Après avoir glissée la cape ouvragée dans son sac,
Tanis s'approche de la porte Est. Il ne voit Lunedor nulle part, elle semble bien avoir disparu.
Il pousse la double porte, passe la tête dans l’entrebâillement et voit un long couloir tangentiel à la salle, il part vers le nord et vers le sud.
Rivebise se place derrière Tanis.
Tass emporte la lance brisée, quelques pierres qui brillent et qui ont l'air assez jolie, puis une bonne poignée de pièces de platine.
Ceux qui regardent le trésor voient les objets disparaître.
Alors que
Flint s'approche du trésor,
Bupu sort du puits et demande :
« Elle est où la jolie Lunedor ?
Et Tass, il parle mais je ne le vois pas ... ça c'est de la vrai magie !
Et j'ai vu comment vous avez tous fait disparaitre le dragon ... ça c’était très très très fort ! »
Sturm et
Caramon observent les disques. Ils bougent la cloche de verre que Tass avait déplacée pour prendre une meilleure prise.
Les disques de platine sont grands, un demi mètre de diamètre et vraiment très fin. Passant par un trou percé en haut de chacun de ces 160 plaques circulaires, un cercle de métal les relie. Un texte est gravé sur la face de celui qui est au dessus, laissant penser que l'ensemble de la relique est une sorte de livre ancien.
Le chevalier et le guerrier s'approchent maintenant pour essayer de soulever l'ancienne relique.
Avec confiance,
Sturm est le premier à toucher les disques.
Au contact de ses doigts gantés, une chaleur douce se répand dans son bras, puis dans sa poitrine. Le chevalier inspire malgré lui : ce n’était pas la chaleur d’un feu, mais celle d’une présence. Une paix ancienne, profonde, presque oubliée du monde, vibre sous la surface du disque.
Une aura argentée semble répondre à son geste. Les symboles gravés sur le métal sacré se mettent à luire faiblement, comme s’ils reconnaissaient en Sturm un cœur digne de les porter.
Sturm et
Caramon se regardent et entreprennent de les soulever, ils sentent alors le poids changer... non pas s’alléger, mais devenir… volontaire : les disques semblent accepter d’être soulevés.
Sturm serre les dents, pose ses deux mains sous le socle, et fait un signe à Caramon pour qu'ils soulèvent ensemble.
Le métal sacré résiste d’abord, tel un roc ancré dans les âges, puis il cède.
Le chevalier chancèle sous le poids, mais ne fléchit pas. Caramon a plus de facilité.
Flint arrive pour les aider mais, alors qu'il s’approche d'un côté et veut poser la main sur les disques, des étincelles bleutées le repoussent. Une décharge parcourt son bras. Il retire sa main avant que cela soit douloureux. Les disques ne semblent pas accepter sa présence.
Caramon et
Strum redressent leur dos, plantent leurs talons dans la pierre de l'autel, et soulèvent l’objet divin.
Une onde de lumière parcourt alors les gravures, serpentant d’un disque à l’autre. L’ensemble de la relique s’éveille à leur présence.
Sturm sent son cœur battre plus fort, ce n'est pas de la peur, mais plutôt un sentiment qu’il n’a pas éprouvé depuis longtemps : la certitude d’accomplir ce qui doit être accompli.
La salle continue de s’effondrer. Le temps presse. Mais dans les bras de deux loyaux héros repose l'espoir de Krynn.
L'air devient plus chaud. Les Disques vibrent, d’abord faiblement, puis avec une intensité croissante. Une force divine les remodèle.
Le métal sacré se met à onduler sous les doigts des porteurs, en se déformant et se réarrangeant.
Les cercles se détachent les uns des autres, glissant dans l’air en une danse lente et silencieuse.
Ils s’allongent, s’affinent, se replient… jusqu’à devenir une chaîne d’anneaux parfaitement lisses, chacun gravé de symboles anciens qui pulsaient d’un bleu nuit profond.
Sturm dit :
« Ce sont les Anneaux de Mishakal. »
Au bout de cette chaîne, un médaillon apparaît, se matérialisant en un disque ouvragé, noir anthracite, dont les inscriptions gravées brillent d’une lumière bleue semblable à celle du bâton de cristal.
Sturm reste immobile, stupéfait, tandis que la chaîne sacrée se dépose doucement dans ses mains, comme si elle reconnaissait en lui son porteur légitime.
Il comprend alors que les Disques ne sont pas seulement un texte sacré.
Ils sont un symbole... un message ... un présent fait à l'humanité pour restaurer la vérité.