Re: [AD&D] Les deux visages de Port-Argent
Publié : Mar 10 Fév 2026 19:29
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Actual-play Chapitre 10 : Infiltration Je suis Vaillance, cleresse de la compagnie Perce-Nuit. J'ai rejoint cet ordre de mercenaires il y a plusieurs mois sur les conseils de mon ami paladin, Varax de Riverieult, en prêtant serment sur le pont de pierre de Port-Argent. J'avais quitté mon sacerdoce par déception, car l'Église se retranchait derrière des dogmes rigides, perdant son humanité et sa compassion. Je pensais retrouver ces valeurs au sein de cette compagnie légendaire. Ma première mission, sauver ma ville d'origine d'une épidémie magique, semblait confirmer cet espoir. Cependant, les événements récents me laissent un goût amer.Le spectre s’évapore, laissant retomber un silence de mort dans le hall. Les batraciens sont terrorisés. Banni, le spadassin, se relève en s’appuyant sur son épée. Son regard est glacial, son visage déformé par la haine alors que sa main se crispe sur la poignée de son arme. Il n'est plus le même. D’un pas résolu, il se dirige vers « Eau-qui-dort ». Je m’interpose : — Banni, tu viens d’éliminer leur idole, ils sont sous le choc ! Le guerrier agite sa lame d’un air menaçant. Facette l’assassin et Sombrelune le rôdeur m'aident à le contenir, mais nos motivations diffèrent. Eux ne souhaitent garder le chaman en vie que pour l'interroger sur la forteresse. Ils perçoivent sa réaction guerrière comme une trahison. La vérité me semble pourtant évidente : nous venons d'anéantir la monstruosité qu'ils vénéraient comme une déité. Leur réaction est tribale, païenne, mais compréhensible.
Facette commence à étrangler l’aruspice pendant que Sombrelune tente de raisonner le guerrier. J’arrive à lui chourrer son arme. Merde, mais que fout le capitaine ? Le voilà enfin, hébété, fouillant l’obscurité de ses grands yeux d’elfe ! Toujours absents quand on a besoin d'eux, ceux-là ! Je l'interpelle. Son regard vide se pose sur moi : — Vaillance ! Mon ombre ?! Tiens, l’ombre du sorcier a disparu. Depuis quelque temps, elle m'inquiétait, semblant posséder une volonté propre. Et finalement, elle s'est fait la malle. — Capitaine, reprenez vos esprits, Banni veut étriper le batracien ! Le mage jette un coup d'œil par-dessus mon épaule : — Perce-Nuit, trucider ce crapaud ne résoudra rien ! Pour autant, nous ne pouvons pas le laisser filer. Bâillonnez-le, cachez-le dans un coin et qu’on en finisse ! Laissons le destin décider de son sort et concentrons-nous une bonne fois pour toutes sur la mission !
L’ordre tombe comme un couperet. L'elfe est ainsi : souvent volubile, mais pragmatique dans l'urgence. Les trois autres ressemblent à des gamins pris la main dans le sac. Penauds, ils exécutent les ordres. Avant de repartir, le bretteur insiste pour que je lui rende sa saloperie d’épée. Je ne comprends pas comment on peut s’attacher autant à un vulgaire morceau de métal. Je l’examine rapidement et je suis prise d’un haut le cœur, une vision maléfique d’un visage déformé et sombre s'est imposée à moi. L’âme qui habite ce sabre est noir comme la nuit. “Où as-tu eu cette rapière Banni ?” — “Mon butin du fort “ grommelle le guerrier. “La Lame d’un vampire, elle est maudite, regarde ce qu’elle fait de toi !”. Il me l’arrache des mains, mais je compte bien mener mon enquête !
Le passage dérobé révélé par « Eau-qui-dort » mène à un long corridor de pierre maçonnée qui conduit aux appartements de Blork Fer-Blanc, le chef des peaux-vertes. Le plan reste simple : nous réglons leur compte aux gobelins avant de nous attaquer au Noirsceau. Méthodique, un problème à la fois.
Une porte au nord s’ouvre sur un dortoir puant la sueur et la gnôle. Facette, le demi-elfe, se fait une joie de refroidir les dormeurs. Au sud, les effluves de ragoût remplacent l'odeur de fauve : les cuisines. Deux gobelours massifs s'affairent aux fourneaux, secondés par plusieurs gobelins. Le capitaine sort une poudre blanche de sa manche ; d’un mouvement ample, il la disperse et souffle. Les petits gobelins s’effondrent, comateux. Les deux énormes cuistots relèvent la tête, déconfits ; nos déguisements les ont trompés un instant. Une flèche siffle à mon oreille alors que je charge en profitant de la surprise. Sombrelune et Banni me talonnent. En quelques échanges de coups, l’affaire est réglée et les malabars gisent dans leur sang.
Au fond de la pièce, une petite arche creusée dans la roche attire notre attention. Le vent s’y engouffre. Le rôdeur y passe une tête : — Une cheminée naturelle, elle s’élève jusqu’au sommet et plonge vers l'océan. Je distingue deux corniches aux étages supérieurs. Un moyen détourné d’atteindre notre objectif ! Soudain, Sombrelune hoquète, la figure rouge, pris d’une toux incoercible : — Des spores ! Soyez vigilants.
Plus loin dans les couloirs, nous percevons des grognements de bêtes féroces. Ces raclures de gobelins s’entourent toujours de loups ; nous sommes sans doute arrivés à la suite de Blork Fer-Blanc.
Sombrelune ouvre la large porte à la volée. La pièce est un somptueux salon aux murs ornés de fines tentures. Au centre, sur une table basse, repose un coffret en métal. Deux énormes loups au pelage blanc et un gobelours montent la garde. Je profite de leur surprise pour adresser une prière aux Immortels. Les dieux sont de notre côté : le gobelours est paralysé. Mes camarades se jettent alors dans la mêlée, les coups fusent et les bêtes s’effondrent rapidement. Un hurlement retentit du fond de la salle : Blork surgit d’une petite tourelle, ivre de rage. Je le vise avec mon arbalète, mais la corde rompt. Facette s’interpose dague à la main ; il parvient à dévier la première attaque, mais la seconde trouve une faille dans sa garde et la lame violacée du monstre s’enfonce dans son épaule. L’assassin serre les dents et attrape le bras du combattant, laissant le temps à Banni et Sombrelune de rejoindre l’assaut. Acculé, le gaillard se met à hurler sur son épée. Le spadassin tire profit de cette inattention pour porter le coup fatal. Blork est vaincu.
La tourelle dissimule en réalité un étrange harem : trois jeunes esclaves, une humaine, une gobeline et une batracienne. La première se présente sous le nom de Torv. Elle explique avoir été capturée dans les steppes du nord par les gobelins, puis transportée il y a quelques mois dans la forteresse. Elle demande à nous accompagner et nous prévient que l’escalier au fond du salon mène à une chambre « maudite » selon les gobelins. — Le sanctuaire du spectre, marmonne Banni.
Nous quittons cette aile du bâtiment, chargés des pierres précieuses que Blork avait mises de côté dans son coffre. Le capitaine propose d'utiliser la cheminée rocheuse pour rejoindre l’étage supérieur où, d'après nos informations, se trouve le laboratoire du Noirsceau.
Facette se propose pour l'ascension. Parmi les affaires de Blork, il a eu la chance de dénicher une potion d’escalade. Il boit une longue gorgée ; un suc étrange recouvre ses paumes et, tel un lézard, il commence à arpenter la paroi rugueuse. Sa présence ne passe pas inaperçue : des striges descendent du sommet et l’assaillent. Quelques flèches bien placées éliminent la menace. L’assassin parvient à la corniche et nous jette une corde. Les choses sérieuses commencent !