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[Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Mar 29 Jan 2019 18:39
par Yama
Prologue

Un mois plus tôt

Avançant à pas de loups à travers les fougères, l'individu, portant des grègues couleur charbon et une tunique marron, guettait le moindre bruissement, sondait chaque buisson, sa respiration silencieuse trahissant sa nervosité. Il savait que s'il était repéré, il perdrait la vie dans d'atroces souffrances. Peut-être même, il serait dévoré. Chassant cette idée de son esprit, il s'accroupit derrière un chêne renversé et épia la scène.

Dissimulé, il assistait, silencieux, à la scène. Le brasier des orcs semblait danser dans l'air, tourbillonant aux grés des humeurs du vent. Le chaman, en transe, fixait les flammes, hurlant des incantations que les profanes ne pouvaient comprendre. De part et d'autres de cet immense brasero, l'individu reconnut des chefs de tribus orques, gobelines, gnolls...leurs présences ici traduisaient des évènements sombres à venir, il n'en doutait pas.

Soudain, brisant ces déferlements de tumultes et d'excitation, tous purent voir dans le ciel un spectacle que l'on voit peu dans une vie : une boule de feu, incandescente, scinda le ciel pour se perdre dans l'horizon au nord. Le chaman gronda, d'une voix tonitruante, dans une langue peu intelligible et gutturale. Alors, les chefs des clans, tribus, groupes, se levèrent. Certains se donnèrent des accolades brutales, riant, vociférant. Une minorité d'entre eux pourtant semblait fulminer, ils jettèrent leurs armes au sol, de protestation, la ramassèrent, puis semblèrent quitter les lieux. Mais la cérémonie semblait être partie pour durer.

L'individu, demeurant à couvert, rampa pour quitter les lieux, à travers les taillis. Une fois suffisamment éloigné, il courut, récupéra sa monture dissimulée en contrebas d'un talus, et repartit au galop. Il semblait pensif, préoccupé quand finalement, un sourire malsain s'afficha sur son visage.

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Mer 30 Jan 2019 15:24
par Yama
Prologue de Léa Logs

Ce matin était un matin comme les autres pour Léa : debout dès l'aube, la guerrière grignota un quignon de pain, quelques fruits, se changea pour se rendre dans une vieille grange de ses parents. Là, un mannequin d'entraînement de fortune, bricolé par son père quand elle montra un intérêt pour le combat, fait de bric et de broc avec des morceaux de bois, du tissu et un peu de paille, et un système de contrepoids grâce à un sac de toile rempli de sable. Son père avait toujours pensé que cet attrait pour le combat serait une passade : pourtant, des années après, elle ne dérogeait pas à son entrainement quotidien. Jusque là, le mannequin avait survécu, mais les nombreux trous, les éclats de bois mêlés aux brins de paille au sol ainsi que la tendance qu'avait désormais ce pantin d'exercice à pencher sa "tête" sur le côté prouvait qu'il était encore d'usage.

« Alors frangine, on s'excitaille toujours sur cet épouvantail en s'imaginant que c'est cette tête de noeud d'Akin?? »

Roran, le jeune frère de Léa, était rentré subrepticement dans la remise. Il lui sourit et ajouta :

« Je te comprends en même temps, il est trop bien pour toi. Qui voudrait d'une femme qui se bat comme un homme?? On aura tout vu! Et pourquoi pas un orc qui tient une bibliothèque, ou un dragon gentil?? » ricana t'il.

« Laisse ta soeur tranquille! » gronda son père dans son dos, passablement énervé par les moqueries de son benjamin.

« Ne tiens pas rigueur de ce que raconte ton frère, il est encore bien jeune, il se rendra compte en grandissant que tout ça n'est pas facile. »

Le patriarche des Logs sortit alors de sa besace qu'il tenait sur son épaule une petite bourse en tissu contenant quelques herbes séchées, et dit :

« Léa, peux-tu passer par le village ce matin et demander à Ildon Hargione d'autres herbes comme celles-là? J'ai deux vaches malades encore depuis hier, et ces plantes avaient bien marché la dernière fois. Ca s'appelle des Gépétas, ou Vépétas, je ne sais plus... »

Prologue de Thélios, Fin et Jack

« Accélérez un peu, je n'aime pas quand ça traîne! » clama Irinyel. Celle qu'on appelait "Oeil de Renard" accéléra le pas, obligeant les deux rôdeurs à faire de même. Ce matin, elle avait décidé de voir un peu où en était certaines de ces jeunes recrues. Et elle n'était pas déçue : Thélios avait démontré qu'il possédait un instinct de chasseur, il avait ça dans le sang, son sang elfique probablement. Mais Jack n'était pas en reste : les halfelings n'étant pourtant pas réputés pour leurs compétences de traque, le semi-homme avait prouvé qu'il ne possédait certes pas le flair et les sens aiguisés de son camarade demi-elfe, mais qu'il ne manquait pas d'ingéniosité et de malice pour mettre en place des pièges. Irinyel était donc plutôt satisfaite, et espèrait pouvoir mettre leurs talents à contribution tôt ou tard.
Sortant des bois proches du village, ils furent rejoints par un autre chasseur, Fin.


« Tiens, tu es là toi? J'espère que tu ne rentres pas bredouille... »

Irinyel ne dissimulait pas ses hésitations envers Fin. Il était pourtant un chasseur plus expérimenté que Thélios et Jack, mais la rôdeuse ne retrouvait pas chez lui l'instinct propre aux chasseurs, elle avait le sentiment qu'il n'était pas de leur monde. Elle ne le haïssait pas pour autant, car sa mère et lui avaient vécu une tragédie terrible quand la peste avait frappé Caham. Mais la différence, propre à ce demi-elfe, la gênait.

Les 4 individus étaient en vue du village quand, déboulant depuis l'est, un cavalier, noblement vétu d'une tunique pourpre, d'une chemise et de braies blanches, et portant une épée courte à son flanc, arriva en direction du village. Sur la croupe de sa monture, un tabard se balançait, sur lequel on pouvait voir dessiné une branche d'arbre sur laquelle reposait 3 volatiles.


« Ce cavalier vient de Bois-aux-Merles, il se passe quelque chose... » dit Irinyel

Prologue de Galebrie

Cette nuit, la guerrière ne parvenait pas à trouver le sommeil. Cette nuit, qui lui paraissait durer une éternité, était froide, de ce froid mordant qui vous ronge le corps et le coeur. Bientôt, ce sera la fin de l'hiver, et les festivités de Caham pour cette occasion auront lieu. Mais Galebriel n'avait pas la tête à tout cela. Après un long moment à tourner et se retourner dans sa litière, elle finit par s'endormir. Un songe étrange l'enlaça alors de ses bras oniriques : elle était dans une sorte de lac, l'eau s'arrêtant au niveau de ses cuisses. Tout autour d'elle était brumeux, l'horizon inexistant. Là, devant elle, un îlot sur lequel semblait reposer une tombe en marbre qui ne comportait aucune inscription ni gravure. La semi-paladine s'en approcha, l'air devenait glacial. Soulevant la dalle funéraire, Galebriel constata que la tombe était vide. Elle sentit alors un courant d'air glacé derrière elle, se retourna subitement pour faire face à une femme, tout de noir vêtue, un linceul dissimulant son visage. D'une voix ténébreuse, elle lui dit :
« Envies et jalousies rongeront les coeurs,
Complots et perfidie créeront les rancoeurs,
une tombe tu combleras, la souffrance tu apporteras, mais de cette dernière tu délivreras »


Au moment même où la femme termina sa phrase, une puissante rafale souleva son linceul, laissant apparaitre un visage fantomatique indiscernable, qui hurla telle une banshee.
Galebriel se réveilla, en sueur. Le froid mordant était toujours là mais n'avait plus prise sur elle. Haletant, elle entendit des cris à l'extérieur. Le jour venait de se lever et la garde semblait agitée, une vigile ordonnant d'ouvrir les portes. Un visiteur extérieur au village semblait arriver.


Prologue de Miri

La druidesse faisait face à Merey Hamlin, la prêtresse du village. Son interlocutrice portait une bure blanche, resplendissante, impeccable comme toujours. Merey était très soigneuse, précautionneuse, soucieuse du moindre détail. Toutes deux sortirent du temple de Chauntéa, finissant de passer en revue le protocole et l'organisation des cérémonies pour la fin de l'hiver, et Miri devait ensuite faire le tour des exploitations agricoles, afin de s'assurer que les prochaines pousses soient les plus généreuses possibles.
Arrivant sur la place centrale du village, devant la demeure du Coig Mor, le regard de Miri fut attiré par un corbeau qui se tenait sur un des pilotis de la palissade. Un regard dont elle ne parvenait pas à se détacher. un regard noir, d'une noirceur profonde, qui semblait comme un abîme de ténèbres en train de l'envelopper, dans lequel elle se noyait. Et de cette abîme, surgit soudain un regard améthyste, perçant, et dans sa tête, elle entendit :
« Ils arrivent... ».

Puis, une voix plus douce se fit entendre :

« Miri, excusez-moi, vous semblez absente, tout va bien? » dit Merey, calmement, alors que le corbeau venait de s'envoler. Mais Miri n'eut pas le temps de répondre que les gardes s'agitèrent, car un cavalier s'apprêtait à rentrer dans Caham.

Prologue de Richlya

La nuit avait été très courte pour la sage-femme de Caham : deux naissances dans la même nuit, ce n'était très courant. Mais le plus difficile était que pour le second, Richlya n'était pas certaine que la mère, déjà d'un certain âge, allait s'en sortir, elle avait perdu beaucoup de sang et était épuisée. Si elle survivait, il lui faudrait beaucoup de repos. Quoiqu'il en soit, l'elfe s'isola dans sa masure, au calme. Son fils Fin était parti chasser, et elle savait qu'elle pouvait compter sur lui pour ramener assez de gibier pour eux deux et pour la communauté. Dans le silence le plus total, elle en profita pour se plonger dans de vieux parchemins en vélin que le drow Elestar lui avait demandé de traduire au mieux. Elle était parvenue jusqu'à maintenant à effectuer la moitié de son travail, mais la syntaxe des phrases était complexe et ne lui facilitait pas la tâche, malgré sa grande maitrise de l'elfique moderne et ancien. Et ce qu'elle en comprenait semblait peu crédible : il était d'un exil, celui des humanoïdes, dont certains individus auraient entendu, dans le Souffle d'Aurile, un appel de la déesse à suivre sa brise afin de trouver un monde à leur convenance ainsi qu'à celle de leur divinité. D'autres auraient suivi une étrangère cavalière, portant une solide armure de bronze, exhortant ceux qui le voudraient à la suivre, jurant protection, loyauté et paix à tous. Ces récits paraissaient fabulesques pour la mage, mais Elestar avait promis de la payer généreusement, et elle tenait à ses engagements.

Mais elle ne parvint pas à se consacrer à son activité, le brouhaha extérieur la dérangeant sans cesse. Que pouvait-il bien se passer à l'extérieur pour qu'il y ait autant d'agitation??

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 09:11
par Hallacar
Regardant Irinyel d'un œil interrogatif

« Bonne ou mauvaise nouvelle à ton avis ? »

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 12:13
par Yama
Irinyel se tourna vers Thélios et répondit : « Je l'ignore...mais nous n'attendions personne, c'est donc qu'il se passe quelque chose. Rentrons vite pour savoir ce qu'il se passe. »

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 13:10
par guizacoatl
Tout semblait aller bien depuis trop longtemps, pensa Miri en cherchant des yeux le corbeau disparaissant dans le ciel. La voix douce de Mirey la sorti de sa torpeur et elle lui répondit :
« Tout va bien Mirey, excusez-moi, mon esprit était ailleurs avec le printemps arrivant. Je vous en prie, continuons de préparer cette fête qui honerera Mère-Nature. »

Puis elle ajouta, en entendant le cavalier arriver:
« Tiens, un cavalier arrive à cette époque de l'année, c'est rare non? Reconnais-tu ses armoiries? » demanda-t-elle à Mirey.

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 15:54
par Gaspard De La Nuit
Encore troublée par son rêve étrange, dont l'augure demeurait incertain, Galebrie s'ebroua et fit une toilette rapide. Elle s'habilla en vitesse, supportant stoïquement la douleur de son dos scarifié.
Elle prit le temps de s'assurer de son apparence. Seule femme de la milice et cheftaine des cavaliers de Caham, elle n'ignorait pas que cela était dû tout autant à son aura qu'a ses prouesses guerrières.
Elle sortit ensuite de ses quartiers pour aller s'enquérir de ce visiteur.

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 17:10
par Mafalda74
Richlya qui était entrain de traduire péniblement un texte pour Elestar n'arrivait pas a se concentrer
Qu'est ce que tout ce boucan dehors ?
Elle se leva, prit sa cape et sortie sur le devant de sa maison pour regarder d'ou venait le bruit.

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 19:27
par elendil
Jack Gallyhouque commençait à regretter d'avoir suivi Irinyel "œil de renard" dans cette excursion. Elle ne semblait pas très commode, alors que Jack faisait tout son possible pour se faire bien voir. Il marchait aussi vite que possible, mais ses courtes jambes faisaient forcément qu'il marchait moins vite que les autres. Son chien Ricky, d'une certaine manière, était en avance pour lui, et devançait les autres. Mais cela ne suffisait pas à Jack, qui avait toujours l'impression de ralentir le groupe. Et cela l'embêtait.
Qui plus est, il commençait à avoir horriblement faim, et son ventre gargouillait comme un affamé. Néanmoins, il faisait bonne figure, décider à donner le meilleur de lui-même. Et c'était décidé, il résisterait à la tentation de piocher un cookie dans sa besace. Un ranger, ça doit être endurant à tout. Et Jack voulait montrer de quoi il était capable.
A la vue du cavalier, et à la proposition (ou à l'ordre ?) de rentrer au village, Jack soupira néanmoins de soulagement, à l'idée de faire un bon repas.
« Oui, rentrons voir de quoi il s'agit », ajouta-t-il, l'air de rien.

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 20:53
par ple
Fin tout content de montrer au ranger qu'on la lui faisait pas et que côté chasse il se débrouillait comme un chef, resta les bras ballant avec dans une main un pigeon ramier et dans l'autre une hermine. Tandis que les 3 autres n'avaient d'yeux que pour le cavalier.
Si on ne peut même plus se vanter auprès des autres... Tiens c'est qui ce cavalier...
Par curiosité, comme les autres Fin se dirigea à la suite du cavalier vers le village. Dans le même temps, il remit le pigeon et l'hermine dans son sac.

Re: [Acte I : L'Augure des Flammes]

Publié : Jeu 31 Jan 2019 21:10
par Elinor
Léa acquiesça à la demande de son père. « Bien sûr. »
Elle pris la bourse contenant les herbes séchées et l'attacha à sa ceinture. Elle ramassa également son épée qu'elle venait de poser et ajusta le fourreau sur sa hanche.
Avant de partir pour le village, elle fit un détour par sa chambre et pris arc et carquois.
« Je vais au village pour Papa. Ne m'attendez pas à midi, je ferais un détour par l'orée des bois pour essayer d'attraper le diner de ce soir. » dit-elle en embrassant sa mère.
Passant le seuil de la porte, elle jeta sur ses épaules sa cape, et marcha d'un bon pas jusqu'au centre de Caham.