Pour toutes les raisons évoquées par Elendil dans son excellent post, il m'a toujours apparu évident que les PV ne sont pas des points de fatigue.
Ce sont donc nécessairement des PdV, et en assumant l'épique des blessures, on renforce la cohérence du monde.
Dasgirian a écrit :si je tranche la gorge du type dans son sommeil, pourquoi ne pourrais-je pas le tuer sous prétexte qu'il a 100PV?)
Qu'il s'agisse de points de fatigue ou de points de vie, le problème est le même à mon sens. En tant que MJ, je ne fais pas lancer de dés relatifs au combat pour ce genre d'action. Si le PJ a bien joué le coup, qu'il a réussi jet de discrétion, de vigilance pour éviter de se prendre les pieds dans le tapis et autres,que l'ennemi rate son jet de détection, etc., l'ennemi a la gorge tranchée et puis c'est tout. Bien entendu, il faut éviter, en tant que MJ, de mettre un "big boss" (même si je n'aime pas ce terme) à 100 PV endormi ou dos à l'aventurier.
C'est comme pour un PJ ou PNJ tombant d'une falaise de 1000 m; Qu'il ait 500 PV ou 1, 500 points de fatigue ou 1, il meurt. Enfin, c'est ma vision de choses, même s'il s'agit d'un univers épique, il faut que ce soit un minimum réaliste sinon mes PJ vont me rire au nez. L'épique, on peut le mettre sur le fait que le PJ se raccroche à une branche au dernier moment avec un jet de dextérité par exemple, mais il ne faut pas abuser de cela non plus.
Ah ? Et si c'est ton PJ qui a la gorge tranchée, il ne va pas râler en disant que la dague fait 1d4 PV et que son perso a 100 Pv ?
En considérant une approche épique, ce genre de problèmes ne se pose pas puisque je considère alors que oui, la victime a la gorge tranchée, et que non, il est toujours en vie s'il lui reste des PV.
Sinon, je crains que tu confondes les notions d'héroïsme et d'épique.
L'héroïsme "réaliste" conserve un lien même ténu avec la réalité, et une balle dans la tête est toujours supposé tuer un homme.
L'épique traduit une démesure irréaliste propre au monde des dieux et des Héros (avec un H majuscule), loin du monde des hommes, où une balle dans la tête peut n'être qu'une nuisance mineure, si tant est que le héros ne l'ait pas attrapé en plein vol comme on capturerait un moustique.
Si le héros souffre d'affronter en même temps plusieurs adversaires, c'est de l'héroïsme "réaliste". Si le Héros anéantit une compagnie de gardes sans coup férir, c'est de l'épique.
Parce qu'il n'y a rien d'invraisemblable dans une approche épique, à accomplir des exploits impossibles.
Epique classique:
- Samson anéantit une armée de philistins tout seul avec une mâchoire d'âne, parce qu'il a les cheveux longs.
- La chanson de Roland signale à chaque page des exploits inhumains. Roland anéantit 10.000 ennemis alors qu'il est agonisant. L'archevêque Turpin se prend 3 fers de lance dans le bide, et se relève pour massacrer ses assaillants, etc.
- Je connais mal le Wu Xia ou l'épopée de Gilgamesh, mais je sais qu'elles sont remplies d'exploits inhumains.
Epique propre aux médias modernes:
- Mangas
Les balles rebondissent sur la peau des héros de DBZ qui peuvent anéantir la lune et la terre d'une attaque d'énergie mal maîtrisée. Ken le Survivant survit à une chute de 1000 m de la falaise après qu'il ait été jeté agonisant par son ennemi juré, et ainsi de suite...
- Comics. Superman vole et est invulnérable au seul motif que c'est un extraterrestre de la planète Krypton. Thor survit à un missile en pleine face parce que c'est un dieu. Son marteau ne peut être soulevé que par une personne digne de lui. Parce que.
Wolverine survit à une bombe atomique. Hulk aussi probablement. Et ainsi de suite...
Choisir entre l'épique et le "réalisme" pour expliquer les règles de d&d, c'est une question de sensibilité personnelle, mais l'approche réaliste m'a toujours paru contredite par les règles, et leurs implications tacites.
Dans un monde où des dragons de plusieurs tonnes peuvent voler à l'aide de leurs ailes membraneuses, que des amibes géantes prennent la forme de coffres pour piéger les aventuriers, qu'un mage puissant puisse changer de plan en chantant et en bougeant les bras, que proférer un mot de mort tue instantanément toute personne, et où le regard d'une méduse puisse pétrifier, je trouve qu'en comparaison, survivre à une chute de 1000 m ou à une gorge tranchée devient logique.