C'est encore une très bonne question bizarre pour le
sac sans fond, car la description du GdM est étonnement pauvre
Perso, cet objet m'a toujours un peu dérangé... Puisqu'en admettant que l'ouverture d'un
sac sans fond soit élargie au maximum, elle devrait former plus ou moins un cercle d'environ 60 centimètres de diamètre pour un textile comme de la toile de jute (ou alors un carré mal dégrossi de 60 cm de côté). Quant à la profondeur, elle est, selon la description, de 1,20 mètre. C'est pas mal, mais pas tant.
Déjà, ça pose un premier problème, qui est la dimension de l'objet à placer dans le sac. Une limite de 60 cm de côté et une profondeur de 1,20 m ça peut exclure pas mal d'objet (comme la perche de 3 m ou le cube de marbre rose de 1 m
3).
Après, ce qui n'est pas écrit, c'est comment est-ce que l'espace extra-dimensionnel est régi ? Est-ce que la gravité existe ? Si oui, est-elle inversée ?
Si la gravité existe, c'est encore un souci... car avec 1,20 m de profondeur, ce qui est placé dans le sac tombe au fond (comme, pour la question posée, le liquide – dans ce cas, avec le pinard elfique, la potion de grands soins et l'onguent de Keoghtom, y'a plus qu'à remuer un grand coup pour se régaler avec la moutarde à l'ancienne de grand-mamie Vecna). Toujours selon cette modalité, comment atteindre un objet à 1,20 m de profondeur avec une longueur de bras à l'épaule de 50 à 60 cm sans utiliser de grappin, de crochet ou autre, retourner le sac pour en vider le contenu (à supposer que la gravité du sac imite celle du plan où il repose), ni rentrer totalement dans le sac (un petit-homme pourrait le faire) ?
Si la gravité n'existe pas, que ce passe-t-il ? Les objets peuvent flotter de manière aléatoire dans le sac (ce qui est alors plutôt pénible pour les attraper, surtout si il n'y a pas d'éclairage dans le sac), mais ils peuvent aussi, pour une raison ou une autre, flotter près de l'ouverture du sac sans pouvoir en sortir sans une force d'attraction extérieure. C'est alors assez commode, puisque l'espace se remplit “automatiquement” tant qu'il n'est pas plein et que tout objet ayant les dimensions suffisantes peut rentrer (bien que pour les derniers il faille certainement un peu pousser et peut-être renoncer). Mais alors pour les liquides ça serait l'apesanteur également : à vos pailles
Dans les deux cas, rien n'interdit au possesseur d'un tel objet d'en “aménager” le contenu. Si il ne peut pas rentrer lui-même dedans, il peut toujours engager quelqu'un pour le faire. Et avec un mobilier adéquat et un bon sens de l'organisation, pourquoi pas imaginer des choses comme de petites rangées de caissons reliés par des cordages pour accéder rapidement et sans tracas aux objets stockés
Le dernier problème, et non des moindres, et celui de la question de l'oxygène... Est-ce qu'un
sac sans fond fonctionne comme un
trou portable ou une
corde enchantée ?
Dans le premier cas, celui du
trou portable, la description est assez claire : la ruche d'abeilles meurt... Mais dans le second, celui de la
corde enchantée, il ne devrait pas y avoir d'asphyxie et les abeilles devraient pouvoir survivre tant qu'elles pourront se nourrir et subvenir à leurs besoins d'insectes.
Et pour conclure, je cède au plaisir de lier la représentation du
sac sans fond de la cinquième édition, histoire de repenser aux questions de dimension des objets et à la problématique de retrouver ce que l'on cherche dans un espace extra-dimensionnel avec une ouverture réduite :
Sources :
–
Sac sans fond :
Guide du Maître AD&D 2
nd (édition révisée), p. 239
–
Trou portable :
Guide du Maître AD&D 2
nd (édition révisée), p. 241
–
Corde enchantée :
Manuel des Joueurs AD&D 2
nd (édition révisée), p. 183