
Mayónaka (vampire oriental)
Climat/Terrain Tous |
Fréquence Unique |
Organisation Solitaire |
Cycle actif Nocturne |
Régime Spécial |
Intelligence Exceptionnelle (15) |
Trésor F |
Alignement Chaotique mauvais |
Nombre 1 |
Classe d'Armure 1 |
Déplacement 18 |
Dés de Vie 8+3 (43 pv) |
TACO 11 (8) ; (5 avec son katana) |
Nb d'attaques 1 (Toucher) ; 3/2 (katana) |
Dégâts/Attaque 8-13 (1d6+7) ; 11-20 (1dl0+10) ou 12-22 (2d6+10) |
Attaques spéciales Absorber l’énergie ; saut ; escrime |
Défenses spéciales Touché par les armes +1, ou mieux ; régénération ; invisibilité ; ne reçoit que la moitié des dégâts dus au froid et à l’électricité |
Résistance magique — |
Taille M (2,1 m) |
Moral Champion (16) |
Valeur en PX 10000 |

Mayónaka erre à travers les domaines du Cœur, à la recherche des guerriers les plus valeureux de Ravenloft, afin de les affronter en combat singulier. Bien qu’il espère mourir un jour dans un tel face-à-face, et se libérer ainsi de la malédiction éternelle qu’il subit, il n’a encore jamais rencontré personne qui ait la force et l’habileté suffisantes pour le battre – du moins, jusqu’à ce jour.
Aux yeux des gens qu’il croise dans ses voyages, Mayónaka apparaît vêtu de robes banales et impersonnelles. Dessous se dissimulent en fait ses équipements, qui sont de belle facture orientale : son armure de samouraï et son sabre d’argent, ainsi que tout un assortiment d’armes inhabituelles qu’il transporte avec lui. Mayónaka mesure plus de deux mètres et il a la carrure souple et gracieuse d’un athlète. Ses cheveux noirs, coupés court, sont assortis à la nuit sans fin qui semble se refléter dans ses yeux sombres.
Mayónaka parle le Commun de Kara-Tur, aussi couramment qu’il peut l’être dans les royaumes peuplant l’ouest de Toril. Il a acquis quelques rudiments des langues en usage sur les différents domaines de Ravenloft, ce qui lui permet seulement d’avoir des conversations très simples.
COMBAT : Guerrier expert, Mayónaka est un adversaire redoutable. Avec les pouvoirs vampiriques qu’il a acquis, il est même devenu quasiment imbattable.
Comme tous les vampires, Mayónaka dispose d’une force surnaturelle. En fait, il est même plus puissant que la plupart de ses congénères morts-vivants. À mains nues, sa Force (19) lui donne les bonus de +3 au toucher et de +7 aux dégâts, soit un total de 8 à 13 (1d6+7) points de dégâts infligés par chacun de ses coups.
De plus, quiconque est touché par Mayónaka est instantanément drainé de deux niveaux d’énergie. C’est une faculté que sa terrible nature vampirique lui a octroyée. Elle implique qu’il entre en contact avec la chair exposée de sa victime. Cependant, il n’emploiera pas ce pouvoir de façon systématique.
Normalement, Mayónaka ne se bat pas à mains nues. Il se sert d’un sabre oriental au tranchant redoutable. Il s’agit d’un katana d’argent, qui est en possession de sa famille depuis plusieurs générations. Des runes orientales sont gravées sur le plat de la lame, indiquant son nom : Tasogare (ce qui signifie Crépuscule dans sa langue maternelle). Le katana est décrit dans le MJSR1, Le Manuel Complet du Guerrier ; cette arme se manie indifféremment avec une ou deux mains. Avec une main, elle cause 1d10 points de dégâts contre les créatures de petite et moyenne taille et 1dl2 contre celles de grande taille. À deux mains, elle inflige 2d6 points de dégâts à toutes les créatures. C’est une arme moyenne, qui pèse 3 kilos et possède un facteur de vitesse de 4. Tasogare est enchantée, procurant à son porteur un bonus de +3 au toucher et aux dégâts. De plus, une fois par jour, elle a la faculté de lancer un sort ténèbres, dans un rayon de 5 mètres dont la source est localisée sur l’arme elle-même. Le porteur n’est pas gêné par ces ténèbres. Les bonus de Force de Mayónaka (+3au toucher et+7 aux dégâts) s’appliquent en complément de ceux de Tasogare lorsqu’il combat avec elle.
Comme tous les vampires orientaux, Mayónaka a le don de se rendre invisible à volonté. Sous cette forme, il gagne tous les avantages associés à cette faculté (comme le malus de -4 au toucher pour ses adversaires). Quand il est sur le point de combattre, sa première action est généralement d’échapper à la vue de son adversaire.
Quiconque tente d’attaquer Mayónaka doit se servir d’une arme disposant au moins d’un enchantement +1. Toutes celles qui sont de moindre qualité passeront à travers son corps, sans même le toucher. Quand bien même des objets magiques seraient utilisées et qu’il serait touché, Mayónaka régénère 3 points de vie par round.
S’il est réduit à 0 points de vie, le vampire samouraï est contraint d’adopter une forme gazeuse semblable à une forme ectoplasmique. Mais il n’est pas mort pour autant. Une fois dans cet état, il a 12 rounds pour gagner son sanctuaire. S’il ne parvient pas à le faire, sa forme vaporeuse se dissipe et il est détruit. S’il y parvient, il doit se reposer 8 heures, puis se relèvera à nouveau, le corps complètement régénéré. Quand il est sous forme gazeuse, aucune arme ni aucun sort ne peuvent l’atteindre. Il peut passer à travers la moindre ouverture et il apparaît comme un simple petit nuage de brume chatoyant qui flotte dans les airs. À la différence de la plupart des vampires traditionnels, il ne peut revêtir cette forme à volonté ; mais il y est contraint si son corps physique est détruit. Ainsi, il ne dispose pas non plus du pouvoir naturel de se métamorphoser.
Créature morte-vivante, Mayónaka est immunisé à toutes les formes de sommeil, charme et immobilisation, ainsi qu’aux autres sorts dont les effets dépendent de fonctions biologiques. Poisons, maladies et choses similaires n’ont aucun effet sur lui. Sa nature le rend également très résistant au froid et aux éclairs, qui ne lui font que la moitié des dégâts.
Mayónaka est capable d’utiliser des talents naturels de patte d’araignée et de saut, comme s’il utilisait les sorts du même nom. Il les utilise pour chasser ses proies et, au besoin, échapper à ses poursuivants. Comme tous les vampires orientaux, il ne possède aucun des pouvoirs de charme et de conjuration de ses congénères occidentaux.
Pour ceux qui ont le courage et la sagesse de l’affronter avec les bons outils, il existe des moyens de retenir Mayónaka ou de le réduire à sa forme gazeuse. Il ne peut s’approcher de quiconque lui présente un symbole saint de nature loyale bonne. Il doit en rester éloigné à 3 mètres, jusqu’à ce qu’il trouve un moyen de se débarrasser de l’objet. Il importe que le porteur soit un fervent adorateur de la divinité à qui le symbole est consacré, sinon, cela n’aura aucun effet sur le vampire. Celui-ci ne peut non plus supporter l’odeur des racines de gingembre et il ne s’en approchera pas à plus de 3 mètres. De cette façon, il ne pourra pas traverser une ligne continue faite de poudre de gingembre répandue sur le sol.
Il est également possible, quoique dangereux, d’utiliser ces objets comme des armes offensives contre le vampire. Lorsqu’il est touché par un symbole saint, sa peau est brûlée par 1d6+1 points de dégâts. Les éclaboussures d’eau bénite et de sirop de gingembre font 1d6+1 points de dégâts par fiole qui atteint sa peau.
L’exposition directe aux rayons du soleil est aussi mortelle pour Mayónaka que pour tous les autres vampires. Ainsi, un round exposé aux rayons purificateurs du soleil le détruira totalement. L’eau courante n’a aucun effet négatif sur Mayónaka. De plus, il n’a pas besoin d’obtenir une invitation pour entrer dans la maison d’une victime potentielle. Enfin, il se rit des miroirs.
À la différence des vampires traditionnels, le sanctuaire de Mayónaka n’est pas l’endroit où il est mort. Il n’a pas besoin de cercueil ou de tombeau similaire. Quand le soleil se lève, le vampire samouraï doit rejoindre l’endroit où il a tué quelqu’un pour la dernière fois. Là, il doit simplement trouver un abri à moins de 100 pieds du lieu où gît sa victime, afin d’y passer les heures du jour. S’il ne peut échapper à la lumière du soleil, ni revenir sur les lieux de son crime, son corps tombe en poussière et il meurt définitivement.
Tout humain victime de l’absorption d’énergie de Mayónaka deviendra un vampire à son tour. Le passage à la mort-vivance aura lieu le lendemain de l’enterrement. Ceux qui ne sont pas mis en terre ne peuvent pas devenir des vampires ; de plus, la tradition veut que tous ceux qui meurent entre les mains des morts-vivants soient incinérés sans tarder. Mayónaka reconnaît l’horrible nature de la non-vie et il ne souhaite à personne de la partager, aussi n’a-t-il jamais délibérément créé de progéniture. Lorsqu’il prend une vie en la vidant de son énergie, il veille toujours à l’anéantir. Si son adversaire est tombé avec les honneurs, il organisera une cérémonie très solennelle, où il montrera un grand respect pour sa mémoire, avant qu’un bûcher ne soit dressé et le corps détruit. Si la victime est morte en lâche ou d’une façon déshonorante, il ne montrera pas tant de courtoisie ; le corps sera simplement jeté au feu et disparaîtra de ses souvenirs.
HABITAT/SOCIÉTÉ : Mayónaka est né il y a près d’un siècle dans les territoires de Kara-Tur, au sein des Royaumes Oubliés. Il est issu d’une famille de noblesse honorable, son père et sa mère étant tous les deux des samouraïs émérites. Né le plus jeune des trois enfants, Mayónaka vécut dans l’ombre de ses deux sœurs aînées, qui avaient prouvé, elles aussi, qu’elles étaient des combattantes accomplies. Leur réputation grandissante rendait Mayónaka plus déterminé encore à tout faire pour que son nom soit un jour connu comme celui du plus grand samouraï ayant jamais vécu.
Sa chance lui fut donnée lorsqu’il avait 17 ans. Ses deux sœurs avaient disparu en explorant une île que l’on disait hantée. Il était généralement admis qu’une chose assez dangereuse pour vaincre les deux sœurs serait bien plus qu’un simple défi pour toute autre personne ; de sorte que peu de gens étaient enthousiasmés à l’idée d’aller enquêter sur cette mystérieuse disparition. Mayónaka, cependant, pris son sabre et se rendit sur l’île.
Au cours de son investigation, il découvrit qu’une créature avait capturé ses sœurs. Par d’horribles tortures, elle les avait soumises aux pires tentations, dans le but de corrompre leurs âmes pures et honorables.
Rendu malade par ce qu’il avait vu, Mayónaka se jura de libérer ses sœurs et de veiller à ce que le monstre fut détruit. Se déplaçant aussi silencieusement qu’il pût, le jeune samouraï pénétra dans le repaire de la bête et parvint à atteindre les cages où ses sœurs étaient retenues prisonnières. Tandis qu’il s’efforçait de les libérer, elles lui décrivirent leur capture et l’hideux esprit vampirique qui les avait torturées. Travaillant vite, Mayónaka parvint bientôt à les délivrer et tous les trois purent s’enfuir de la caverne du démon.
Mais le monstre, qui se tenait invisible, les attaqua brutalement. Ils répliquèrent aussitôt et dans la confusion qui s’ensuivit, Mayónaka se sentit tomber dans ce qui semblait être un puits sans fond. Ses sœurs, rendus folles furieuses par la perte de leur frère, repoussèrent victorieusement le vampire. Elles s’échappèrent ensuite de l’île avec le bateau de Mayónaka, ignorant que leur frère avait survécu.
Quelques heures plus tard, Mayónaka se réveilla sur une corniche qui saillait des murs du puits. En dessous de lui, la profondeur était insondable. Avec maints efforts de prudence, il escalada les parois abruptes et parvint à regagner le repaire du vampire. À sa grande horreur, il découvrit que le monstre était entièrement remis de ses blessures. Celui-ci, se délectant de voir qu’il avait de nouveau un prisonnier à torturer, chargea. La bataille fut longue et terrible. À la fin, le samouraï triompha. Malheureusement, il était mortellement touché. Le vampire l’avait vidé de son essence vitale et le laissait, l’âme drainée et souillée. Dans une dernière prière à ses ancêtres, la vie l’abandonna.
À sa plus grande surprise, il se réveilla le jour suivant. Ses blessures, semblait-il, étaient complètement guéries. En fait, il se sentit mieux qu’il ne l’avait jamais été auparavant. Il voulut quitter le repaire du vampire ; avec un peu chance, il espérait rejoindre ses sœurs avant qu’elles ne quittent l’île. Comme il sortait de la grotte et faisait un pas vers la lumière du jour, il fut assailli par une terrible douleur. Il recula aussitôt, se rejetant en arrière, dans les douces ténèbres de la caverne. Juste à temps. Avec horreur, il réalisa qu’il était devenu un mort-vivant.
Mayónaka passa les nuits suivantes à s’accoutumer à sa nouvelle condition. Alors que tout un chacun aurait sombré dans le désespoir et se serait abandonné aux instincts bestiaux qui le dévoraient, le samouraï résista. En fait, il médita et pria, cherchant conseil auprès de ses ancêtres. À la fin, il décida de retourner chez lui. Avec un peu de chance, là-bas, les prêtres pourraient délivrer son corps de cette malédiction.
Mayónaka construisit un bateau rudimentaire et mit bientôt les voiles. Il passa les quelques jours suivants balloté sur la mer. Tous les matins, à l’aube, il devait se cacher dans une boîte en bois semblable à un cercueil, jusqu’à ce la lumière du jour disparaisse à l’horizon. Comme il n’avait encore tué personne, il ne fut pas condamné à rester à l’endroit de sa mort. Le voyage fut difficile. Non pas à cause du mauvais temps ou du manque d’hommes d’équipage, mais parce que Mayónaka commençait à ressentir la terrible soif du vampire. Au moment où il parvint à accoster sur les rives de son pays natal, il était affaibli et torturé par le manque.
Comme il était parti sans instrument de navigation, Mayónaka n’était pas certain de l’endroit où il avait débarqué. Il commença à explorer la région et tomba sur un campement de moines. Attentif à ne pas leur révéler sa vraie nature, le samouraï se présenta à eux un peu après la tombée de la nuit et leur demanda de l’aide. Ils le reçurent et répondirent à toutes ses questions. À son grand contentement, il apprit qu’il se trouvait à moins de 50 kilomètres de chez lui.
La nuit passa vite, car les moines qui avaient croisé de nombreux voyageurs, purent lui donner des nouvelles de ses sœurs dont le retour avait fait beaucoup de bruit. Il apprit, comme il s’y attendait, qu’on le croyait mort dans l’affrontement avec le vampire. En fait, il semblait que ses sœurs avaient été acclamées comme de valeureuses héroïnes pour avoir détruit le monstre.
Son esprit avait été éclairé, Mayónaka apprit tout ce qu’il redoutait. Les ténèbres affluaient dans le sang de vampire qui coulait à présent dans ses veines. La raison s’effaça devant l’assaut de sinistres émotions, faites de haines et de jalousies. Il était convaincu que ses sœurs l’avaient délibérément laissé pour mort, fuyant avant d’être menacées par le vampire, de façon à rentrer saines et sauves et clamer leur victoire. En fait, s’agissait-il seulement d’un accident qui l’avait envoyé rouler au fond de l’abîme ? Probablement pas. Peut-être avaient-elles arrangé l’affaire avec le vampire pour attirer leur frère sur l’île. Il est certain qu’elles savaient qu’il était destiné à devenir un guerrier beaucoup plus habile qu’elles et avaient arrangé ce plan pour le voir disparaître.
La rage et la faim eurent raison du vampire samouraï. Il entra dans une frénésie sauvage et tua les moines. Se moquant de leurs pathétiques tentatives pour le repousser, il festoya de leur vie. Lorsque le soleil se leva sur le camp ravagé, il se cacha dans un abri de fortune et s’endormit. Dans son for intérieur, il savait à présent qu’il devait s’endormir près du lieu de son dernier crime. Il vit alors la tournure que sa vie allait prendre.
La nuit suivante, il se mit en route pour rentrer chez lui. Son âme torturée avait hâte de voir l’heure où il pourrait enfin se tenir face à ses sœurs. Elles allaient trembler devant lui, en réalisant que leur plan avait échoué. Leur traîtrise sera dévoilée au grand jour, puis elles mourront. Quelque part dans son cœur, une petite voix lui criait que ses sœurs étaient des femmes d’honneur, mais sa soif de sang était trop puissante pour être influencée.
Comme le soleil commençait à poindre, Mayónaka trouva refuge dans la maison d’un couple de personnes âgées. Tandis qu’ils dormaient, il fondit sur eux et les vida de leur essence vitale. Au moment où le chant du coq salua le lever du soleil, il était endormi dans leur lit rustique, allongé entre leurs deux cadavres refroidis.
La nuit suivante l’amena jusqu’aux portes des terres ancestrales de sa famille. Conscient qu’il n’aurait pas le temps d’agir avant le lever du jour, il trouva refuge dans la maison d’un jeune couple et y entra. Ceux-ci reconnurent leur maître, se montrant soulagés de voir qu’il était toujours en vie, alors que tout le monde autour d’eux pensait qu’il était mort. N’ayant cure de leurs fausses manifestations de joie, Mayónaka les tua et s’alimenta. Dans son âme obscurcie, la petite lueur d’humanité qui subsistait encore vacilla et s’affaiblit un peu plus.
Il se rendit au château de ses parents peu après le crépuscule. Il savait que les murs ne seraient pas un obstacle à ses pouvoirs vampiriques et il les escalada rapidement. Tandis que la nuit s’avançait, il se déplaça de chambres en chambres, tuant tout le monde dans la forteresse. Pour finir, il entra dans les appartements occupés par sa famille. Il alla jusqu’au puissant gong qui était utilisé en temps de troubles pour sonner l’alarme dans le château, et le frappa violemment du poing. Le son extraordinaire qu’il fit rameuta ses parents et ses sœurs dans le hall, prêts pour la bataille.
D’abord, Mayónaka les observa, invisible, tandis qu’ils découvraient que tout le monde dans le château était mort. Puis, il redevint visible et leur fit face.
Son père, un homme habituellement réservé et tranquille, fut si content de voir son enfant perdu qu’il commença par pleurer. Comme il se précipitait pour embrasser son fils, Mayónaka le frappa de son katana. La lame effilée éclaira la nuit et décapita le vieux samouraï d’un seul mouvement. Sa mère hurla d’horreur et ses sœurs saisirent leurs épées. Elles s’avancèrent sur Mayónaka, persuadés que c’était un monstre qui avait revêtu l’apparence de leur frère.
Le vampire se moqua d’elles. Il les attaqua et, avec l’aide de ses pouvoirs surnaturels, s’en débarrassa facilement. Comme il se tenait au-dessus de leurs corps sanglants, il se tourna vers sa mère pour l’affronter en combat singulier. En dépit des nombreuses années écoulées depuis son dernier duel, elle était toujours aussi experte dans le maniement des armes. Mayónaka frappa et vit tous ses coups parés un à un. Puis, sa grande force brisa net le sabre de sa mère, la laissant sans défense. Comme elle attendait calmement la fin, il fit un pas vers elle et la décapita. Tandis que son corps s’effondrait en travers du corps de son mari et que son sang se mêlait à celui de ses filles, la dernière flamme d’humanité de l’âme de Mayónaka vacilla et s’éteignit.
Le vampire regarda le carnage qu’il avait fait autour de lui. Tout n’était que mort et désolation. Avec dégoût, il revit le déroulement de la bataille. Malgré toutes leurs prétendues aptitudes, il n’en avait fait qu’une bouchée. Ses qualités de guerrier n’étaient désormais plus à prouver. Il se jura de parcourir le monde jusqu’à ce qu’il rencontre un ennemi digne de lui. Ce serait le but de sa vie (ou de sa mort) que de chercher les meilleurs guerriers et se mesurer à eux. Lorsqu’il trouvera quelqu’un dont la lame sera plus rapide et l’habileté plus grande, il acceptera alors de mourir dignement. D’ici là, nombreux seront ceux qui devront payer de leur sang sa nouvelle soif de vivre.
La nuit suivante, lorsqu’il quitta le château désolé, il franchit le portail et s’enfonça dans les volutes tourbillonnantes d’un épais brouillard. Il n’avait pas fait vingt pas, qu’il comprit que quelque chose se passait. Se retournant, il vit que la demeure des siens avait disparue. D’une manière improbable, il avait été transporté dans un autre endroit.
Depuis qu’il a été projeté sur le Demi-Plan de l’Effroi, Mayónaka a voyagé à travers de nombreux domaines. Il a combattu les lycanthropes du Kartakass, bataillé avec les illithids des Indulines, et triomphé des drows d’Arak. Bien qu’il n’ait jamais affronté l’un des sombres Seigneurs, il s’est mesuré à quelques-unes des plus puissantes créatures de Ravenloft et, à chaque fois, il les a vaincues.
Cela l’a quelque peu découragé. Il commence à être fatigué de cette existence et se désespère à présent d’en voir la fin. Mais il respecte son serment et refuse de donner moins que le meilleur de lui-même dans un combat. S’il doit mourir, ce sera par la main de quelqu’un qui lui sera réellement supérieur. Plus le temps passe, cependant, plus il sent que son ultime délivrance ne lui sera jamais accordée.
Les Vistani connaissent cette créature errante, et ils en parlent en termes compatissants lorsqu’on les questionne sur lui. Ils l’appellent Ritlenvig, ce qui signifie le Guerrier Éternel, et disent qu’une ancienne prophétie de leur peuple raconte que jamais la main d’un homme ne lui apportera la fin qu’il attend.
ECOLOGIE : Comme avec tous les vampires, Mayónaka n’est pas une création du monde naturel. Il se nourrit sur ce monde, absorbant l’énergie vitale des créatures qui l’habitent, mais il ne donne rien en retour. C’est une aberration obscène, comme on en rencontre rarement.
L’aura de mort-vivance maléfique qui enveloppe Mayónaka est telle que tous les animaux et créatures douées d’instinct la détectent immédiatement : les chevaux renâclent et hennissent à sa présence ; les chiens hurlent et aboient sur son passage ; les chats se hérissent et crachent à son approche.
L’existence de Mayónaka est on ne peut plus errante. Chaque nuit, il voyage, en quête d’un guerrier à affronter. S’il n’en trouve pas, il tue quelqu’un juste avant l’aube, de façon à pouvoir dormir sur les lieux de son crime. Il n’est pas difficile de suivre sa route à travers les régions du Cœur, car il laisse un flot régulier de cadavres dans son sillage.
Idées d’aventures : Mayónaka constitue un adversaire subtil pour tout personnage qui se considérerait comme le meilleur guerrier de la contrée. Une telle personne attirera le Guerrier Éternel comme un phare dans la nuit, car elle est une telle chance de réaliser son ultime dessein que le vampire samouraï ne peut la laisser passer.
Mayónaka se prête bien à des aventures taillées dans le moule "du plus dangereux des gibiers", où l’un des héros est chassé comme un animal, afin de satisfaire la soif d’essence vitale du monstrueux guerrier. Celui-ci pourrait capturer le groupe des héros et les relâcher dans les différents coins d’une épaisse forêt ou d’un vaste complexe souterrain. Tandis qu’ils cherchent à rejoindre leurs compagnons et à sortir de cet enfer, lui les pourchassent, en tentant de les détruire un par un.
Les joueurs peuvent tomber sur la traînée de cadavres que Mayónaka laisse sur son chemin et décider de la remonter jusqu’à sa source. C’est particulièrement intéressant si les héros ont une tendance naturelle à chasser le vampire ou à jouer les redresseurs de torts. Pour sa part, Mayónaka sera fasciné à la pensée qu’il puisse être pourchassé. Il pensera que ses poursuivants sont de grands guerriers et il commencera à les traquer à son tour, de sorte que les chasseurs deviendront bientôt les chassés.

