargea le moine. D’un simple pas de côté, Angus esquiva l’attaque, puis de son coude, il fracassa la colonne vertébrale de son ad-versaire qui hurla tant de douleur que de surprise. Le soldat souffrait le martyr, le moine attendait son pro-chain adversaire. Ce dernier était fou de rage, il en-chaîna les frappes d’estoc et effectua moulinets sur moulinets. Angus esquiva toutes les tentatives avec une vélocité surnaturelle. Le minotaure était essoufflé. C’est alors que le disciple de la Manthe poussa son KI ; le cri vibrant paralysa le soldat. Angus le regarda dans les yeux et y vit de la peur. Le minotaure ne pouvait plus bouger, Angus prit sa respiration, et, dans un cri stri-dent enfonça sa paume dans la cage thoracique de son adversaire. Le sternum brisé, il périt sur coup.
- En route messieurs.
- Par Réorx, c’est désormais moi qui vais vous ap-peler Maître !
Gilthas savait de longue date de quoi était capable son ami Angus, il sourit.

***

Les mains liées Darion, Linwood, et Gaylor appro-chaient du temple pour être livrés par Korrigan. De nombreux elfes étaient déjà massés là.
- Celui qui porte la toge rouge est le prêtre, mur-mura Korrigan, il est pour moi.
Les compagnons se laissèrent menés jusqu’au temple. L’édifice était récent mais bâtit dans le marbre avec le respect des traditions elfiques. Les elfes du Sil-vanesti vouaient à la Déèsse de la Guérison, une dévo-tion sans pareille sur Krynn et n’avaient laissé aucun détail au hasard : le bâtiment était simplement magni-fique. Haut de dix mètres, sa somptueuse entrée était constituée d’une énorme double porte de chêne frap-pée du symbole « infini ». Le 8 inversé en platine, symbole de la déèsse Mishakal renvoyait la douce lueur du soleil levant.
- Je livre ceux là, déclara Korrigan.
- Bien. Faites-les entrer Commandant.
- J’avais dis pas de massacre Haut-Clerc.
- Sargas veut des combats et des morts.
- Ah ? fit Korrigan. En voilà un de plus, dit-il en tranchant la tête de son interlocuteur d’un coup vio-lent.
- Là petit … tu me fais plaisir, dit Gaylor. C’est fourbe mais efficace.
- Tu sais ce que dis mon père ?
- Si tu veux vivre vieux, commença Gaylor.
- Frappe le premier ! conclurent en cœur Linwood et Darion.
Tous se libérèrent et entamèrent un ultime combat contre les nombreux soldats présents. Enchainant les feintes de corps et les frappes brutales, tous les trois se battaient dans le pur style de leur maître d’arme com-mun. Ils tuaient vite, et prenaient peu de coups. Il res-tait encore une vingtaine de minotaures à combattre lorsque Gilthas, Angus et Thorin rejoignirent les autres.

Tous tuèrent de nombreux ennemis et tous furent blessés. Il y eu le sang et les cris, la peur et le courage. Les risques pris et les vies sauvées. Des paroles vides et des regards qui en disent long. Le combat terminé, un nouveau groupe était né. Au dernier prétorien fut vain-cu, c’est Gilthas qui poussa l’énorme double porte du temple. Dans un grincement celles-ci laissèrent filtrer les rayons du soleil ainsi qu’un vent frais.
A l’intérieur, la centaine de prisonniers présente et terrorisée et n’espérait plus une issue favorable. Tous envisageaient leur mort imminente. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous furent éblouis à l’ouverture des portes. La fine silhouette qui se détacha, les empli d’espoir. L’homme qui entrait suivi de quelques ombres était un elfe au charisme immense. Le regard ambre, la chevelure dorée, il portait un énorme mé-daillon que tous reconnurent comme le soleil de Kith Kanan . Dans le silence, tous s’agenouillèrent alors de-vant celui qu’ils identifièrent comme le souverain des nations elfiques unifiées : le Pathfinder.
- Relevez-vous mes frères, vous êtes libres, déclara le descendant de Kith Kanan.
A cet instant Gilthas ressembla énormément à Lau-rana, feu la reine de Qualinost et général doré de l’armée Solamnique durant la guerre de la lance. Gay-lor ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Secrètement il avait aimé la souveraine sans qu’elle le sâche et avec combattu à ses côtés jusqu’au dernier moment.
En voyant Korrigan, la foule fut gagnée par la colère et poussa des cris de vengeance :
- A mort ! A mort !
Gilthas leva alors l’étoile perdue pour demander le silence. Quand il l’obtint, il déclara d’une voix puis-sante.
Je vous présente vos sauveurs ! Retenez leurs noms pendant mille ans et acclamez-les dès maintenant !
Gilthas déclama alors un à un les noms et prénoms de chacun de ses compagnons.
- Gaylor Forgefeu ! Linwood Esalis ! Darion de Dou-leur ! Thorin Rougemarteau ! Angus de la Manthe ! Quant au minotaure… Gilthas marqua une pause et se rendit compte qu’il ne connaissait pas son nom et pire que même son prénom lui échappait. Il fallait faire vite. Ko quelques choses mais quoi ? Le jeune souverain se souvint alors des conseils de son père. Tanis lui avait dit un jour : Quoi que tu dises en public, dis le avec con-viction, ce qui compte c’est l’émotion. La foule restait en suspens attendait la suite. Gilthas improvisa, dans un large sourire il dit :
- Quant au minotaure, c’est le fils de Gorlaug ! Je vous demande d’acclamer : Koko le minotaure !
A l’annonce de la filiation prestigieuse, la foule ac-clama comme elle acclama ses autres libérateurs. Du-rant de longues minutes, les viva des villageois gonflè-rent les cœurs des compagnons. Tous étaient émus.
- Mais je m’appelle pas Koko grogna Korrigan !
- Tais toi et savoure, fiston, lui dit Gaylor, tu viens d’entrer dans leur légende. Tu es désormais connu : Koko le minotaure ! annonça le colosse.
Korrigan fut parcouru par un frisson. Pour la pre-mière fois il ressenti le sentiment de fierté de ceux qui réalisent un acte juste.
Koko le minotaure ! sourit-il. Il pensa alors à son père et regretta les paroles acerbes prononcées le jour de son départ. Que j’en suis loin de ta légende, songea-t-il alors.
***

Les nuages avaient échoués dans leur tentatives d’étouffer Lunitari. Dans la froide forêt du Silvanesti, une colonie de deux cents elfes de tous âges marchait à rythme une effréné. Seul un petit groupe composé d’un elfe, de quatre humains, d’un minotaure et d’un nain s’était arrêté dans une clairière afin de tenir con-seil. Seul le hululement des oiseaux nocturnes et le bruissement des feuilles dans les branches accompa-gnaient leur voix.
Assis sur une énorme branche de chêne morte, Tho-rin prit la parole le premier.
- Des heures qu’on marche dans cette satanée fo-rêt, les anciens et les enfants ne tiendront pas à cette allure.
- La force d’une chaîne est celle de son maillon le plus faible, déclara froidement Angus. Nous mourrons tous si on ralentit.
- J’entends ce que vous dites, moine, mais on n’abandonnera personne, dit Darion en fixant Angus dans les yeux. Hors de question.
- Pas le choix mon ami, dit Korrigan. Quand l’Ambéon s’apercevra de ce qu’il s’est passé, ils nous traqueront immédiatement et sans relâche. Il n’y aura ni fatigue, ni pitié de leur côté. Je connais mon peuple.
Angus hocha la tête en signe d’approbation.
- Aucune chance de laisser une piste vierge, cons-tata-t-il Linwood à regret. Ils nous retrouverons à coup sur. Il faut avancer.
- On pourrait poser des pièges, proposa Gaylor.
- Trop long, dit Korrigan, de plus ils ont des éclai-reurs qui les désamorceraient avant l’arrivée des troupes.
- Quelqu’un sait faire ça de toute façon ? deman-da Thorin.
Personne ne répondit.
- Problème réglé, coupa le nain. Autres idées ?
- On quitte la forêt… Direction les montagnes de Thoradin, trancha Gilthas à la stupéfaction de tous. Le Silvanesti est perdu pour nous, autant avancer, nous trouverons l’aide des nains, puis marquant une pause, ou autres choses ...
- Amis des causes perdues, les causes perdues nous appellent ! lança Gaylor, heureux comme un ga-min en partance pour sa première aventure.

***

Quand les aventuriers eurent quittés la clairière, une chouette effraie vint se poser sur la branche où se trouvait Thorin un instant plus tôt. Elle resta là à con-templer l’obscurité cependant que groupe s’éloignait puis elle prit son envol à travers les branchages, elle repéra une souris, qu’elle attrapa entre ses serres puis-santes avant de retrouver son nid en haut d’un sapin plusieurs fois centenaire. Sitôt posé, le rapace entendit le bruit des pattes épaisses d’un loup s’approcher. Ce dernier se frotta la fourrure contre l’arbre et gratta les épines qui jonchaient le sol afin de coucher conforta-blement. L’oiseau hulula longuement. Le loup s’endormit.
Au levé du jour, la chouette s’endormit tandis qu’un homme se réveillait, ce dernier chassa les épines qui lui griffaient les côtes et se mit en route direction Thora-din. Après quelques pas, l’homme se changea en ours. Un groupe de bipède qui marche au côté d’un cor-nu avait dit la chouette ? Serait-ce mon père et son ami Gorlaug ?
Orion en aurait le cœur net.

(fin du livre 2)