Re: Inktober 2022 du DDD
Publié : Dim 23 Oct 2022 05:58
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Bon, c'est un grand jour.... j'ai trouvé un moyen d'expression pictural...J 23 - Crotte de nez
Mucus philosophal
À Richepétale, le bien nommé village d’Arboricoles, dans ce qui se voudrait être une taverne mais qui tenait plus d’une buvette de la fête de l’automne, un pauvre homme borgne, au bras en écharpe et à l’énorme nez rouge s’épanchait au comptoir.
« Atchaï ! Saleté de rhume ! Après être parti en quête de plumes pour écrire des poèmes mielleux puis de sel pour relever des douceurs, mon maître m’a envoyé à la recherche de fleurs de lotus. Je déteste la nature, je déteste l’eau. J’aime la douce chaleur de mon laboratoire. J’aime caresser les pages voluptueuses de velum de mes livres de sorts. Mais voilà, il lui fallait ces maudites plantes pour compléter son cliché romantique. Et cette déambulation matinale m’a occasionné cette fichue inflammation nasale. A part le froid, ce fut une partie de plaisir. Bien évidemment, le bras mort du Javan où poussent les plus beaux spécimens est aussi le lieu de reproduction d’énormes hippopotames. Heureusement que Monsieur m’avait équipé de potions de respiration aquatique et d’un sort de peau de pierre. Mais même protégé de la sorte, je ne souhaite à personne de se faire piétiner dans la vase gluante par des gros mastodontes en rut. Et ce n’est pas le pire, vous voulez que je vous dise ce qui est pire que ces peccadilles ? “
Il marqua une longue pause physiologique et se rassis sur la haute chaise.
“Je vous ai promis le pire, le voici. Poèmes, douceurs et fleurs, ce n’était encore pas assez. Monsieur l’Exalté voulait offrir à sa belle un bijou de sa fabrication. Pour cela, il m’a chargé de surveiller l’action de sa nouvelle pierre philosophale sur une bague façonnée dans du graphite. La troisième clepsydre se vidait doucement et je devais réanimer le feu pour clôre le processus. À ce moment, un éternuement venu de nulle part s’est échappé de mon corps sans que je ne puisse rien n’y faire. Il était accompagné de morve et autres morceaux peu ragoûtants dont je vous passe la description. Le temps que je me saisisse d’un chiffon pour nettoyer mon forfait, le charbon avait viré. L’anneau était plus brillant que le soleil. À ma grande surprise, la pierre avait donné naissance à du diamant. Sa matière plus pure encore que ce que peut créer le plan élémentaire de la Terre semblait créer elle-même sa propre lumière. Le maître semblait ravi de cette transformation. Je ne lui ai pas posé de questions et j’ai filé sans demander mon reste. Imaginez que la transmutation ne dure pas. Imaginez que le cher amour parcheminé de mon maître se retrouve avec le doigt tout noir et une énorme crotte de nez séchée en guise de solitaire. Pour me punir, il me donnera sûrement à manger à ses amis les elfes noirs. Houla ! Il est tard, je dois aller préparer les feux d’artifices. Souhaitez moi bonne chance et buvez un coup à ma mémoire si je ne reviens pas.”
Le tavernier n’avait pas compris grand-chose, il ramassa la bouteille d’eau de vie, termina le fond de verre et rangea le gobelet sans le rincer. Il en avait entendu des monologues de poivrots venus de l’est, mais celui-ci entrait dans les annales.
(Et parce qu'il faut une chute et à regrets car j’aime bien l’idée d’une histoire sans fin : )
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