Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Venez nous compter vos récits d'aventures.
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Théodal
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Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Message par Théodal »

Oyey, oyez voyageurs !
Laissez moi vous conter les magnifiques aventures des Défenseurs du Crépuscule, une troupe d'aventuriers sans peur qui se fit connaitre dans le Royaume de Cormyr, sous le règne du bon roi Azoun IV, durant l'année du Ver.
Approchez, et écoutez moi braves gens.

"Au tout début de notre histoire, nos héros sont au nombre de quatre, mais leur petite troupe sera bien vite grossie de quelques courageux aventuriers, désireux de se faire un nom dans leur royaume natal.
Les quatre protagonistes n'ont pas grand chose en commun, à ceci près qu'ils viennent tous de l'ouest des Cornes de tempêtes, limite occidentale du royaume de Cormyr"

Prologue :

Galaad était resté éveillé toute la nuit. Il pensait depuis quelques temps à partir à l'aventure, au nom de son ordre. Il n'était pourtant pas malheureux dans la forteresse des Chevaliers du Lion, située au coeur de la cité marchande Berdusk. C'était tout ce qu'il avait toujours désiré, depuis son enfance au sein d'une riche famille, bercé d'histoires héroïques de pieux et courageux héros. Il était en réalité adopté, ses "parents" l'avaient trouvé abandonné sur le bord d'une route alors qu'il était un nourisson. Cependant, ils l'avaient élévé comme leur propre enfant, avec leur fils Altair.
Mais il avait pris sa décision : aujourd'hui il demanderait à son commandant l'autorisation de partir à l'aventure, il songeait notamment à aller dans le royaume de Cormyr dont il avait entendu de fantastiques histoires.
Galaad sortit de sa chambre et se dirigea vers le bureau du commandant, mais il l'aperçut en pleine discussion dans la cour. Il se dirigea vers lui, attendit qu'il ait fini de parler et lui soumis sa proposition.
"Eh bien jeune homme, je pense que tu peux en effet partir répandre la parole de Torm dans ce royaume, mais tu devra revenir dans deux mois pour nous rapporter 60% de tes gains et des informations
-Oui Monsieur, je sais déjà ça monsieur!
-Alors va donc t'équiper, nous irons ensuite officialiser ça
-Oui Monsieur !
-... Eh bien vas-y qu'est-ce que tu attends ?
-Oui monsieur !
Le commandant se penche vers son bras droit
-Il est pas un peu con celui là ?
-Si, mais il est très fervent, commandant
A la suite de cet échange, Galaad s'équipa à l'armurerie du fort, mais il n'y avait comme armure qu'une misérable armure de cuir clouté. Il prit ensuite la première caravane en direction du royaume de Cormyr

A plusieurs dizaines de kilomètres de là, Altair poussa un cri de victoire. Cela faisait plus d'un an qu'il traquait et tuait un par un les membres d'un clan d'orc, et il venait de tuer le dernier au cours d'un âpre combat. Il avait passé son enfance dans une riche famille de Berdusk, en compagnie de son frère adoptif, Galaad. Mais la vie citadine n'était pas faite pour lui, et à l'âge de 15 ans il quitta le domicile familial pour partir dans la forêt. Rapidement, il devint le protecteur d'un petit village en bordure de forêt. Tout allait pour le mieux jusqu'au jour fatidique où, au retour d'une patrouille dans la forêt, il trouva le village dévasté. Les coupables étaient une troupe d'orcs assoifés de sang. A partir de ce jour, il jura de ne pas trouver le repos avant d'avoir exterminé tous ces orcs. Et il venait de tuer le dernier. Il s'assit sur un rocher et réfléchit. Maintenant qu'il avait atteint son but, que pouvait-il faire ? "Dieux de la nature, dit-il à haute voix, où dois-je aller maintenant ?
Une bourasque souffla alors vers l'est. "Alors, se dit-il, c'est là bas que j'irai"

Faydo venait de terminer son spectacle de jonglage, sur la place du marché d'Asbravn. Les applaudissements pleuvaient et il était plutôt content de son succès. Il laissa les badauds se disperser, et observa une grosse dame à la bourse tout aussi enflée. "Toi, se dit-il, tu as besoin que j'allège ta bourse" Il se glissa derrière elle alors qu'elle était en train d'observer un vase hideux. En un tour de main, la bourse fut dans sa main, mais lorsqu'il se retourna, il tomba nez à nez avec le boucher du village, pas du tout, mais alors pas du tout content de ce qu'il venait de voir.
"Hé hé hé, on dirait bien que notre jongleur est en fait un petit voleur... HEY VENEZ PAR ICI MESSIEURS, JE CROIS QU'ON A QUELQU'UN A ROSSER"
Le foule jusqu'ici amicale se tourna vers lui l'air menaçant
"Allons allons messieurs dames, vous moyez bien que je ramassais la bourse de cette pauvre dame.. Tenez, je..."
Il ne put finir sa phrase. La grosse dame venait de lui fracasser le vase sur la tête. Il se réveilla des heures plus tard sur le bord de la route, tout contusionné. Il se releva, épousseta ses vêtements bariolés et ajuste son grand chapeau à plumes.
"Bon ! Dit-il, il est temps d'aller dans des contrées plus civilisées, voyons ce que le Cormyr aura à nous offrir... Héla, dit-il en hélant un marchand dans son chariot, auriez vous une place pour un piéton épuisé?
-Bien sûr mon brave, où donc allez vous?
-En Cormyr, si ça ne vous fait rien.
-Je ne vais pas en Cormyr mais je pourrais vous déposer à Estant où vous pourrez prendre une caravanne. Montez donc ! Vous me jouez un petit quelque chose avec votre crin-crin ?
-C'est un Luth ! Et avec plaisir !

Le soleil cognait sur le casque de Lokyr, et la fatigue commençait à se faire sentir. Il avait quitté sa communauté elfique deux ans auparavant pour rechercher de valeureux aventuriers capables de l'accompagner dans les tréfonds obscurs, dans la traque des perfides elfes noirs. C'était sa vocation en tant que prêtre de Shevarash, dieu de la vengeance elfique. Jusqu'ici, tous ceux qu'il avait rencontré s'étaient montrés indignes de lui, et il avait décidé de pousser encore plus à l'est. Malgré ses 116 ans, il n'avait que très peu quitté son temple, et les relations avec les humains étaient pour lui compliquées, d'ailleurs les relations avec les autres elfes étaient presque aussi compliquées, ces derniers ayant du mal à concevoir sa foi. Mais il était certain qu'il finirait par trouver le bon groupe d'aventuriers.
Cela faisait un moment qu'il marchait, sa cape rouge et ses longs cheveux noirs flottant au vent, et son armure argentée brillant au soleil. Il arrivait en vue d'une forteresse dans les montagnes, on lui avait dit que derrière ces montages se trouvait un puissant royaume humain, et il espérait que ceux qu'il recherchait se trouveraient en son sein.

Caractéristiques des personnages :

Galaad : Paladin, Humain, 18 ans, peau blanche, tâches de rousseur, peau blanche, cheveux roux courts en brosse, yeux verts, large d'épaules, il a un écu avec le symbole de Torm dessus.
FOR 13 ; DEX 9 ; CON 12 ; INT 8 ; SAG 14 ; CHA 17
:palouf:

Lokyr : Prêtre vengeur de Shevarash, Elfe de Lune, 116 ans, cheveux longs noirs, yeux noirs, de petite taille mais athlétique.
FOR 13 ; DEX 13 ; CON 12 ; INT 13; SAG 16 ; CHA 13
:pretre:

Faydo : Barde, Humain, 18 ans, blanc, cheveux bruns mi long, léger embonpoint, vêtements bariolés (violet et rouge pétant) et chapeau à plumes.
FOR 10 ; DEX 12 ; CON 11 ; INT 14; SAG 19 ; CHA 17
:merci:

Altair : Rôdeur, Humain, 18 ans, peau hâlée, cheveux noirs frisés, yeux marrons, large carrure, porte des vêtements kaki avec une capuche.
FOR 13 ; DEX 17 ; CON 17 ; INT 12; SAG 14 ; CHA 10
:batte:

Aventure 1 : Une rencontre heureuse

Altair, Galaad, Lokyr et Faydo s'étaient tous les quatre reposés dans la forteresse de Haute-Corne, en Cormyr. Ils n'avaient aucune idée de qui étaient leurs voisins (bien qu'ils se connaissaient, Galaad et Altair ne s'étaient pas vu depuis plusieurs années, et ne se sont pas reconnus sur le coup).
Le lendemain matin, à quelques minutes d'intervale nos quatre personnages se mirent en route. Altair était le premier, et à mis chemin de Tyrluk il s'arrêta pour faire une pause. Il vit au loin un homme d'armes se diriger dans sa direction. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il reconnut son frère Galaad !
"Ga... Galaad ? C'est bien toi ? fit-il décontenancé
-Altair ? Mais que.. Qu'est-ce que tu fais là ?"
Ils restèrent quelques instants interdits et se jetèrent dans les bras l'un de l'autre. Une larme de joie coula sur la joue de Galaad.
"Mon frère, dit-il, je te croyais mort...
-J'ai bien failli, mais comme tu vois, je suis toujours là : Qu'est-tu venu faire en Cormyr ? Tu en a eu assez de ces sottises de paladins ?
-Non ! Loin de là, répliqua-il en brandissant fièrement son bouclier. Je suis venu porter la parole de Torm dans ce royaume, et chercher l'aventure !
-Ah... Fit Altair, légèrement déçu, eh bien mon frère, que dirais-tu de..."

A ce moment là, ils virent un homme à l'armure étincelante tout près d'eux. Il s'était approché sans bruit, et cela malgré l'armure rutilante qu'il portait. En réalité ce n'était pas un homme, mais un elfe à l'oeil perçant.

"Oh ! Bonjour...
-Salutations... Je suis à la recherche d'un groupe d'aventuriers pour partir à l'aventure. Désirez-vous vous joindre à moi ?
-Euh... Eh bien, pourquoi pas, quel est votre nom ?
-Lokyr. "

C'est ce moment que Faydo choisit pour faire son entrée. Le fripon s'était attiré les foudres des gardes de la forteresse de Haute-Corne en tentant de les escroquer avec un tour de passe passe... Il avait bien vite déguerpi, avait pris quelques cailloux mais n'avait pas demandé son reste. Il était encore en train de courrir, tout essouflé, lorsqu'il arriva juste devant nos trois larrons. Il s'apousetta et dit d'une voix claire en exécutant une révérence : " Messieurs, permettez moi de me présenter : Faydo, barde de mon état ! Je voyage pour trouver mille richesses qui feront pâlir les nains les plus cupides, je suis vif comme le renard, ma verve est plus aiguisée que la lame d'un assassin et j'ai très soif d'aventures, que je pourrais conter à des badauds désireux d'être divertis, moyennant quelques piècettes, cela va de soi... Et vous, que venez-vous chercher en Cormyr ?
-Sensiblement la même chose que vous mon brave, dit Altair d'un ton amusé. Messieurs, que diriez-vous de faire un bout de route ensemble, qu'on apprenne un peu à se connaitre ?

Ils se mirent en route vers Tyrluk. Une dizaine de minutes après, les discussions allaient bon train lorsqu'une flèche fusa près de l'oreille de Faydo. Ils étaient attaqués ! Une seconde plus tard, une flèche se ficha dans la poitrine de Lokyr. En une fraction de seconde, nos héros étaient parés au combat, Faydo tira ses deux épées courtes, Altair de même et Galaad son épée longue. Lokyr sortit sa masse d'arme, prêt à en découdre. Les attaquants étaient des kobolds, dissimulés derrière des arbres. Trois des kobolds armés de dagues sautèrent sur Galaad qui peina à contrer tous les coups. Altair se précipita sur les deux archers pour les empêcher de tirer sur les autres. Le combat fit rage, Galaad prit une flèche dans l'abdomen et fut poignardé à plusieurs reprises. Il tenta de se guérir par imposition des mains, mais à ce moment là, une seconde flèche se ficha dans son bras. Sous la douleur, il tomba au sol, inconscient. Les trois héros restés debout mirent fin aux misérables vies des kobolds. Galaad, perdait du sang, il était vraiment mal en point. Lokyr se pencha sur lui, et l'apaisa. "calme toi, je suis guérisseur, je vais te soigner". Il lança plusieurs sorts de soin, invoquant son dieu, afin de guérir Galaad. Il fut sur pied en un rien de temps, et remercia Lokyr. Ils fouillèrent les corps écailleux des kobolds et trouvèrent quelques piècettes de bronze. Ils se remirent ensuite en route vers le village, alors que le soleil se couchait sur l'horizon...

Et c'est ainsi que les aventures de nos 4 compères commencèrent. :youpi:

*Petite note : j'ai retranscrit les dialogues selon mes souvenirs, ce ne sont sans doute pas les mots exacts des joueurs, mais l'idée reste la même*
Dernière édition par Théodal le Mer 31 Août 2022 12:10, édité 3 fois.
"Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi."
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Théodal
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Re: Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Message par Théodal »

Ce post est beaucoup trop long XD
"Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi."
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guizacoatl
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Re: Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Message par guizacoatl »

Très bien écrit, hâte de lire la suite.
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Marco Volo
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Re: Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Message par Marco Volo »

Super à suivre ! Merci de prendre le temps.
Projets en cours :
Guide Volo du Cormyr, Les Catacombes de Soirétoile version longue.

Relecture :

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jeff du co
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Re: Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Message par jeff du co »

En plus avec un pal de mon ordre :palouf:
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Re: Les Aventures des Défenseurs du Crépuscule

Message par Théodal »

*Note : après plus de trois ans, je reprends la rédaction de ces aventures. Je tiens encore une fois à préciser que le déroulé précis et les dialogues ont été reproduits de façon assez éloignée de la réalité étant donné que la partie racontée ici à eu lieu en 2016 et que mes notes étaient très sommaire. J'ai également retrouvé la fiche de Galaad, donc je rajoute ses stats dans mon premier message. Je tiens par ailleurs à m'excuser si je suis un peu rouillé, ça fait longtemps que je n'ai rien rédigé d'autre que des dissertations. :lol: Sur ce, bonne lecture !*

Aventure 2 : La nuit des loups

Encore un peu secoués par le combat, les quatre aventuriers avaient tout de même recommencé leurs conversations, néanmoins, à l’approche du village ils se turent, sentant que quelque chose n’allait pas. En effet, des barricades de fortune étaient dressées çà et là autour du village, formant une fragile ceinture protectrice renforcée par un grand brasier dressé à l’entrée. Ils écartèrent quelques rondins de bois pour passer et pénétrèrent avec prudence dans les rues de Tyrluk. À l’intérieur du village, pas un bruit ne se faisait entendre, un calme de mort régnait dans les ruelles et toutes les portes, tous les volets, toutes les fenêtres étaient fermées ou barricadées… Alors qu’ils commençaient à désespérer de trouver quiconque dans ce village, ils virent une silhouette se découper dans l’ombre d’une maison : il s’agissait d’une femme d’âge moyen, à la mine désespérée. « S’il vous plait messires, dit-elle en retenant ses larmes, ma fille, je vous en prie…

— Madame, dit Galaad en prenant les devants, que pouvons-nous faire pour vous aider ?
— C’est… C’est ma fille, Kellie… Elle… Elle n’est pas rentrée avant le couvre-feu, je n’ose même pas penser ce qui a pu lui arriver, parvint-elle à dire avant d’éclater en sanglots
— Je vous en prie, calmez-vous intervint Altair, vous avez parlé d’un couvre-feu, que se passe-t-il donc ici ?
— Cela fait plusieurs nuits que nous sommes attaqués par des loups, ça n’avait jamais eu lieu avant, les loups restent dans la forêt, mais là… Même le feu ne semble pas les effrayer… Et ma pauvre fille qui est seule là dehors…
— Rassurez-vous, reprit Altaïr, nous partons la chercher ! Par où était-elle partie ?
— Au nord, dans les collines, elle était partie cueillir des baies, elle devrait déjà être rentrée… Oh je vous en prie, dit-elle en agrippant les mains d’Altaïr, ramenez-là moi ! »

Altaïr, Galaad, Faydo et Lokyr s’élancèrent en dehors du village et se dirigèrent vers le nord, en direction des pics du tonnerre. Après une dizaine de minutes, ils étaient en train de gravir une colline lorsqu’ils entendirent un cri perçant. Alarmés, ils se précipitèrent au sommet de la colline pour voir une jeune femme molestée par un cavalier vêtu d’un justaucorps noir. L’homme tirait la jeune femme par les cheveux en tentant de la faire monter sur son cheval. Lorsque le cavalier vit les nouveaux venus, il lâcha la demoiselle, tira son épée et lança son cheval au galop, chargeant Altair. C’était sans compter sur la vivacité surhumaine de Lokyr qui, en une fraction de seconde, avait bandé son arc et décoché une flèche dans l’œil du cheval qui s’effondra sur le coup dans un fracas d’os brisés. Son cavalier fut projeté à terre, formant un nuage de poussière. Il se releva péniblement, prêt à user de son épée, mais à peine fut-il sur ses deux pieds qu’il reçut une pluie de coups donnés par Altair. L’homme en noir peinait à tous les contrer et l’un d’eux lui fut fatal : Altair lui sectionna le bras à hauteur de l’épaule et il s’écroula sur le sol en se vidant de son sang, implorant d’être sauvé. Laissant là cet homme méprisable, Galaad était parti rassurer la jeune femme en détresse, lui expliquant que c’était sa mère qui les avait envoyés. Kellie, encore sous le choc se laissa conduire au village. Lorsqu’ils arrivèrent en vue de la mère éplorée, ils la virent la tête dans les mains, en train de sangloter. Le jeune demoiselle s’élança vers elle : « Maman !

— Kellie, ma chérie ! Oh mon dieu j’ai eu si peur, dit-elle en enlaçant sa fille
— Moi aussi maman, j’ai été attaquée par un homme à cheval, c’était horrible… Ces hommes m’ont sauvé de ce monstre, dit la jeune femme en pointant le groupe du doigt.
— Je vous remercie de tout mon cœur messieurs, enchaina sa mère, son sourire retrouvé, d’ailleurs, je me nomme Allissia.
— Je vous en prie gente dame, c’était un immense honneur, fit Faydo avec un grand sourire, sauver une jeune demoiselle en détresse est la raison pour laquelle nous battons les routes. Point d’honneur sans belle dame à sauver.
Kellie rougit suite à ces mots, et sa mère la regarda avec amusement pendant un instant. Mais bien vite son regard redevint grave.
— Vous ne pouvez pas rester ici, vous risquez de vous faire attaquer… Allez à l’auberge ‘’Le visage du vieil homme’’, elle est tenue par Marlok. On n’aime pas trop les étrangers par ici, mais vous avez sauvé ma fille. Alors pour entrer utilisez ce code : trois coups rapides, un coup lent, puis deux coups rapides. Nous allons rentrer chez nous, hein, Kellie ?
— Oui s’il te plait répondit-elle, rentrons.
— Très bien madame, soyez prudente dit Galaad pour finir. »

Kellie et Alissia se glissèrent entre des bâtiments de bois, et les quatre aventuriers prirent la direction de l’auberge à une dizaine de mètres. Il s’agissait d’un vieux bâtiment crasseux, avec de minuscules fenêtres, seul un panneau de bois à l’entrée présentant le visage souriant d’un vieil homme égayait un peu l’allure de l’auberge. Faydo frappa à la porte selon le code donné par Alissia, quelques secondes après, la porte s’ouvrit. « Des étrangers ? Que venez-vous faire ici ? S’exclama l’aubergiste, une chandelle à la main. Et comment connaissez-vous le code ?

— Nous sommes des aventuriers, nous avons sauvé Kellie des griffes d’un odieux personnage, et sa mère Alissia nous a envoyés ici pour la nuit.
— Ah ! Entrez-vite alors ! Répondit Marlok. »

À ce moment-là, un grognement sourd se fit entendre derrière Altair. Ils se retournèrent, effrayés par ce qu’ils pourraient voir. C’était un gros loup gris, les babines retroussées sur de longs crocs jaunis, prêt à bondir sur Altaïr pour le déchiqueter. « Vite ! Entrez ! Cria Marlok à l’adresse des aventuriers, ne restez pas là ! ». Galaad, Faydo et Lokyr s’engouffrèrent dans l’auberge, mais Altaïr resta en face du loup. Tous deux se toisaient, immobiles. Altaïr commença à bouger lentement, avec des mouvements précis tout en prononçant des mots réconfortants au loup : il tentait de l’amadouer. Il était en passe de réussir lorsque le loup se redressa brusquement, entendant un appel que lui seul pouvait percevoir. Altair songea « C’est étrange… Jamais je n’avais rencontré un loup avec ce comportement. J’aurais dû parvenir à l’amadouer beaucoup plus facilement… C’est comme si... Quelqu’un d’autre le contrôlait ». Un appel de Galaad le sortit de sa torpeur, et il entra à son tour dans l’auberge. L’intérieur du bâtiment était très sombre, les quelques tables, de petite taille étaient noircies et la seule source de lumière était la chandelle entre les mains de Marlok. « Ecoutez, dit ce dernier, je vous expliquerais bien la situation, mais je suis éreinté… J’ai fort heureusement quatre chambres de disponibles, pour pas très cher, seulement deux pièces de cuivre la nuit. Qu’en dites-vous ?

— Nous sommes nous-même épuisés par la journée qui vient de s’achever, la perspective d’un bon lit nous ravirait au plus haut point, brave homme, s’exclama un Faydo néanmoins peu rassuré par l’état de l’auberge.
— Je préfère rester en faction devant la porte, intervint Galaad, qui sait ce qui pourrait entrer lorsque nous dormirons ?
— Euh, reprit l’aubergiste, la porte est bien barricadée, vous n’avez rien à craindre. Rien ne pourra entrer.
— Non j’insiste, je vais rester ici pour monter la garde. C’est plus sûr.
— Très bien… À votre guise, dit Marlok, quelque peu perplexe. Suivez-moi vous autres, je vais vous montrer vos chambres. »

Altaïr esquissa un sourire, son frère n’avait pas changé, même après toutes ces années. Les trois compères suivirent l’aubergiste à l’étage et prirent place dans leurs lits, en se demandant depuis quand les draps avaient été lavés. Faydo s’endormit en fredonnant un air de sa conception, tandis que Lokyr adressait une prière à Shevarash, lui adressant ses espoirs pour ce groupe d’aventuriers. Altair, lui, était toujours hanté par la réaction étrange du loup. Ils s’endormirent tous bien vite après cela, malgré la rigidité des matelas.
Le lendemain matin, Lokyr et Faydo furent réveillés par les rayons du soleil qui perçaient au travers des maigres ouvertures de leur chambre. Ils sortirent, mal réveillés, et après s’être adressé un signe de tête allèrent toquer à la porte d’Altaïr. Ce dernier se leva prestement, et tous trois descendirent l’escalier vers la salle commune. Arrivés en bas, le silence qui y régnait les frappa au plus haut point, malgré des tables remplies. Galaad, quant à lui, était affalé sur le sol à côté de la porte, son épée à la main. Il dormait à poings fermés. Altaïr alla donc le réveiller, légèrement amusé. L’aubergiste, Marlok, se porta à leur rencontre : « J’espère que vous avez bien dormi, dit-il avec un sourire poli. Alissia m’a expliqué ce que vous avez fait pour elle, sachez que tout le village vous en est reconnaissant.

— C’était un honneur, mon brave, dit Galaad à moitié endormi.
— À présent j’imagine que vous voulez savoir ce qui se passe ici…
— Pour vous aider, oui, ce serait important, répondit Altaïr
— Eh bien asseyez-vous, dit-il en sortant des chaises de derrière le comptoir, je vais vous raconter. »

Les quatre aventuriers s’exécutèrent donc, tandis que l’aubergiste remplissait des verres qu’il leur apporta par la suite. « Ces attaques de loups ont commencé il y’a de ça une semaine, ou peut-être moins… Notre seigneur, Suldag « l’Ours », est parti avec les quelques gardes et son héraut pour une manœuvre en forêt, contre des orques je crois. Mais depuis qu’il est parti, des loups et d’autres animaux nous ont attaqués, des… Trois villageois sont morts, dont… Mon fils. » Sur ces mots, Marlok fondit en larmes, immédiatement réconforté par des membres de l’assemblée. Un homme trapu à l’impressionnante barbe noire prit alors la parole : « Je suis le forgeron. Hum… Les attaques viennent de la forêt royale, au sud. C’est inquiétant car notre rôdeuse, Trissinia, aurait dû nous en informer. Je crains pour sa vie. » À ces mots Altaïr tendit l’oreille un peu plus. « Si vous nous débarrassez de ces loups je vous promets une petite récompense ainsi que des réductions dans ma boutique. Vous devriez commencer par aller voir chez notre rôdeuse, dans la forêt. Suivez le sentier au sud du village. »

Les compagnons rassemblèrent leurs affaires et se mirent en route. Après quelques minutes de marche ils furent à la lisière de la forêt et s’engouffrèrent dans un sentier bien entretenu. Ils arrivèrent en vue d’une maison en bois, au cœur d’une clairière. Altaïr en tête, ils gravirent les quelques marches qui menaient sur une terrasse de bois et poussèrent la porte qui s’ouvrit sans encombre. L’atmosphère qui régnait dans la cabane leur pesa immédiatement. L’intérieur baignait dans la pénombre, les frondaisons empêchaient le soleil matinal de percer au travers des fenêtres. L’air était vicié, la pièce dans laquelle ils entrèrent n’était visiblement pas aérée depuis des jours et une odeur qu’ils ne parvenaient pas à identifier flottait dans l’air. Après être entrés tous les quatre, ils se mirent à fouiller la maison. Faydo et Lokyr se chargèrent de l’entrée, dans laquelle se trouvaient deux tonneaux et un coffre, tandis que Galaad et Altair avançaient dans la pièce principale. La paladin roux fut impressionné un instant par deux énormes têtes de taureaux empaillées sur un mur, puis il se met à fouiller un autre coffre avec ses camarades. Altaïr, lui, examina la grande table en bois au centre de la pièce principale. Les restes moisis d’un repas étaient jonchés çà et là sur la table, mais ce qui attira immédiatement l’œil avisé d’Altaïr fut un livre posé au centre de la table. Il s’agissait d’un manuscrit au format in-octavo, relié de cuir brun et cerclé d’un fer patiné par l’usage. Alors qu’il commençait à le feuilleter, il entendit les voix étouffées de ses camarades dans l’entrée : « Tiens, Lokyr, il y a une épée longue ici, c’est le genre d’arme que vous utilisez, n’est-ce pas ?

— En effet… Je trouverais également un usage à ces quelques flèches…
— Je vais prendre cette épée courte également. »

Rouge de colère, Altaïr fit irruption dans l’entrée et apostropha ses compagnons : « Ces armes appartiennent à une rôdeuse ! Ayez un peu de respect pour mes comparses et venez m’aider dans la grande salle ! »
Faydo et Lokyr se regardèrent interloqués puis suivirent le rôdeur. Ce dernier reposa le manuscrit sur la table et tenta d’ouvrir une porte qui se trouvait à l’autre bout de la pièce. Bien que la porte ne semblât pas verrouillée, le battant refusait de s’ouvrir. Galaad et Altaïr s’y mirent donc à deux pour le forcer, poussant ce qui bloquait la porte. Ils y parvinrent avec moult efforts et furent instantanément frappés par la puanteur régnant dans la pièce. Ils durent fermer la bouche et plisser des yeux pour ne pas être assaillis par les milliers de mouches voletant autour des cadavres en décomposition d’une dizaine de loups gris et d’une femme en armure sombre. Les deux hommes comprirent aisément qu’il s’agissait ici de la rôdeuse Trissinia. Altaïr jeta un regard sombre à ses deux compagnons derrière lui : « Ne vous avisez pas de lui voler son armure… Elle mérite sa dignité, même dans la mort. »
Silencieux, les quatre compagnons se détournèrent du charnier qui s’offrait à eux. Galaad, ressentant la détresse de son frère adoptif nouvellement retrouvé lui posa la main sur l’épaule. « Nous lui offrirons une sépulture décente, mais nous devons d’abord nous assurer que ce qui l’a tuée ne reviendra pas pour les villageois.

— Que dit ce livre ? » S’enquit Lokyr en désignant le journal glissé à la ceinture

Le rôdeur s’installa à la table et lut rapidement les dernières pages. Le visage grave, il leva les yeux vers ses compagnons : « il est fait mention de hurlements de loups anormaux depuis plus d’une semaine, venant du sud… Apparemment la rôdeuse n’a pas eu le temps de prévenir le seigneur Suldag de partir avec la garnison et le héraut… Et… Quelques jours après sa cabane était encerclée par des loups… » Il jeta un regard navré vers la porte derrière laquelle la défunte rôdeuse reposait à la merci des charognards et se leva brusquement. « Finissons-en » dit-il en marchant à grands pas vers l’entrée. Acquiesçant, les trois autres lui emboîtèrent le pas.
Suivant les traces des prédateurs, Altaïr s’enfonça dans la forêt et parvint à identifier une piste. Cependant, après une demi-heure de traque, les quatre aventuriers se retrouvèrent nez-à-nez avec trois loups particulièrement belliqueux. Ils se défendirent comme ils purent, tranchant de leurs épées, cognant de leurs masses malgré l’épaisse fourrure des canidés. Après une minute de combat acharné, un homme mystérieux aux vêtements végétaux sortit des broussailles et se rangea du côté des quatre compagnons en frappant les loups déchaînés de son bâton couvert de plumes. Les bêtes enragées vaincues, Galaad s’enquit de l’identité de leur étrange sauveur : « Torm vous bénisse mon brave… Mais que faites-vous donc ici ?

— Bonne rencontre, s’exclama l’homme d’une voix aussi profonde que les racines d’un vieux chêne, je suis Aloern. Druide au service de la nature et de Sylvanus, le Père de la forêt. Le bosquet de druides dont dépends m’a envoyé enquêter sur les agissements d’un de mes comparses qui se serait détourné de la voie de l’équilibre.
— Une telle violence de la part de la nature n’a en effet rien à voir avec l’équilibre, s’emporta Altaïr. Vous savez-donc qui est à l’origine de ces meurtres ?
— Hélas, non. Mais il s’agit probablement d’un druide de l’ombre : un des nôtres dont les velléités expansionnistes des hommes ont définitivement convaincu que la seule alternative était la mort de toute civilisation et l’extermination de toute chose non naturelle.
À ces mots, Galaad roula des yeux, effaré qu’une âme si mauvaise puisse exister. Lokyr prit la parole : « Les actes de ces ou cet individu ont mené à la mort de plusieurs personnes. Elles crient vengeance et seront vengées par nos mains.
— La recherche de la vengeance n’est pas toujours une solution saine, mais je respecte votre opinion. Il semble que nos intérêts soient communs dans l’arrêt de ces activités sanguinaires. Suivez-moi, il m’a semblé voir une grotte qui pourrait bien abriter ceux que nous cherchons.
— Eh bien, allons-y ! » S’exclama Faydo en ajustant son baudrier.

Ils se mirent en route, contournant les broussailles de plus en plus épaisses, esquivant les ronces sans oser jouer des lames pour s’y frayer un chemin tant la présence d’Aloern était intimidante. Une dizaine de minutes après leur rencontre fortuite, les aventuriers et leur allié druide arrivèrent en vue de l’entrée d’une grotte. L’approche aurait été aisée si la cavité n’avait pas été gardée par un ours brun à la taille impressionnante. Ils tentèrent de s’approcher de l’animal silencieusement, mais les couleurs vives arborées par Faydo, le pas lourd de Galaad et le cliquetis de l’armure étincelante portée par Lokyr eurent vite raison de cette vaine tentative. Comprenant que toute discrétion était futile, ils se jetèrent au contact de la bête, portant des coups d’estoc et de taille tout en prenant garde aux pattes griffues et à la gueule garnie de dents acérées. Le rôdeur dût essuyer quelques coups qui manquèrent de le jeter au sol, tout comme Galaad et Aloern. Mais l’ours n’avait aucune chance face au déchainement des armes qui pleuvaient sur lui et bientôt il s’effondra sur le sol, mort.
Sitôt l’ursidé vaincu, les aventuriers se précipitèrent dans le gouffre sombre qui s’ouvrait devant eux. Après quelques mètres dans la pénombre, ils purent admirer l’intérieur de la grotte et en eurent le souffle coupé : un ruisseau souterrain courrait au centre d’un dôme à la sphéricité quasi-parfaite, si ce n’est les stalactites et stalagmites éparpillées çà et là. Une douce lumière bleutée émanant de champignons accrochés aux murs éclairait la caverne, permettant aux cinq compagnons de voir en face d’eux, à une trentaine de mètres, un homme aux vêtements semblables à ceux d’Aloern à l’exception de leur couleur plus sombre. Il les invectiva, plein de rage : « Vous avez vaincu mon gardien ! Vous avez osé le tuer ! Je vais vous détruire, vous et votre civilisation destructrice ! »

Dès qu’il eut prononcé ces mots il se mit à incanter. Voyant cela, Altaïr et Galaad chargèrent en hurlant vers le druide de l’ombre, tandis qu’Aloern et Lokyr invoquaient la puissance divine. Faydo de son côté entonna un chant destiné à encourager ses camarades. Malgré la rapidité des deux frères, ils ne parvinrent pas à atteindre le druide maléfique à temps, et alors que son sort venait d’aboutir, une racine épaisse surgit du sol, coupant Altaïr dans sa course qu’il finit à plat ventre entre deux stalagmites. Quelques instants plus tard, le bâton du druide allié aux aventuriers s’illumina et son porteur s’élança vers son homologue meurtrier. Entre temps, Galaad avait atteint sa cible et après quelques coups parés par le cimeterre de son adversaire, il parvint à lui porter un coup à la jambe du tranchant de son épée. Le coup porté fut aussitôt aggravé par une pierre scintillante qui vint cueillir le druide au menton. Galaad jeta un coup d’œil rapide derrière lui pour voir la mine satisfaite de Lokyr suite à ce lancer réussi. Ce dernier s’apprêta à réitérer l’exploit avec l’une de ses pierres enchantées restantes. Galvanisé par les encouragements de Faydo, Altaïr se remit sur ses pieds et courut au secours de son frère qui venait d’essuyer un coup lame dans l’estomac. Il arriva quelques instant après Aloern qui venait de manquer le visage de son adversaire de peu. La lutte continua ainsi plusieurs minutes, l’homme résistait bien à leurs assauts et réussit même à se soigner, mais il finit par tomber sous les attaques conjointes des quatre hommes, bientôt rejoints par Faydo.

Lorsqu’il s’effondra, Aloern prit un visage grave en regardant ses compagnons fortuits : « Je vous remercie de l’aide que vous m’avez apportée. Que le Père des arbres veille sur vous lors de vos périples. Je vais me charger de remettre tout cela en ordre, mais en attendant, vous pouvez prendre ce que vous voulez du repaire de cet homme. » Il désigna ainsi une cavité peu profonde dans la roche à quelques mètres d’eux, abritant des objets brillants. « Il s’appelait Hortis… Je l’ai connu il y a des années, je suis particulièrement attristé de découvrir ce qu’il est devenu. » Gênés par la détresse de leur allié de fortune, les quatre aventuriers le laissèrent à ses pensées et s’éloignèrent afin de fouiller les biens dudit Hortis. Ils trouvèrent notamment un collier muni d’un œil qu’Aloern identifia comme une amulette d’infravision. Ce fut Altaïr qui le récupéra et le passa au cou, découvrant ainsi une des capacités de Lokyr. Outre des pièces d’or et d’argent, ils prirent possession du cimeterre du druide de l’ombre, une arme d’excellente facture garnie de pierres vertes que Galaad glissa à sa ceinture. Laissant là le druide Aloern qui les remercia une nouvelle fois, ils sortirent de la grotte et furent pris d’un mouvement de recul en découvrant une horde de créatures de la forêt face à eux : loups, ours, cerfs et chevreuils, tous immobiles entre les arbres. Avec précaution, les quatre compagnons s’avancèrent, craignant de faire un mouvement brusque qui pourrait déclencher un mortel coup de croc. Mais les bêtes ne réagirent pas : elles observaient les aventuriers sans bouger jusqu’à l’orée de la forêt. C’était comme si le bois tout entier était venu assister à leur triomphe. Altaïr insista pour faire halte à la cabane de la rôdeuse afin de lui offrir une sépulture décente, ce que les autres acceptèrent de bon cœur. Le guerrier basané insista pour creuser lui-même la tombe, malgré les propositions régulières de Galaad, mais le rôdeur têtu n’accepta de l’aide de son frère que pour transporter la dépouille de la pauvre femme.

Les villageois furent satisfaits du retour des aventuriers, bien qu’attristés de la perte de leur gardienne. Toutefois, méfiants, ils insistèrent pour que le paiement de leurs efforts soit remis au lendemain, afin de leur assurer que les attaques soient réellement terminées. Constatant au petit matin qu’aucun loup n’avait fait irruption dans le village, les quatre héros furent acclamés et le forgeron leur offrit un beau pactole issu d’un cagnotte réunie par le village tout entier. L’aubergiste, le cœur néanmoins brisé prit Galaad dans ses bras pour le remercier. Ce dernier fit don du cimeterre au forgeron et refusa l’or dont on voulait lui faire don, prétextant que les héros ne sauvent pas la veuve et l’orphelin pour de l’argent.
Sous les hourrah des villageois enfin libérés du poids macabre qui pesait sur leurs épaules, les quatre aventuriers rassemblèrent leurs affaires et partirent en direction de l’est vers d’autres aventures.
"Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi."
Friedrich Nietzche
Membre honoraire de la S.P.C.A.D
Membre du C.C.C.C.C (Comité du Casque Contre les Commotions Cérébrales)
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