Re: Les fidèles/worshiper
Publié : Mar 8 Fév 2022 22:52
Dernier message de la page précédente :
L’inconvénient dans la 1ère édition, c’est que tous les clercs se ressemblent quelle que soit leur divinité.Depuis la 2e édition, on distingue chez les prêtres :
- Le clerc, qui est généraliste : ses pouvoirs sont stéréotypés et il a accès à tous les sorts de toutes les sphères (moins certaines incompatibilités d'alignement)
- Le prêtre spécialiste : il n’a accès qu’aux sphères d’influence de sa divinité et bénéficie en contrepartie de pouvoirs spéciaux qui varient d’un culte à un autre.
On trouve aussi des chamanes dans les tribus humanoïdes et chez certaines peuplades primitives ou barbares (par exemple dans le Nord chez les chasseurs des glaces et les Uthgardts)
Le premier livre qui expose le sujet est L’Aventure dans les Royaumes Oubliés, mais l’ouvrage de référence, comme l’a cité Mordraoi, est Religions et avatars.
Les règles considèrent que le clergé de chaque dieu comprend aussi bien des clercs que des prêtres spécialistes ou des paladins.
Je vous avoue que j'ai tendance à avoir une vision un peu différente. Pour moi, le clerc est au service d'un panthéon dans sa globalité, ce qui explique qu'il a accès à toutes les sphères. Dans les RO, il s’en remet à tel ou tel dieu en fonction des besoins du moment : Lathandre pour prodiguer des soins, Chauntéa pour faire pousser les récoltes, Myrkul (puis Cyric...) pour enterrer un mort, Talos pour détourner l'orage, Tymora pour apporter la chance, Umberlie pour bénir un bateau qui doit prendre la mer... On peut ainsi avoir un lieu de culte généraliste avec plusieurs chapelles ou offertoires dédiés à certains dieux en particuliers.
Le prêtre, en revanche, se consacre exclusivement à une divinité, ce qui justifie ses spécificités. On trouve alors des temples dédiés à une divinité en particulier. Dans ce cas, ce temple remplit un rôle spécifique : une caserne pour un temple de Torm, un pont fortifié pour un temple de Heaum, une guilde des voleurs pour Mask (ex : les Matois de Tilverton), une ferme agricole pour Chauntéa (ex : Champs dorés), etc…
La relation de Lathandre avec ses fidèles (mais pas son clergé) est bien expliquée dans Les ruines de Myth Drannor : « le dieu ne se manifeste en général que lorsqu'une personne, qui n’est pas prêtre et qui lui est fidèle ou qui agit en son nom l'invoque en grande difficulté, ou bien le prie avec une grande ferveur et une grande générosité dans ses intentions (et ses offrandes) »
Le recours aux services du temple fait généralement l’objet d’une contrepartie, le plus souvent des espèces sonnantes et trébuchantes, l’offrande d’un objet magique ou une tâche à accomplir. Cela peut être une source inépuisable d’aventures et une croisade est un bon moyen d’obliger un PJ à honorer ses engagements…
« Les prêtres assistent tous ceux qui s’installent à Myth Drannor, dans la mesure où ils leur rendent cette aide et qu’ils sont d’alignement bon (les prêtres leur offrent inlassablement la bénédiction de Lathandre – ‘’le Seigneur de l’aube vous aime et veut que vous l’aimiez’’ – s'ils ne sont pas du culte de Lathandre et ils n'insistent pas pour les convertir mais ils suspendent leur aide si cette conversion ne se produit pas ou qu’ils la refusent). »
Le PJ qui en retire le bénéfice le plus évident est l’homme (ou la femme) d’église. Le cultiste, qu’il soit clerc, prêtre ou paladin, obtient par lui-même les sorts de niveau 1 et 2. Au-delà, ce sont les dieux (ou ses serviteurs des plans extérieurs) qui lui accordent les sorts. Ainsi, pendant le Temps des Troubles, comme les dieux ne sont plus aux commandes, les clercs sont limités au niveau 1 et 2 à moins de se trouver à proximité de leur divinité.
De même, à la fin du Temps des Troubles, Ao subordonne la puissance des dieux au nombre et à la ferveur de leurs fidèles respectifs. Plus un dieu a de gens qui le vénèrent et plus son statut dans la hiérarchie divine est élevé. La relation est donc à double sens. La situation est un peu similaire à Lankhmar : plus le temple a de fidèles et plus il monte dans l’allée des Dieux. Ça me rappelle un certain Issek de la Cruche…
L’athéisme est abordé sans équivoque lors de la Trilogie des Avatars. Cyric a compris bien avant tout le monde que la divinité est un statut qui peut se gagner et se perdre et que l’ascension divine est une ambition à sa portée. Il ne croit plus aux dieux (qui arpentent les Royaumes et peuvent mourir) et ne compte que sur lui-même.
Adon est un fervent prêtre de Sunie dans le 1er volet, au point de casser les pieds à ses compagnons (Sunie par ci, Sunie par là…). Il fait une crise de foi tout le temps du 2e volet après avoir compris le mépris que les dieux vouent à leurs adorateurs (un prêtre de la déesse de la beauté avec une balafre au beau milieu du visage, excusez du peu…) avant de se mettre au service de Minuit à la fin du 3e volet (elle, au moins, elle a mouillé la chemise, au sens propre comme au sens figuré, pour sauver les Royaumes de la destruction).